Chapitre 54
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Alyo
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre en guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 54 : À la dérive (1)
──────
S’il restait immobile, il était de toute façon condamné. N’ayant plus rien à perdre, Gerik tenta d’utiliser Charge pour se propulser vers la falaise.
« … !! »
À sa grande surprise, une force commença à se rassembler dans ses jambes, à partir des cuisses. Quand elle fut suffisante, Gerik la libéra en direction de la falaise.
Boum !!
La force concentrée explosa et frappa l’air dans une onde de choc. À sa stupéfaction, Gerik fut projeté vers la falaise comme s’il avait pris appui sur quelque chose.
Clang… !!
Alors que la paroi se rapprochait à toute vitesse, Gerik abattit de toutes ses forces l’épée longue qu’il tenait et utilisa Entaille.
En temps normal, son coup n’aurait fait qu’érafler la roche dure. Mais la puissance conférée par la compétence fissura la paroi.
Grrrrr… !!
L’épée longue s’enfonça dans la paroi avec un crissement métallique aigu. Le bruit écœurant de la roche raclant le métal résonna aux oreilles de Gerik. Sa chute ralentit nettement.
Crac !!
« Argh… !! »
Un choc terrible frappa le bras droit de Gerik.
Puis son os se brisa.
Cette blessure atroce, qu’il n’avait jamais connue auparavant, lui fit voir blanc.
« Bon sang… ! »
Son bras fracturé finit par s’engourdir complètement, et il lâcha l’épée.
Gerik recommença à tomber.
À mesure que le sol se rapprochait, une peur intense et un sentiment d’urgence le submergèrent.
Et alors, à cet instant…
Son esprit s’éclaircit et se refroidit. Gerik comprit que Celui qui a franchi la ligne de la mort, la bénédiction accordée par la déesse inconnue, venait de s’activer.
« Ça ne s’active pas uniquement en combat… ? »
Peut-être parce que tout cela se déroulait au beau milieu d’un affrontement, la déesse considérait qu’il était encore en plein combat.
Quelle qu’en fût la raison, cela jouait en sa faveur. Écartant ses doutes, Gerik ouvrit la main gauche et dégaina l’épée longue de rechange attachée dans son dos.
Clang… !!
Un nouvel éclair argenté traversa l’air lorsqu’il frappa la falaise.
Une épée longue ordinaire se serait brisée sur-le-champ, mais celle que Grimdal avait spécialement forgée en Fer rouge se contenta de pousser un cri métallique aigu, encaissant fermement le choc.
« Aïe… !! »
Un choc effroyable remonta dans la main gauche de Gerik.
Mais lâcher l’épée, c’était mourir. Gerik s’y accrocha désespérément.
En temps normal, il n’aurait jamais pu supporter la douleur qui le submergeait. Mais la compétence passive Celui qui a franchi la ligne de la mort avait rendu son esprit exceptionnellement clair, ce qui lui permit d’endurer cette situation terrible.
Bientôt, le sol se rapprocha enfin.
Badaboum !!
Au moment où ses deux pieds touchèrent le sol, la force restante de sa chute remonta dans ses jambes et se répandit dans tout son corps. Ses genoux fléchirent sous la violence du choc, et Gerik laissa échapper un souffle douloureux.
« Kof ! »
En plantant son épée dans la falaise pour ralentir sa chute, il avait échappé à une mort immédiate.
Mais c’était tout.
Il avait la bouche pleine de sang.
« Des blessures internes… »
Fort de son expérience, lorsqu’il était mort d’un cancer dans sa vie précédente, Gerik comprit qu’il avait subi des blessures mortelles et qu’il était en train de mourir.
Ça n’allait pas.
Heureusement, la compétence passive avait gardé son esprit exceptionnellement clair. Au lieu de paniquer, il pouvait encore réfléchir avec lucidité.
« … Une potion de soin. »
Gerik se souvint de la potion de soin qu’Ilvern lui avait donnée pour le combat.
De sa main gauche à moitié détruite, il fouilla sa ceinture. Par chance, il trouva une petite fiole de verre intacte.
Glou… !!
Gerik peina à retirer le bouchon avec sa main abîmée, puis parvint à grand-peine à en avaler le contenu.
Une énergie étrange envahit son corps et commença à apaiser une partie de ses souffrances.
« … Une seule fiole ne suffira pas. »
Gerik comprit que son état s’était seulement amélioré. Il n’était pas complètement rétabli.
Au mieux, la potion avait retardé la mort qui venait le chercher.
Alors qu’il s’apprêtait à examiner son corps pour évaluer précisément son état, Gerik sentit la compétence passive Celui qui a franchi la ligne de la mort prendre fin.
« Kof… !! »
La douleur qu’il avait oubliée lui revint d’un seul coup.
La douleur de son bras droit brisé. Le choc qui avait frappé ses jambes. Ses blessures internes, considérablement améliorées, mais toujours présentes. Même la terreur qu’il avait ressentie en tombant de la falaise.
Peu après que tout cela se fut abattu sur son esprit, la vue de Gerik s’obscurcit.
* * *
Gerik ouvrit les yeux.
Une douleur atroce l’accueillit, comme si elle l’attendait.
Il avait l’impression que chaque os et chaque articulation de son corps avaient été broyés par une arme contondante. L’agonie le submergea tout entier.
Le moindre souffle lui donnait l’impression que quelque chose se déchirait au fond de sa cage thoracique, et sa bouche était pleine d’un goût amer et métallique.
« … Aïe. »
Réprimant un gémissement, Gerik conduisit péniblement sa main gauche, relativement intacte, jusqu’à la trousse de secours à sa taille.
Ses doigts ne lui obéissaient pas. Ce ne fut qu’après plusieurs tentatives maladroites qu’il parvint à ouvrir la trousse. Il avala les antalgiques et les anti-inflammatoires qu’il put saisir.
Mais la douleur ne s’atténua pas.
« Je ne voulais pas utiliser ça… Ai-je le choix ? »
Après avoir longuement hésité, Gerik sortit une petite fiole qu’il avait gardée à part, tout au fond de la trousse.
C’était un puissant antidouleur, très addictif, qu’il avait préparé pour ne l’utiliser qu’en dernier recours.
Après une brève hésitation, il poussa un soupir et versa l’antidouleur dans sa bouche.
« Fiou… »
Ses effets secondaires et son pouvoir addictif étaient redoutables, mais il était efficace. Tandis que la douleur atroce qui dévorait son corps s’apaisait peu à peu, Gerik poussa un soupir de soulagement.
Cependant, il n’en prit qu’environ la moitié de la dose autorisée, puis remit le reste dans la trousse.
S’il en prenait sans retenue simplement parce que la douleur atroce s’était atténuée, il risquait de devenir dépendant et de finir plus mal que mort.
Gerik comptait donc n’en prendre que le strict minimum, juste assez pour tenir.
« Mon état… »
Quand la douleur se fut quelque peu dissipée, Gerik baissa la tête et entreprit d’examiner son corps.
Il commença par son bras droit, celui qui l’avait fait le plus souffrir pendant la chute. C’était la partie de son corps où il avait le moins de sensations.
À première vue, l’os était broyé et les muscles semblaient déchirés et abîmés. Sa seule consolation était que la fracture ne paraissait pas ouverte. L’os n’avait apparemment pas transpercé les muscles.
« Non… Je suis sûr que l’os a transpercé le muscle… C’est la potion de soin ? »
Gerik supposa que la potion de soin qu’il avait bue juste avant sa chute, pendant le combat contre la Chouette grizzly, avait empêché son bras droit d’être complètement détruit.
Sinon, il ne pouvait pas expliquer son état actuel.
« Enfin… Tant que je ne reste pas infirme, ça me suffit… »
La raison pour laquelle les séquelles étaient moins graves importait peu. Gerik écarta vite la question et examina son bras gauche.
« Aïe… !! »
Son bras gauche semblait en meilleur état. Lorsqu’il le bougea pour l’examiner, une légère douleur se répandit dans le membre et lui arracha un gémissement. Son bras gauche semblait lui aussi souffrir d’une petite fracture.
« Le contraire aurait été étonnant. »
Après avoir examiné son bras gauche, Gerik tâta prudemment son abdomen, qui l’inquiétait le plus.
Par chance, peut-être grâce à la potion de soin, ses blessures internes, assez graves pour le faire cracher du sang, semblaient s’être quelque peu résorbées.
Mais seulement un peu.
La douleur sourde qui lui tenaillait la poitrine semblait l’avertir que ses blessures internes étaient toujours là.
« D’abord, les premiers soins… »
Suivant les conseils de Lugos, Gerik détacha le fourreau de l’épée à deux mains qu’il portait dans le dos.
Pour immobiliser son bras droit en miettes, il plaça péniblement le fourreau contre celui-ci et l’enroula dans du tissu, s’aidant de sa bouche, de sa main gauche et de la paroi de la grotte.
« Aïe… !! »
Par moments, une douleur vive perçait l’effet de l’antidouleur. Gerik s’immobilisait alors, les larmes aux yeux.
Mais s’il laissait son bras sans attelle et que l’antidouleur cessait d’agir, une douleur atroce l’envahirait. Serrant les dents, il endura la souffrance et fit le nœud.
« Haa… Haa… »
Une fois son attelle fixée au bras droit, Gerik resta à genoux, le visage blême et couvert de sueur froide, haletant à plusieurs reprises.
Longtemps après, lorsque la douleur se fut calmée, il serra les dents et plaça le fourreau de son épée courte contre son poignet gauche.
La zone blessée était plus petite, si bien que Gerik parvint tant bien que mal à immobiliser son poignet gauche à l’aide de sa bouche et de ses pieds.
Ce n’était pas un premier secours parfait, mais cela devrait au moins empêcher l’os de bouger davantage pendant qu’il se déplacerait.
Glou… Glou…
Après avoir prodigué les soins minimums à ses blessures, Gerik sortit sa gourde et se désaltéra. Puis il prit l’une des torches de fortune attachées à sa cuisse et l’alluma.
Quand la faible lumière éclaira les alentours, Gerik put enfin examiner l’endroit où il se trouvait.
Il était au fond d’une grotte obscure. Le plafond était incroyablement haut, et des parois de roche brute l’entouraient de toutes parts.
Au-delà de la lueur de la torche, l’obscurité s’étendait à l’infini. Il ne parvenait même pas à distinguer l’entrée, encore moins la sortie.
« Haa… Ça me rend dingue… Qu’est-ce que je suis censé faire… ? »
Après avoir compris la situation, Gerik resta assis un moment et se mit à réfléchir.
Devait-il attendre que ses compagnons viennent peut-être le secourir, ou avancer seul à la recherche d’une éventuelle issue ?
Il eut beau réfléchir, il ne trouva pas de réponse. Pour affronter la réalité, Gerik entreprit d’examiner ses affaires une à une.
« Si je rationne ma nourriture et mon eau, j’en ai pour deux jours environ… Les petites torches enduites de sève de bois huilier… Si je les économise au maximum, elles devraient durer trois ou quatre jours… »
Après avoir vérifié ses provisions, Gerik mit rapidement de l’ordre dans ses pensées.
« Je dois renoncer à attendre les secours. »
À y regarder froidement, Minos avait été grièvement blessé au moment où Gerik s’était retrouvé séparé du groupe.
S’il restait ne serait-ce qu’une Chouette grizzly en état de combattre, les autres prendraient difficilement le risque de venir le secourir.
S’il restait là à hésiter, à espérer une maigre chance, ses vivres et son eau finiraient par s’épuiser tandis que ses blessures empireraient. Il ne lui resterait alors qu’une lente agonie.
« Je refuse de confier encore ma vie à la merci d’un autre. »
Gerik décida que, s’il voulait survivre, il devait mettre à profit chaque seconde à partir de maintenant.
Sa décision prise, Gerik se leva lentement, la torche à la main.
« Aïe… !! »
Même sous l’effet d’un puissant antidouleur, Gerik se couvrit de sueur froide dès qu’il prit appui sur ses jambes pour bouger.
« Haa… Haa… »
Gerik parvint à rejoindre la falaise et retira péniblement de la roche l’épée longue de rechange. S’appuyant dessus comme sur une canne, il se pencha et haleta à plusieurs reprises.
Après s’être assis pour reprendre son souffle, il rengaina l’épée longue dans son fourreau de rechange et se remit lentement en marche.
« Je ne sais pas combien de temps ça prendra… »
Bien qu’il marchât depuis un bon moment, la douleur et les vertiges ne lui permettaient d’avancer que lentement. Exaspéré, il songea un instant à utiliser Charge pour aller plus vite.
« C’est complètement dingue. »
Mais Gerik secoua vite la tête, comprenant l’absurdité de cette idée.
S’il utilisait cette compétence dans son état actuel, ses blessures internes, à peine refermées grâce à la potion de soin, risquaient de se rouvrir.
« Alors, je mourrai pour de bon. »
Se réprimandant, Gerik avança péniblement, un pas après l’autre.
Combien de temps avait-il marché ?
Il marchait, se reposait, puis reprenait la route. La grotte formait un unique passage, mais ressemblait à un abîme sans fond. Il avait beau avancer, il ne trouvait aucune issue vers l’extérieur.
« De l’eau… !! »
La seule bonne nouvelle était que de l’eau souterraine coulait dans toute la grotte. Elle était même propre, sans doute filtrée d’une façon ou d’une autre, et il pouvait au moins boire à sa soif.
Mais la nourriture était une autre affaire.
Malgré ses efforts désespérés pour rationner ses provisions, Gerik finit par constater qu’il ne lui restait presque plus rien à manger.
Et il sentait la mort se rapprocher.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>