Chapitre 33
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 33 : Butin (2)
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« C’est dingue… !! De la magie de guérison ?! »
Incroyable, l’émeraude était un composant qui permettait de lancer une puissante magie de guérison une fois par semaine.
Gerik s’était toujours inquiété des blessures qu’il risquait de recevoir dans les combats acharnés. Cet effet le ravit donc.
Je devrais essayer ?
La limite d’une fois par semaine le gênait un peu, mais, heureusement, toute menace avait désormais disparu.
Une fois cette mission terminée, il aurait mis de côté une jolie somme. Il comptait se reposer quelque temps à Stonecreek et commander de l’équipement. Malgré la restriction, Gerik décida de tester la magie.
Soignons ma paume.
Gerik contempla sa paume droite, ouverte par les coups d’épée qu’il avait portés avec trop de force pendant le combat acharné.
Mais comment je m’en sers ? Il suffit de penser que je veux guérir ?
Il plaça l’anneau au-dessus de la blessure et essaya plusieurs méthodes pour activer la magie. Mais, pour une raison ou une autre, l’anneau ne réagissait pas. Gerik commença à s’agacer.
« Comment je suis censé lancer “Guérison des blessures graves” ? »
À peine Gerik eut-il prononcé le nom de Guérison des blessures graves, qu’il avait vu dans sa fenêtre de statut, qu’une douce lueur verte jaillit de l’anneau.
« … !! »
La blessure touchée par la lumière verte se referma rapidement. Bientôt, sa paume fut entièrement guérie, sans la moindre trace.
« Alors, il s’active quand je prononce le nom du sort… !! »
Contrairement à la Barrière du Gardien, qui s’activait d’elle-même dès qu’un danger survenait, indépendamment de la volonté de son propriétaire, Guérison des blessures graves semblait exiger que l’utilisateur place l’anneau au-dessus de la zone à soigner et prononce le nom du sort.
On dirait que j’ai gagné une vie supplémentaire !
Après avoir fouillé l’atelier souterrain, Gerik examina les environs en se fiant au contenu du journal, à la recherche d’un passage menant à la surface.
Ce serait ça… ?
Après avoir inspecté les lieux pendant un bon moment, Gerik finit par trouver un passage creusé de main d’homme, contrairement aux autres espaces que le temps avait dégradés ou endommagés.
« Oh… Le voilà… !! »
En se faufilant dans l’étroit passage, manifestement artificiel, Gerik découvrit une porte secrète menant à la surface.
Ils avaient camouflé l’entrée avec une dalle pour dissimuler le passage quand il ne servait pas.
Une fois dans l’atelier du mage, à la surface, Gerik entreprit de le fouiller soigneusement, en commençant par le sous-sol, à la recherche d’autres objets de valeur.
Malheureusement, le mage semblait avoir caché tout ce qui avait de la valeur dans l’atelier souterrain. Celui de la surface ne contenait que des objets du quotidien en tout genre.
« Je pensais qu’un mage aurait au moins quelques objets magiques à vendre… »
Au lieu de fabriquer et de vendre des artefacts, le mage semblait avoir tenu son atelier en identifiant les objets des aventuriers grâce au sort du premier cercle, Identification d’objet.
Enfin, s’il pouvait gagner autant d’argent qu’il le voulait en se servant des hommes-rats, il n’avait pas besoin de se donner la peine de fabriquer des objets magiques.
Gerik avait déjà compris pourquoi l’atelier du mage était si modeste. Il ne fut donc pas déçu de n’y trouver aucun autre butin.
Après avoir fouillé l’atelier de la surface et récupéré la clé des lieux, Gerik retourna sous terre pour rassembler un à un les effets de ses compagnons morts, afin de régler les formalités auprès de la guilde.
Il y a pas mal d’équipement en bon état. Je serais idiot de ne pas l’emporter.
C’était un acte parfaitement contraire à l’éthique, mais ses expériences passées avaient peu à peu forgé en Gerik un état d’esprit d’aventurier.
Il en voulait aussi à ses compagnons de circonstance, qui l’avaient menacé et trahi. Il n’éprouvait donc pas la moindre culpabilité à ramasser leurs affaires.
L’épée bâtarde de Kagosh, l’arc long et la lance de Tarian, l’épée courte de Jensen, et toutes sortes de bagages. Les objets s’accumulaient à l’entrée de l’atelier.
Gerik prit même la cotte de mailles endommagée de Bruno, dans l’espoir d’en récupérer au moins la valeur de l’acier.
Le pavois est joli, mais il est en fer massif, alors il est bien trop lourd. Je vais aussi le vendre.
Bruno, le guerrier lourdement armé qui tenait bon comme une montagne, avait fortement marqué Gerik. Celui-ci avait envisagé d’utiliser son bouclier.
Mais, après l’avoir soulevé plusieurs fois, il renonça à cette idée : il était trop lourd. Il décida de le vendre.
Hmm… Je devrais brûler le journal ?
Un responsable de la guilde qui lirait le journal d’Owen pourrait l’interroger sur le sort de l’émeraude, en lien avec le Quintette de Skyler. Gerik envisagea donc de le brûler pour détruire les preuves.
Non. Je vais le laisser tel quel et le remettre à la guilde. Je n’ai reçu que dix pièces d’or comme butin, et je peux toujours prétendre que je n’ai jamais trouvé l’émeraude.
Contrairement au Quintette de Skyler, qui avait été confié par la guilde des aventuriers, l’émeraude avait appartenu à l’origine au maître d’Owen et n’avait aucun lien avec la guilde. Même si Gerik l’avait récupérée, la guilde n’avait aucun motif de l’interroger à ce sujet.
Le journal facilitera les explications. Je devrais le remettre comme preuve.
La seconde moitié du journal décrivait même en détail comment le mage était devenu obsédé par le Crâne de rat du Dieu de la Peste, avait dilapidé sa fortune et l’avait renforcé. La guilde pourrait en conclure que le mage ensorcelé avait vendu l’émeraude.
Les affaires des autres sont trop lourdes. Je reviendrai peut-être les chercher plus tard. C’est une règle tacite chez les aventuriers que le dernier survivant récupère les affaires de ses compagnons tombés au combat. La guilde ne pourra donc pas m’en faire le reproche.
Quand tout fut réglé, Gerik ouvrit la porte de l’atelier et prit enfin la route de Stonecreek. L’air pur qui l’accueillit dehors éclaircit son esprit épuisé.
« Mademoiselle la réceptionniste, c’est urgent. Pourriez-vous appeler Ruben, s’il vous plaît ? »
Le soleil n’allait pas tarder à se coucher et la guilde fermerait bientôt pour la journée. Gerik devait donc faire son rapport rapidement. Plutôt que de faire la queue, il interpella la réceptionniste à distance.
« Mais qu’est-ce que… Hein ? »
Les aventuriers qui faisaient la queue devant lui froncèrent les sourcils en voyant un type sorti de nulle part essayer de leur passer devant pour parler à la réceptionniste, alors qu’ils attendaient leur tour.
Mais lorsqu’ils se retournèrent et aperçurent un aventurier couvert de sang, ils s’adressèrent à lui avec étonnement au lieu de chercher la bagarre.
« Hé, mon gars. Qu’est-ce qui t’est arrivé pour que tu sois dans cet état ? »
« Ouf… C’est une longue histoire. Je dois faire venir quelqu’un pour lui transmettre un rapport urgent. Désolé. Je ne viens pas déposer une demande de mission, alors laissez-moi passer. »
« Ça doit être sacrément urgent si tu n’as même pas le temps de te laver. »
En temps normal, ils lui auraient peut-être donné une leçon ou rabroué pour son arrogance. Mais voir un camarade aventurier couvert de sang et épuisé semblait éveiller la compassion même des aventuriers les plus rudes.
« Que se passe-t-il ? »
Ruben descendit en hâte après avoir été prévenu par la réceptionniste. Il était déconcerté de voir Gerik, parti comme guide et revenu seul au lieu de l’expérimenté Bruno, se présenter à la guilde des aventuriers pour demander un entretien privé.
« … J’aimerais qu’on monte pour discuter. J’ai une bonne raison. »
Gerik ne pouvait pas sortir le Crâne de rat du Dieu de la Peste devant tant de monde. Il expliqua donc qu’il voulait faire son rapport dans un endroit tranquille. Devant son air grave, Ruben accepta.
« Très bien… Que s’est-il passé ? Et où est l’équipe de Bruno ? »
Une fois à l’étage, Ruben demanda des explications, incapable de comprendre ce qui se passait.
« D’abord… Pourriez-vous regarder ça ? Mais n’y touchez pas. »
« … Qu’est-ce que c’est ? »
« Un artefact maudit. »
Gerik se mit calmement à raconter ce qui s’était passé ce jour-là. Ruben resta abasourdi en apprenant que ce qu’ils avaient pris pour une simple invasion d’hommes-rats avait en réalité été provoqué par un mage fou.
« Difficile à croire, hein ? C’est pour ça que je vous ai montré le crâne en premier. »
Quand il eut terminé ses explications, Gerik tendit le journal du mage à Ruben, l’air épuisé.
Ruben prit le journal et le lut attentivement, debout, pendant un long moment. Lorsqu’il arriva à la dernière page, il soupira et referma le livre.
« … Attendez ici un instant. »
Ruben demanda à Gerik d’attendre dans la salle de réception, puis s’éloigna. Il revint bientôt avec un parchemin.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Un parchemin d’identification avancée. »
Un sort d’identification de base ne pouvait pas révéler une malédiction aussi profondément enfouie. Ruben semblait donc avoir apporté un parchemin avancé pour vérifier si le crâne était bien un artefact maléfique.
Riiip !
Le parchemin se déchira et une lumière mystérieuse se mit à éclairer le crâne. Fait intéressant, des informations sur le Crâne de rat du Dieu de la Peste commencèrent à apparaître sur la feuille blanche posée à côté.
Bien qu’il s’agît d’une magie d’identification avancée, elle semblait moins puissante que la fenêtre de statut de Gerik. Plusieurs détails, dont le nom de l’artefact, manquaient sur la feuille.
Je dois absolument cacher le fait que ma fenêtre de statut me permet d’identifier les objets.
Gerik pressentit que cela lui attirerait des ennuis si d’autres apprenaient qu’il possédait une compétence d’identification plus puissante que la magie avancée.
Il se jura donc une nouvelle fois de ne jamais révéler son secret à qui que ce soit.
« Il corrompt peu à peu l’esprit de son utilisateur et en fait l’esclave d’un être maléfique. C’est vraiment dangereux. »
Ruben en eut des sueurs froides en songeant que, si on l’avait laissé agir plus longtemps, le mage asservi aurait pu invoquer cet être maléfique dans le monde.
« Vous avez bien travaillé. La guilde s’occupera de cet objet en toute sécurité. »
Sur ces mots, Ruben remit le Crâne de rat du Dieu de la Peste dans son sac et s’apprêta à l’emporter.
« Qui vous a dit que vous pouviez l’emporter ? »
« Hmm… ? »
Le visage de Ruben s’assombrit quand le jeune homme devant lui refusa de façon inattendue de lui remettre le crâne.
Autrefois, Gerik aurait peut-être été effrayé par cette attitude, mais les épreuves qu’il avait traversées lui avaient donné du cran. Il soutint le regard de Ruben et répondit d’un ton ferme.
« Cet objet m’appartient. Vous ne pouvez pas vous en emparer sans ma permission. »
« … Mais c’est un objet maudit ! Il faut le détruire immédiatement. De quel droit de propriété parlez-vous ? »
Ruben affirma avec force, et non sans raison, que la guilde avait le droit de saisir l’objet.
Gerik, cependant, semblait avoir prévu cette réponse et s’être préparé. Sans reculer d’un pouce, il répliqua :
« En quoi ça me concerne ? Vous vous souvenez des détails de la mission ? “Extermination d’hommes-rats” ou “Recherche d’hommes-rats”. Je n’ai jamais accepté de mission de récupération. Si vous voulez l’emporter, il faudra me payer. »
« … Quelle valeur un artefact maudit pourrait-il bien avoir ?! »
Ruben soutint qu’un artefact maudit ne pouvait pas avoir de valeur et que, vu le danger qu’il représentait, la guilde avait le droit de le saisir par la force.
Mais, en se fondant sur les paroles du traître Jensen, Gerik répondit que, s’il avait vraiment eu de mauvaises intentions, il aurait pu faire sortir l’objet en contrebande et le vendre au marché noir pour au moins cent pièces d’or.
« Je vous ai apporté cet objet par “bonne volonté”. Vous ne devriez pas me traiter comme ça. »
Gerik baissa la voix jusqu’au grondement et menaça de raconter à tous les aventuriers de Stonecreek que la guilde l’avait dépouillé de force, s’il n’obtenait pas une compensation convenable.
« Vous êtes prêt à en assumer les conséquences ? Si vous faites ça, les aventuriers prendront cet incident pour exemple et cesseront de remettre à la guilde tout ce qui leur semble dangereux. Ils feront sortir tous ces objets en contrebande pour les vendre. »
« … Vous… »
Ruben rougit de colère en se faisant menacer par ce jeune homme. Lorsqu’il laissa même échapper une légère intention meurtrière, Gerik prit les devants et récita le bluff qu’il avait préparé.
« Quoi, vous allez me tuer ? Pour votre information, j’ai déjà tout raconté sur la situation à plusieurs “amis”. Si je “disparais”, vous croyez qu’ils garderont le silence ? Ça ne ferait qu’aggraver les choses. Les gens diraient que la guilde va jusqu’à assassiner pour faire taire les témoins. »
« … »
Notes :
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