Chapitre 32
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme guerrier dans un univers de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 32 : Butin (1)
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Gerik trouva un journal sur le bureau. L’encre n’avait même pas encore séché, comme si son propriétaire y avait écrit jusqu’au dernier instant.
« Waouh !? »
Après avoir pris le journal, il ouvrit le tiroir et aperçut une boîte ainsi qu’une bourse. Il en sortit rapidement le contenu et l’examina.
« C’est dingue… !! Mais combien y a-t-il… ?! »
Dix pièces d’or étincelantes se déversèrent de la bourse, faisant écarquiller les yeux de Gerik. Une pièce d’or valait cent pièces d’argent. En comprenant qu’il venait de faire fortune, il sentit l’excitation le gagner.
« … Je n’aurai plus à me soucier de mes frais de subsistance. »
Son logement à Stonecreek lui coûtait sept pièces d’argent par mois. Cela faisait quatre-vingt-quatre pièces par an ; avec cette seule mission, il venait donc de gagner l’équivalent de dix années de loyer.
Je devrais acheter de l’équipement avec cet argent.
Au cours de cette expédition, Gerik avait vu le matériel de qualité du groupe de Plaque de cuivre en action, et surtout celui de Bruno, le guerrier lourdement armé. Il avait alors compris à quel point un bon équipement pouvait faire la différence sur le champ de bataille.
Il décida d’investir hardiment dans du bon matériel l’argent qu’il avait gagné.
« Oh, une boîte… !! »
Espérant découvrir d’autres trésors, Gerik fouilla soigneusement l’atelier. Il trouva une boîte habilement dissimulée sous le bureau ; à l’intérieur se trouvait une minuscule émeraude.
« Celle-là aussi devrait rapporter un bon prix, non… ? »
Elle était minuscule, mais cette pierre précieuse finement taillée semblait avoir une grande valeur.
Encouragé par ses précieux butins, Gerik poursuivit un moment ses recherches dans l’atelier, à l’affût de tout autre objet intéressant. Malheureusement, après l’émeraude, il ne trouva plus rien de valeur.
Dommage qu’il n’y ait pas eu davantage, mais dix pièces d’or et une émeraude, c’est déjà un sacré butin. Je devrais m’en contenter.
Le mage que Gerik avait tué n’était qu’un mage de bas niveau du deuxième cercle. Le fait qu’Owen ait possédé autant d’argent était déjà impressionnant.
Après s’être convaincu de cela et avoir terminé ses recherches, Gerik ouvrit le journal du mage et se mit à le lire.
Les entrées étaient soigneusement classées par année.
Les premières pages retraçaient la vie d’Owen. Il s’appelait Owen et avait apparemment été le fils illégitime d’une prospère compagnie marchande de l’Est. Sa famille le traitait comme un fardeau dont elle aurait voulu se débarrasser.
Fasciné par la magie et le pouvoir qu’elle conférait, Owen avait voulu devenir l’apprenti d’un mage puissant. Désireuse de se débarrasser de cet enfant encombrant, sa famille avait volontiers financé son apprentissage auprès d’un grand mage.
« Enfin, je vais pouvoir apprendre la magie. Ici, je n’ai pas besoin d’une famille pareille. »
Mais, contrairement à ce qu’il espérait, il ne fit que s’occuper des corvées de son maître pendant plus de dix ans. Celui-ci ne lui enseigna jamais vraiment la magie ; il le condamna à d’interminables tâches subalternes.
Au fil des pages, le ton enthousiaste des premières entrées céda peu à peu la place au ressentiment et à la résignation. Puis, à partir d’un certain moment, l’atmosphère du journal changea radicalement.
« Un jour, j’ai remarqué quelque chose d’étrange chez mon maître. Certains jours, il prétexte toujours une sortie pour se rendre en secret au sous-sol de la Tour des Mages. Il a peut-être réussi à berner les autres, mais combien d’années ai-je passé à votre service ? »
Les entrées suivantes racontaient comment Owen avait filé son maître en secret et l’avait observé.
« Je le savais ! J’ai découvert l’atelier secret de mon maître. Ce salaud mène depuis longtemps des expériences sur un artefact maléfique. »
Plusieurs pages étaient consacrées à un crâne de cristal.
Au début, sa peur était manifeste, mais les pages suivantes révélaient à quel point il s’était laissé fasciner par l’objet.
« Ce cristal est incroyable. Je crois comprendre pourquoi mon maître l’étudie. »
« Cet objet permet à son propriétaire d’invoquer des hommes-rats et d’en faire ses serviteurs. Il peut même renforcer son pouvoir en acceptant des sacrifices ! »
Plusieurs autres pages détaillaient son analyse des pouvoirs du cristal. Puis, à un moment, le ton du journal commença à changer subtilement.
« Des hommes-rats à l’infini, à mon service ?! Grâce au cristal, je pourrais obtenir toute la main-d’œuvre et tous les fonds de recherche dont j’ai besoin, puis me consacrer entièrement à mes recherches magiques ! »
« Pourquoi serais-tu le seul à profiter d’une chose aussi formidable ?! »
Peut-être parce que son ressentiment envers son maître s’était mêlé à ses pensées, le journal se remplit peu à peu d’excuses destinées à justifier ses actes.
« Avec ça, je pourrais bâtir mon propre atelier, sans toi. Pourquoi resterais-je sous tes ordres ? »
« C’est ta faute si je te le prends ! Est-ce que je t’aurais trahi si tu m’avais enseigné la magie correctement, ne serait-ce qu’un peu ? »
Gerik esquissa un sourire amer en lisant le journal d’Owen. Il semblait que le mage avait commencé à succomber à la malédiction à cette période.
Le récit de la fuite d’Owen était bref.
Après avoir observé les habitudes de son maître pendant longtemps et découvert qu’il y avait certains jours où celui-ci ne se rendait jamais à l’atelier secret, Owen avait volé le crâne de cristal, les pièces d’or, les bijoux et plusieurs artefacts endommagés avant de s’enfuir.
« Je ne peux même pas approcher des artefacts en bon état. Leur sécurité est trop stricte. »
« Mais l’entrepôt des artefacts endommagés, c’est une autre histoire ! J’y entre et j’en sors depuis des années ; je sais mieux que quiconque à quel point la sécurité y est laxiste. »
« Si je les vole et les revends petit à petit sans me faire prendre, je devrais pouvoir réunir assez de fonds pour construire un atelier. »
« Dans l’entrepôt des artefacts endommagés se trouvait une émeraude enchantée par une magie que mon maître étudie depuis longtemps, ainsi que son journal de recherche où il l’analyse. »
« Quelle chance ! Bien sûr que je l’ai prise ! À première vue, elle ressemble à une émeraude ordinaire gravée d’un sort de guérison, mais il suffit de lire un peu le journal de mon maître pour comprendre que cette gemme n’est pas un simple objet magique de bas rang ! »
« Quel travail délicat que de graver une magie différente sur cinq gemmes, puis de tirer parti des propriétés mêmes de ces pierres pour éviter que leurs enchantements n’entrent en conflit, avant de les réunir dans une seule bague ! »
« La magie gravée dessus était ordinaire, mais je crois comprendre pourquoi mon maître trouvait cette bague si intéressante. Et dire qu’elle était entreposée dans le dépôt des artefacts endommagés… J’ai vraiment de la chance. »
Le journal détaillait avec précision la façon dont Owen s’était installé à Stonecreek.
Pendant sa fuite, le mage avait vendu peu à peu les artefacts volés afin d’effacer ses traces, tout en se servant du crâne de cristal pour soumettre les hommes-rats un par un.
La raison de son installation à Stonecreek était également brièvement évoquée.
En tant que ville frontalière, elle comptait peu de résidents permanents et accueillait souvent des étrangers, ce qui lui permettait de passer inaperçu. Elle était aussi, semblait-il, idéale pour semer son maître.
« Stonecreek est l’endroit parfait pour construire mon atelier ! »
« Dans une ville frontalière, on peut se procurer toutes sortes de matériaux magiques inhabituels. Les mages sont rares, alors même les sorts de bas niveau que j’ai appris me rapportent facilement de l’argent ! »
« Et comme les vagabonds sont si nombreux dans les régions frontalières, il me sera facile de dissimuler mon identité de fugitif. »
« Mais le meilleur, c’est que cette ville a été bâtie au-dessus d’anciens égouts ! »
« Depuis mon atelier, je peux non seulement commander aux hommes-rats dans les égouts, mais aussi les envoyer agir au-delà. »
« Puisque cette ville frontalière borde les Terres Sauvages des Démons, même si l’on aperçoit des hommes-rats rôder à l’extérieur de Stonecreek, personne ne donnera l’ordre de les exterminer et ils ne susciteront aucun soupçon sérieux. Quel endroit pourrait être plus parfait ?! »
Pourtant, même le plan parfait du mage avait un défaut. Des gardes surveillaient les entrées des égouts de Stonecreek, ce qui rendait difficile de les explorer ouvertement ou d’y faire entrer et sortir des hommes-rats.
En guise de solution de repli, Owen avait lâché des hommes-rats dotés d’un excellent odorat aux abords de Stonecreek, en leur ordonnant de chercher des passages inexplorés menant aux égouts.
« Avec leur odorat si fin, les hommes-rats finiront forcément par trouver quelque chose. Les anciens égouts sont vieux et immenses ; il doit bien y avoir des endroits qui se sont effondrés et ont été abandonnés. »
Les hommes-rats découvrirent bientôt les vestiges d’un ancien égout effondré et abandonné à la périphérie. Le mage s’était servi de ce passage comme point d’appui pour explorer peu à peu les lieux.
« Enfin, j’ai trouvé un endroit qui convient. Une maison délabrée à la périphérie. Elle est idéalement située pour creuser jusqu’aux égouts abandonnés en dessous. Si je parviens à ouvrir un passage ici, je pourrai faire faire tout ce que je veux aux hommes-rats ! »
Mais, contrairement à ses intentions de départ, le mage semblait s’être davantage consacré aux sacrifices sur l’autel pour augmenter le nombre de ses hommes-rats qu’à ses recherches magiques. La malédiction avait peut-être empiré.
Un jour, au milieu d’entrées presque exclusivement consacrées à l’augmentation de ses serviteurs hommes-rats, quelque chose d’inattendu apparut dans le journal.
« Grâce à un membre de la guilde des aventuriers que j’ai rencontré en tenant mon atelier de magie, j’ai appris que mon maître avait remporté aux enchères un artefact endommagé. J’ai fait semblant de ne rien savoir et j’ai cherché à en savoir plus, en prétextant la curiosité d’un mage. »
« L’artefact semble être l’émeraude principale ! Est-ce que je devrais essayer de m’en emparer… ? J’ai enquêté par précaution et il paraît que cinq aventuriers de Plaque de cuivre, de premier rang, l’escortent. Ils devraient même bientôt être promus à Plaque d’argent… »
« S’ils sont en réalité cinq aventuriers de Plaque d’argent, de cinquième rang, alors même en mobilisant tous les hommes-rats que je possède, je ne pourrai pas les maîtriser. À contrecœur, je dois abandonner. »
Même après cette entrée, le journal ne parla plus que d’augmenter le nombre de ses hommes-rats. Gerik le referma.
Il éprouvait de l’amertume à voir un jeune homme ordinaire, qui avait voulu apprendre la magie, succomber à la malédiction du Dieu de la Peste et sombrer dans la folie.
Au bout du compte, la malédiction l’a dévoré.
Ce n’est qu’après avoir lu le journal que Gerik comprit pourquoi les biens du mage Owen étaient si maigres, alors qu’il avait commandé des hommes-rats et sévi à Stonecreek pendant si longtemps.
À part le strict minimum, il a dû engloutir tout son argent dans l’Autel du Dieu de la Peste pour renforcer le crâne.
D’une certaine façon, il était remarquable qu’il reste encore dix pièces d’or et une émeraude. Tandis que Gerik les contemplait et reconstituait les événements, une idée lui traversa l’esprit comme un éclair.
« Attends… Une émeraude… Un artefact… ?! Liés entre eux… ?! »
Pour vérifier son idée, il prit l’émeraude dans la boîte et ouvrit sa fenêtre de statut afin de l’examiner.
[Émeraude de ??]
« Type : ??? (Endommagé) »
« Rang : ??? »
« Effet : ??? »
« Je le savais… !! »
La fenêtre de statut confirma à Gerik que l’émeraude était bien l’objet d’étude magique décrit dans le journal, celui que le maître du mage avait tant chéri.
D’après la date de l’entrée… ça remonte à un mois ou deux… Est-ce que ça pourrait avoir un lien avec le Quintette de Skyler ?!
À la lecture du journal, Gerik se dit que l’artefact remporté aux enchères par le maître du mage était peut-être le Quintette de Skyler.
Il était question de cinq gemmes reliées entre elles, et Lugos avait transporté la bague à peu près à la même période que l’entrée du journal…
Plus il y réfléchissait, plus Gerik était convaincu que l’émeraude était l’un des éléments de la bague. Incapable de contenir son excitation, il retira vivement son gant et compara la bague à l’émeraude.
« Elle est là… !! »
En effet, l’un des emplacements vides de la bague avait une forme qui correspondait parfaitement à l’émeraude qu’il avait trouvée. Gerik approcha prudemment la gemme de l’emplacement.
Clic !!
À sa grande surprise, à peine eut-il posé l’émeraude contre la bague qu’elle s’y fixa naturellement dans un clic.
Ravi d’avoir vu juste, Gerik examina le Quintette de Skyler, désormais muni de l’émeraude, à l’aide de sa fenêtre de statut afin de voir comment ses propriétés avaient changé.
[Quintette de Skyler]
« Type : Bague (Endommagée) »
« Rang : ??? »
« Effets »
* Gardien
* Blessures graves
* ???, ???, ???
« Remarque : Vous voulez devenir un grand voleur capable de piller jusqu’à l’antre d’un dragon ? Alors couvrez-vous de la tête aux pieds d’objets capables de tromper même les dragons. Il n’y a pas plus simple. — Skyler, maître voleur »
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