Chapitre 22
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Alyo
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre comme un guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 22 : Égouts (3)
──────
« Couic !! Couic !! »
Peut-être avait-il compris, après cette attaque menaçante, qu’il ne pourrait pas facilement prendre le dessus sur Gerik. Le chef des hommes-rats interrompit son assaut, resta sur ses gardes et le fixa d’un regard mauvais. Puis il tapa du pied et poussa encore et encore des couinements irrités.
« Coui… Couic… !! »
« … !! »
Gerik comprit que l’homme-rat qui avait d’abord chargé Olin, celui dont la lourde épée avait transpercé le torse, était toujours en vie, d’une manière ou d’une autre.
Une sueur froide lui coula le long du dos.
Bien que l’un d’eux fût blessé, le combat venait de passer en un instant d’un contre deux à un contre trois. Gerik pensa que sa deuxième mort approchait à grands pas.
« Couic ! Couinement !! »
Le chef des hommes-rats se déplaça astucieusement sur le côté et lança des ordres à ses subordonnés en couinant.
Malgré le sang qu’il perdait en abondance, l’homme-rat blessé faisait face à Gerik, tandis que les deux autres prenaient position à sa gauche et à sa droite, prêts à attaquer.
Les salauds… !
Gerik comprit que le chef comptait se servir de son subordonné blessé comme appât, puis le prendre en tenaille avec son subordonné indemne pour profiter de la moindre ouverture.
En même temps, il comprit instinctivement à quel point ce plan était redoutable. Il n’existait aucun moyen convenable de s’en défendre.
« Coui… ! »
Le sang jaillissait de l’épaule de l’homme-rat. Lorsque son chef lui en donna l’ordre, il poussa un faible cri et chargea Gerik.
Les deux autres hommes-rats s’approchèrent lentement de chaque côté, au même rythme que lui.
Si j’attends… je suis fichu… !!
Gerik comprit instinctivement que s’il leur laissait le temps qu’ils cherchaient à gagner, il ne sortirait jamais de cette situation.
Alors, n’ayant plus rien à perdre, il fonça droit sur l’homme-rat qui se trouvait devant lui.
« Couic ?! »
Comme s’il ne s’était pas attendu à ce que sa proie charge à son tour, un homme-rat posté sur le flanc de Gerik poussa un cri de surprise.
Gerik l’ignora, leva son épée et lança Entaille sur l’homme-rat blessé qui lui faisait face.
Flaaash !!
Déjà gravement blessé, l’homme-rat ne put parer l’Entaille fulgurante de Gerik. Sa tête fut projetée dans les airs en un instant.
« Couinement ! Couic ! »
Furieux que sa proie ait osé contre-attaquer, le chef des hommes-rats et l’un de ses subordonnés fondirent rapidement sur lui de chaque côté.
N’ayant pas d’autre choix, Gerik serra les dents, leva son épée et frappa le chef des hommes-rats, prêt à mourir avec lui.
Sale ordure… Au moins, tu vas mourir !
S’il devait mourir, Gerik se jura d’envoyer d’abord l’homme-rat qui se tenait devant lui dans l’au-delà.
Il renonça complètement à se défendre et lança Entaille de toutes ses forces.
Le visage du chef des hommes-rats se figea, déconcerté par son élan furieux.
Flaaash… !!
Le bruit glaçant de la chair déchirée résonna dans les égouts. Le chef des hommes-rats leva les deux bras pour bloquer l’Entaille de Gerik, mais ils furent tous deux sectionnés de façon grotesque, projetant du sang partout.
« Couiiiine !! »
Ses deux bras avaient été tranchés, et une entaille diagonale lui barrait le corps depuis l’épaule. Un sang immonde se mit à jaillir comme une fontaine.
« Couinement ! »
Mais en attaquant sans se soucier de sa défense, Gerik s’était exposé beaucoup trop largement.
Les dents acérées du dernier homme-rat fondirent sur son cou sans protection.
Oh non… !!
Au moment même où Gerik comprit qu’il allait mourir sans pouvoir l’éviter, une énergie féroce se répandit depuis son doigt.
Hummm… !!
Une barrière d’énergie, digne d’un film de science-fiction, se mit à envelopper le corps de Gerik.
La barrière distordit bientôt l’espace autour de lui. Les dents et le corps de l’homme-rat, sur le point d’atteindre le cou de Gerik, furent balayés sur le côté par cette distorsion spatiale.
Le Quintette de Skyler… !!
Cela ne dura qu’un instant, mais Gerik trembla en comprenant l’origine de ce pouvoir mystérieux.
L’objet magique qu’il avait complètement oublié dans le feu du combat venait de lui sauver la vie.
Reconnaissant, Gerik leva de nouveau son épée longue et lança sans pitié Entaille sur l’homme-rat, dévié par l’espace distordu avant de s’écraser tête la première contre le mur.
Tranche !!
Un bruit féroce retentit dans les égouts. Au même instant, le sang jaillit du corps hideux de l’homme-rat.
Après avoir abattu le dernier homme-rat, Gerik resta debout, l’épée à la main, les yeux révulsés, tournant sans cesse sur lui-même pour vérifier qu’aucun autre ennemi ne se trouvait là.
« Hal… Hal… »
Il tournoya comme un fou pendant un long moment, mais aucun autre ennemi ne se montra. Ce n’est qu’alors que Gerik put enfin être certain d’avoir tué tous les hommes-rats.
Une fois sûr d’être en sécurité, il se précipita vers ses compagnons.
« Ah… Aah… »
Le sort misérable d’Olin s’offrit à ses yeux.
Un énorme morceau du flanc du guerrier d’âge mûr avait été arraché par une morsure, laissant les intestins d’Olin à découvert.
Comme si cela ne suffisait pas, les hommes-rats avaient fracassé la moitié de son crâne, laissant sa matière cérébrale s’écouler.
« Hngh… Hnghh… »
« … !! »
Incroyablement, Wilber était encore en vie.
Gerik vit Wilber retenir les intestins qui menaçaient de jaillir de son flanc. Les os de son visage étaient à nu et il gémissait de douleur. Le cœur brisé, Gerik se précipita vers lui.
« Ge… rik… »
« Wi… Wilber… !! »
« Ge… Hum… Kof… !! »
Il n’y eut pas de scène comme au cinéma, où un mourant lutte pour prononcer ses dernières paroles.
Wilber se contenta d’appeler Gerik d’une voix faible, le regard perdu, puis succomba finalement à ses blessures mortelles.
« Non… ! »
Depuis sa réincarnation dans ce monde, Gerik assistait pour la première fois à la mort de personnes qu’il pouvait au moins considérer comme des compagnons.
Un chagrin indescriptible monta en lui.
En considérant le temps qu’ils avaient passé ensemble, il avait peut-être été plus proche de Lugos ou d’Osrik.
Pourtant, peut-être parce qu’il avait vu Olin et Wilber mourir brutalement sous ses yeux, contrairement à Lugos et Osrik dont il n’avait pas vu la mort, la perte de ces deux compagnons le bouleversa bien davantage.
… Couic ? Couinement.
Un cri de rat à vous glacer le sang résonna au loin.
Ce son arracha aussitôt Gerik à son chagrin, et il se releva précipitamment.
Il en arrive d’autres… !!
Il avait perdu ses compagnons dans un combat acharné, dépensé trop d’énergie et même utilisé le Quintette de Skyler, son atout maître.
Gerik comprit instinctivement que s’il restait là, sa mort ne serait plus qu’une question de temps.
Je dois filer… !!
Sa vie en danger, Gerik reprit rapidement ses esprits et s’empara de sa torche. Il éclaira les alentours, repéra la sortie par laquelle il était entré et se prépara à partir en toute hâte.
… Ah !
Au moment de partir, Gerik comprit qu’il risquait de s’attirer de graves ennuis s’il rentrait dans cet état.
S’il ne pouvait pas expliquer clairement la mort de ses compagnons, on risquait de l’accuser à tort.
Même dans cette situation désespérée, Gerik se mit à chercher des preuves.
Les têtes ? Trop grosses. Les dents ? Trop dures à casser… Ah !
Gerik comprit qu’une partie du corps serait facile à transporter et constituerait une preuve irréfutable.
Il leva son épée longue et trancha la queue d’un homme-rat étendu au sol.
Tant que j’y suis…
La plupart d’entre eux étaient morts à proximité les uns des autres ; Gerik trancha donc rapidement les queues des six hommes-rats et les ramassa.
Entre-temps, les cris sinistres des rats se rapprochaient de plus en plus. Pris de panique, Gerik se mit à courir et s’enfuit des égouts.
« Hal… Haaah… !! »
Gerik traversa les égouts en courant comme un fou. Il avait sprinté si vite qu’il peinait à respirer.
Pourtant, la sensation d’entendre derrière lui les cris glaçants des hommes-rats lui donnait une force surhumaine et l’empêchait de s’arrêter.
L’épuisement et la peur brouillaient son jugement, et il faillit prendre le mauvais chemin.
Heureusement, il avait passé plus d’une semaine à explorer les égouts avec ses deux compagnons. Grâce à cette expérience, il s’en sortit sans se tromper de chemin.
« Hal… Hal… Ouvrez la porte !! Ouvrez !! »
« Qu’est-ce qui vous est arrivé ?! »
Gerik jaillit des égouts en courant comme un fou, couvert de sang, et tambourina contre la porte de fer en appelant les gardes.
Les gardes avaient souvent vu Gerik et ses compagnons pendant une assez longue période ; sa présence les prit donc au dépourvu. L’un d’eux ouvrit rapidement la porte et lui demanda ce qui s’était passé.
« Des hommes-rats… »
À bout de souffle, Gerik montra au garde le paquet de queues grotesques attaché à sa taille.
Il lui expliqua ensuite calmement sa rencontre avec les hommes-rats pendant la mission d’extermination des gobelins.
« Quoi… ?! Des hommes-rats ?! »
Pris individuellement, les hommes-rats n’étaient pas des monstres particulièrement puissants. Mais leur tendance à se déplacer en essaim et la malédiction très contagieuse qu’ils portaient en faisaient un véritable fléau lorsqu’on en trouvait dans une ville.
Quel que fût leur niveau de puissance, leur menace était considérable, et le garde se tendit.
« Willus ! Je garde le poste. Prends une de ces queues d’homme-rat et va immédiatement prévenir le gardien ! Demande des renforts ! »
Le garde supérieur ordonna à son subordonné de signaler l’urgence au fonctionnaire chargé du développement de la frontière et de réclamer des renforts pour boucler les égouts.
« Je sais que c’est difficile, mais rendez-vous à la guilde des aventuriers et signalez la situation sans tarder. Je vous en prie. »
Puisque Gerik avait été sur place, personne ne pouvait donner des renseignements aussi précis que lui sur les hommes-rats. Le garde supérieur lui demanda de faire son rapport, puis lui tendit un sceau pour lui faciliter la tâche.
Épuisé, Gerik accepta le sceau et partit aussitôt en courant vers la guilde des aventuriers.
Les passants marmonnèrent en le voyant couvert de sang, mais Gerik n’y prêta aucune attention. Sans un mot, il garda les yeux droit devant lui et courut.
« Excusez-moi ! »
« Qu’est-ce que… ?! »
Un aventurier dans la file lança une remarque irritée lorsqu’un novice tenta soudain de passer devant tout le monde, juste avant la fermeture.
Gerik les ignora et montra au réceptionniste les queues d’homme-rat pendues à sa taille.
« J’ai rencontré des hommes-rats pendant la mission dans les égouts ! Les gardes ont besoin de renforts… ! »
« Attendez. Un instant. »
Le réceptionniste avait froncé les sourcils en le voyant couper la file, mais son expression changea en apercevant le sceau du garde que Gerik sortit à la hâte, ainsi que les queues grotesques du monstre.
Après avoir demandé aux aventuriers dans la file de bien vouloir patienter, le réceptionniste se précipita au deuxième étage.
« Hal… Haaah… »
Gerik put enfin reprendre son souffle. Plié en deux, les mains sur les genoux, il haletait bruyamment.
Peu après, le réceptionniste reparut du deuxième étage, accompagné d’un homme d’âge mûr.
« Des hommes-rats sont apparus pendant votre mission d’extermination des gobelins dans les égouts ? »
L’homme d’âge mûr renvoya le réceptionniste à ses tâches, conduisit Gerik à une autre table et l’interrogea calmement sur la situation.
Son calme gagna Gerik à son tour. Celui-ci ravala sa panique et se mit à raconter tout ce qui s’était passé, point par point.
« Donc, après avoir exterminé six hommes-rats dans les profondeurs des égouts, vous en avez entendu d’autres plus loin ? »
« Oui. »
« C’est fâcheux. »
Pour l’instant, les hommes-rats étaient retranchés dans les profondeurs des égouts. Mais s’ils se rapprochaient peu à peu de la surface, creusaient des tunnels, attaquaient les habitants et les contaminaient, la situation risquait de devenir incontrôlable.
C’était pourquoi Ruben, un membre chevronné de la guilde des aventuriers, fronçait les sourcils.
« Au fait, êtes-vous sûr qu’il y en avait vraiment six ? Trois aventuriers de bas rang, de la Plaque de bois, ne sont pas censés pouvoir tuer six hommes-rats… »
Comme bien des aventuriers, Ruben se demandait si ce novice, terrifié, n’avait pas exagéré les faits.
Gerik lui répondit en lui montrant les six queues d’homme-rat attachées à sa taille.
Notes :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>