Chapitre 19
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 19 : Première mission (3)
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Gerik se souvint soudain d’un système dont Bren, un ancien aventurier, lui avait parlé récemment. Il demanda à la réceptionniste si les « points de contribution » qu’elle venait de mentionner étaient les mêmes que ceux qu’il connaissait.
Étrangement, Wilber, qui se tenait à côté de lui, répondit à sa place en ricanant.
« Puhaha ! Comment ça pourrait être les mêmes ? Tu ne commences à en gagner qu’à partir de la Plaque de cuivre ! Pourquoi on donnerait ça à un Plaque de bois… Ça sert juste à être promu, gamin ! »
Gerik rougit de gêne.
L’éclat de rire joyeux de Wilber et la réaction candide de Gerik arrachèrent même un sourire à la réceptionniste, d’ordinaire toute à ses affaires.
« Hé hé… C’est exact. Pour les Plaques de bois, nous comptons uniquement le nombre de missions accomplies. Nous ne tenons compte ni de leur difficulté ni de la qualité de votre travail. »
« Ça change à partir de la Plaque de cuivre ? »
« Oui. C’est là que commencent les vrais points de contribution. Vous en recevez un nombre variable selon la difficulté de la mission et votre évaluation, puis ils s’accumulent pour déterminer votre rang. C’est pourquoi nous considérons que les aventuriers à partir de la Plaque de cuivre sont de véritables aventuriers. »
Après ces explications, la réceptionniste lui tendit une feuille détaillant les conditions de promotion des Plaques de bois.
« Les conditions de promotion des Plaques de bois sont indiquées ici. Je vous conseille d’y jeter un œil. »
Gerik baissa la tête pour dissimuler sa gêne et se mit à lire.
『Conditions de promotion des Plaques de bois : nombre de missions réussies requis (augmente de 5 à chaque passage au rang supérieur)』
- Rang 9 → rang 8 : 5
- Rang 8 → rang 7 : 10
- Rang 7 → rang 6 : 15
- Rang 6 → rang 5 : 20
- Rang 5 → rang 4 : 25
- Rang 4 → rang 3 : 30
- Rang 3 → rang 2 : 35
- Rang 2 → rang 1 : 40
Cent quatre-vingts missions au total.
Après avoir calculé le nombre de missions réussies nécessaires pour atteindre la Plaque de cuivre, Gerik marmonna qu’il lui faudrait au moins sept ou huit mois, même en allant le plus vite possible.
Wilber lui répondit d’un ton incrédule.
« Quoi… qu’est-ce que tu racontes ? On a fini si vite aujourd’hui uniquement parce qu’on a eu de la chance… Même une simple mission de cueillette prend deux ou trois jours ! Huit mois, mon œil… Il te faudra trois ans ! »
À l’entendre, Gerik se rendit compte que c’était bien plus vraisemblable. Sachant que seuls les Plaques de cuivre étaient considérés comme de véritables aventuriers, il mesura le temps qu’il lui faudrait pour en devenir un.
« Tiens ! Soixante pièces de cuivre ! Vous avez bien travaillé aujourd’hui ! Je vais vous donner le supplément qu’on a reçu pour avoir éliminé cinq gobelins ! »
« …Je ne vais pas refuser. »
Grâce à leur évaluation de catégorie 1, Olin et Wilber avaient reçu vingt pièces de plus que les trente pièces prévues. Ils cédèrent sans façon le supplément à Gerik.
Après avoir encaissé cette somme bienvenue, Gerik demanda à ses compagnons s’ils voulaient reprendre la mission dans les égouts le lendemain.
« Quoi ?! Encore demain ?! Ça me paraît un peu excessif… »
« Ouais. Là, tu pousses un peu. »
Wilber n’était pas le seul à rechigner : même Olin, pourtant peu bavard, parut aussitôt réticent à la question de Gerik. Quand celui-ci lui demanda à quoi bon se reposer, Olin répondit avec son expression résolue habituelle :
« Si tu travailles comme ça en tant qu’aventurier, tu seras épuisé en un rien de temps. »
Wilber acquiesça et ajouta : « Ce n’est pas qu’on soit paresseux ou qu’on aime ne rien faire ! Le temps consacré à l’entretien, c’est comme se préparer une vie supplémentaire quand on est aventurier ! »
Wilber expliqua que, même s’ils ne semblaient pas avoir subi de gros dégâts ce jour-là, ils avaient été si absorbés par le combat qu’ils n’avaient peut-être pas remarqué les dommages sur leur armure ou le tranchant émoussé de leur arme.
« Une douleur que tu n’as pas remarquée peut te tomber dessus le lendemain matin, après une nuit de sommeil. Surtout pour des combattants de première ligne comme nous. »
Olin expliqua que les combattants de première ligne devaient prendre garde aux coups qui s’accumulaient dans leur corps. L’ardeur du combat pouvait les empêcher de sentir la douleur sur le moment, mais il était très courant de se réveiller courbaturé le lendemain matin.
« C’est tout à fait logique. »
Aucun des deux aventuriers n’avait tort ; Gerik suivit donc volontiers leur conseil. Voyant qu’il avait compris, Wilber lui montra son arbalète et poursuivit :
« Regarde. Tu vois comme la corde est détendue ? Ce sera pareil avec ton épée. Vérifie bien que la lame et ton armure de cuir ne sont pas abîmées ! Ne néglige pas ton équipement, ou tu finiras par pleurer des larmes de sang lors d’un prochain combat ! »
Affirmant n’avoir jamais vu un aventurier négliger son équipement et vivre longtemps, Wilber prit congé en disant qu’il devait aussi tailler quelques carreaux de rechange.
Méditant ses paroles, Gerik retourna lui aussi à l’auberge où il logeait.
« …Je ferais mieux de dormir un peu d’abord. »
Après s’être débarrassé du sang de gobelin qui le couvrait et avoir bravé le froid hivernal pour se laver à l’eau du puits, Gerik fut assailli par une fatigue intense, alors que la soirée ne faisait que commencer. Le rude combat de la journée en était peut-être la cause.
* * *
« Argh… Tout mon corps… »
Le lendemain, la lumière hivernale éclaira le visage de Gerik. Il se réveilla avec peine, grimaçant sous les élancements qui parcouraient tous ses muscles, puis sortit du lit.
« …Je n’aurais jamais cru que les courbatures seraient pires qu’après notre bivouac. »
Comme Olin l’avait dit, l’ardeur du combat n’avait fait qu’atténuer la douleur. Les séquelles, elles, semblaient considérables.
Par précaution, Gerik se déshabilla et examina chaque partie de son corps à la recherche d’ecchymoses. N’ayant trouvé aucune blessure notable, il se rhabilla et vérifia son équipement.
« Je croyais avoir essuyé tout le sang… Apparemment, non. »
Il pensait avoir enlevé tout le sang et la graisse de gobelin avec le chiffon qu’il emportait après chaque combat, mais en y regardant de nouveau à la lumière plus vive, il vit qu’une quantité considérable de saleté adhérait encore à son épée longue.
Reconnaissant qu’il s’était montré présomptueux, il essuya consciencieusement l’épée avec un chiffon. Le tranchant était encore en bon état ; après avoir enlevé toute la graisse, il cessa de s’en occuper et inspecta l’armure de cuir qu’il avait portée.
« Hein… ? Le dos est déchiré ? »
Bien qu’aucun ennemi ne l’ait frappé, une petite fissure s’était formée dans le dos de son armure de cuir, ce qui laissa Gerik perplexe.
Comprenant que les objets d’occasion restaient des objets d’occasion, il maugréa qu’il devait la faire réparer au plus vite.
J’avais envie de visiter Stonecreek… Je pourrais peut-être profiter de cette occasion pour me promener.
Décidé à profiter de ce jour de congé imprévu, Gerik s’équipa et explora la ville dans ses moindres recoins. Il se rendit d’abord chez un forgeron pour demander la réparation de son armure de cuir.
Contrairement à Riverbridge, ville commerçante où plusieurs forgerons se spécialisaient dans des domaines différents, Stonecreek ne semblait compter qu’une seule forge. Elle paraissait se consacrer uniquement aux armes et aux armures.
『Enclume de Barbe-d’Acier』
Plusieurs personnes s’affairaient à diverses tâches dans la grande forge au toit rouge éclatant. Pourtant, une personne attira le regard de Gerik plus que toutes les autres.
Ces bras…
Un Nain brandissait à répétition un énorme marteau pour l’abattre sur le métal chauffé à blanc. Chaque coup emplissait la forge d’un fracas de tonnerre.
Ils ont l’air occupés… Je me sentirais mal de les déranger.
Le forgeron et ses apprentis travaillaient avec tant d’ardeur que Gerik n’osait pas leur adresser la parole.
Pour passer le temps, il se contenta donc d’examiner l’équipement soigneusement rangé dans la forge.
La qualité des armes et des armures est impressionnante…
Même Gerik, qui n’était pas un expert, trouvait l’équipement remarquable. Les armes, forgées avec un savoir-faire exceptionnel dans du fer de grande qualité, avaient quelque chose d’impressionnant, presque glaçant.
« Hum… ? »
Alors qu’il examinait l’équipement, le forgeron finit par remarquer la présence de Gerik. Il interrompit son travail, se leva et s’approcha de lui.
« Eh bien, eh bien ! Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un client aussi poli ! »
Le forgeron nain, dont les muscles impressionnants et la barbe touffue étaient particulièrement remarquables, complimenta Gerik.
La plupart des clients annonçaient leur arrivée à grands cris, interrompant le travail, mais Gerik avait attendu en silence qu’ils aient terminé. Le forgeron semblait apprécier cette délicatesse.
« Que puis-je pour toi, jeune aventurier ? »
« Ah, ce n’est pas grand-chose… »
Gerik lui expliqua que son armure de cuir avait été légèrement abîmée au combat et lui demanda s’il pouvait la réparer. Le forgeron examina attentivement la zone pour évaluer les dégâts.
« Hmm… Ce n’est pas tant un dégât de combat que de l’usure due à l’âge. On ne peut pas y faire grand-chose. Pourquoi ne pas continuer à la porter comme ça ? La réparer ne changera pas grand-chose. »
Le forgeron ajouta que, si Gerik s’en inquiétait vraiment, il pouvait la faire recoudre chez un tanneur ou dans une boutique de vêtements, non loin de là. Ce serait suffisant.
« Ah, tant mieux. Merci pour le conseil. »
Quand Gerik s’inclina pour le remercier, le forgeron éclata d’un rire chaleureux, comme s’il l’appréciait vraiment.
« Tu es jeune, mais tu as de l’avenir, aventurier ! Au fait, je m’appelle Grimdal. »
« Ah, moi, c’est Gerik. »
Le métier d’aventurier attirait souvent les vauriens sans avenir ; il était donc courant que ceux qui l’exerçaient aient vendu leurs bonnes manières pour quelques miettes.
Pourtant, le jeune aventurier qui se tenait devant lui se comportait avec une maturité bien supérieure à son âge. Le regard de Grimdal se fit plus chaleureux envers Gerik.
Qu’est-ce que les aventuriers ont l’habitude de faire pour que des manières aussi élémentaires me valent autant de sympathie… ?
Ignorant la raison de cette attitude, Gerik se sentit intérieurement décontenancé par l’amabilité inattendue et excessive de son interlocuteur.
En observant Gerik de près, Grimdal sembla remarquer quelque chose et porta son regard sur l’épée accrochée dans son dos.
« Cette épée… Je crois qu’elle a été fabriquée dans notre forge. Je peux la voir ? »
« … !! »
En observant les armes et les armures, Gerik les avait trouvées familières. Il semblait que l’épée longue que Lugos lui avait offerte avait été forgée ici.
Enfin, c’est sûrement la seule forge digne de ce nom dans les environs…
Stonecreek était la plus prospère des localités de la frontière et possédait une guilde des aventuriers ; il était donc normal que Lugos y soit souvent venu. Gerik se rendit compte qu’il avait manqué de prudence.
…Mais je ne peux pas refuser de la lui montrer.
Refuser de montrer son épée risquait de le rendre encore plus suspect. Ayant appris dans sa vie précédente à quel point les rumeurs inutiles pouvaient être épuisantes dans une petite communauté, Gerik lui tendit l’arme en s’efforçant de garder son calme.
« C’est bien une épée que j’ai fabriquée récemment. Et l’une de celles auxquelles je tenais le plus. Mais je ne te l’ai jamais vendue… Où diable l’as-tu trouvée ? »
Par précaution, Gerik se remémora l’histoire qu’il avait préparée en chemin, un savant mélange de vérité et de mensonge, puis répondit.
Il raconta qu’avant de devenir aventurier, il avait un jour aidé un aventurier grièvement blessé.
Comme il était resté longtemps auprès de lui pour l’aider à se rétablir, ils avaient naturellement eu toutes sortes de conversations. Gerik expliqua qu’en apprenant que son rêve était de devenir aventurier comme lui, l’homme blessé lui avait offert cette épée.
« …Il t’a donné une épée ? »
Pour Grimdal, l’idée de céder son arme à quelqu’un d’autre était étrange dans la vie d’un aventurier, où une arme valait autant que sa propre vie. Voyant son expression, Gerik s’empressa de poursuivre avec l’explication qu’il avait préparée.
« Il portait trois épées : son arme principale, une arme de rechange et une épée courte polyvalente. Celle qu’il m’a donnée était son arme de rechange. Il m’a dit qu’une arme supplémentaire était toujours utile, tant qu’elle ne gênait pas les mouvements. »
« Ha ha ! C’est tout à fait vrai ! »
C’était exactement le genre de conseil qu’aurait donné un aventurier chevronné. Grimdal acquiesça donc avec approbation.
Estimant qu’un novice comme Gerik n’aurait jamais pu inventer une telle histoire, il éclata de rire et sembla finalement le croire.
« Je suis heureux que cette épée que j’ai fabriquée, bien qu’elle soit récente, soit tombée entre de bonnes mains ! Ce doit être une bénédiction du dieu du marteau et de l’enclume ! »
Sur ces mots, Grimdal lui proposa d’examiner l’épée, puisque le destin les avait réunis.
À l’idée de faire examiner gratuitement son épée par un artisan qualifié, Gerik détacha aussitôt de son dos l’arme et son fourreau, puis les lui tendit avant que Grimdal ne change d’avis.
« Hmm… Comment as-tu donc entretenu cette épée ? »
« Euh… Je l’essuyais avec un chiffon après chaque combat et, une fois la mission terminée, je l’aiguisais à la pierre à aiguiser, à l’auberge. »
« Ha… »
Grimdal ferma les yeux en réprimant son irritation, l’air de se demander ce qu’il allait bien pouvoir faire de ce novice.
Craignant que ces mains grandes comme des couvercles de marmite ne le frappent, Gerik recula légèrement et observa la réaction de Grimdal.
« C’est mieux que rien… mais je vais être franc : c’est déplorable. Alors, autant que possible, apporte-la ici pour la faire aiguiser. Je le ferai pour une somme modique. À moins que le tranchant ne soit abîmé pendant une mission, contente-toi d’utiliser un chiffon pour la nettoyer. Compris ? »
« Oui… »
Notes de bas de page :
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