Chapitre 16
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 16 : Stonecreek (2)
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« Cela faisait un moment, monsieur. »
« Ravi de vous revoir. Tout est en ordre. Vous pouvez entrer. »
Curieusement, bien que Stonecreek fût plus petite que Riverbridge, elle comptait davantage de gardes et semblait imposer une discipline plus stricte.
En temps normal, Gerik aurait eu du mal à prouver son identité, mais grâce à son voyage avec Ebon, le maître de la caravane, il avait pu entrer sans présenter aucun autre justificatif.
« Ils contrôlent les gens aussi minutieusement, même quand ils les reconnaissent. La frontière doit vraiment être dangereuse. »
L’attitude des gardes fit prendre conscience à Gerik du danger qui régnait dans la région frontalière. Même Stonecreek, censée être l’endroit le plus sûr des environs, était ainsi. Il n’osait même pas imaginer à quel point les premières lignes du front devaient être périlleuses.
« Notre voyage s’achève ici. Merci pour votre aide. »
« Merci à vous aussi. »
Quand ils arrivèrent au logement réservé aux marchands où la caravane devait séjourner, Ebon prit congé de Gerik.
Grâce à lui, Gerik avait pu atteindre Stonecreek sain et sauf. Il le remercia avant de lui dire au revoir.
« Il y a pas mal de boutiques. »
Comme des aventuriers qui gagnaient bien leur vie et dépensaient sans compter passaient souvent par là, Stonecreek semblait avoir un choix de boutiques étonnamment varié pour une ville de sa taille.
Gerik était curieux de découvrir la ville, mais il devait d’abord faire enregistrer son identité. Il se dirigea vers la guilde des aventuriers dont Ebon lui avait parlé.
« Il y a un monde fou… »
Gerik arriva devant un grand bâtiment de pierre de trois étages et resta interdit en voyant la longue file d’hommes à l’allure robuste. Sa surprise ne dura qu’un instant : un spectacle inhabituel attira son attention.
« Ouah ! Des peuples non humains… !! »
Contrairement à Riverbridge, où presque tout le monde était humain, Stonecreek semblait abriter quantité de peuples non humains, qui y vivaient et y travaillaient.
Des demi-elfes, qui ressemblaient aux humains, mais avaient de longs membres et des oreilles pointues.
Des nains musculeux, qui ne mesuraient que les deux tiers d’un humain moyen, mais avaient des bras et un torse épais comme des troncs.
Des Gnomes, encore plus petits que les nains, à peine hauts comme la moitié d’un humain.
Gerik était fasciné par cette diversité de peuples, qu’il n’aurait jamais pu voir dans un village agricole.
« Bon sang… Cette mission m’a fait perdre de l’argent. »
« Hé hé… Je te l’avais dit : si tu prends une mission de cueillette, commence par apprendre à cueillir. »
« Bon sang… »
Les aventuriers discutaient de tous côtés. Pour eux, c’était sans doute une conversation banale, mais pour Gerik, qui débutait, chaque parole sonnait comme un conseil inestimable. Il garda le silence et écouta attentivement.
« Suivant ! Au suivant ! Si personne ne se présente, je passe au prochain ! »
« Attendez un instant… !! »
En écoutant les aventuriers, Gerik avait failli manquer son tour. Il se hâta vers la réceptionniste, l’air affolé.
« Oui. Que puis-je faire pour vous ? »
« Euh… J’aimerais m’inscrire comme aventurier… »
Gerik expliqua la raison de sa venue à la femme rousse, qui devait avoir une vingtaine d’années.
Comme si elle faisait ça tous les jours, la réceptionniste lui tendit une tablette de pierre et un morceau de craie, puis lui posa la question d’une voix mécanique et lasse.
« Savez-vous écrire en langue commune ? Si oui, remplissez vos renseignements ici. Sinon, vous devrez attendre que j’aie fini mon travail habituel pour que je le fasse à votre place. »
Supposant apparemment que Gerik ne savait ni lire ni écrire, elle désigna une table vide à proximité.
« Oh, je sais écrire. Un instant. »
« … ? »
Elle l’avait pris pour un paysan mal dégrossi et ignorant ; sa réponse fit légèrement changer son expression.
Cela ne dura qu’un instant. Elle reprit son air professionnel, sortit une Plaque de bois et attendit que Gerik remplisse le formulaire.
« Vous avez bien rempli le formulaire. Puisque vous savez lire, je vais vous expliquer brièvement la suite. Vous trouverez les missions sur le panneau d’affichage, là-bas. Si vous me posez des questions sur chacune d’elles, cela prendra forcément beaucoup de temps. Je vous conseille donc de consulter le panneau d’abord. »
« Ah, oui. »
Il s’était demandé pourquoi la file était si longue. Beaucoup d’aventuriers étaient sans doute illettrés, et les réceptionnistes devaient leur lire les missions à voix haute.
Gerik était vraiment heureux que le prêtre Osrik lui ait appris à lire la langue commune. Il prit la Plaque de bois que la réceptionniste lui tendait.
« Enfin… »
La Plaque de bois était plutôt bien fabriquée et portait les renseignements personnels de Gerik. En voyant son nom, son rang, la date et le lieu de délivrance, il eut enfin le sentiment d’être devenu aventurier, même s’il se trouvait tout en bas de l’échelle.
« Hé ! Si vous avez fini, écartez-vous ! »
« Ah, pardon. Excusez-moi… »
Un aventurier, las d’attendre dans la file, cria sur Gerik parce qu’il contemplait sa Plaque de bois depuis trop longtemps.
Malgré cette sortie impolie, Gerik ne s’énerva pas. Il s’écarta sans un mot.
« Lugos et Bren m’ont dit la même chose. Il y a plein d’aventuriers qui cachent bien leur jeu, alors je dois rester prudent. Rester humble. Rester humble. »
Se remémorant les conseils de ces sages aînés qu’il avait rencontrés, Gerik rejoignit le panneau d’affichage des missions.
Il lut calmement les annonces qui y étaient placardées, afin de comprendre en quoi consistait le travail d’aventurier.
« Les missions accessibles aux aventuriers de rang inférieur… La plupart sont des missions de cueillette. »
Comme ils manquaient d’expérience et n’étaient pas très doués au combat, les aventuriers de rang inférieur se voyaient surtout confier des tâches épuisantes et pénibles, comme la cueillette.
Gerik conclut qu’il devait se procurer au plus vite une carte des environs de Stonecreek.
« Il y a des missions d’extermination, mais… la plupart obligent à s’enfoncer dans la forêt. C’est trop pour moi. »
Tout au plus pourrait-il tenter la mission d’extermination des gobelins dans les égouts de Stonecreek. Gerik comprit que la plupart des missions ne seraient pas faciles.
« Il faut d’abord que je trouve un logement. »
Le soleil commencerait à se coucher dans deux ou trois heures. Gerik se dirigea donc vers l’auberge recommandée par la caravane.
* * *
« Le Veilleur de nuit… C’était bien l’endroit qu’il m’avait recommandé ? »
Gerik avait demandé à Ebon de lui conseiller une auberge d’un standing comparable à celle du Chêne et du Hibou, où il avait séjourné récemment. Ebon lui avait gentiment recommandé le Veilleur de nuit et lui avait même donné une idée des prix.
Brouhaha…
Situé dans un quartier fréquenté par les aventuriers, où le passage était incessant, le Veilleur de nuit semblait au moins trois fois plus grand que le Chêne et le Hibou.
« Il y a aussi beaucoup de peuples non humains. »
L’auberge réunissait une foule de peuples différents, plus qu’ailleurs, car de nombreux aventuriers y séjournaient.
Gerik avait croisé plusieurs fois ce genre de scènes en parcourant Stonecreek dans la journée, mais cela continuait de le fasciner.
« Hmm ? Un nouveau client ? »
L’aubergiste humain était si musclé qu’on aurait pu le prendre pour un nain au premier regard.
Malgré son air farouche, il semblait plutôt attentif. Il remarqua aussitôt l’arrivée d’un nouveau client.
« Ebon, de la Caravane du Cerf Gris, m’a envoyé ici. »
En mentionnant le nom d’Ebon, Gerik laissa entendre discrètement qu’il n’était pas un nouveau venu ignorant, et évita ainsi qu’on ne le sous-estime pendant les négociations.
« Ah, Ebon ! Comment va-t-il ? »
« Il va bien. »
Gerik répondit brièvement, afin de réduire le risque de dire une bêtise au sujet d’Ebon. Puis il expliqua qu’il souhaitait séjourner longtemps et demanda à discuter du prix.
« Hmm… Un séjour prolongé ? Vous pensez rester combien de mois ? J’ai justement quelques chambres libres. »
Les clients de longue durée étaient précieux pour un aubergiste, car ils lui assuraient des revenus réguliers. Il se montra donc très intéressé.
« Pour commencer… je vais essayer de rester environ un mois. Si l’endroit me convient, j’envisagerai peut-être d’y passer trois à six mois. »
Ayant pris l’habitude de marchander au fil de ses récentes expériences, Gerik vit que l’aubergiste était disposé à négocier et resta volontairement évasif sur ses intentions.
« Que diriez-vous de six pièces d’argent par mois ? »
« Quoi ? Le tarif moyen dans le coin commence à huit… !! »
« Allons, je compte vraiment rester longtemps, et huit, c’est trop. »
Gerik poursuivit les négociations avec l’aubergiste, habile et déterminé. Après de longs échanges, ils finirent par fixer le loyer à sept pièces d’argent par mois.
« Ouf… Vous ne vous laissez pas faire, pour un jeune homme. Je m’appelle Ronan. Voici ma femme. »
Après s’être brièvement présentés, Gerik suivit l’aubergiste jusqu’à sa chambre. Il défit rapidement ses affaires, puis redescendit dîner.
« C’est un ragoût de viande préparé avec une spécialité locale. Il est acidulé et salé, tout le monde l’aime. »
« C’est… une tomate !! »
Gerik fut ravi de retrouver un ingrédient qu’il avait apprécié dans sa vie précédente.
Il prit une généreuse cuillerée du ragoût de Ronan et la porta à sa bouche. La saveur si particulière de la tomate se répandit sur sa langue et le combla de joie.
« Voilà ce que j’appelle un repas… »
Savourant ce délicieux plat, riche en champignons, en ail, en céleri et en tomates, Gerik acheva sa première journée à Stonecreek.
* * *
Le lendemain, Gerik se leva tôt et, comme d’habitude, s’entraîna à Entaille en donnant des coups d’épée.
Il s’exerça jusqu’à transpirer malgré le vent froid de l’aube hivernale. Quand le soleil du matin fut bien levé, Gerik s’équipa et prit le chemin de la guilde des aventuriers.
« Hmm… La cueillette ne sera pas facile. »
Devant le panneau d’affichage de la guilde, Gerik parvint à la conclusion inverse de celle de la veille. Les missions de cueillette semblaient encore plus difficiles que celles d’extermination.
« Les autres aventuriers rôdent depuis toujours dans le coin, alors ils peuvent cueillir des herbes même en hiver… Mais si un débutant comme moi part à leur recherche… »
Même dans le Sud, où le climat était doux et où il ne neigeait presque jamais, une montagne en hiver restait une montagne en hiver.
Gerik comprit qu’en tant que débutant, il rencontrerait toutes sortes de difficultés pour mener à bien des missions de cueillette avant le printemps.
« Si je me lance dans une mission de cueillette maintenant, je devrai rejoindre un autre groupe et la terminer avec lui. Mais est-ce qu’ils accepteraient vraiment un débutant comme moi ? »
S’il le voulait vraiment, il pouvait réduire sa part et participer en adoptant l’attitude de quelqu’un venu pour apprendre.
Mais Gerik avait déjà dépensé plus de la moitié de son argent et commençait à sentir la pression financière. Il n’avait pas envie de s’humilier autant pour décrocher une mission de cueillette.
« Au bout du compte, la seule solution, c’est la mission d’extermination des gobelins. »
Comprenant qu’il n’avait pas d’autre choix, Gerik soupira et alla voir la réceptionniste pour s’inscrire à la mission d’extermination des gobelins.
« La mission d’extermination des gobelins des égouts ? Vous pouvez la prendre, mais… vous avez un groupe ? »
« Comment ça, un groupe ? »
Voyant que Gerik n’en savait rien, la réceptionniste lui expliqua qu’il s’agissait d’une mission coopérative, qui exigeait au moins trois participants.
« Oh… Je n’ai pas de groupe… »
Comme il ne connaissait personne dans cette ville, il n’avait aucun moyen de trouver des compagnons. Gerik se troubla, et la réceptionniste lui proposa une autre solution.
« Souhaitez-vous alors utiliser notre système de mise en relation temporaire de compagnons de la guilde des aventuriers ? »
La réceptionniste lui expliqua que ce système était destiné aux aventuriers sans compagnons réguliers, ou à ceux qui voulaient effectuer des missions secondaires pendant que leur groupe habituel se reposait. Il mettait en contact des aventuriers intéressés afin qu’ils puissent participer ensemble à des missions coopératives.
« Oh, c’est une excellente idée ! Je veux m’inscrire. »
« Très bien. Depuis deux jours, certaines personnes cherchent quelqu’un pour compléter leur groupe. Je vais vous mettre en contact avec elles. Vous pouvez attendre là-bas ? Elles ont dit qu’elles passeraient ce matin. »
Apparemment, une fois inscrit au système de mise en relation temporaire de compagnons, il fallait se présenter à la guilde des aventuriers à une heure fixe chaque jour, dès le lendemain, pour voir si quelqu’un avait été trouvé.
Gerik attendait depuis peu ses compagnons temporaires quand la réceptionniste l’appela.
« Je vous présente. Voici Gerik, un aventurier de neuvième rang à Plaque de bois. Gerik, saluez-les. Voici Olin et Wilber, tous deux aventuriers de sixième rang à Plaque de bois. »
Gerik se tourna vers eux à ces mots et aperçut un Gnome de petite taille et un homme humain qui le regardaient avec une nette contrariété.
« Quoi… Neuvième rang ? C’est une mission d’extermination. C’est pas un peu trop pour lui ? On dirait un débutant complet. Vous n’avez personne d’autre ? »
Notes de bas de page :
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