Chapitre 15
Traductions WeTried
Traducteur / éditeur : Alyo
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre comme un guerrier dans un univers de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 15 : Stonecreek (1)
──────
« Pas forcément. Le coût en points de contribution pour y accéder est absurdement élevé. Même si tu remplis les conditions, il te faudrait accomplir des requêtes difficiles pour la guilde des aventuriers pendant très longtemps pour en accumuler autant. »
Gerik demanda si les points de contribution ne s’accumulaient pas naturellement avec le temps, à force de rester actif. Bren secoua la tête.
« Les points de contribution servent à bien plus de choses que tu ne le crois. Réductions sur l’équipement, accès à des informations, soins en cas de blessure… Enfin, retiens simplement qu’ils ne sont pas aussi faciles à obtenir qu’on pourrait le croire. Tu comprendras quand tu seras aventurier. »
« Je vois. Je peux vous poser encore une question ? »
« Bon sang… Tu es vraiment curieux, toi. »
Bren soupira, comme si les questions incessantes de Gerik étaient difficiles à supporter.
Il restait pourtant beaucoup de temps avant l’affluence du soir. Ancien aventurier, Bren savait mieux que quiconque qu’une information pouvait faire la différence entre la vie et la mort ; il était donc tout disposé à satisfaire la curiosité de Gerik.
« D’après ce que j’ai entendu, même un aventurier de Plaque de cuivre de rang moyen ou élevé peut être considéré comme un véritable aventurier… Alors, qu’est-ce qu’une Plaque d’argent, exactement ? »
« Une Plaque d’argent, hein… »
À la question de Gerik, Bren jeta machinalement un regard à sa propre Plaque de cuivre. Durant un instant, il sembla se remémorer les rêves de sa jeunesse. Puis il se tourna de nouveau vers Gerik et prit la parole d’un ton posé.
« Une Plaque d’argent, c’est… pratiquement le plus haut rang qu’un humain ordinaire puisse atteindre en tant qu’aventurier. À partir de la Plaque d’argent, l’équilibre des pouvoirs entre les aventuriers et la guilde commence peu à peu à s’inverser. »
Bren expliqua qu’il n’y avait pas beaucoup de Plaques d’argent dans le royaume et qu’elles étaient toutes exceptionnellement douées. Même la guilde des aventuriers devait commencer à se méfier d’elles.
« Et les Plaques d’or et les Plaques de platine, alors… ? »
« Les Plaques d’or, ce sont des héros dont on entend parler dans les épopées… Les Plaques de platine, ce sont… de véritables monstres. Des maîtres de tours de magie, des gens comme ça. Je n’en sais pas plus. Comme tu vois, moi aussi, j’ai toujours été tout en bas de l’échelle. »
Après ces mots, Bren prit un air amer, peut-être en se rappelant qu’il était devenu aubergiste sans jamais réaliser son rêve. Peiné pour lui, Gerik cessa de poser des questions.
* * *
« Bienvenue. Les retouches sont terminées. Vous tombez à pic. »
C’était le sixième jour de Gerik à Riverbridge. Il retourna à la Forge de l’Enclume Rouge pour récupérer l’armure de cuir qu’il avait achetée quelques jours plus tôt. À la vue de Gerik, un client aux poches bien garnies, le forgeron leva la main pour le saluer.
« Essayez-la. »
Suivant les instructions du forgeron, Gerik enfila l’armure de cuir.
Elle était beaucoup trop grande pour lui auparavant, mais un forgeron habile l’avait ajustée à la perfection.
« Vous n’utilisez pas de bouclier, monsieur ? Le corps d’un aventurier, c’est son gagne-pain. Vous feriez bien d’en porter un. Qu’en dites-vous ? »
« Hmm… »
Gerik réfléchit au conseil raisonnable du forgeron.
Mais il n’avait jamais appris à se servir d’un bouclier, et l’épée longue de Lugos était trop lourde pour être maniée d’une seule main. Il n’avait donc pas de main libre pour en porter un et déclina la proposition.
« Ça se tient. Avec votre carrure, manier cette épée longue et un bouclier serait peut-être trop difficile. »
Après que Gerik lui eut expliqué la situation, le forgeron renonça à la vente, comme s’il n’y avait rien d’autre à faire.
Après avoir demandé soigneusement au forgeron comment réparer son équipement de différentes façons, Gerik se rendit à la boutique générale pour récupérer le reste de ses affaires.
« Je vais enfin pouvoir porter la bague. »
À la boutique générale, Gerik récupéra sa cape et ses gants. Il était ravi de pouvoir enfin porter le Quintette de Skyler, l’objet magique qu’il cachait sous son gant.
Ayant enfin achevé tous les préparatifs pour partir à Stonecreek, il retourna à l’auberge d’un pas léger.
« Tu as de la chance. »
« … Pardon ? »
C’était le dernier jour de Gerik à l’auberge du Chêne et du Hibou, et il s’apprêtait à faire ses adieux à Bren. La remarque inattendue de ce dernier le laissa perplexe.
« Une caravane qui devait partir pour Stonecreek dans quatre jours a réussi à préparer sa marchandise plus tôt que prévu. Elle part demain, finalement. »
« Quel rapport avec moi… ? »
« Justement, l’un des caravaniers est un habitué de l’auberge. Je lui ai parlé de toi. Pars avec eux jusqu’à Stonecreek. Tu devras donner un coup de main pour quelques bricoles, mais ce sera quand même beaucoup plus facile que de voyager seul. »
« … !! »
Bren avait fait comme si ce n’était rien, mais Gerik comprit qu’il avait demandé à une caravane en route pour Stonecreek de venir en aide à un parfait inconnu comme lui. Il en fut profondément touché.
« … Merci. »
« De rien. J’ai juste dit du bien de toi. Ce n’est rien… »
Ses paroles étaient bourrues, mais Gerik fut touché par sa gentillesse et le remercia encore.
Peut-être gêné par la réaction de Gerik, Bren évoqua une rumeur pour changer de sujet.
« Ah, et la route de Stonecreek devrait être sûre pendant quelque temps. »
« Pardon ? Pourquoi… ? »
« Des salauds de cinglés ont attaqué un village voisin et l’ont rasé. Ces fous ont même tué un prêtre de Num, tant qu’à faire. Les chevaliers sacrés, furieux, ratissent la région comme s’ils chassaient des rats. »
« … !! »
Voilà qu’il était question d’une histoire qu’il connaissait beaucoup trop bien. Gerik eut l’impression que son souffle s’était arrêté.
Heureusement, l’expérience qu’il avait acquise dans le monde du travail lors de sa vie antérieure l’empêcha de laisser paraître trop d’émotion. Il parvint à faire comme s’il n’était au courant de rien et à garder un visage calme.
« Quels cinglés s’en prendraient à un prêtre… ? »
« Aucune idée. J’ai entendu dire qu’ils avaient tout brûlé pour ne laisser aucune preuve… Enfin, les chevaliers sacrés en colère ont nettoyé la région, alors la route de Stonecreek devrait être tranquille pendant un moment. »
Par la suite, Gerik questionna discrètement Bren sur les pillards, en prenant soin de ne pas éveiller les soupçons.
Mais tout ce qu’il apprit, c’est que personne n’avait survécu au village. Il ne parvint pas à obtenir le moindre renseignement sur les pillards eux-mêmes.
Cette nuit-là, Gerik pensa à la famille de Baron, à Lugos et au prêtre Osrik, qui s’étaient montrés bons envers lui alors qu’ils ne le connaissaient que depuis peu. Il pria pour le repos de leurs âmes et se jura qu’un jour, quand il en aurait la force, il les vengerait.
* * *
Tôt le lendemain matin, Gerik se dirigea vers l’entrée de Riverbridge, comme Bren le lui avait indiqué.
À son arrivée, il aperçut une caravane qui chargeait toutes sortes de marchandises sur des chariots, en criant des ordres malgré l’heure matinale.
« Ravi de vous rencontrer. Vous êtes le nouvel aventurier, c’est bien ça ? Je suis Ebon, de la Caravane du Cerf Gris. Nous voyagerons ensemble cette fois-ci. »
« Bonjour. »
Avant même que Gerik ait pu lever la main pour se présenter, un homme massif au visage avenant, qui semblait le reconnaître, s’approcha pour le saluer.
« On m’a parlé de vous. Vous êtes prêt à donner un coup de main pour quelques bricoles ? »
« Oui. Dois-je porter une partie de la cargaison ? »
« Ce serait apprécié. Mais vous êtes notre invité, alors inutile de porter quoi que ce soit de lourd. Aidez plutôt avec les petites choses, moins importantes, là-bas. »
Gerik savait déjà qu’en échange de son aide pour quelques bricoles, on le nourrirait pendant le voyage. Sans se plaindre, il suivit docilement les indications d’Ebon, transportant plusieurs fois des marchandises pour les déposer près des chariots.
Après environ deux heures à transporter des marchandises, le soleil matinal s’était levé et la caravane, forte d’une quinzaine de personnes, se mit en route.
Comme ils disposaient de trois chariots de marchandises, les membres du groupe se relayaient pour s’asseoir à l’arrière de l’un d’eux et ménager leurs forces.
Ce voyage est décidément plus confortable que si j’étais seul.
Quand il voyageait seul, il devait tout prendre en charge lui-même, ce qui lui donnait matière à s’inquiéter.
Voyager en grand groupe était un peu plus lent, mais cela lui demandait beaucoup moins d’efforts. Gerik en fut soulagé.
« Hé, monsieur. Venez vous asseoir sur ce chariot et reposez-vous un peu. »
« Ah, merci. »
Après avoir marché environ une heure sans s’arrêter, Gerik commençait à se fatiguer quand un porteur assis à l’arrière d’un chariot l’interpella.
Gerik échangea sa place avec lui et s’assit à l’arrière du chariot, ravi de profiter d’un luxe dont il n’aurait jamais bénéficié en voyageant seul.
« Ouf… On s’arrête là pour aujourd’hui ! »
Ils marchèrent jusqu’au coucher du soleil. Alors que tout le monde commençait à fatiguer, Ebon demanda au groupe de s’arrêter et de dresser le camp.
Comme s’ils en avaient l’habitude, les membres de la caravane allumèrent rapidement des feux dans la clairière, tassèrent le sol et commencèrent à monter de simples tentes.
En voyant cela, Gerik comprit que la caravane campait souvent ici.
Eh bien, quand on fait souvent le même trajet, on finit forcément par avoir plusieurs endroits où camper.
Comprenant la situation, Gerik se mit sans un mot à aider les membres de la caravane dans leurs petites tâches.
Son attitude discrète sembla leur inspirer confiance. Ils se détendirent et vinrent lui parler l’un après l’autre.
« Tu es déjà aventurier à ton âge ? Ça va aller ? »
« Oui, ça ira. Ça m’a paru préférable au travail à la ferme. »
« Oh là là… C’est un métier dangereux… »
Après environ une heure à discuter avec les travailleurs tout en installant le camp, la clairière vide était devenue un campement tout à fait convenable.
« Jeff ! Sors le fromage et les champignons séchés. On va les mettre dans le ragoût. »
Avec autant de personnes pour transporter les provisions, en plus des chariots de marchandises, le dîner de la caravane était somptueux pour un repas de campement. Grâce à cela, Gerik put savourer un repas qu’il n’aurait jamais imaginé manger seul.
« Oh, le sac de couchage du gamin est pas mal. C’est en peau de chèvre des montagnes de Lupton ? »
« Hein ? C’est vrai. Ça ne coûte pas cher, ça ? »
Les membres de la caravane, qui avaient l’œil pour reconnaître la qualité, admirèrent le sac de couchage de Gerik lorsqu’il le déplia pour la nuit.
« Ta famille a l’air plus riche que je ne le pensais. »
« Non… Pas du tout. Je l’ai eu par chance. C’est tout. »
« On ne trouve pas une peau de chèvre des montagnes de Lupton juste par chance… »
Gerik ne voulait pas que ce qui s’était passé avec Lugos s’ébruite ; il esquiva donc la question.
Heureusement, il fit clairement comprendre qu’il ne souhaitait pas répondre. Les membres de la caravane saisirent le message et ne reparlèrent plus du sac de couchage.
« Tu es encore notre invité, aventurier, alors on ne va pas te faire travailler trop dur. Tu prends le dernier tour de garde. Dors bien. »
Un porteur aux cheveux blancs, qui semblait très âgé, annonça sans détour à Gerik son tour de garde. Sachant que le dernier tour était plus facile, Gerik ne protesta pas et l’accepta volontiers.
Je devrais m’entraîner un peu à Entaille…
À cause de son tour de garde, Gerik se réveilla avant les autres. Il constata qu’on distinguait déjà vaguement les alentours avant le lever du soleil et s’entraîna à manier son épée.
Cette pommade est vraiment efficace. Il n’y a que dans un monde fantastique qu’on peut trouver un truc pareil, non ?
La pommade à la cendre des marais, dont Bren lui avait dit qu’elle pouvait guérir une peau écorchée en une journée, ne plaisantait pas.
Les égratignures bénignes guérissaient vraiment en une journée après l’application de la pommade. Avant de quitter Riverbridge, Gerik en avait acheté et en utilisait souvent pendant ses entraînements.
« Tu es sacrément assidu pour un garçon aussi jeune. »
Quand Gerik eut fini de s’entraîner et commença à se préparer à partir avant les autres, les travailleurs déjà réveillés louèrent son assiduité.
« Encore quelques jours et nous serons à Stonecreek. Courage ! »
« Oui. »
Pendant au moins cinq jours encore, la routine du premier jour se répéta presque à l’identique : chargement des marchandises avant le départ, marche, relais pour se reposer sur les chariots, nouvelle marche, puis installation du camp.
Malgré cela, Gerik n’oublia pas de profiter de ses tours de garde pour s’entraîner à Entaille.
« Ouf… Nous y voilà enfin ! »
Ebon, qui marchait en tête du groupe, annonça enfin leur destination : Stonecreek.
Gerik, qui avançait en silence tout au bout du groupe, s’arrêta, leva la tête et regarda devant lui.
C’est… Stonecreek… !
Au sommet d’une grande colline rocheuse aux flancs escarpés se dressait une ville frontière, entourée d’un mélange de remparts de briques et de palissades en bois.
À la hauteur de sa réputation de centre des colonies frontalières, Stonecreek était une ville assez grande.
« Halte ! Halte ! »
Un garde arrêta les chariots de marchandises. Comme s’il en avait l’habitude, Ebon, de la Caravane du Cerf Gris, montra au garde un document attestant son identité.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>