Chapitre 14
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme un guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 14 : Riverbridge (3)
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Deux jours plus tôt, son combat contre le gobelin avait fait comprendre à Gerik à quel point Entaille était importante.
Au lieu de paresser pendant son temps libre, il décida donc de s’entraîner dans la cour de l’auberge, son épée à la main, pour perfectionner son atout maître.
Fiou ! Fiou !
Le sifflement féroce de son épée fendant l’air résonna dans toute la cour.
Après l’avoir observé manier son arme un moment, l’aubergiste, attiré par le bruit, ouvrit une fenêtre et se mit à regarder son escrime.
« Ouf… Je te prenais pour un vrai bleu, mais tu as du talent. En faisant attention, tu ne mourras pas si facilement sur la route. »
L’aubergiste n’avait été qu’un aventurier de bas rang, mais il avait vécu ainsi pendant un bon moment. Il avait l’œil pour ce genre de choses, et l’escrime de Gerik l’impressionna.
« Merci. »
Gerik esquissa un sourire gêné devant le compliment. Encouragé, il s’entraîna un peu plus longtemps que prévu.
Lorsqu’il s’arrêta, la sueur lui trempait tout le corps, malgré le froid du début de l’hiver.
Ouf… À bien y penser, il me semble que la fenêtre de statut que j’ai vue dans ce rêve affichait la maîtrise d’Entaille… Est-ce que répéter cet entraînement la fait augmenter ? Ou alors, ce n’était qu’un rêve idiot ?
Gerik se remémora son rêve de Seoljeongchung, survenu deux jours plus tôt. Il se disait qu’une fenêtre de statut serait bien pratique si elle existait vraiment et repensa au carnet de Seoljeongchung vu dans son rêve. Soudain, un étrange carnet apparut dans les airs devant lui.
[Nom : Gerik]
[Profession : Sans emploi]
[Attributs]
Force : 3 (Attribut influant sur la puissance physique, la capacité de charge et la puissance d’attaque.)
Dextérité : 3 (Attribut influant sur l’équilibre, la vitesse de réaction, la vitesse de déplacement, l’agilité manuelle et bien plus.)
Vitalité : 3 (Attribut influant sur l’endurance, la résistance aux maladies et la force vitale.)
Intelligence : 3 (Attribut influant sur la mémorisation, la logique, la déduction, le langage et les capacités de réflexion.)
Perception : 3 (Attribut influant sur la conscience de son environnement, la détection du danger et l’intuition.)
Charisme : 3 (Capacité à influencer autrui par la négociation, la persuasion, l’intimidation et d’autres moyens.)
[Compétences]
Niv. 1 Entaille (2/100)
Gerik frissonna en voyant la scène de son rêve se dérouler à nouveau sous ses yeux. Il comprit alors que le rêve de deux jours plus tôt n’avait pas été une simple illusion.
Oh ? À bien y penser…
Gerik contempla la fenêtre de statut, abasourdi, pendant un moment. Lorsqu’il reprit ses esprits, il remarqua un léger changement dans la section des compétences.
Ma maîtrise a augmenté d’un point… ?!
Apparemment grâce aux heures passées à s’exercer à Entaille, la maîtrise de Gerik avait légèrement augmenté.
« … À partir de maintenant, il faudra que je m’entraîne tous les jours. »
Ravi de cette hausse de maîtrise, Gerik se mit à s’entraîner dès son réveil, le lendemain, en maniant son épée de toutes ses forces.
Il s’y donnait avec tant d’ardeur que les autres aventuriers, qui ne lui avaient pas accordé la moindre attention la veille, s’approchèrent pour le regarder avec curiosité.
« Je le prenais pour un bleu qui n’y connaissait rien… mais il sait vraiment manier une épée. »
« Ouais. Où est-ce qu’il a appris ça ? »
Les aventuriers, accoudés aux fenêtres, ne tarissaient pas d’éloges en le regardant. Gerik essaya de ne pas se laisser griser, mais leurs encouragements le poussèrent à frapper encore plus fort.
« … Gnh ! »
Avait-il manié son épée trop longtemps ? Une douleur aiguë lui traversa les paumes brûlantes et le força à s’arrêter.
« Bon sang… J’ai les paumes en lambeaux. »
Emporté par la joie de progresser grâce à sa compétence et par les regards admiratifs autour de lui, Gerik en avait trop fait. Ses paumes n’en pouvaient plus.
Alors qu’il tirait de l’eau du puits pour se laver les mains, l’air contrarié, l’aubergiste qui l’avait vu l’interpella.
« Hé, jeune homme. L’entraînement est un précieux allié qui peut te sauver la vie, c’est sûr… mais le corps d’un aventurier, c’est son bien le plus précieux. Fais attention. »
L’aubergiste ouvrit un placard, en sortit une boîte en bois et souleva le couvercle.
« Essaie ça. C’est un onguent de frêne des marais. C’est efficace sur les coupures et la peau écorchée. »
« Ah, merci, monsieur. »
« Monsieur ? Allons, on ne s’est même pas présentés, pas vrai ? Moi, c’est Bren. Appelle-moi par mon nom, maintenant. Plus de “monsieur”. »
« D’accord. Moi, c’est Gerik. »
Ils échangèrent brièvement leurs noms, ce qu’ils n’avaient pas fait la veille. Puis, sur le conseil de Bren, Gerik appliqua l’onguent blanc et crémeux sur ses paumes.
« Ce n’est qu’une blessure superficielle. Mets cet onguent et ce sera guéri demain. »
« … Si vite ? »
Même avec les soins médicaux avancés de sa vie antérieure, les blessures de ses paumes auraient mis plusieurs jours à guérir.
Bren affirma avec assurance qu’un seul onguent suffirait à les guérir en une journée. Incrédule, Gerik lui demanda confirmation.
« Pourquoi je te mentirais ? Va dormir et réveille-toi demain, gamin. Tu verras, ça ira vraiment mieux. »
« Hum… »
Ça ressemblait à de la vantardise, et Gerik avait du mal à y croire. Mais Bren en était si sûr qu’il ne servait à rien de discuter. Gerik hocha donc silencieusement la tête.
« Cet onguent marche aussi sur les ampoules ? »
« Ah, tu en as eu en venant jusqu’ici ? Ça marche aussi, mais je te conseillerais plutôt autre chose. L’herbe Hexarium, qu’on récolte dans la Forêt Sauvage du Démon, est encore plus efficace. Tu peux en acheter à la boutique de produits divers, d’ailleurs. »
« Ah… »
Gerik remercia aussitôt Bren pour ce précieux renseignement. Touché par sa politesse, Bren le regarda avec intérêt.
« Si tu as fini de t’entraîner, va manger. Tout le monde a déjà mangé, sauf toi. »
« Ah… »
Voilà donc pourquoi les aventuriers s’étaient mis à le regarder. Il était déjà l’heure du déjeuner. Gerik suivit Bren, s’assit à la même place que la veille et commanda un repas.
C’est bon.
Le plat semblait composé de viande et de légumes mijotés dans du lait. Ce ragoût à la crème avait le goût d’un mets qu’il avait souvent apprécié dans sa vie précédente, et il régala le palais de Gerik.
« Tu manges vraiment bien, pour un gamin qui aime le lait. »
« Oui. Je suis encore en pleine croissance. »
Bren taquinait à moitié Gerik, en référence au fait qu’il avait refusé la bière et bu du lait la veille.
Mais contrairement à son jeune corps, l’âme qui habitait Gerik était celle d’un adulte mûr. La provocation de Bren ne le troubla pas le moins du monde.
« Tu sais quelque chose sur la ville de Stonecreek ? »
« Hum ? Pourquoi ? »
« Eh bien, je pensais y débuter comme aventurier. »
Comme Bren, l’aubergiste et ancien aventurier, n’avait pas l’air occupé, Gerik l’interrogea pour obtenir des renseignements sur un bon endroit où commencer.
« Oh… Stonecreek, hein ? Pourquoi commencer là-bas ? »
« Eh bien… »
Gerik hésita un instant, se demandant s’il devait révéler tout son plan à Bren. Comme il lui demandait conseil, il choisit néanmoins d’expliquer honnêtement ses raisons, une à une, plutôt que de les lui cacher.
« Comme tu peux le voir… je suis un bleu. Je n’y connais vraiment rien. Me jeter tête baissée au cœur de la frontière pour devenir aventurier alors que je suis dans cet état, ce serait comme essayer de me suicider. »
« C’est vrai. »
« … Alors je me suis dit que je pourrais me faire de l’expérience petit à petit dans un endroit comme Stonecreek, où la colonisation de la frontière est presque achevée. »
« Oh… »
Gerik avait l’air de ne rien savoir, mais il semblait avoir conçu un plan adapté à ses limites. Bren le regarda avec un intérêt grandissant.
« Tu es bizarre, toi. »
« … Moi ? »
« Ouais. Tu es habillé comme un pauvre paysan, mais ton équipement et ton sac ne sont pas mal. Ton corps a l’air d’avoir souffert depuis l’enfance, pourtant tu t’exprimes et tu fais tes plans avec une certaine distinction… »
« … »
Comme quelqu’un qui côtoyait toutes sortes de gens dans son métier, Bren analysa Gerik avec une perspicacité pénétrante. Un frisson parcourut l’échine de Gerik, qui se tut, alarmé.
« Détends-toi. Tu crois que je vais te manger ou quoi ? C’est juste l’impression que tu donnes. Ne t’inquiète pas. Je ne suis pas du genre à fouiller dans le passé de mes clients ni à vendre des informations sur eux. Et puis, si j’avais vraiment l’intention de te planter un couteau dans le dos, je ne te dirais pas ça. »
Bren changea de sujet et lui dit que son plan était sensé et réaliste.
« Je pense aussi que Stonecreek est un bon choix. Comme tu l’as dit, la colonisation y est presque achevée, alors on n’y croise plus que des petits poissons comme des gobelins de temps à autre. Ce n’est pas particulièrement dangereux. »
Bren tendit la main sous le comptoir, en sortit une carte en cuir et la posa près de la table de Gerik tout en poursuivant ses explications.
« En plus, les villes frontalières s’étendent en éventail autour de Stonecreek, si bien que la guilde des aventuriers se trouve au centre, à Stonecreek même. C’est un autre avantage. C’est pratique pour s’inscrire comme aventurier et prendre des missions. »
« Ah… Il y a une guilde des aventuriers là-bas ? »
« Hein… ? Tu comptais aller à Stonecreek sans même savoir ça ? »
Le plan de Gerik avait pourtant semblé reposer sur des renseignements solides.
Mais quand Bren lui posa des questions plus précises, Gerik ignorait tout des points essentiels. Cette contradiction laissa Bren perplexe.
« Eh bien… En fait… Je ne fais que suivre les conseils d’un aventurier qui a séjourné quelques jours dans mon village… »
« Bon sang… »
Bren comprit que le jeune homme devant lui avait laissé entendre qu’il avait une histoire compliquée, alors qu’en réalité, il s’était simplement laissé emporter par les paroles d’un aventurier et avait établi son plan sans rien préparer de concret.
« Ouf… Tu ne devrais pas croire les gens aussi facilement. Et si cet aventurier avait essayé de t’escroquer ? »
« … »
Gerik avait passé beaucoup de temps avec Lugos et savait quel genre d’homme il était. Il savait aussi qu’au vu de l’urgence de la situation, Lugos n’avait eu aucun moyen de le tromper.
Mais l’expliquer aurait impliqué de raconter l’attaque des pillards, alors Gerik ne répliqua pas.
« Bref… Une fois à Stonecreek, va à la guilde des aventuriers et inscris-toi d’abord comme aventurier de Plaque de bois. Au début, ton rang sera bas, alors tu n’auras que des missions insignifiantes et mal payées. Mais si tu continues à accomplir des requêtes, tu pourras peu à peu accepter des missions de rang supérieur. Et tu gagneras mieux ta vie. »
« Les rangs… ? »
Lorsque Bren mentionna les rangs des aventuriers, Gerik s’intéressa au système et lui demanda comment ils étaient répartis.
« La Plaque de bois commence au rang 9 et va jusqu’au rang 1. La Plaque de cuivre commence au rang 5 et va jusqu’au rang 1. La Plaque d’argent… je n’en sais rien. Je n’ai jamais dépassé la Plaque de cuivre. »
Après avoir parlé, Bren se retourna tout naturellement vers la plaque cuivrée qu’il avait accrochée au mur et la contempla avec fierté. La plaque ronde, pas plus grande que la paume d’un enfant, portait le nom de Bren et le chiffre 3 en langue commune.
« Waouh, tu étais aventurier de Plaque de cuivre, rang 3… »
« Ouais, je me débrouillais plutôt bien, à l’époque. »
Comme s’il se remémorait sa glorieuse jeunesse, Bren sourit, le dos toujours tourné à Gerik, tout en regardant la Plaque de cuivre accrochée au mur.
« La Plaque de cuivre, c’est vraiment si haut ? Elle vient après la Plaque de bois, alors ça reste un rang assez bas, non ? »
Bren, perdu dans ses pensées, entendit Gerik rabaisser nonchalamment la Plaque de cuivre. Il le regarda, incrédule.
« Si c’est haut ? Bien sûr que c’est haut, gamin ! Tu sais où la grande majorité des aventuriers finissent leur carrière ? »
« Euh… Plaque de cuivre ? »
« Ne me fais pas rire. La plupart s’estiment déjà heureux d’atteindre les rangs supérieurs de la Plaque de bois, petit ignorant. »
La provocation involontaire de Gerik l’avait peut-être vexé. Bren répondit sur un ton un peu rude, comme il avait dû le faire à l’époque où il était aventurier.
Puis, comme s’il venait soudain de se ressaisir, il reprit vite une expression digne d’un aubergiste et poursuivit :
« Enfin… Ton plan est plutôt bon. Suis-le et avance sans te précipiter. Et n’oublie pas : quand on est aventurier, s’impatienter, c’est se faire tuer. »
Gerik sentit que Bren avait plutôt bonne opinion de lui. Plus assuré, il lui posa une question plus audacieuse.
« Bren, tu sais comment accéder à un livre de compétences ? J’ai entendu dire qu’en en utilisant un, on pouvait devenir fort en un instant… »
Gerik posa innocemment la question à propos des livres de compétences, comme s’il n’y connaissait rien. Bren le regarda d’un air incrédule et ricana.
« Laisse tomber, gamin. Où est-ce que tu as entendu ces absurdités… ? Tu crois que n’importe qui peut lire un livre de compétences juste parce qu’il en a envie ? Il faudrait au moins être aventurier de Plaque de cuivre, rang 2, pour pouvoir y accéder. Enfin, je crois… »
« Hum… Donc, une fois que j’aurai atteint le rang 2, je pourrai y accéder quand je veux… ? »
Notes :
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