Chapitre 71
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre parmi les Anomalies ◈
Chapitre 71 : Le baratineur
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Lim Jin-guk (45 ans) avait grandi en entendant dire qu’il était vif et intelligent.
« Oh là là ! La mère de Jin-guk ! Vous ne trouvez pas que Jin-guk pourrait devenir président, un jour ? Vous devriez lui faire passer un test de QI ! »
« Les résultats indiquent un QI de 125. La moyenne mondiale est de 82, et celle de la Corée de 102, donc je dirais que c’est élevé. »
« Notre Jin-guk va entrer à l’université nationale de Séoul, alors ? »
À partir de ce moment-là, Lim Jin-guk sut qu’il était spécial, différent de tous les autres.
« Le premier de la classe est Lim Jin-guk ! »
« Hé, il a eu la note maximale dans toutes les matières ! »
« Waouh ! Premier de tout l’établissement ? »
Après avoir fréquenté de meilleurs collèges, lycées et universités que les autres, il se dit :
« Est-ce que j’ai vraiment la tête à travailler pour les autres ? Je peux très bien monter ma propre boîte. »
Pour monter une entreprise, il fallait du capital ; il en créa donc une autre pour en obtenir.
« Investissez dans mon projet et je vous rendrai dix fois votre mise. »
« C’est quoi, votre idée ? Pourquoi est-ce que je vous prêterais de l’argent ? »
« Tenez, regardez. Voici le générateur solaire de mon entreprise écologique. Son rendement est tellement excellent qu’il attire l’attention comme solution de remplacement à l’énergie nucléaire. »
C’était une arnaque. Il avait mélangé des termes à la mode comme « écologique » et « énergie solaire », imprimé de fausses étiquettes de certification au nom d’un médecin réputé et les avait collées dessus. Pourtant, son parcours universitaire donnait une apparence de vérité à ses mensonges, et il ne tarda pas à réunir une grosse somme d’argent.
« Hein ? Est-ce que j’ai vraiment besoin de gérer une entreprise ? Je peux pas prétendre avoir dépensé l’argent pour l’entreprise et le planquer ailleurs ? Le contrat dit bien que les investisseurs assument les risques, non ? Et comme il s’agit surtout d’investissements en actions, tout ce que j’ai à faire, c’est de faire croire que la boîte a fait faillite. Après, l’argent est à moi. »
De toute façon, une entreprise était censée rapporter de l’argent. Comme ça, il pouvait en gagner sans perdre de temps.
« Espèce de salaud complètement cinglé ! »
« Rends-moi mon argent ! »
« Allons, allons ! Je vous ai dit que j’avais pas d’argent ! L’entreprise a fait faillite, c’est tout ! Vous avez pas lu le contrat comme il faut ? »
Son « entreprise » fut un succès. Après avoir répété l’opération plusieurs fois, il avait amassé assez d’argent pour n’envier personne. Mais lorsqu’il réunit des investisseurs pour la quatrième fois, en passant par un prête-nom parce que son visage était bien connu dans le milieu, les gens qui se présentèrent n’étaient pas des investisseurs.
C’étaient des policiers.
« Lim Jin-guk, vous êtes en état d’arrestation pour escroquerie. »
Son associé, qu’il avait mis en avant comme prête-nom, l’avait trahi.
Ce salaud avait même donné à la police la provenance de l’argent gagné par Lim Jin-guk, le laissant sans le sou et derrière les barreaux.
« Dix ans pour escroquerie ? Waouh, c’est rare de prendre dix ans pour ça, dans ce pays. »
« Pff, j’ai pas eu de chance. Ce petit larbin m’a trahi. C’est pour ça qu’il faut jamais recueillir un animal à poil noir. »
Son charme naturel lui permit de passer son séjour en prison sans trop de difficultés.
« Si je m’étais vraiment concentré sur mes études, j’aurais été diplômé d’une université de l’Ivy League. Harvard ! Oxford ! Yale ! MIT ! Caltech ! Vous connaissez tous ces universités, hein ? Ha, si seulement j’avais pas été aussi patriote… »
« Tu disais pas qu’une agence de divertissement t’avait donné sa carte, une fois ? »
« Tu t’en souviens encore ? C’était vrai, bien sûr ! Regarde-moi cette tête ! J’ai joué comme figurant une fois, et le réalisateur m’a supplié de signer un contrat d’exclusivité. »
Il était si doué pour baratiner que les autres détenus lui avaient même trouvé un surnom.
« Espèce de baratineur ! Tout ce qui sort de ta bouche, c’est des mensonges ? »
« Baratineur ! Viens ici et masse-moi ! Tu disais que tes supérieurs t’adoraient dans l’armée grâce à tes massages, pas vrai ? Moi aussi, je vais t’adorer ! »
« Baratineur ! Tu sors le mois prochain, pas vrai ? Tâche de vivre honnêtement ! »
À sa sortie, le baratineur Lim Jin-guk avait tout perdu et recommença sa vie à quarante-cinq ans.
« Quel genre de combine je pourrais monter pour gagner de l’argent, cette fois ? »
Les gens avaient probablement déjà oublié son visage. Devrait-il commencer par changer de nom ?
« D’abord, il me faut un endroit où vivre. »
Il choisit un goshiwon bon marché.
« Aïe, ça fait mal ! »
De vieux clous et des échardes de planches dépassaient dans les couloirs du goshiwon et le piquaient de temps en temps, mais il ne trouvait pas de logement moins cher sans caution.
« Bon, je devrais d’abord chercher du travail ? Il me faut au moins dix millions de wons de capital de départ avant de pouvoir faire quoi que ce soit. »
En cherchant du travail sur Internet, une bannière publicitaire attira son attention.
[Bureau du Fixeur Lee Seung-hoon]
Alors, il se rappela « Un souvenir oublié ».
« Un Fixeur ? Ah, “un métier fiable qu’une seule personne peut exercer, qui résout des affaires mystérieuses tout en apaisant les inquiétudes des gens”, c’est ça ? »
Il n’avait jamais consulté de Fixeur. Et s’il essayait, pour une fois ?
« Peut-être qu’il pourra régler proprement mon problème : quel genre d’entreprise monter ? »
Au Bureau du Fixeur où il se rendit, il découvrit une nouvelle idée de business.
[Récompense : Talent inné pour les affaires]
[Mission : Voler la perruque de Donald Trump pendant son mandat présidentiel.]
[Délai : 100 jours]
Des tickets qui offraient n’importe quelle récompense, à condition d’accomplir la mission.
Des tickets garantis fiables par le Fixeur.
« Combien ils coûtent ? »
« Ils sont gratuits. Je veux aider les gens, pas gagner de l’argent. »
Et même la bienveillance du Fixeur, qui les distribuait gratuitement.
« Je peux en prendre plusieurs ? »
« Vous comptez tenter plusieurs missions ? Ce n’est pas une mauvaise idée. Tenez. Regardez-les et prenez celles qui vous plaisent. »
« Merci ! »
« Avant ça, je vais le répéter une dernière fois. »
La bienveillance n’était plus une vertu.
Dans une société capitaliste, la bienveillance n’était pas une qualité que les gens devaient posséder. Ce n’était rien de plus que se mettre à la place des faibles et se rendre facile à exploiter.
« Si vous comprenez le pouvoir mystérieux de ces tickets, vous ne devez jamais les abîmer. Et ne les utilisez pas à d’autres fins. »
« Oui, j’ai compris. »
« Et si vous échouez à une mission, vous recevrez une pénalité. Celle-ci sera proportionnelle à la récompense, alors gardez-le en tête. Les tickets que vous avez reçus offrent des récompenses ordinaires, à l’exception d’un seul. Vous n’aurez donc qu’à faire attention à celui-là. »
Lim Jin-guk acquiesça et quitta le bureau.
En glissant dans sa poche les dix tickets reçus du Fixeur, il le jugea.
« Un pigeon au grand cœur, un idiot fait pour se faire exploiter, une bête stupide que j’adore. »
Il essaya de vendre les tickets, mais les choses ne se passèrent pas comme prévu.
« Incroyable ! Si vous arrêtez les plats livrés et les repas au restaurant pendant juste un an, votre pénis gagnera cinq centimètres ! Vous allez laisser passer une occasion pareille ? »
« Mais de quoi il parle, ce type ? Il est fou ? »
Pour une raison ou une autre, les gens ne faisaient pas confiance aux tickets qu’il vendait.
« Je vous le dis, c’est le Fixeur Lee Seung-hoon qui me les a donnés en personne ! Ils sont authentiques ! »
« C’est impossible ! Vous nous prenez pour des idiots ? Vous êtes le Fixeur Lee Seung-hoon ? Si le Fixeur nous les avait remis lui-même, ce serait différent, mais ce que vous racontez, c’est n’importe quoi ! »
À moins que le Fixeur ne les remette directement, les gens prenaient les tickets pour de simples jouets d’enfant.
« Ça ne va pas. »
Il ne pouvait pas abandonner si facilement. Ces tickets étaient des produits qui pourraient convaincre non seulement les gens ordinaires, mais aussi les puissants du monde des affaires et de la politique.
« Aïe, ça fait mal ! Je leur répète sans arrêt de réparer ça ! »
De retour au goshiwon, il réfléchit à la situation.
« Et si je vendais aux patrons des grands groupes des tickets avec des récompenses liées à l’économie ? Et si je vendais aux politiciens des tickets avec des récompenses permettant de contrôler le public ? »
Il pourrait alors devenir richissime et acquérir du pouvoir en prime !
« Mais comment régler le problème de crédibilité ? »
Ce n’était pas si difficile.
« Fixeur ! »
S’il manquait de crédibilité, il lui suffisait de se bâtir une carrière qui lui en donnerait.
« Engagez-moi comme employé, je vous en prie ! »
***
Lim Jin-guk raconta toute son histoire.
« J’étais un escroc. Quand j’étais jeune, j’ai perdu mes parents et j’ai vécu dans la pauvreté. J’ai fini par haïr le monde et par prendre le mauvais chemin… »
Les pigeons au grand cœur étaient sensibles aux histoires.
Pour attendrir le Fixeur, armé de cette stupidité qu’on appelait la bienveillance, il lui fallait une longue histoire pathétique. En mélangeant la vérité aux mensonges, il se fit passer pour « un ancien détenu pitoyable, décidé à se réformer, mais discriminé par la société ».
« Confucius disait que les gens devaient faire preuve de bienveillance et de droiture. La bienveillance, c’est l’amour, l’attention et l’empathie envers les autres ; la droiture, c’est distinguer le bien du mal et agir conformément à ce qui est juste. »
Comme prévu, le Fixeur l’accepta.
« Je crois que les gens peuvent changer. Par conséquent, je crois que chaque être humain mérite une chance de changer. Vous aussi, vous pouvez changer, monsieur Lim. Si le monde ne vous donne pas cette chance, alors je vous la donnerai. Voilà ma bienveillance et ma droiture envers vous. »
« M-Merci ! Merci infiniment ! »
Dès le lendemain, Lim Jin-guk commença à travailler comme assistant au Bureau du Fixeur.
« Quoi ? Ce salaud est encore plus crédule que je le pensais. »
Puis il fut sans cesse stupéfait par ce qui se passait au bureau.
« L’une des missions du ticket qui permet de retrouver une jambe perdue est de “faire un don de cent millions de wons”. Je vais transférer cent millions de wons sur votre compte. Faites-en immédiatement don à une œuvre caritative. »
Pour les gens qui ne pouvaient pas accomplir leur mission par leurs propres moyens, il utilisait son propre argent.
« L’une des missions pour retrouver la vue consiste à brûler un diamant de douze carats. J’ai préparé le diamant. Par ici, je vous prie. »
« Pour supprimer le stress post-traumatique causé par un accident, l’une des missions consiste à gifler trois politiciens du parti au pouvoir. Je leur ai promis de financer leur campagne et obtenu leur coopération. Allez-y, giflez-les sans hésiter. »
Ne comprenant pas ses agissements, Lim Jin-guk lui demanda :
« Pourquoi aider les gens en dépensant votre propre argent ? C’est bien de faire le bien, mais faut-il vraiment aller aussi loin ? »
« Les gens qui essaient de retrouver ce qu’ils ont perdu et de reprendre une vie normale ne se lancent pas dans un défi. Ils reprennent leur vie. Nous devons les aider directement. »
« Et ceux que vous n’aidez pas ? »
« Ce sont des gens qui se lancent un défi par désir personnel. Bien sûr, je pourrais aussi augmenter leurs chances de réussite en les aidant, mais alors le défi n’aurait plus aucun sens. »
Aux yeux de Lim Jin-guk, le Fixeur était vraiment un drôle de type.
« S’ils réussissent, le fruit doux de leur défi leur donnera une attitude plus volontaire face à la vie. S’ils échouent, ils apprendront à se méfier de la cupidité et à connaître leurs limites. Dans les deux cas, ils grandiront. »
« Vous voulez qu’ils réussissent ou qu’ils échouent ? »
« Je veux qu’ils tentent leur chance. Je crois au potentiel humain. »
« Vous dites que ceux qui ne relèvent pas de défis ne sont pas humains ? »
« Eux aussi sont humains. Renoncer à ses désirs et trouver de petits bonheurs dans la vie quotidienne fait également partie du potentiel humain. »
Parfois, c’était un pigeon gentil, mais à d’autres moments, une folie glaçante vacillait dans ses yeux limpides.
« Ah, je vois. Comme on pouvait s’y attendre, Fixeur ! Je ne me doutais pas que vos intentions étaient si profondes ! »
« Elles ne sont pas si profondes. Ce n’est que ma philosophie personnelle. »
Un jour, Lim Jin-guk le vit.
« Voici le Distributeur de tickets de quête. »
« C’est donc ici qu’ils sont fabriqués. »
Le coffre au trésor qu’il convoitait depuis si longtemps.
« Oui. Vous saisissez la récompense sur cet écran tactile et un ticket est imprimé. »
« Waouh, c’est incroyable. Qui a bien pu fabriquer ça ? »
« Je l’ignore également. »
En travaillant là, il avait appris qu’une même récompense pouvait correspondre à plusieurs missions différentes.
S’il pouvait fabriquer et vendre des tickets offrant d’excellentes récompenses et des missions réalisables avec de l’argent, il pourrait extorquer richesse et pouvoir aux riches et aux politiciens.
« Il y a beaucoup de choses de ce genre dans le monde. Ceux qui connaissent leur existence, moi compris, les appellent des “Anomalies”. »
« Des Anomalies… »
« Les Anomalies sont très mystérieuses. Par exemple, même un objet qui a l’apparence d’une machine peut posséder sa propre conscience. C’est pourquoi il ne faut jamais les manipuler à la légère. »
« Oh-ho. »
« Je vous le dis parce que si vous continuez à travailler dans mon bureau, monsieur Lim, vous rencontrerez souvent des Anomalies. »
Le Fixeur était bien trop gentil pour son propre bien.
« Je crois que vous pouvez changer, monsieur Lim, et j’aimerais que nous entretenions de bonnes relations à l’avenir. »
« Merci de croire en moi ! »
Quel pigeon.
Ce soir-là, Lim Jin-guk s’introduisit discrètement dans le bureau.
« J’avais laissé une fenêtre ouverte à l’avance ! »
Après s’être faufilé à l’intérieur, il se dirigea vers la pièce où se trouvait le Distributeur de tickets de quête.
« Qu’est-ce qui lui a pris de laisser un objet aussi précieux traîner au bureau ? »
Il comprit vite pourquoi.
« Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à le soulever ? »
Le Distributeur de tickets de quête n’était pas très grand, mais il avait beau essayer, impossible de le soulever.
« Il n’est même pas fixé au sol. C’est bizarre. »
Il y avait encore autre chose d’étrange.
« Il n’est même pas branché, et pourtant il est allumé ? »
Et s’il imprimait une montagne de tickets avant de s’enfuir ?
Il avait déjà pris beaucoup de photos avec le Fixeur et du bureau ; il remplissait depuis longtemps les conditions pour se faire passer pour son disciple.
« C’est ce que je vais faire. »
Après avoir imprimé plein de tickets, je détruirai la machine.
La valeur de mes tickets n’en sera que plus grande.
[Saisissez la récompense souhaitée.]
Il saisit les récompenses qu’il avait préparées à l’avance et imprima cent tickets de chaque.
« Je vais devenir riche ! »
Pas seulement riche : le roi de la pègre, avec le pouvoir entre les mains !
Tandis qu’il riait en examinant les tickets, une information traversa son esprit comme une étincelle.
[Qu’est-ce qui compte quand on falsifie des chèques ? Le papier est important, mais l’encre l’est davantage ! L’encre utilisée par les banques est extrêmement spéciale, et plus difficile à obtenir que le papier.]
C’était une remarque qu’un ancien faussaire de chèques, rencontré en prison, lui avait faite.
« À bien y regarder, ce n’est pas du papier thermique. C’est écrit à l’encre, pas vrai ? »
Et s’il pouvait démonter la machine et récupérer les tickets et l’encre ?
Je pourrais écrire les récompenses et les missions que je veux, puis exaucer tous mes souhaits à ma guise ?
« Des tickets capables d’exaucer même les souhaits impossibles. Si c’est vraiment faisable… »
Je ne serais pas seulement le roi de la pègre. Je pourrais devenir un dieu.
Il sortit aussitôt ses outils. Avant de démonter soigneusement le Distributeur de tickets de quête, il se rappela les paroles du Fixeur.
[Même un objet qui a l’apparence d’une machine peut posséder sa propre conscience. C’est pourquoi il ne faut jamais les manipuler à la légère.]
Son hésitation fut de courte durée.
« Vous avez dit que vous vouliez que je relève des défis, pas vrai ? Alors je vais en relever un, comme vous me l’avez dit. »
Après avoir desserré quelques vis, il découvrit l’intérieur du Distributeur de tickets de quête.
Il trouva une liasse de tickets vierges et une cartouche d’encre. Il les arracha de la machine, puis leva un marteau pour la détruire.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? Pourquoi est-ce que ça ne casse pas ? »
Elle ne se brisa pas. Elle ne fut même pas éraflée.
[Saisissez la récompense souhaitée.]
[Toute dégradation de notre produit, ainsi que toute falsification ou modification de tickets, peut entraîner une sévère pénalité.]
Alors, il allait détruire l’intérieur.
Lorsqu’il rouvrit le Distributeur de tickets de quête, il retrouva à l’intérieur la cartouche d’encre et la liasse de tickets qu’il venait d’en retirer, exactement comme avant.
« … »
Un frisson inexplicable le parcourut. Il remit le Distributeur de tickets de quête dans son état d’origine, puis s’enfuit du bureau.
« Tant pis. Si j’ai raison, ça peut quand même faire de moi un dieu ! »
Alors, pas besoin de la détruire.
De retour au goshiwon, Lim Jin-guk se servit de ce qu’il avait volé pour fabriquer un ticket à la main.
[Récompense : Cent millions de wons en espèces]
[Mission : S’asseoir et se relever dix fois]
[Délai : Indéfini]
Après l’avoir signé, il accomplit la mission.
Des liasses de billets de cinquante mille wons s’amoncelèrent comme une montagne sur le petit lit de sa chambre au goshiwon.
« Ça a marché ! »
Maintenant, je suis riche !
À cet instant, une image saisissante apparut dans son esprit.
[Manipulation illégale détectée]
[Pénalité activée]
[Votre pénalité est : « Ballon ».]
Ballon ?
Quel genre de pénalité était-ce ?
« Attends, pourquoi mon corps est-il si léger ? »
Quelque chose clochait. À chacun de ses mouvements, son corps lui semblait si léger qu’il avait l’impression de rebondir.
« Je flotte vraiment ! »
« Ballon », ça voulait dire qu’il se transformait vraiment en ballon ?
Comment était-ce possible ?
Bon, les tickets eux-mêmes n’avaient aucun sens, mais quand même. Un humain qui se transformait en ballon de son vivant ?
« M-Mon téléphone ! Le Fixeur ! Fixeur ! »
Il tapota frénétiquement son smartphone avec son corps de ballon, mais son écran ne réagissait pas. Peut-être avait-il perdu sa bioélectricité.
« N-Non ! »
Il ne lui restait plus qu’à le rencontrer en personne.
La poignée tournait à peine, mais il la força désespérément et rebondit dans le couloir.
« Pourvu que le Fixeur sache comment me rendre mon apparence ! »
Il apercevait l’entrée, là-bas.
« Aïe, ça fait mal ! »
***
À l’aube, le propriétaire du goshiwon vint nettoyer l’immeuble.
« ? »
Avec prudence, le propriétaire toucha les vêtements éparpillés dans le couloir.
« Qui a jeté ses vêtements ici ? »
Il y avait des chaussures, un pantalon et même des sous-vêtements.
« Bon sang, qu’est-ce que c’est que ça ? »
Dans les vêtements, le propriétaire trouva un morceau de ballon.
Le morceau était très grand, mais il s’était dégonflé et tout fripé.
« Il y a quelque chose de dessiné dessus ? »
Le propriétaire déplia le ballon ratatiné.
Un homme nu était dessiné sur sa surface.
« Oh là là, quelle indécence ! »
Le dessin était extrêmement réaliste.
L’expression effarée de l’homme dégageait quelque chose de désagréable, impossible à expliquer.
« Ce visage m’est familier. »
Pour chasser le malaise que lui causait l’impression de regarder une vraie personne, le propriétaire jeta le tout à la poubelle sans hésiter.
« Beurk ! C’est dégoûtant. »
Le propriétaire se mit à nettoyer.
C’était un paisible matin de week-end.
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