Chapitre 64
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre parmi les Anomalies ◈
Chapitre 64 : J’en prendrai la responsabilité
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Je réussis à me présenter pour mon premier jour chez Sarang Trading Company.
« Employé Lee, si vous avez la moindre question, n’hésitez surtout pas à me la poser, d’accord ? Je vous expliquerai tout. »
« Merci. »
Le directeur Kim me fit visiter les locaux de l’entreprise jusqu’aux bureaux. Il me traita avec gentillesse et douceur, comme le supérieur idéal.
« Au fait, qu’est-ce que vous avez autour du cou ? »
« Un appareil photo Polaroid. La photographie est mon passe-temps, alors je l’emporte toujours avec moi. »
« Ho ho, quel passe-temps raffiné ! »
Grâce à ma vue améliorée, je remarquai que le regard du directeur Kim s’attardait souvent sur les articles de luxe que je portais.
« Pour l’instant, attendez dans les bureaux. Notre entreprise fait des exercices le matin avant le début du travail, vous voyez ? Mais vous ne pouvez pas faire de sport en costume. Vous en êtes dispensé jusqu’à ce qu’on vous trouve une tenue de sport. »
« Si vous avez faim, servez-vous dans la salle de repos. »
Le directeur Kim me laissa sur ces mots.
« Le nouveau est complètement dingue ! »
J’entendis le directeur Kim crier dans le couloir.
« Une Bugatti ! Et il est couvert d’articles de luxe de la tête aux pieds. Je crois que c’est l’héritier d’un chaebol ! »
« Vraiment ? »
« Waouh, la Bugatti sur le parking appartient au nouveau ? Je croyais qu’un président d’un grand groupe était venu nous rendre visite ! »
Je recevais plus d’attention qu’un employé ordinaire, mais ce n’était pas plus mal pour quelqu’un qui devait se faire une place parmi ses collègues.
« Le nouveau est vraiment beau gosse. Tu crois qu’il a une petite amie ? »
« Pourquoi ? Tu comptes le draguer ? Tu veux devenir la femme d’un héritier de chaebol ? »
« Je ne m’intéresse pas à son argent, mais à lui. Les beaux garçons sont souvent gentils et compétents aussi. »
« Oh, mademoiselle Kim ! Vous ne pouvez pas flirter avec un gamin qui a douze ans de moins que vous ! »
Il y eut beaucoup de remarques élogieuses, mais nombre d’autres témoignaient d’une certaine hostilité.
« Une Bugatti, mon œil ! Tout est faux ! Il a vingt-cinq ans, pas vrai ? Comment un jeune de vingt-cinq ans pourrait se payer une Bugatti ? »
« Exactement ! Et si elle était vraie, pourquoi un type aussi riche viendrait travailler dans notre entreprise ? Comme nouvel employé, en plus ! »
« Tout ce qu’il porte doit être une contrefaçon. De nos jours, les faux sont aussi bien faits que les vrais, paraît-il. »
« Et même si tout était authentique, ça aurait du sens qu’un nouvel employé débarque au travail couvert d’articles de luxe ? »
Certains commencèrent même à spéculer sur mon identité.
« Ce serait un héritier de chaebol ? Il ne peut pas être un jeune de vingt-cinq ans comme les autres. »
« C’est ça. Il devait glander chez ses parents, alors ses parents chaebol se sont énervés et l’ont mis à la porte. Ils lui ont sûrement dit qu’ils le rayeraient du registre familial s’il ne trouvait pas de travail quelque part ! »
« Je pense que ses parents l’ont envoyé exprès dans notre entreprise pour qu’il découvre à quel point la société est impitoyable. »
« Ce serait Lee Seung-hoon, le Fixeur ? Ils ont le même nom. »
« Pourquoi le Fixeur viendrait-il travailler chez nous ? Dis quelque chose qui tienne debout. »
Quelqu’un me prit pour un héritier de chaebol.
Un autre me qualifia de jeune prétentieux de la génération MZ, couvert de contrefaçons.
Un autre encore prétendit que j’avais fait fortune dans les cryptomonnaies et que j’étais entré dans une entreprise pour m’amuser, parce que je m’ennuyais. Quelqu’un d’autre me décrivit comme un nouvel employé haut de gamme avec qui il fallait absolument se lier d’amitié.
« Je ne leur ai encore rien montré. »
Sur la seule base de mon apparence, j’étais déjà devenu toutes sortes de personnages dans leur imagination.
« La sympathie comme l’hostilité sont déterminées par la valeur de ce que je porte. »
Je pris un selfie devant les bureaux vides et inscrivis un titre au dos de la photo développée.
[La solitude du capitalisme paria]
Ensuite, j’entrai dans la salle de repos.
« Alors, c’est ça, la salle de repos. »
Contrairement à ce que j’avais imaginé, il n’y avait que des sachets familiaux de boules au fromage, du café instantané et une bouilloire électrique.
« Pas de thé noir. »
Je sortis un sachet de thé noir de la poche intérieure de mon costume, le plaçai dans un gobelet en papier et préparai du thé.
« Dommage qu’il n’y ait pas de lait, mais ça fera l’affaire. »
Peu après, les exercices s’achevèrent et le directeur Kim entra avec les autres employés.
« Bien ! Voici Lee Seung-hoon, qui intègre aujourd’hui notre service administratif ! Allez, applaudissez-le ! »
« Ouais ! »
Après les applaudissements du personnel, je me présentai brièvement, discutai avec eux et finis par recevoir un poste de travail.
« Nouveau, je serai votre mentor. »
« Ravi de vous revoir, directeur adjoint Lee. »
Mon mentor était le directeur adjoint Lee Seok-du, qui m’avait fait passer un entretien avec le directeur Kim.
« Bien, je vais commencer par vous apprendre à remplir les documents. »
Le directeur adjoint Lee m’expliqua gentiment comment préparer différents documents, utiliser le système informatique interne et accéder aux discussions de groupe KakaoTalk des employés.
« Ensuite, je vais vous expliquer ce que vous devrez faire en dehors du bureau. »
Il y avait vraiment beaucoup à faire ici.
« Voici Doldoli, l’animal de compagnie du président. C’est au nouvel employé de le nourrir tous les jours. »
« Vous voyez cette machine ? Vérifier chaque jour qu’elle fonctionne correctement, c’est aussi le travail du nouvel employé. »
« C’est aussi à vous de signer chaque jour le champ réservé à l’agent de sécurité, ici. »
« Vous savez que le nettoyage de la salle de repos revient naturellement au nouvel employé, pas vrai ? »
« Vous devrez également vérifier les fautes et la mise en page des rapports écrits par les membres de l’équipe. »
Il y avait vraiment beaucoup à faire.
« Voici l’usine numéro un. La plupart des ouvriers sont des travailleurs migrants. Pendant les équipes de nuit, vous devrez surveiller les opérations pour éviter les problèmes. Hein ? Bien sûr que vous devrez faire des heures supplémentaires tous les jours, puisque vous êtes le plus jeune. Ne me dites pas que vous pensiez pouvoir partir à l’heure ? »
« Si une autre équipe a trop de travail et demande de l’aide, c’est au nouvel employé d’aller lui donner un coup de main. »
« Même si personne ne vous demande d’aide, une fois votre travail terminé, la moindre des politesses est de faire le tour des autres équipes pour leur demander si vous pouvez faire quelque chose pour elles. »
« Parfois, les dames de la cantine sont débordées et demandent de l’aide. Vous devrez les aider aussi. Et c’est poli de leur donner un coup de main pour faire la vaisselle ensuite, même si elles ne le demandent pas. »
J’avais tant de choses à faire qu’un avenir où je n’aurais pas une seconde pour souffler m’attendait.
« Il y a encore d’autres choses, mais commençons par les tâches les plus élémentaires : vérifier les fautes et la mise en page. Vous vous souvenez des formats que je vous ai appris tout à l’heure ? »
« Oui. »
« Alors, les membres de l’équipe vont vous envoyer des rapports sur votre ordinateur. Essayez de vous en occuper. Appelez-moi quand vous aurez terminé. »
Quand le directeur adjoint Lee fut parti, j’activai mon smartphone.
『Vous m’avez appelé ?』
« Oui. J’ai l’impression que l’entreprise perd du temps à cause d’un système inefficace. Je voudrais créer un programme. Tu peux t’en charger ? »
『De quel genre de programme s’agit-il ?』
« Un programme qui corrige automatiquement les formats prédéfinis et les fautes de frappe. »
『Compris.』
La batterie de Sarang-i était à 62 %.
La batterie perdit 2 %, et un programme de vérification automatique des fautes et de correction de la mise en page fut créé sur mon ordinateur.
« Parfait. »
Quand je lançai le programme, les rapports furent automatiquement vérifiés dès leur arrivée, les fautes et les problèmes de mise en page corrigés, puis la version définitive fut générée.
« Hein ? Nouveau ? Ça ne fait même pas une minute que je vous ai envoyé le rapport, et vous me le renvoyez déjà ? »
« Oui, je l’ai renvoyé après l’avoir corrigé. »
« Sans blague. »
« Vous pouvez vérifier. »
« Alors, voyons ça… »
Les employés qui reçurent les rapports n’y crurent pas tout de suite, mais, en voyant leur qualité, ils ne tardèrent pas à s’exclamer d’admiration.
« Waouh, c’est vrai. »
« Vous avez fait ça aussi vite ? »
« Vous avez déjà travaillé dans notre entreprise ? »
Les employés se rassemblèrent autour de mon bureau et je leur montrai le programme.
« Un programme de vérification automatique des fautes et de correction de la mise en page ? »
« Quand avez-vous fait ça ? »
« Dès que le directeur adjoint Lee m’a appris à m’occuper de ces tâches. »
J’avais préparé une excuse pour expliquer quel programme j’avais utilisé et comment j’avais pu le créer aussi vite, mais les employés ne cherchèrent pas à creuser davantage.
« Ho ho, c’est impressionnant ! Comme on pouvait s’y attendre de l’employé Lee ! Le prochain as de notre service ! Je le savais ! »
« Waouh, employé Lee ! Vous savez aussi créer des programmes ? C’est incroyable ! »
« À son visage, j’avais deviné qu’il avait l’étoffe d’un as. »
C’est ainsi que s’acheva ma journée de travail. Grâce au programme créé par Sarang-i, je n’avais presque rien à faire.
« Nouveau, allons fumer une cigarette. »
« D’accord. »
Je me rendis au fumoir avec le directeur adjoint Lee.
« Vous saviez vous servir de programmes ? Vous auriez dû le mettre sur votre CV. »
« Je ne suis pas particulièrement doué pour ça. »
« Oui, ça se voit. L’interface est plutôt mauvaise. À quoi bon avoir de bonnes fonctions si l’interface n’est pas intuitive ? Il faut une interface facile à utiliser, mais vous vous êtes trop concentré sur les fonctionnalités. »
Après avoir critiqué le programme, le directeur adjoint Lee me donna quelques conseils.
« Et ne faites pas trop confiance aux programmes et à ce genre de choses. Ça reste des machines, non ? Si vous vous reposez trop dessus, vous ne progresserez pas. Il faut vérifier de vos propres yeux, contrôler les choses deux fois et faire des calculs de tête pour vous améliorer. Si une machine fait tout à votre place, vous pensez que vos compétences vont progresser ? Jamais. Vous deviendrez paresseux et complaisant, vous prendrez du retard et vous échouerez. Après, vous pourrez oublier les promotions ou le passage dans une meilleure entreprise. Vous comprenez ? »
« Oui. »
De retour au bureau, le directeur Kim présenta avec enthousiasme le programme que j’avais créé.
« Employé Lee ! Je l’ai partagé avec les autres services, et tout le monde l’a adoré ! Ho ho ! Ils ont tous dit qu’ils vous en étaient reconnaissants ! Waouh ! Dès son premier jour, l’employé Lee a changé une partie de la culture de l’entreprise ! »
« Ha ha, merci. »
Pendant que j’écoutais les éloges du directeur Kim, j’observai le visage du directeur adjoint Lee.
« … »
Il était rouge comme une datte mûre.
***
Mon quatrième jour de travail, ma routine quotidienne n’avait pas beaucoup changé.
« Hé ! Employé Lee, vous êtes là ? »
« Bonjour, directeur. »
J’arrivai tôt le matin au travail et saluai le directeur Kim. Après avoir terminé les tâches matinales du nouvel employé, j’enfilai la tenue de sport que j’avais enfin reçue et me joignis aux exercices.
« Bien ! Encore une journée pleine d’énergie ! Courage ! »
« Courage ! »
Je n’avais aucun contact avec le président, qui ne s’intéressait pas aux nouveaux employés et disposait d’une place de parking privée.
D’après les recherches de Sarang-i, le président actuel était un héritier de chaebol qui avait repris l’entreprise de ses parents. À part les exercices matinaux, les dîners d’entreprise et les randonnées, il ne s’intéressait pas du tout à l’entreprise.
『D’après les résultats de recherche et les relevés d’appels, le président a récemment pour objectif de vendre l’entreprise et de voyager autour du monde.』
Quoi qu’il en soit, mes journées se résumaient à effectuer les tâches que le directeur adjoint Lee m’avait apprises.
Mais il y avait un problème.
« Directeur adjoint Lee, pourquoi avez-vous l’air si mal en point ces derniers temps ? »
« Pfiou, ce nouveau me rend dingue. »
C’était l’attitude du directeur adjoint Lee à mon égard.
« Franchement, si je lui apprends un truc, il en oublie deux. Il ne sait que créer des programmes. En dehors de ça, il manque de souplesse et a une mémoire lamentable. Je lui apprends quelque chose, il l’oublie. Je le lui réapprends, il l’oublie encore. Je deviens fou. »
« Vraiment ? Je le croyais intelligent, le nouveau. »
« Vous savez, certains gamins intelligents n’ont des capacités que dans un seul domaine. Il est un peu comme ça. Il n’est doué que pour les programmes. »
« Hmm. On disait que c’était un héritier de chaebol. Peut-être qu’il n’a pris des cours particuliers que dans ce domaine ? »
À part à la toute fin de mon premier jour, quand le directeur adjoint Lee avait semblé furieux contre moi, il n’avait jamais manifesté d’hostilité à mon égard. Devant moi, il restait un collègue expérimenté et un mentor bienveillant qui m’apprenait beaucoup de choses. Mais dans mon dos, il répandait activement des rumeurs à mon sujet.
« Non, ce n’est pas un héritier de chaebol. Tout ce qu’il possède est faux. »
« Vraiment ? »
« Oui, il me l’a dit lui-même. Il a dit qu’il avait acheté ses vêtements, ses chaussures et sa montre en Chine, parce qu’ils étaient identiques aux vrais. Quant à la voiture, un ami à lui, qui a abandonné le lycée en même temps que lui, vend des voitures d’occasion. Il l’a assemblée avec des morceaux d’épaves pour lui donner une apparence similaire. »
« Ah, je le savais ! C’était trop absurde ! Pourquoi un héritier de chaebol travaillerait-il dans notre entreprise ? »
« Directeur général adjoint, les gens vous maudiraient si vous écriviez un roman pareil. »
« Pas vrai ? Ha ha ha ! »
Je le pris discrètement en photo à travers la fenêtre de la salle de repos.
[Le roi Saül du XXIe siècle]
Après avoir soigneusement rangé mon œuvre, je repris le travail avec le directeur adjoint Lee comme d’habitude, jusqu’à ce qu’une nouvelle tâche se présente.
« Nouveau, vous connaissez l’anglais ? »
« Oui. »
« Il faut envoyer cette partie, d’ici à là, à un acheteur étranger. Traduisez en anglais le texte que j’ai écrit en coréen et envoyez-le par courriel. »
« Compris. »
Je m’occupai de la tâche qu’on m’avait confiée, puis je partis du travail comme d’habitude.
« Qu’est-ce que c’est que ça ! »
Le lendemain, le directeur Kim explosa de colère pour la première fois.
« Pourquoi cette demande d’approbation, qui devait être traitée hier, ne l’a-t-elle pas été ? La date limite est passée et la négociation avec l’acheteur étranger a échoué ! Qui en était responsable ? »
« Ah, ça… »
Le directeur adjoint Lee leva la main.
« J’allais m’en occuper, mais le nouveau a dit qu’il connaissait un peu l’anglais et a demandé à s’en charger. »
« Quoi !? Pourquoi confier ça à un nouvel employé ? »
« Je lui ai dit plusieurs fois que ce n’était pas la peine, mais il a insisté, alors je n’ai pas eu le choix… »
Tous les regards se tournèrent vers moi.
« Il semblerait que le nouveau se soit trompé d’adresse électronique. »
J’avais saisi la bonne adresse.
« C’est une erreur fréquente chez les nouveaux, mais c’est ma faute si je n’ai pas vérifié derrière lui. »
Le directeur adjoint Lee m’avait simplement donné une mauvaise adresse électronique.
« Il est tellement doué que je lui ai fait confiance, mais je ne pensais pas que ça finirait comme ça. Je suis désolé ! »
« Vous croyez qu’un simple avertissement ou une retenue sur salaire suffira ?! Hein ?! Je vous demande comment vous allez assumer la responsabilité ! »
C’était le directeur adjoint Lee qui se faisait réprimander, mais les regards désapprobateurs revenaient sans cesse vers moi.
« La jalousie humaine est impressionnante. »
Il était même prêt à ternir sa propre réputation pour détruire la mienne.
« Vous croyez qu’on peut s’en tirer avec une simple suspension ou une baisse de salaire ?! Hein ?! Je vous demande comment vous allez assumer la responsabilité ! »
Tout cela était très intéressant : la jalousie injustifiée du directeur adjoint Lee à mon égard, la situation, l’attitude du directeur Kim qui criait pour qu’on assume ses responsabilités et les employés qui se contentaient d’observer la scène.
« J’en prendrai la responsabilité. »
C’est pourquoi je le criai sans réfléchir.
« Quoi ? »
« J’ai dit que j’en prendrais la responsabilité, puisque c’est moi qui ai fait l’erreur. »
Il serait difficile de démasquer le stratagème du directeur adjoint Lee. Il n’y avait pas de caméras de surveillance dans les bureaux, et il m’avait donné ses instructions oralement, sans que personne puisse les entendre, plutôt que par messagerie. Impossible de prouver mon innocence.
« Je vais m’absenter un moment pour régler ça. Veuillez m’excuser si je ne reviens pas aujourd’hui. »
« Non, attends, hé ! Où tu vas ? »
Je desserrai ma cravate et traversai le couloir.
« Peut-être que le désastre qui va se produire ici est dû au stress. »
Un cliché courant voulait qu’un stress excessif et des conditions difficiles entraînent l’intervention d’une Anomalie, puis la destruction de l’humanité.
« La méthode la plus efficace pour assumer mes responsabilités et résoudre un problème à venir. »
Je frappai à la porte du bureau du président. Par chance, il était encore là.
« Qui est-ce ? »
« Bonjour. Je m’appelle Lee Seung-hoon. »
À partir de maintenant, j’allais faire d’une pierre deux coups.
« Je voudrais acheter l’entreprise. »
« Pardon ? Qu’avez-vous dit ? »
« J’ai dit que je voudrais acheter l’entreprise. »
Le président ne devait pas croire que quelqu’un venait d’entrer pour annoncer qu’il voulait acheter l’entreprise, car il se figea dans une posture embarrassante.
« Je suis entré dans l’entreprise comme employé, mais elle me plaît beaucoup et j’ai quelque chose dont je dois prendre la responsabilité. »
« Quoi ? Un employé ? Hé ! Vous vous fichez… »
Je tendis mon smartphone au président, qui s’apprêtait à perdre son sang-froid.
[Solde : 19 482 315 206 233₩]
Naturellement, Sarang-i excellait dans la gestion financière. En peu de temps, il pouvait multiplier mes avoirs par plus de dix, tout en s’occupant des impôts et en déjouant les systèmes de suivi et les enquêtes de diverses institutions.
« Vous trouvez toujours que c’est une plaisanterie ? »
Depuis que j’avais réussi vingt fois de suite à utiliser un effet de levier de 125 fois dans les cryptomonnaies, je n’étais plus obligé de vivre en fonction de l’argent.
« … »
Entre-temps, le solde avait augmenté.
[Solde : 20 232 385 246 200₩]
Le président inclina légèrement la tête devant moi.
« Asseyons-nous pour en discuter. »
***
« Le nouveau n’est toujours pas venu travailler ? »
« Non, il est encore absent aujourd’hui. »
Cinq jours s’étaient écoulés depuis la disparition de Lee Seung-hoon. Sa voiture était toujours sur le parking, mais comme lui seul avait disparu, les gens pensaient qu’il avait causé des problèmes et pris la fuite.
« Vous voyez ? Je vous avais dit que c’était faux. Si elle était vraie, il ne l’aurait pas laissée derrière lui, non ? »
« Ha, encore un nouveau qui s’est enfui avant même d’avoir tenu une semaine. Quand est-ce qu’on aura enfin un employé permanent au lieu de contractuels ? »
« Il avait l’air correct, alors je pensais qu’il serait normal, mais il n’avait aucun sens des responsabilités. »
« Il paraît que ça se voyait dès le premier jour. Apparemment, il tutoyait ses collègues plus anciens. »
« J’ai entendu dire qu’il était complètement nul au travail. »
« D’après ce qu’on m’a dit, c’était aussi un sacré glouton. »
La plupart de ces rumeurs avaient été répandues par le directeur adjoint Lee.
« Ce n’est pas vrai… Tout ce que portait l’employé Lee était authentique… Il n’avait pas l’air mauvais au travail non plus… À part sa dernière erreur, il se débrouillait bien… »
Seules quelques personnes, dont le directeur Kim, se laissaient moins influencer par les rumeurs. Malgré tout, elles ne prirent pas sa défense et étaient trop peu nombreuses pour changer l’opinion générale.
« Bien, aujourd’hui, je voudrais vous annoncer quelque chose au lieu de faire les exercices. »
Le lendemain, le président fit une annonce.
« Je ne suis plus président. Ho ho ! Cela fait longtemps que je veux prendre ma retraite et voyager autour du monde ! Puis une bonne personne s’est présentée, alors j’ai décidé de vendre l’entreprise ! »
Comme la rumeur courait depuis longtemps, personne ne fut surpris.
Après les randonnées ou à chaque dîner d’entreprise, le président répétait toujours : « Je veux vendre l’entreprise et voyager ! » Tout le monde connaissait ses intentions.
« Je vais vous présenter le nouveau président ! »
Mais dès qu’ils virent le nouveau président, une seule pensée leur vint à l’esprit.
« Bonjour. Je m’appelle Lee Seung-hoon. »
Quoi ?
« À partir d’aujourd’hui, je travaillerai à la fois comme nouvel employé et comme président de Sarang Trading Company. »
C’était une caméra cachée d’un autre âge ?
« Je compte sur vous. »
Notes :
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