Chapitre 56
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre parmi les Anomalies ◈
Chapitre 56 : Réglons ça par le dialogue
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« Ça fait une semaine aujourd’hui. »
La gare de Suwon, où je me rendais désormais travailler au lieu d’aller au bureau, m’était devenue étrangement familière. Tard dans la soirée, j’étais assis sur un banc, au milieu du décor inchangé, et j’attendais l’apparition de l’Anomalie que je voulais rencontrer.
« Le Train express pour l’Enfer de la ligne 0. »
En attendant, je révisai les informations sur l’Anomalie que j’allais bientôt affronter.
« Une Anomalie de grade Danger qui enlève au hasard des passagers de train partout dans le monde pour les emmener en Enfer. Les enlèvements ont lieu à intervalles d’une semaine à un mois, et elle emporte entre dix et cinquante victimes à la fois. »
Plus précisément, c’étaient des informations que j’avais apprises grâce au jeu et au wiki.
« Ses heures d’enlèvement sont fixes. En Corée, elle apparaît entre vingt-trois heures et minuit, quand les dernières rames de métro circulent généralement. »
Depuis que le jeu était devenu réalité, j’avais découvert de nouveaux aspects que j’ignorais, mais je ne pouvais pas nier que ces informations restaient utiles.
« Les victimes enlevées doivent traverser six wagons. »
Je sortis mon carnet et notai les informations sur les wagons que les victimes devaient traverser.
[Le Broyeur]
[Le Bavard]
[Le Transgresseur]
[Le Chuchoteur]
[Le Cupide]
[Le Juge]
D’après le wiki, chaque wagon représentait un péché humain.
« Le Broyeur représente la violence physique, le Bavard la violence verbale, le Transgresseur le sexe, le Chuchoteur les mensonges et les escroqueries, et le Cupide l’avarice. »
Ensuite, le Juge analysait en détail la vie de ceux qui avaient traversé tous les wagons précédents et dénichait les moindres péchés.
« Même si les choses qu’il appelle des péchés relèvent surtout de la pinaillerie. »
Pour lui, le simple fait d’être en vie constituait un péché. Quiconque rencontrait le Juge devenait donc forcément un pécheur, même un nouveau-né.
« S’il jugeait les gens équitablement, on ne l’appellerait pas une Anomalie. »
Pour venir à bout du Train express pour l’Enfer de la ligne 0, il fallait faire les bons choix en traversant les wagons, puis s’échapper.
« Jusqu’au Chuchoteur, je choisis correctement pour éviter les juges et passer au wagon suivant. »
Ensuite, je soudoyais le Cupide, je m’échappais du train et je survivais à l’Anomalie.
« Si je dépasse le Cupide et atteins le Juge, il me déclarera forcément pécheur et me condamnera à brûler éternellement en Enfer pour servir de combustible au train. Il ne faut donc surtout pas aller jusque-là. »
Comme la mauvaise fin s’appelait « Enfer Avīci », cette Anomalie s’inspirait sans aucun doute de l’enfer bouddhique.
« J’ai tout préparé. Est-ce qu’elle va apparaître aujourd’hui ? »
En attendant, je vérifiai une nouvelle fois mes préparatifs.
« Douze pommes séchées d’« Amitié », un appareil Polaroid amélioré et un diamant de vingt-quatre carats pour soudoyer le Cupide sur place. »
Une révélation survenue pendant l’incident Homun m’avait donné envie de conserver la trace de mes actes et de mes expériences en photo. J’avais donc emporté l’appareil.
« Je n’ai pas encore vérifié s’il peut photographier les fantômes ou les Anomalies spéciales, mais je vais pouvoir le tester cette fois. »
Je sortis ensuite de ma poche des flacons de Potion d’affaiblissement, de Potion de purification et de Potion de renforcement.
« L’ensemble de potions de l’Alchimiste oublié, au cas où je tomberais sur des Anomalies de type objet. »
Ensuite, je sortis mon téléphone. C’était une Anomalie de grade Sécurité que j’avais obtenue en échangeant auprès du Marchand mystérieux le « coupon de défi de l’Autre Monde pour toi », une version affaiblie de l’Anomalie dérivée du Livre de transfert vers l’Autre Monde.
« Le « Centre d’appels du karma ». »
Je fis coulisser du pouce le vieux téléphone à touches noir.
[Vous allez être mis en relation avec un conseiller. L’Enfer est extrêmement occupé, le délai d’attente risque donc d’être long. Veuillez patienter, vous serez mis en relation un jour ou l’autre.]
Je souris amèrement en lisant le message à l’écran.
« En tant qu’Anomalie de grade Sécurité qui vous met en relation avec le centre d’appels de l’Enfer, dès qu’un conseiller vous répond, elle vous indique tout le karma que vous avez accumulé, bon ou mauvais. Elle vous précise aussi le jugement qui vous attend après la mort, selon le résultat global. »
D’après les résultats d’expériences consignés sur le wiki, cette Anomalie s’inspirait elle aussi de l’enfer bouddhique. C’était pour ça que je l’avais expressément demandée au Marchand mystérieux lors de notre échange. Heureusement, il en avait une.
« Le train express pour l’Enfer s’inspire de l’enfer bouddhique, et le Centre d’appels du karma s’inspire de l’enfer bouddhique. »
Je l’avais préparé en me disant que je pourrais peut-être tirer parti du lien entre les deux Anomalies…
« Le problème, c’est de savoir quand la connexion aboutira. »
Enfin, je sortis un autre objet qui semblait lié à cette affaire.
« Celui-là aussi. »
Sur un petit morceau de papier rectangulaire, on pouvait lire :
[Beelzebub, directeur général de la recherche et du développement de Lucifer Company]
Je vérifiai aussi le verso.
[Tél. 666-666-666-666-666-666 N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de quoi que ce soit.]
« Ça m’intrigue vraiment. »
Lucifer Company, c’était l’enfer chrétien.
Le Train express pour l’Enfer de la ligne 0, c’était l’enfer bouddhique.
« Qui a autorité pour décider où va quelqu’un après sa mort ? »
Il y avait aussi quantité d’autres Anomalies qu’on pouvait rencontrer après sa mort. Je me demandais donc comment se décidait l’au-delà d’une âme humaine.
« Il y a même des fantômes comme Shin Yeong-mun, qui restent dans ce monde après leur mort. »
Leurs territoires étaient-ils répartis entre eux ? Ou bien, si j’en jugeais par le cas de Baal, faisaient-ils du démarchage téléphonique ? Peut-être que tout était déterminé dès la naissance ?
« Est-ce que ça dépend de la foi de chacun ? »
Peut-être que ça ne servait à rien d’y réfléchir. C’était peut-être décidé au hasard, tout simplement.
« La voilà. »
Les lumières du train s’allumèrent, et une annonce retentit sur le quai.
[Le train à destination de Seryu, Seryu, entre en gare. Veuillez reculer d’un pas.]
《Le train à destination de l’Enfer, l’Enfer, entre en gare. Veuillez avancer d’un pas.》
« Il est venu aujourd’hui. J’ai bien entendu. »
Je montai dans le train et m’assis.
« Le train express pour l’Enfer. »
À l’instant où je clignai des yeux, tous les sièges du wagon étaient occupés.
« Q-qu’est-ce que c’est que ça ?! »
« Où est-ce qu’on est ?! »
Les gens, complètement désorientés, se mirent à s’agiter.
« On parle des langues différentes, mais on arrive à se comprendre ? »
« On dirait un film d’horreur ! On va mourir ! »
La panique s’ensuivit.
『Ah, ah, annonce de la salle des machines. Pour commencer, nous tenons à remercier sincèrement tous les passagers d’avoir embarqué à bord du Train express pour l’Enfer de la ligne 0. Notre train se dirige actuellement vers l’Enfer, l’Enfer…』
C’était exactement l’annonce que j’avais entendue dans le jeu.
« Le wagon un ? »
« Ça nous dit d’y aller ? »
« Mais je n’ai pas envie d’obéir aux ordres d’un truc dont j’ignore tout… »
« Surtout, il vient pas de dire “Enfer” ? »
Avant qu’il ne soit trop tard, je me levai pour calmer les passagers qui se retrouvaient à la croisée des chemins.
« Tout le monde, calmez-vous. Je m’appelle Lee Seung-hoon, je suis Fixeur ! »
Je criai et brandis ma carte de visite, mais les passagers réagirent froidement.
« Un Fixeur ? Comme un détective ? »
« La ferme ! Fais pas comme si t’étais quelqu’un ! »
Il y avait beaucoup d’étrangers, mais ils réagirent de la même manière, même après que je leur eus montré ma carte de visite.
« La Plume du grand romancier ne fonctionne pas ici ? »
C’était une irrégularité dont le wiki ne parlait pas.
『Kikikikikiki !』
Malheureusement, le Broyeur apparut avant que je trouve un autre moyen de gagner la confiance des passagers.
« Aah ! »
« Un fantôme asiatique ! »
« Courez ! »
Tous les passagers, sauf moi, s’enfuirent dans le wagon suivant. Je voulais les sauver, mais, puisque la Plume du grand romancier ne fonctionnait pas, je n’avais pas d’autre solution.
« J’espère que vous survivrez. »
Quand les passagers se furent enfuis, je m’avançai face au Broyeur.
« Bonjour ? »
Mon adversaire était une Anomalie humanoïde. Elle avait un ego et de l’intelligence ; il restait donc toujours possible de régler le problème en discutant.
« Je m’appelle Lee Seung-hoon. »
Les salutations et les présentations étaient sûrement la manière la plus polie et la plus appropriée d’entamer une conversation.
『Kikikikikiki !』
C’est ce que je croyais, mais elle ne semblait pas vouloir discuter : elle tendit soudain le bras et m’attaqua.
« On pourrait discuter ? »
『Kikikikikiki !』
« J’ai entendu dire que le train express pour l’Enfer jugeait les pécheurs. Or, un jugement doit entendre la défense du pécheur. Je pense donc qu’il est essentiel de discuter. »
『Kikikikikiki !』
« Au lieu de ça, si on commençait par parler ? »
Elle ne m’écoutait pas du tout.
« Elle va bientôt me rattraper. »
Depuis un moment, elle allait de plus en plus vite. Elle ne tarderait pas à me rejoindre.
« Je n’ai pas le choix. Je n’aime pas beaucoup la violence, mais je ne suis pas assez naïf pour croire qu’on peut régler tous les problèmes du monde par la conversation. »
J’esquivai d’abord sa main et lançai un léger jab. Ma force physique était déjà exceptionnelle, mais elle n’eut pas la moindre égratignure. En revanche, j’eus mal à la main.
« À partir de maintenant, c’est de la légitime défense. »
Je mis une pomme séchée d’« Amitié » dans ma bouche.
« Si jamais tu as envie de parler, fais-le-moi savoir à tout moment. »
J’esquivai la prise du Broyeur sur la gauche et lui décochai un coup au foie.
« On peut commencer. »
La sensation de mon poing contre elle fut incomparablement plus nette qu’avant.
『Kikikikikikyak !?』
Le Broyeur s’immobilisa. À travers ses cheveux qui ondulaient, ses pupilles noires croisèrent mon regard.
« Je vais le répéter une fois. »
Ah, ça faisait un moment que je ne m’étais pas battu. L’adrénaline commençait déjà à monter.
« Si tu es prête à discuter, fais-le-moi savoir à tout moment. »
***
« L’effet d’« Amitié » est incroyable. »
Le Broyeur, qui n’avait pas bougé d’un poil au départ, se tordait de douleur, maintenant qu’elle subissait des dégâts physiques.
« Mon corps d’origine était déjà fort, donc ce n’est pas une question de puissance accrue. Ça doit être l’effet d’« Amitié ». »
Peut-être que ça me permettait d’endommager physiquement des Anomalies qui, normalement, ne pouvaient pas l’être.
« Pas étonnant que j’aie eu l’impression de pouvoir battre n’importe quelle Anomalie physique en la frappant dès que je l’ai prise. »
『Ki, kikikikiki !』
Le Broyeur se rua sur moi avec une détermination farouche. Je saisis son bras droit et la plaquai au sol en la projetant.
『Kyak !』
L’impact physique venait du sol, et pourtant, elle avait mal. Ça ressemblait à un effet conceptuel : c’était moi, l’attaquant, qui lui infligeais la douleur.
« Tu ne veux toujours pas parler ? »
Je me mis à califourchon sur elle. Je lui immobilisai les deux bras avec les genoux et lui martelai le visage de coups.
« Je suis toujours prêt à t’écouter. Régler les problèmes par la violence ne fait que provoquer des conflits, qui deviennent à leur tour le point de départ de nouveaux problèmes. Alors, je t’en prie, réglons ça par le dialogue. »
『Kyak ! Kyak ! Kyak !』
« Je t’en prie, parlons ! Je t’en supplie ! »
Une force puissante m’envoya soudain voler. Pourtant, grâce à mes réflexes surhumains, j’attrapai l’un des bras du Broyeur en plein vol, lui appliquai une clé de bras, atterris au sol et lui brisai le bras.
『Kyaaaak !』
La porte du dialogue ne s’était toujours pas ouverte.
« Ça ne va pas être facile. »
Le Broyeur recula et agita son bras dans tous les sens.
« Pourquoi tu ne veux pas parler ? »
Je me déplaçai rapidement avec un jeu de jambes et lui assénai un low kick à la jambe. Le Broyeur perdit l’équilibre et tomba au sol. Je me remis à califourchon sur elle et lui assénai un coup au visage.
« Est-ce qu’elle refuse de parler parce qu’elle a des problèmes psychologiques ? »
Peut-être que les êtres qu’on appelait des juges étaient des pécheurs et des victimes du train, tout comme nous.
« Peut-être que le premier pécheur capturé par le train est devenu une Anomalie dérivée grâce au pouvoir du train. »
Si c’était le cas, je devais résoudre ses problèmes psychologiques, mais je n’en avais pas les moyens.
« Récitons au moins un soutra bouddhique. »
Après tout, ce train était lié à l’enfer bouddhique.
« Le Sutra du Cœur de la Perfection de la grande sagesse. Le bodhisattva Avalokiteshvara, alors qu’il pratiquait profondément la perfection de la sagesse, vit que les cinq agrégats étaient tous vides et dépassa ainsi toute souffrance et toute détresse. »
Le Broyeur continua de se contorsionner. Pour mettre fin à sa résistance, je lui frappai l’épaule et la lui déboîtai.
« Shariputra, la forme n’est pas différente du vide, le vide n’est pas différent de la forme. La forme est le vide, le vide est la forme. Il en va de même pour les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Shariputra, tous les dharmas sont caractérisés par le vide. Ils ne naissent ni ne cessent, ne sont ni souillés ni purs, n’augmentent ni ne diminuent. Ainsi, dans le vide, il n’y a ni forme, ni sensation, ni perception, ni formation mentale, ni conscience. »
À titre indicatif, ma force dans cet état se mesurait en tonnes, et pourtant le plancher du train n’était même pas cabossé, encore moins transpercé.
« Il n’y a ni œil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni esprit. Ni forme, ni son, ni odeur, ni goût, ni toucher, ni dharma. Pas de domaine de la vue, jusqu’au domaine de la conscience. Ni ignorance, ni extinction de l’ignorance, jusqu’à l’absence de vieillesse et de mort, et l’absence d’extinction de la vieillesse et de la mort. »
Le Broyeur, qui s’était débattue désespérément pour s’échapper, cessa peu à peu de bouger. Difficile de savoir si c’était à cause de la violence ou si le texte bouddhique faisait effet.
« Tu veux bien parler, maintenant ? »
Pas de réponse. Je quittai sa monture et me relevai pour vérifier. Le Broyeur était dans un état épouvantable.
« Oh là là. »
Du sang noir s’était répandu sur le sol. Son bras était cassé, son visage enflé au point de sembler prêt à éclater et son corps tremblait par intermittence.
« Hum. »
En la voyant, j’éprouvai de la pitié.
« C’est une Anomalie violente qui a écrasé d’innombrables personnes à mort. Le Broyeur a dû tuer des centaines d’humains. »
Si j’ignorais ce fait, je pourrais peut-être ressentir de la compassion.
Pourtant, j’en éprouvais malgré tout, alors que je le savais.
« Ça signifie que le cœur humain dépend parfois beaucoup de ce qu’il voit. »
Parfois, les informations invisibles avaient plus d’influence que les apparences.
D’autres fois, les apparences l’emportaient sur les informations invisibles.
« Cela relève de l’instinct, qu’on ne peut pas choisir. »
Mon sens artistique s’éveilla. Désireux d’immortaliser cet instant, je sortis mon smartphone et pris une photo.
« Comme on pouvait s’y attendre d’une Anomalie. »
Ni le Broyeur ni les taches de sang n’apparurent sur la photo prise avec mon téléphone.
« Alors… »
Je pris une photo avec l’appareil Polaroid amélioré. Les effets d’amélioration que j’avais vérifiés jusque-là étaient le développement instantané des photos sans pellicule, et un temps de développement réduit à une fraction de seconde.
« Oh. »
Un autre fait venait de s’ajouter à la liste : l’appareil pouvait photographier les Anomalies.
« Parfait. »
Le Broyeur pitoyable qui tremblait au sol sur la photo développée était l’œuvre d’art que je voulais immortaliser.
« C’est décidé. »
J’inscrivis le titre de l’œuvre au dos de la photo.
[Les objets sont bien plus dangereux qu’ils n’en ont l’air.]
Un titre qui rappelait l’avertissement sur les rétroviseurs latéraux, et qui sous-entendait une critique de la perception humaine et de la vérité.
『Toi…』
À cet instant, le Broyeur prononça enfin des mots humains.
『Tu ne m’as même pas… laissé le temps… de parler…』
« C’est une réaction bien humaine. Tu as peut-être été humaine, autrefois ? »
『…』
Le Broyeur, qui avait à peine réussi à parler malgré sa bouche gonflée et déformée, cessa de trembler.
« Je ne sais pas si elle est morte ou si elle s’est évanouie. »
Je vérifiai son pouls, mais n’en trouvai aucun. Elle n’en avait déjà pas eu quand je lui avais appliqué la clé de bras, alors il était possible qu’elle n’en ait jamais eu. Cela rendait encore plus difficile de savoir si elle était en vie.
« Elle est probablement en vie. C’est une Anomalie. »
Grâce au Broyeur, je compris qu’il y avait un problème.
« Difficile de déterminer jusqu’où on peut aller dans la violence physique contre les Anomalies. »
Si je n’étais pas assez fort, je risquais de me faire blesser. Si je l’étais trop, voilà ce qui arrivait. Les différences entre les Anomalies étaient trop importantes pour établir une moyenne.
« Cela dit, les juges qui apparaissent dans ce train devraient tous se ressembler. Je peux donc prendre le Broyeur comme référence. »
Je passai dans le wagon suivant. Après avoir atterri dans une forêt et marché un moment, j’arrivai devant un temple.
『Ho ho.』
Au milieu des passagers morts éparpillés sur le sol se tenait un moine ventru et souriant, qui ressemblait à Budai.
『Un autre être pécheur est arrivé.』
L’artiste en moi trouva d’avance un titre.
« La physiognomonie n’est pas une science. »
『Pratique l’ascèse.』
« Bonjour ? »
Je devais tout de même essayer de lui parler d’abord.
« Je m’appelle Lee Seung-hoon. »
『Pratique l’ascèse, et recommence.』
« Vous avez l’air d’être moine. J’aimerais donc discuter des enseignements bouddhiques en rapport avec ce que vous faites. »
Peu importait que ça ne marche pas.
« Le Bouddha disait que l’ascèse extrême était inutile. Vous ne le saviez pas ? »
Après tout, je pourrais prendre une autre photo artistique.
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