Chapitre 46
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre parmi les Anomalies ◈
Chapitre 46 : Histoire annexe — Le type bien, le type bizarre et le toutou
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Un bidonville à la périphérie de Mumbai, en Inde.
« Haa… haa… ! »
Carl Harkness, agent de grade C de la Fondation, sprintait dans une ruelle plongée dans l’obscurité.
« Haa… haa… ! »
L’assurance et le sourire qu’il affichait à son arrivée avaient disparu depuis longtemps, et son costume impeccablement repassé était désormais tout froissé.
« Bon sang ! Maria ! Samson ! Hummel ! Victor ! »
Ses compagnons avaient disparu.
« Mais qu’est-ce qui a bien pu foirer !? »
Le « Chasseur d’ombres » était l’une des Anomalies qui s’étaient échappées lorsque la Fondation avait été conduite au bord de la destruction par une Constellation.
Tout s’était déroulé normalement quand ses collègues et lui étaient arrivés pour capturer et recontenir l’Anomalie de grade de danger concernée.
« Hé, toi là-bas ! Pourquoi tu ne t’arrêterais pas pour prendre le thé ? »
Ses propriétés anormales étaient toutes consignées dans la base de données de la Fondation. Avec les contre-mesures adaptées et des armes efficaces, la mission aurait dû être facile.
« Bon sang ! Comment un Shudra ose-t-il me répondre ? »
Pourtant, tout avait mal tourné. Le Chasseur d’ombres s’était joué d’eux et les avait pris pour proies.
« Mon fils ! Tu dois subvenir aux besoins de toute la famille ! »
À présent, Carl était le seul survivant.
Après avoir franchi un mur d’un bond, il atteignit l’entrepôt d’une usine et en força les portes. Il vit alors une ombre de cinq mètres de haut escalader le mur à sa suite.
« Merde ! »
Il dégaina aussitôt son pistolet et tira sur l’ombre. Ce petit pistolet, à peine plus grand que sa paume, pouvait infliger de lourds dégâts aux Anomalies dépourvues de forme : c’était l’arme idéale pour cette mission.
« Oh, ohhh ! »
À l’impact de la balle, l’ombre d’une autre personne ordinaire se déchira et s’en détacha, comme des feuilles mortes.
« Carl, pourquoi m’as-tu tiré dessus ? »
« Désolé, Maria. »
Carl entra dans l’entrepôt et se cacha. La créature était rapide en terrain dégagé, mais bien plus lente dans les endroits encombrés d’obstacles. Un lieu comme celui-ci était parfait pour la semer.
« J’ai vraiment une poisse incroyable. Je n’arrive pas à croire que je sois le premier à découvrir une nouvelle propriété anormale. »
Ce genre de chose arrivait rarement, mais une règle ne changeait jamais.
« Le premier à découvrir une nouvelle propriété anormale meurt généralement. »
Face aux Anomalies, les informations représentaient quatre-vingt-dix pour cent du combat.
Sans elles, les chances de survie devenaient extrêmement faibles.
[Sous la garde de la Fondation, il n’avait pas pu dévorer correctement ses victimes. Cependant, on pense qu’il en a dévoré plus de cinq cents à Mumbai. Cela a-t-il fait naître une nouvelle propriété anormale ? Ou la possédait-il déjà, et ne vient-on que de la découvrir ?]
Carl continua de bouger tout en consignant dans son carnet la nouvelle propriété anormale du Chasseur d’ombres.
[Les corps des victimes qu’il chasse fusionnent avec leurs propres ombres. Le Chasseur d’ombres les dévore ensuite. Cette propriété anormale, jamais observée auparavant, lui permet d’éviter les blessures mortelles en se débarrassant d’une ombre appartenant à l’une de ses victimes dévorées.]
Même s’il devait mourir ici.
[Les ombres des victimes dont il se débarrasse se séparent de lui, mais sont réabsorbées au bout de dix à vingt minutes. Autrement dit, pour capturer le Chasseur d’ombres, il faut désormais disposer d’une puissance de feu suffisante pour le tuer plus de cinq cents fois en moins de vingt minutes.]
Il ne pouvait qu’espérer que ces informations parviennent à la Fondation.
« Hé, toi, le mec qui a l’air d’un intello. »
Il était là. Carl serra son pistolet en entendant la voix venir des ténèbres.
« Je ne peux pas lui offrir une autre vie et compliquer la tâche de mon successeur. »
Il appuya fermement contre sa tempe le canon de son pistolet ordinaire, qui infligeait des dégâts physiques.
« Qu’est-ce que tu fous dans un endroit aussi flippant ? »
« Alors, c’est la fin. »
Au moment où il s’apprêtait à appuyer sur la détente…
Bang !
« Quand quelqu’un te pose une question, tu réponds. »
Son pistolet éclata et ses morceaux volèrent dans tous les sens.
« !? »
« Avec ton accent, on dirait ces sales yuppies californiens. Hé, j’ai une question pour toi. »
Carl aperçut le reflet d’un plouc en chapeau de cowboy sur une barre d’armature peinte.
Son tee-shirt affichait ces mots :
[Rendre sa grandeur à l’Amérique]
De l’autre côté de la surface réfléchissante, un fusil à deux canons était braqué sur lui.
« Pour qui as-tu voté à cette élection ? »
Carl était démocrate jusqu’au bout des ongles, et il avait encore voté pour Harris cette fois-ci.
« Trump. »
Il avait tout de même assez de jugeote pour devenir le dernier survivant.
« Bonne réponse. »
***
« On dirait qu’un sale monstre te poursuit. Entre républicains, je vais te filer un coup de main. »
L’autre était une Anomalie. Elle ressemblait à un plouc républicain et semblait vivre dans les surfaces réfléchissantes.
« Non, ça ne marchera pas… »
Comme elle semblait bien disposée envers les humains, Carl tenta de lui expliquer la propriété anormale du Chasseur d’ombres. Mais celui-ci les rattrapa avant qu’il en ait le temps.
« Regardez-moi ça ! Ce type mange de la main gauche ! »
« Putain, t’es bruyant. Je n’ai pas besoin d’immigrés indiens illégaux. Construisez le mur ! Trump ! »
Le fusil à deux canons tonna. Le haut du corps du Chasseur d’ombres vola en éclats, mais une autre ombre s’en échappa et annula les dégâts.
« Il utilise les vies de ses victimes comme les siennes ! Il ne mourra pas tant que vous ne l’aurez pas tué plus de cinq cents fois en un court laps de temps ! »
« Alors tue-le cinq cents fois. »
Il abaissa son fusil.
« … C’est ce que je dirais, mais c’est une méthode de mauvais goût. Un grand Américain doit régler les choses avec plus de sagesse et d’élégance. »
« Mon fils ! Tu dois entrer à l’IIT ! On a même vendu la maison pour payer tes cours particuliers ! »
Le Chasseur d’ombres ignora Carl et attaqua la surface réfléchissante. Sa main se transforma en faux acérée et trancha la barre d’armature, mais le plouc républicain se déplaça vers une autre surface réfléchissante et esquiva l’attaque.
« Tu savais qu’il y avait autrefois bien plus de Mutants de l’Original que nous ? L’Original devenu femme, l’Original à six doigts, l’Original qui louchait, l’Original chauve. Mais ils ont tous disparu quand la Dimension du Miroir s’est évanouie. »
Au milieu du déchaînement du Chasseur d’ombres, personne d’autre que le plouc lui-même ne pouvait entendre sa voix.
« Il n’en reste que trois, moi compris. Tu sais pourquoi on a survécu ? Parce qu’on est des Mutants si éloignés de l’Original qu’on aurait du mal à nous appeler ses clones. »
« Tuez les Pakistanais ! »
« Comment dire ? Si les autres sont comme des parents et leurs enfants, nous, on est plutôt comme des bananes et des humains. Les gènes de la banane et ceux de l’humain sont identiques à soixante pour cent, mais aucun idiot ne prétend qu’ils sont proches, pas vrai ? Voilà à quel point on a muté. L’un de nous est même un putain de chien ! »
Il passait sans cesse d’une surface réfléchissante à une autre, mais ne quittait jamais le Chasseur d’ombres des yeux.
« En gros, on n’a pas d’« Origine ». On est nés de l’Original, mais on est complètement différents de lui. Dès notre naissance, on n’éprouvait même pas de désir meurtrier envers l’Original. On n’a pas la Force mentale exceptionnelle de ce type, on ne cherche pas à régler les choses par la discussion et on n’a pas non plus soif de connaissances. »
Il ne tarda pas à recharger son fusil.
« Enfin, les gens veulent ce qui leur manque, pas vrai ? Moi aussi. Peut-être que mon absence d’« Origine » me rend un peu sensible aux « Origines ». Par exemple, si je fixe assez longtemps l’« Origine » d’un sale monstre comme toi, je peux la voir distinctement. »
« Ohhh ! Ça, c’est la vie ! Ça, c’est l’illumination ! »
« Si je te raconte tout ça, c’est pour une seule raison. »
Il visa le Chasseur d’ombres et appuya sur la détente.
« Pour que l’Amérique retrouve sa grandeur, il faut du romantisme. Et parler tout seul puis tirer quand personne n’écoute, c’est une forme de romantisme à l’ancienne. »
Bang !
Le haut du corps du Chasseur d’ombres disparut. Incapable de se régénérer, il fut annihilé.
« … Annihilé ? »
Le plouc républicain s’adressa à Carl, qui restait figé, stupéfait d’avoir assisté à l’annihilation d’une entité qu’on ne pouvait jamais tuer, seulement assommer.
« Alors, mon ami républicain, si on se rencontre comme ça, c’est forcément le destin. Allons casser du sucre sur le dos de Harrison. »
***
Dans un studio quelque part à Tokyo, Ishiori Gon était comme d’habitude absorbé par un forum en ligne, dans sa chambre.
[Le Comiket de cette année va être incroyable ! Je dois y aller !]
[Il y aura aussi plein de cosplayeuses célèbres ! J’ai trop hâte !]
Un freeter. Un revenu mensuel de cent cinquante mille yens. Brouillé avec ses parents. Quarante ans.
Cet homme d’âge mûr ne faisait rien d’autre que se plonger dans les animés, les mangas et les romans, sans jamais penser à son avenir. Comme toujours, après avoir parcouru le forum, il fuma en levant les yeux vers le ciel nocturne avant d’aller se coucher.
« Ce serait bien si je pouvais vraiment aller dans l’Autre Monde. »
Devrait-il essayer de se faire renverser par un camion ? S’il devait vivre ainsi toute sa vie, puis tomber malade, dépérir et mourir, autant tenter le coup une fois, non ?
Tandis qu’il se laissait aller à ces pensées stupides, quelqu’un lui adressa la parole.
« Hé, hé ! Toi, là ! Tu veux aller dans l’Autre Monde, dis donc ? »
« Qui est là !? »
« Par ici, tu sais ! »
Un homme lui faisait signe depuis la surface d’une bouteille d’eau vide, abandonnée dans un coin de la pièce.
« Hé hé, je suis venu parce que j’ai senti l’odeur de quelqu’un de mon espèce, tu sais ! »
« Un Coréen !? Un fantôme coréen !? »
« Oups ! Je parlais coréen, tu sais ! »
Le fantôme coréen s’éclaircit la gorge et se présenta en japonais.
« Veuillez m’excuser. Je m’appelle Satoshi. J’ai senti chez vous une atmosphère semblable à la mienne ; malgré la honte que j’en éprouve, je suis donc venu vous rendre visite à une heure aussi tardive. Je vous prie de pardonner cette grave impolitesse. »
Il s’exprimait avec le ton raffiné d’un noble kazoku, mais ses gestes frivoles ne lui allaient pas du tout.
« E-et pourquoi êtes-vous venu me chercher ? »
« Vous ne voulez pas aller dans l’Autre Monde ? »
Le fantôme coréen, qui s’était présenté sous le nom de Satoshi, raconta à Gon une histoire incroyable.
« Un Fixeur en Corée, nommé Lee Seung-hoon, peut m’envoyer dans l’Autre Monde… ? »
« Je vous en prie, allez le voir. Vous pouvez me faire confiance. Jamais je ne trahirais quelqu’un de mon espèce. »
« Euh… »
C’était une histoire invraisemblable. Une pure fantaisie de gamin.
« Cela dit, ce truc devant moi n’a rien de normal non plus… »
Il n’y croyait pas, mais il pouvait toujours prendre ça pour un voyage en Corée et tenter sa chance.
« Alors, ça, c’est la Corée. »
Satoshi lui avait déjà indiqué où aller, si bien que retrouver Lee Seung-hoon ne fut pas difficile.
« Vous venez de la part de Satoshi ? Bienvenue. »
« Ah, merci. »
Heureusement, Lee Seung-hoon parlait japonais et ils purent communiquer sans problème.
« Je ne peux vous envoyer que dans un monde médiéval fantastique. »
La suite lui parut étrange. Il assista à l’éveil de son Mana et reçut des consignes sur ce qu’il devait étudier avant son départ. Il ne savait plus si un escroc se donnerait vraiment autant de mal, ou s’ils comptaient bel et bien l’envoyer là-bas.
« Je vous enverrai donc demain. À demain, tout le monde. »
Ce serait bien s’il pouvait vraiment y aller.
Cette nuit-là, Gon s’endormit dans un motel hors de prix. Dans son rêve, il se tenait au-dessus des nuages, puis se retrouva comme attiré à l’intérieur d’un immense temple.
« Ishiori Gon. »
Là, un être invisible, dont il ne pouvait percevoir la forme ni déterminer s’il était humain, lui tendit un dé.
« Tout dépend de la chance. Lance-le. »
Il lança le dé, dont les faces portaient des nombres de un à cent.
« 25. »
L’être insaisissable prit la parole d’une voix désolée.
« Vous serez envoyé dans un monde rude, où votre vie sera constamment menacée par un environnement hostile. Rien ne vous sera facile ; vous devrez tout surmonter au prix d’efforts acharnés. »
Juste avant la fin du rêve…
« Je m’y oppose ! »
Quelqu’un entra dans le temple. Satoshi, vêtu comme un avocat, s’inclina poliment.
« Ainsi, voici l’« Origine » du Livre de transfert vers l’Autre Monde. Enchanté. Je m’appelle Satoshi. »
Satoshi parlait japonais, mais l’être insaisissable comprenait chacun de ses mots.
« Vous êtes… Hmm. Que me voulez-vous ? »
« À l’origine, cette personne n’avait aucune chance d’arriver ici. Je l’y ai amenée grâce à mes propres efforts ; j’ai donc moi aussi droit à une part. »
« Que désirez-vous ? »
Satoshi désigna le dé.
« En échange de ma part, veuillez permettre à cette personne de lancer le dé une fois de plus. De plus, je vous prie d’appliquer la même règle à toutes les personnes que je vous enverrai à l’avenir : elles pourront lancer le dé deux fois. »
« Deux lancers ? »
« Oui. Ensuite, veuillez retenir le plus grand des deux résultats. »
« C’est tout ce que vous désirez ? »
« C’est tout. »
Il ajusta du doigt ses lunettes sans verres.
« Je veux que tous ceux qui partent dans l’Autre Monde vivent une vie de héros. Alors, pour améliorer leurs chances, ne serait-ce qu’un peu, je dois faire ça. »
L’être insaisissable garda le silence, puis accepta.
« Puisque je suis très endetté envers Lee Seung-hoon, j’accéderai à votre demande. »
« Merci. »
Le dé, tombé au sol, s’éleva de nouveau.
« Lancez-le une nouvelle fois. »
Ishiori Gon lança le dé une seconde fois.
« 3. »
« Pff… »
Satoshi s’exclama en coréen avant de disparaître du temple.
« J’ai fait tout ce que j’ai pu pour t’aider, tu sais ! »
***
Un hôpital quelque part à Austin, au Texas.
« Elsa, tu te sens un peu mieux ? »
Elsa, une petite fille qui allait avoir quatre ans à la nouvelle année, passa une nouvelle journée à l’hôpital, reliée à un masque à oxygène et à une perfusion.
« Tu vas bientôt guérir. Notre Elsa est une gentille petite fille. »
« Oui ! Elsa est gentille ! »
Née prématurément, la petite fille avait passé toute sa vie à l’hôpital. De temps en temps, elle regardait la ville par la fenêtre avec sa mère et son père : c’était tout le monde qu’elle avait connu.
« Le père Noël t’apportera sûrement un cadeau, à toi aussi. »
« Le père Noël ! »
« Elsa, pourquoi tu ne dirais pas tout bas à maman quel cadeau tu veux ? »
« Un toutou ! »
Hélas, ce souhait ne pouvait pas se réaliser pour Elsa, dont le système immunitaire était fragile. Sa mère hocha pourtant la tête.
« D’accord, il t’apportera un toutou. Maman reviendra demain. »
Sa mère travaillait avec son mari pour payer les frais d’hôpital de la petite. Tandis qu’elle partait, à la recherche de peluches en forme de chien, Elsa joignit les mains et pria.
« Père Noël, j’ai été sage. Je n’ai pas trop toussé, j’ai pris beaucoup de médicaments et je n’ai pleuré qu’un tout petit peu quand on m’a fait des piqûres. »
Elle priait de tout son cœur, mais le sommeil la gagnait peu à peu. Juste avant de fermer les yeux, Elsa remarqua quelque chose dans la poche de perfusion à laquelle elle était reliée.
« Ouaf ouaf ! »
C’était un chiot. Un chiot Welsh Corgi avec sa queue intacte.
« Un toutou. »
À l’instant où elle l’aperçut, Elsa sombra dans un sommeil irrésistible. À son réveil, elle se tenait dans un magnifique champ de fleurs.
« Toutou ! »
« Ouaf ! »
La fillette courut après le chiot qui traversait le champ de fleurs sur ses petites pattes trapues.
« Je t’ai attrapé ! »
« Ouaf ouaf ! »
« Hé hé ! Ça chatouille ! »
Étrangement, la petite fille comprenait ce que disait le chiot.
Non, c’étaient les paroles du chiot qui lui parvenaient.
« Tu veux que je te suive ? »
La fillette traversa la prairie aussi vite qu’elle le put. Bientôt, un désert aride apparut brusquement.
« Cet endroit me fait peur. »
Des feuilles sèches roulaient sur le sol, stérile et craquelé. Toutes les fleurs avaient fané et étaient tombées.
« Ouaf ! »
« Ouuaaah, toutou ! Allons-y ensemble ! »
Le chiot s’avança sans hésiter, et la petite fille rassembla son courage pour le suivre.
« C’est joli. »
Là, la fillette aperçut un joyau étincelant. Il brillait comme un minuscule soleil, mais sa lumière était si faible qu’il semblait sur le point de s’éteindre.
« Ouaf ouaf ! »
« Hein ? C’est quoi, une « Origine » ? »
« Ouaf ouaf ! »
« C’est mon « Origine » ? »
« Ouaf ! »
Le chiot lécha le joyau. À chaque coup de langue, sa lumière s’intensifiait et les alentours changeaient avec lui.
« Waouh ! »
La vie revint dans le sol, les fleurs s’épanouirent à nouveau et les arbres recommencèrent à pousser.
« C’est incroyable ! »
« Ouaf ouaf ! »
La fillette acquiesça aux paroles du chiot.
« Oui ! Je serai sage ! »
À cet instant, Elsa sortit de son rêve.
« Toutou ! »
« Elsa ? Tu es réveillée !? »
« Oh, notre petite fille ! »
Ses parents, qui veillaient à son chevet, éclatèrent en sanglots. Son cœur s’était arrêté la nuit précédente et elle était tombée dans le coma, mais elle s’était réveillée au bout d’un seul jour.
« Hein ? »
« C’est un miracle ! Elsa est complètement guérie ! »
Tous deux fondirent de nouveau en larmes.
« Maman ! Papa ! Il ne faut pas pleurer ! Le père Noël ne vous apportera pas de cadeaux si vous pleurez ! »
« Oh, mon Dieu ! »
« Merci ! »
Dans les bras de ses parents, Elsa renifla.
« Ce n’était pas Dieu, c’était Toutou ! »
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