Chapitre 35
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre parmi les Anomalies ◈
Chapitre 35 : Inspection
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« Pfiou. »
Des sirènes hurlaient dans l’obscurité. Après avoir percuté le dernier mur et réussi de justesse à arrêter le véhicule, je restai assis à l’intérieur, une cigarette aux lèvres, perdu dans mes vieux souvenirs.
« Ça s’est passé exactement comme l’autre fois. »
Cette fois, j’étais resté sur mes gardes et j’avais prêté une attention particulière à tout ce qui risquait de mal tourner. Alors, où était le problème ?
« Même si j’ai perdu mes capacités physiques, mes sens transcendants sont toujours là. Je ne comprends pas pourquoi le résultat ressemble autant à celui de la dernière fois. »
Peu après, des soldats accoururent et braquèrent leurs fusils sur moi.
« Vous êtes encerclé ! Vous êtes encerclé ! Les mains en l’air ! Bougez et on tire ! »
« Oui, je sais. »
J’écrasai ma cigarette et saluai par la fenêtre.
« Fidélité. Le soldat Lee Seung-hoon, en mission officielle avec une unité supérieure. Motif : transport régulier de véhicules pour le régiment. »
« …… Quoi ? »
On distinguait parfaitement les insignes de l’officier qui commandait les soldats, malgré l’obscurité. Ils s’agitèrent au rythme de ses cris.
« Sortez tout de suite !!! »
***
« Six barricades détruites, la clôture est du poste de transmission de l’unité complètement démolie, les câbles de campagne sectionnés en vingt-sept endroits ? Non, mais comment avez-vous réussi à couper ça ? Ils étaient enterrés à plus d’un mètre de profondeur !? »
Un officier du régiment passa en revue, point par point, les dégâts que j’avais causés.
« Le mur gauche du dépôt de munitions numéro trois complètement démoli, une grande quantité de munitions entreposées éparpillées, de nombreuses grenades et grenades à fusil ont explosé pour une raison inconnue, le poste de garde numéro sept complètement démoli, le poste de garde numéro huit complètement démoli…… ? Hé ! Qui a rédigé ce rapport !? Les câbles, c’était déjà grave ! Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de poste de garde numéro huit !? Ni les véhicules ni les gens ne peuvent y accéder ! »
Au cri de l’officier, un soldat accourut avec une pile de documents. À la brève vue que j’en eus, ils contenaient des photos des dégâts que j’avais provoqués.
« …… C’est seulement possible, ça ? Dans un véhicule ? C’est un camion de deux tonnes et demie ? »
« Oui, et si vous regardez la page suivante…… »
« …… Sept chevreuils morts, cinq sangliers morts, un aigle mort ? »
« Et si vous regardez ici…… »
« …… Hum. »
Sur la dernière page, les images de vidéosurveillance montraient le véhicule que j’avais conduit en pleine démonstration.
« C’est quoi, ça ? Un camion de deux tonnes et demie qui escalade des falaises ? Et là…… il vole dans les airs ? »
« Nous pensons qu’il ne volait pas, mon colonel. On dirait qu’il a sauté d’une falaise à l’autre. »
« C’est un film d’action ? C’est possible, ça ? Ce n’est même pas une voiture de sport, c’est un camion de deux tonnes et demie ! »
Bon, il y avait quelques différences entre celui que j’étais autrefois et celui que j’étais aujourd’hui, mais rien ne pouvait changer le fait que j’avais semé la pagaille comme avant.
« Mon ancien moi avait causé plus de dégâts. À l’époque, ça ne s’était arrêté qu’une fois que j’avais foncé dans la salle de situation du quartier général du régiment. »
Cette fois, j’avais docilement foncé dans un poste de garde sur la colline derrière l’unité, où je m’étais arrêté. Cela ne voulait-il pas dire que mon moi actuel avait gagné ? N’était-ce pas un résultat encourageant, qui prouvait que l’humanité pouvait progresser et évoluer ?
« Soldat Lee Seung-hoon, vous savez que c’est extrêmement grave, n’est-ce pas ? Franchement, rien qu’à voir ce que vous avez fait, vous êtes du niveau d’un infiltré nord-coréen. Ça ne peut pas s’arrêter au niveau du régiment. Toute la 6e division pourrait avoir des problèmes ! »
« Oui, je sais. »
« Pourquoi avez-vous fait ça ? »
Je leur racontai tout franchement : comment j’étais allé réveiller le sergent Yeom Seong-su, comment ce sergent ivre m’avait dit de faire ce que je voulais, leurs combines et la protection du sergent Lee Hyeong-seok.
« …… Attendez ici pour l’instant. »
L’officier du régiment quitta la salle d’interrogatoire. J’étais entravé par une corde et mes mouvements étaient limités, mais mes sens n’en étaient pas affectés. Je collai donc l’oreille au mur et perçus les vibrations.
『Waouh, c’est seulement possible ? Ce n’est pas un dieu de la Destruction, quand même. Comment un seul homme a-t-il pu faire tout ça ?』
『On dit que le coupable est un jeune soldat d’une compagnie indépendante. Il conduisait tout seul quand c’est arrivé.』
『C’est Jason Bourne ? Ou le quota asiatique de la famille Dominic ?』
『Ça ne peut pas s’arrêter au niveau du régiment. Ça va remonter jusqu’à la division.』
『Il n’y a pas plus grand destructeur que lui dans la 6e division.』
J’entendais les soldats discuter.
『Si on ne règle pas ça tout de suite, on va tous y passer ! Compris !?』
『Amenez le commandant de la compagnie Baekseokbong, tout de suite !』
『Encore ceux-là !? Encore !? C’est ce salaud de Lee Hyeong-seok, ou je ne sais quoi, hein ? C’est pas lui ?』
『Hé, on est censés faire quoi ? Toute la division va être au courant.』
J’entendais les officiers se lamenter avec colère.
『Oui, oui, compris. Oui, quoi ? Ah, oui.』
J’entendis ensuite l’appel du lieutenant-colonel qui venait de sortir, l’officier du régiment chargé de mon interrogatoire et le plus haut gradé que j’avais rencontré ce jour-là.
『Vous voulez qu’on étouffe ça d’une manière ou d’une autre, mais ce n’est pas quelque chose qu’on peut étouffer……』
『Espèce d’idiot ! Si ça s’ébruite, toi et moi, on perdra notre poste !』
J’entendais même les cris de l’autre côté du téléphone. La voix était si forte qu’elle traversait le mur avec une netteté saisissante.
『Encore un mois. Tiens bon un mois, et toi aussi, tu seras muté ailleurs, non ? Moi, je serai promu et partirai pour une autre affectation à peu près à ce moment-là. Il suffit de tenir jusque-là !』
『Mais tout finira par se savoir……』
『Espèce d’idiot ! Tu as passé tout ton service la tête dans le cul, ou quoi ? On peut étouffer l’affaire si on s’y prend bien ! On ne sait rien. Si on accorde nos versions, même si ceux qui viendront après nous piquent une crise, tout finira par être balayé ! Qu’est-ce que tu as appris pendant toutes ces années de service, bon sang !?』
À en juger par la situation, c’était le commandant du régiment.
« Voilà pourquoi je m’en étais tiré sans aucune sanction, à l’époque. »
Ce n’était pas simplement parce que j’étais un soldat de deuxième classe. Le commandant du régiment avait ses propres raisons.
『Mais ne devrait-on pas aussi le signaler à la division ?』
『J’ai déjà prévenu le commandant de division. Il a donné son accord. On peut utiliser les réserves pour les réparations et truquer les chiffres si nécessaire. Le commandant de division a lui aussi dit d’étouffer ça d’une manière ou d’une autre, alors contentez-vous d’obéir !』
『…… Oui, compris.』
Et en plus, il y avait un ordre du commandant de division.
« C’est vraiment intéressant. »
Qui aurait cru qu’il y avait toute une histoire derrière ça ? Je m’en étais douté à l’époque, mais entre un simple soupçon et la certitude d’avoir entendu la vérité de mes propres oreilles, il y avait un monde.
« J’ai bien fait de venir ici. »
L’interrogatoire tourna court. Comme s’ils avaient voulu effacer cette journée du monde, je ne reçus aucune sanction. Je rencontrai ensuite le commandant de compagnie, qui était arrivé en retard et que je voyais pour la première fois. Son visage était devenu livide.
« H-Héhé, t-tu es Seung-hoon ? »
« Soldat Lee Seung-hoon. »
« D’accord. Rentrons. »
Le capitaine Ryu Se-hyeon.
Il avait l’air d’un homme dont on avait déjà arraché l’âme. C’était pitoyable.
« Oui, oui ! Oui, ah, oui ! »
Jusqu’à notre retour à l’unité, le commandant de compagnie ne cessa de se démener avec son téléphone. Même une fois rentrés, il ne m’adressa que quelques mots avant de repartir en trombe.
« Seung-hoon, tu risques d’être libéré bientôt. »
Dès que j’arrivai à l’unité et que je rencontrai l’adjudant de compagnie, il entra dans le vif du sujet.
« Tu connais le Green Camp, non ? Tu vas probablement y aller. Après quelques séjours là-bas, tu seras peut-être libéré. »
« Oui. »
« Seung-hoon, s’il te plaît, reste tranquille jusqu’à ta libération, d’accord ? Je t’en prie. Je t’en supplie. »
« Compris. »
Il n’y avait eu que deux incidents majeurs pendant mon service militaire. L’un venait de prendre fin et, à deux semaines du suivant, je profitai quelque temps d’un quotidien paisible.
« Ça ne fait que deux semaines ? »
Il me restait deux semaines avant ma libération. Le sergent Lee Hyeong-seok et les autres de la même promotion étaient partis en dernière permission, tandis que les soldats restants coulaient des jours d’une tranquillité absolue.
« Hé, t’es cinglé ? Qui lave un chiffon comme ça ? Hé, à terre, et la tête par terre. »
Mais même en leur absence, ceux qui avaient appris la vie militaire auprès d’eux étaient devenus une nouvelle famille Lee Hyeong-seok, répétant les mêmes gestes.
« L’histoire se répète. Jusqu’à ce que quelqu’un y mette un terme une bonne fois pour toutes. »
À l’époque, je passais mes journées à me demander comment provoquer un incident encore plus retentissant que « l’incident de la destruction de la 6e division » pour leur ouvrir les yeux.
« Aujourd’hui, le jour est enfin arrivé. »
C’était un jour de semaine ordinaire, mais les officiers se mirent soudain à s’agiter. Les soldats, qui ne comprenaient pas pourquoi, tremblaient d’inquiétude au milieu du remue-ménage.
« Hé, qu’est-ce qu’ils ont, les officiers ? »
« Tu ne sais pas ? Quelqu’un a déserté ? »
« Encore quelqu’un qui a traversé la frontière ? »
Un peu plus tard, l’adjudant de compagnie rassembla tous les soldats de l’unité.
『Écoutez bien ! Le ministre de la Défense nationale est venu inspecter notre unité !』
Tout le monde fut rassemblé, sauf moi et le soldat chargé de me surveiller.
Je tendis l’oreille et suivis tout le vacarme à l’extérieur.
『Vous avez intérêt à bien faire les choses ! Au moindre faux pas, je trouverai un moyen de vous supprimer toutes vos permissions jusqu’à votre libération ! Vous croyez que je bluffe ? Essayez donc !』
Le commandant de compagnie prit ensuite la parole. Puis les soldats, la discipline au cordeau, se dispersèrent pour s’acquitter consciencieusement de leurs tâches.
『Pourquoi le ministre de la Défense nationale est là, putain ?』
『À cause de ça, sûrement. Les transfuges.』
『Qu’est-ce qu’ils ont à voir là-dedans ?』
『Tu regardes pas les infos ? Les transfuges sont passés à la télé et ont raconté tout un tas de trucs. L’un d’eux a dit qu’il avait attendu sans que personne le contacte, alors il avait juste enjambé la clôture et était entré dans une unité. Un autre a raconté que le garde dormait et qu’il avait envisagé de retourner en Corée du Nord.』
『Sérieux ?』
『Qui sait ? Il n’y avait aucune preuve, alors l’affaire a sûrement été balayée. Mais les gens n’arrêtaient pas d’en parler comme d’une théorie du complot, alors le ministre est probablement venu ici pour la galerie. Ça doit aussi servir à resserrer la discipline.』
『C’est du cinéma, du cinéma. Enfin, le ministre de la Défense nationale est plus proche d’un politicien que d’un soldat.』
La nouvelle que j’avais vue au bureau administratif, le premier jour après mon affectation ici.
L’inspection surprise du ministre de la Défense nationale, qui y était liée.
« Aujourd’hui, le jour est enfin arrivé. »
J’écoutai le bruit dehors et attendis le moment.
« Fidélitééééé !!! »
« Fidélitééééé !!! »
La personne que j’attendais arriva au milieu des saluts retentissants. Pendant un moment, j’entendis des gens s’affairer un peu partout. Puis s’éleva la voix de celui que je supposais être le ministre de la Défense nationale.
『Vous travaillez tous très dur. Les transfuges sont de plus en plus nombreux ces derniers temps, tandis que les provocations nord-coréennes contre le Sud se poursuivent. Grâce à vous tous, qui veillez jour et nuit à la défense nationale, je suis très rassuré.』
『Merci !』
『Commandant de division, où en est la préparation des gardes aux avant-postes généraux ?』
『Oui ! Pour tenir compte du moral et de l’endurance des soldats, nous les avons répartis en trois équipes pour assurer les gardes…….』
De nombreuses voix se succédèrent. J’entendis mentionner le commandant de la 6e division et plusieurs commandants de régiment.
『Hum, j’aimerais voir dans quel état sont les soldats.』
『Oui ! Nous allons vous conduire à la caserne !』
Les différents bruits du couloir me parvinrent.
『Je croyais que c’était une visite surprise. Comment le commandant de division et celui du régiment ont-ils pu arriver ici ?』
『Le ministre a fait un bref détour par là en chemin. Notre unité est la dernière.』
『Pfiou, tant mieux. Si on avait été les premiers…….』
Les saluts tonitruants des soldats et la voix chaleureuse du ministre de la Défense nationale qui les félicitait.
Puis, alors que le ministre s’apprêtait à partir, il posa une question.
『J’ai vu ça tout à l’heure au bureau administratif du régiment. Une nouvelle recrue n’est-elle pas arrivée dans cette unité il y a deux semaines ? C’était la dernière, je m’en souviens. Où est-elle maintenant ?』
『…….』
『Commandant de compagnie ?』
『Ah, oui ! La recrue est dans la caserne, là-bas. Comme elle est en période d’adaptation, nous avons chargé des soldats de rester auprès d’elle pour l’aider à s’intégrer.』
Les pas d’une foule nombreuse approchèrent de la caserne où je me trouvais. Un instant plus tard, la porte s’ouvrit.
« Fidélitéééé ! »
« Hum, repos. »
« Repos ! »
Après avoir reçu le salut du soldat le plus gradé chargé de me surveiller, le ministre de la Défense nationale me tapota l’épaule et me demanda :
« Alors, c’est vous, la nouvelle recrue ? »
« Soldat Lee Seung-hoon. »
À ma réponse, sur mon ton habituel, le visage des nombreux officiers derrière le ministre, dont les épaules étaient ornées d’étoiles et de feuilles de bambou, blêmit.
« S’il vous plaît, Seung-hoon ! »
« S’il vous plaît, laissez passer ça ! »
Le commandant et l’adjudant de compagnie, en particulier, semblaient me supplier du regard.
« Le service militaire est difficile ? Quelque chose vous préoccupe ? »
Je gardai le silence. À l’époque, je pensais ceci :
« Quelqu’un que ni un colonel du Commandement de la sécurité de la défense ni le commandant de division ne peuvent arrêter est arrivé. Je ne peux pas laisser passer cette occasion. »
Pour tous ceux de l’unité.
Et aussi pour que l’incident reste consigné, que de tels abus ne se reproduisent jamais et que tout le monde ouvre les yeux.
« Monsieur le ministre de la Défense nationale. »
« Oui, allez-y. Dites-moi tout. Si c’est quelque chose qu’on peut régler, je vais m’en occu…… »
« Je vous accuse. »
Je lançai ces mots avec assurance.
« Les chefs d’accusation : négligence dans la gestion de l’unité et incompétence. »
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