Chapitre 34
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre parmi les Anomalies ◈
Chapitre 34 : Le pragmatique
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Bien sûr, il s’agissait d’une scène du passé où je devais revivre mes années de service militaire.
Tant que je suivais le même chemin qu’autrefois, rien ne changerait. Je ne ferais que parcourir des rails déjà tracés.
« Espèce de salaud de merde !!! »
Comme autrefois, un autre sergent de la chambrée se rua sur moi.
« Je vous prie de vous calmer. »
Naturellement, je réagis de la même manière. J’assommai le sergent qui fonçait droit sur moi, puis fauchai les jambes du caporal qui tenta trop tard de me plaquer sur le côté.
« Ce n’est pas une bonne habitude de régler par la violence ce qui peut l’être en discutant. »
Le caporal se releva et se précipita de nouveau sur moi. Je lui saisis le bras gauche, passai derrière lui et le lui tordis. Il grogna, sembla perdre toute envie de se battre et se laissa aller.
« Ne vous inquiétez pas pour le sergent Lee Hyeong-seok ni pour l’autre personne. Une clé d’étranglement carotidien fait perdre connaissance en cinq secondes, fait peu mal et la personne se réveille en quelques minutes. »
Je relâchai le bras du caporal dont je ne connaissais pas le nom. Personne d’autre ne tenta de m’attaquer.
« Oh, vous n’avez pas encore défait votre sac, c’est ça ? »
Le major arriva alors.
« Seung-hoon, reste dans une autre chambrée, d’accord ? »
« Oui, compris. »
« Bien. Allons-y. »
Avant de partir, le major fronça le nez à cause de l’odeur de cigarette persistante, puis claqua la langue en voyant le sergent Lee Hyeong-seok inconscient.
« Ce salaud a encore fumé dans la chambrée… Ah, laisse tomber. Continue de dormir comme un mort. »
***
« Un lieu chargé de souvenirs. »
La chambrée où le major m’emmena était une minuscule installation provisoire.
« Salut ! Tu es le nouveau soldat, c’est ça ? Je suis le caporal Yoo Min-ho, chauffeur. »
« Soldat de deuxième classe Lee Seung-hoon. Enchanté. »
« Bien, commence par défaire tes affaires. Je vais t’aider. »
La petite chambrée pouvait à peine accueillir quatre personnes. Deux de ses casiers étaient déjà occupés.
« Avant, c’était un débarras. Mais le sergent Lee Hyeong-seok a fait une connerie dehors et est revenu avec des morpions. Ils ont vidé le débarras et l’ont transformé en chambre d’isolement pour Lee Hyeong-seok. »
« J’ai entendu dire que les morpions étaient très contagieux. Ils ne se sont pas propagés aux autres ? »
« Environ quatre personnes en ont attrapé. Le major nous a fait tout désinfecter à fond à l’eau de Javel. On a eu de la chance que ça ne se propage pas davantage. »
Comme si je ne savais rien, je menai la conversation exactement comme je l’avais fait autrefois.
« Le sergent Lee Hyeong-seok fumait dans la chambrée tout à l’heure. Il a aussi maltraité un autre membre de l’escouade et usé de violence contre lui. »
« C’est pas joli-joli, hein ? Moi aussi, je me faisais souvent frapper, au moins jusqu’à ce que je devienne première classe. J’étais dans une autre chambrée, alors ce n’était pas fréquent, mais quand on était punis en groupe, Lee Hyeong-seok nous cognait de toutes ses forces dans la buanderie. »
Un léger sourire apparut même sur le visage du caporal Yoo Min-ho, comme s’il se remémorait de bons moments.
« Pourquoi ? Lee Hyeong-seok t’a dit quelque chose ? »
« Il y a eu un petit incident. Mais surtout, quelque chose m’a paru bizarre. L’odeur de cigarette traînait encore dans la chambrée, pourtant le major n’a pas dit grand-chose, alors qu’il savait que le sergent Lee Hyeong-seok avait fumé. »
« Ah, ça… En vérité… »
Le léger sourire du caporal Yoo Min-ho se crispa un peu.
« L’oncle de Lee Hyeong-seok est colonel au Commandement de la sécurité de la défense. J’ai entendu dire qu’un colonel de là-bas était venu le premier jour de Lee Hyeong-seok dans l’unité et avait même dit : “Prenez bien soin de Lee Hyeong-seok.” Qui oserait s’en prendre à quelqu’un comme ça ? »
« Tu veux dire que personne ne peut toucher à Lee Hyeong-seok, quoi qu’il fasse, parce que son oncle est colonel au Commandement de la sécurité de la défense ? »
« Si le Commandement de la sécurité de la défense vient faire une inspection, leurs chances de promotion partent en fumée. S’ils décident de fouiller, ils peuvent tout trouver. Le commandant de compagnie, le commandant de régiment et le commandant de division jouent tous leur dernière chance de promotion, alors ils marchent sur des œufs. »
« Ah bon ? »
« En plus, il y a eu beaucoup de défections nord-coréennes ces derniers temps, alors l’ambiance est tendue. Il suffit de leur donner le moindre prétexte pour qu’ils nous tombent dessus, donc tout le monde fait encore plus attention. »
La dernière chance de promotion du commandant de division, du commandant de régiment et du commandant de compagnie.
La situation instable près de la ligne d’armistice.
Et le puissant soutien d’un colonel du Commandement de la sécurité de la défense.
« Lee Hyeong-seok, c’est pratiquement le roi ici. »
Voilà pourquoi le sergent Lee Hyeong-seok pouvait se comporter ainsi.
« Enfin, on a de la chance, pas vrai ? Lee Hyeong-seok sera libéré dans un mois à peine. Il prend sa permission de récompense en même temps que sa dernière permission, donc en pratique, tu n’as que deux semaines à tenir. »
« Tu ne vas pas le signaler ? »
L’atmosphère s’alourdit d’un coup. Le sourire de Yoo Min-ho disparut complètement et il baissa la voix.
« Pourquoi ? Tu vas le dénoncer à la police militaire ? »
« Tu n’as pas subi de violences ni de mauvais traitements ? »
« Ha, la bleusaille, hein ? »
« Oui. »
« Tu dois donner ton grade et ton nom, pas vrai ? Hein ? Apprenons les règles comme il faut pendant que je suis gentil. »
« Soldat de deuxième classe Lee Seung-hoon. »
« Hé, tu réfléchis vraiment comme un gamin. »
Il venait pourtant de dire qu’il avait lui aussi souffert à cause du sergent Lee Hyeong-seok.
« Tu galères, tes anciens te font chier, alors tu vas les dénoncer à la police militaire ? Tant qu’à faire, écris une lettre de réclamation ! L’armée a toujours été comme ça. Les gens disent que c’est devenu plus facile, mais ça ne vaut que pour les unités de l’arrière. Ici, c’est la ligne de front. On ne sait jamais quand les soldats nord-coréens vont débarquer. Comment tu veux que la discipline soit laxiste ? »
En quoi la discipline avait-elle à voir avec les mauvais traitements ? Je voulais le lui demander, mais je ne l’avais pas fait à l’époque.
« Il y a une raison à tout. Notre unité était comme ça avant même l’arrivée de Lee Hyeong-seok. C’est juste qu’il est pire que la plupart des autres. Les messages en ligne du genre : “De nos jours, il n’y a plus de mauvais traitements dans les unités, ni de violence verbale ou physique”, ça parle des unités de l’arrière et des endroits comme ça. »
À l’époque, l’attitude du caporal Yoo Min-ho m’avait profondément intrigué.
« Enfin, ça s’est quand même amélioré, alors ne t’en fais pas trop. Fais juste attention au sergent Lee Hyeong-seok. Quand j’étais soldat de deuxième classe, je ne pouvais même pas boire quand je voulais, aller au magasin de l’armée ou fumer. Au fait, tu fumes ? »
« Oui. »
« Viens, on va en griller une dehors. Je t’en donne une. »
Il était clairement une victime.
« Mais aujourd’hui, il n’y a plus rien de tout ça. Au pire, tu fais la lessive de tes anciens. En quoi faire la lessive de quelqu’un, c’est de la maltraitance ? Et quand tu es de garde la nuit, tu te lèves trente minutes en avance et tu réveilles ton ancien quinze minutes avant la relève. »
Et pourtant, malgré son statut de victime, il défendait avec ardeur ceux qui infligeaient ces mauvais traitements.
« Et tu sais que mémoriser le menu, c’est la base, pas vrai ? Tu faisais ça à l’école aussi, non ? En plus, le plus jeune doit apprendre à l’avance les tableaux de garde de ses anciens et les inscrire sur le tableau des tâches temporaires de la chambrée, alors fais-le correctement. Il y a aussi le tableau de ménage. Tu dois également retenir le nom de tous les anciens de la chambrée. C’est la base, ça aussi. Ah, tu m’as dit que ta spécialité, c’était 1111, pas vrai ? Alors tu seras affecté à un poste de garde. Avant d’y aller, il faut acheter des nouilles instantanées en sachet au magasin de l’armée. »
C’était comme assister en direct au syndrome de Stockholm.
« Demande à l’ancien avec qui tu es de garde à l’avance ce qu’il veut comme nouilles. S’il en veut, achètes-en au magasin de l’armée avant de partir. Dis au soldat qui tient le magasin que c’est pour ça, et il ne râlera pas parce qu’un soldat de deuxième classe ou un première classe vient au magasin. Paie de ta poche. Ça peut te sembler du gâchis, mais quand les bleus arriveront, tu pourras leur faire faire pareil. Franchement, ça coûte combien ? Ne sois pas radin pour ça. »
Le caporal Yoo Min-ho n’avait sûrement pas toujours été comme ça. Les humains s’adaptent pour survivre et, une fois adaptés, finissent par ne plus rien trouver d’anormal, même dans un environnement qui l’est.
« Bon, tu as d’autres questions ? »
« Oui. »
« Quoi donc ? »
« Je voudrais aussi en savoir plus sur les anciens des autres chambrées. »
« Hmm, le plus jeune a beaucoup de questions, dis donc. Il n’y a pas d’affectation de véhicule aujourd’hui, alors je m’ennuie de toute façon. Je vais tout te raconter ! »
Cette nuit-là, mon premier jour dans la chambrée.
« … »
Après m’être assuré que le caporal Yoo Min-ho, couché à côté de moi, s’était endormi tôt, je sortis un carnet.
[Centre des droits humains militaires XXX-XXX-XXXX]
[Ministère de la Défense nationale XXX-XXX-XXXX]
[Police militaire XXX-XXX-XXXX]
Un seul coup de fil suffirait à révéler l’état réel de l’unité. Même si aucune preuve ne subsistait, même si les victimes s’étaient habituées à leur environnement comme Yoo Min-ho et refusaient de témoigner, l’atmosphère de l’unité changerait forcément.
« J’ai envie d’essayer, moi aussi… »
Malheureusement, je n’avais pas choisi cette méthode à l’époque.
« Je devrais le faire, non ? »
À l’époque, j’étais pragmatique.
« Les connaissances acquises par l’expérience restent plus longtemps et s’impriment plus solidement que celles apprises dans les livres. »
J’étais pragmatique : je préférais intervenir et régler les choses moi-même plutôt que de compter sur l’aide de quelqu’un d’autre.
« Ici, c’est la section des transports, là le débarras, et là-bas le magasin de l’armée… »
Quelques jours passèrent. Avec l’aide du caporal Yoo Min-ho, je découvris toutes les installations de l’unité.
« Tu vois cette photo ? C’est un tableau qui répertorie les soldats de chaque chambrée par grade. Apprends-le par cœur avant d’entrer dans une autre chambrée. »
« Compris. »
« Apprends au plus vite les noms des trois anciens les plus gradés. Ils ne feront pas de cadeau au plus jeune si tu te trompes dans les titres honorifiques ou si tu dis que tu ne connais pas leur nom. Surtout les plus gradés, qui sont tous du même âge que le sergent Lee Hyeong-seok et ont un tempérament similaire. Tu vois ce que je veux dire ? »
Le sergent Lee Hyeong-seok et les soldats de la chambrée numéro un ne cherchèrent pas à se venger. Je l’ignorais à l’époque, mais mes sens accrus me permirent d’entendre leur conversation et d’en comprendre la raison.
『Je vais bientôt être libéré. J’en parlerai à mon oncle pendant ma dernière permission.』
『Vraiment ? Alors ils vont lancer une inspection.』
『Ouais. Ce serait embêtant s’ils en lançaient une pendant que je suis encore là, alors ce sera après ma libération. Je ne veux pas avoir d’ennuis avant ça, et je vais leur faire payer après mon départ. Pourquoi je me salirais les mains alors que je vais bientôt être libéré ? Quand on est sur le départ, il faut se méfier même des feuilles qui tombent.』
『C’est vrai, faut faire gaffe. Waouh, le commandant de compagnie et celui du régiment t’ont léché le cul comme jamais, pas vrai ? Putain, ils sont pitoyables.』
『Qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’ils soient minables ? Franchement, s’ils ont déjà échoué deux fois, leurs chances ne sont-elles pas mortes ? Ils sont sacrément avides.』
Voilà pourquoi. Leur plan n’avait jamais été mis à exécution.
Cinq jours paisibles passèrent.
« Ah, j’ai besoin de jouer au futsal… Oh ! Seung-hoon ! »
« Soldat de deuxième classe Lee Seung-hoon. »
« Tu peux aller à la section des transports réveiller le sergent Yeom Seong-su ? Il doit conduire au régiment, mais il dort en ce moment. »
« Compris. »
C’était donc déjà ce jour-là.
J’entrai avec précaution dans la chambrée sombre de la section des transports.
« Le soldat de deuxième classe Lee Seung-hoon entre dans la chambrée numéro cinq. Je viens vous transmettre une affectation de véhicule. »
En temps normal, la chambrée aurait dû être vide à cette heure-là, mais quelqu’un dormait en tenue de sport.
« L’odeur de l’alcool. »
Le sergent Yeom Seong-su, camarade de promotion du sergent Lee Hyeong-seok et soldat le plus gradé de la section des transports, dormait ivre.
« Boire pendant les heures de service. Se moquer complètement de son affectation de véhicule. »
J’avais entendu dire que Yeom Seong-su avait l’habitude de refiler sa mission de conduite à n’importe quel bleu venu le réveiller.
« Ils le savaient sans doute et m’ont demandé d’aller réveiller Yeom. »
S’ils étaient allés le réveiller eux-mêmes, ils auraient sûrement fini par conduire à sa place.
« Sergent Yeom Seong-su, il est l’heure de votre affectation de véhicule. »
« … »
« Sergent Yeom Seong-su, il est l’heure de votre affectation de véhicule. »
« … »
« Sergent Yeom… »
« Hé. »
Yeom Seong-su entrouvrit les yeux et me lança un regard noir.
« Espèce de putain de salaud, je ne suis pas sourd. T’es qui ? »
« Soldat de deuxième classe Lee Seung-hoon. »
« Ah, merde, c’est toi ? Hé, je m’en fiche. Débrouille-toi avec l’affectation. »
« Sergent Yeom Seong-su, l’affectation de véhicule… »
« J’ai dit de te débrouiller tout seul. Putain, trouve quelqu’un d’autre ou conduis toi-même. Fais ce que tu veux, merde. »
Le sergent Yeom Seong-su me lança les clés de la voiture.
« Ne me réveille plus. »
Il faisait exprès de compliquer les choses. Il cherchait à me mettre dans l’embarras.
« Soldat de deuxième classe Lee Seung-hoon, j’ai terminé ce que j’avais à faire dans la chambrée numéro cinq. Je m’en vais. »
Je sortis de la chambrée, les clés à la main.
« C’est le problème des commandants. »
La stratégie du commandant de division, du commandant de régiment et du commandant de compagnie était mauvaise. S’ils tenaient tant à être promus, ils auraient dû empêcher les problèmes avant qu’ils ne surviennent, au lieu de les étouffer et de faire comme si de rien n’était. L’unité était un véritable foutoir.
« C’est le problème des responsables de l’unité. »
Si les commandants ne pouvaient pas régler le problème, les responsables de l’unité auraient dû intervenir. Pourtant, la peur du Commandement de la sécurité de la défense et le statut particulier d’un bataillon indépendant empêchaient tout le monde d’agir.
« C’est le problème des soldats. »
L’unité aurait pu changer à n’importe quel moment. Un simple coup de fil aurait suffi à transformer cet environnement, mais ils avaient peur du changement, avaient baissé les bras et avaient décidé de devenir à leur tour un rouage de la machine des mauvais traitements.
« Le changement s’accompagne toujours d’une douleur immense. »
C’est ce que j’avais dit à l’époque.
« Je serai cette douleur. »
Fidèle à mon pragmatisme, je pris les clés et grimpai dans le K-511, un camion de deux tonnes et demie. Avant de m’engager, j’avais passé le permis au cas où je deviendrais chauffeur, puis j’avais approfondi mes connaissances grâce à YouTube. Je savais comment m’y prendre.
« Ça y est, le jour est enfin arrivé. »
J’allumai le moteur, fébrile.
« J’avais pourtant bien conduit. »
À l’époque, mon plan consistait à faire prendre conscience du problème à l’unité en faisant conduire un soldat jusqu’au régiment sans supérieur. Qui plus est, j’étais une nouvelle recrue qui n’était même pas chauffeur.
« Comment les choses ont-elles pu tourner comme ça ? »
Cette fois, j’allais le découvrir.
***
Le sous-lieutenant Lee Il-pyo, affecté au 15e régiment d’infanterie, s’étira longuement sur sa chaise dans le centre de commandement et de contrôle, pendant son tour de garde du vendredi.
« Ah, putain, pourquoi j’ai hérité de la garde du vendredi ? »
Devoir assurer la garde à l’unité par un vendredi aussi agréable.
« Soldat de garde, il se passe quelque chose d’intéressant ? »
« Vous voulez regarder l’intranet ? Quelqu’un y écrit des histoires pornographiques, ces derniers temps. »
« Vraiment ? Ils ne manquent pas de culot, ces salauds. À force de regarder ce genre de choses, ils vont se ramollir les os. »
Toujours en bâillant à répétition, il marmonna pour lui-même.
« J’aimerais qu’il se passe quelque chose d’intéressant. Une défection, par exemple. »
« Allons, monsieur, les paroles peuvent devenir réalité. Et pour qu’un transfuge arrive jusqu’ici, il faudrait qu’il franchisse tous les avant-postes. À ce stade, ce ne serait plus un transfuge, mais un agent d’infiltration nord-coréen. »
« Je plaisantais, imbécile. »
La radio grésilla alors.
『Ici le poste de garde numéro cinq ! Ici le poste de garde numéro cinq ! Un véhicule suspect approche ! Il fonce à toute vitesse ! Impossible de l’identifier ! Aah !』
« Q-quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? »
『Un camion de deux tonnes et demie n’a pas obtempéré et a défoncé les barricades !』
« Mais qu’est-ce que vous racontez, putain ?! »
Des rumeurs disant que le haut commandement allait mener une inspection surprise circulaient déjà partout ; ils avaient donc installé toutes sortes de barricades.
« Des herses, des barrières en A, des fûts de pétrole, il y a des barricades partout ! Comment un camion de deux tonnes et demie a-t-il pu tout défoncer de plein fouet ? »
『Il les a quand même défoncées ! Aah ! Le camion monte la route de montagne !』
« Quoi !? »
Le soldat de garde l’interpella alors.
« M-monsieur l’officier de garde ! Les caméras ! Les caméras ! »
« Quoi ?! »
Son regard se tourna naturellement vers les écrans de vidéosurveillance.
Quand le sous-lieutenant Lee Il-pyo vit les écrans montrant les principales installations et les routes de l’unité, il en perdit la voix.
« Putain… C’est quoi, ça… ? »
Il n’arrivait sérieusement pas à savoir s’il regardait les images des caméras ou un film d’action.
『Ce n’est pas un exercice ! Je répète, ce n’est pas un exercice !』
La trace laissée par le véhicule non identifié semblait elle aussi tout droit sortie d’un film d’action.
« Déployez la force d’intervention en alerte de cinq minutes !!! »
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