Chapitre 13
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre parmi les Anomalies ◈
Chapitre 13 : Golden Omnipotence Corporation
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« Je plaisantais. Ha ha ha ! Désolé, mais depuis l’incident du Vendredi Sanglant, Golden Omnipotence Corporation n’effectue plus de transactions directes impliquant des anomalies. »
« Je vois. »
Je m’y attendais, mais l’entendre de vive voix me déçut tout de même.
« Cela dit, ce que je vous ai dit tout à l’heure était vrai. Si nous en faisions encore le commerce, il faudrait vraiment autant d’or pour conclure la transaction. »
« Et il est également impossible d’échanger de l’or contre des informations sur les anomalies ? »
« Ah ! Les informations, ça se vend ! »
Je sortis de mon sac les lingots d’or qu’il me restait.
« Oh ! Waouh ! Oh ! Waouh ! Demandez-moi ce que vous voulez ! Je vous promets une transaction équitable, à la hauteur de la valeur de l’information ! »
« Combien d’or me faudrait-il pour en savoir plus sur l’incident du Vendredi Sanglant ? »
« C’est également une exception. La politique de l’entreprise interdit de divulguer ses affaires internes. »
Je n’avais pas le temps de m’attarder sur ma déception, alors je passai à la question suivante.
« Combien me coûterait une information sur la manière de bannir de ce monde ou de détruire des anomalies de grade Symbiose, Danger ou Destruction ? »
« Il faut compter au minimum 166 342 000 000 008 561 tonnes d’or. Selon l’anomalie, la somme peut varier de une à quatre-vingt-dix-sept fois ce montant. »
« Puis-je utiliser uniquement l’or que j’ai sur moi, ou aussi celui qui m’appartient et se trouve ailleurs ? »
« Golden Omnipotence Corporation ne peut effectuer des transactions qu’avec l’or que son propriétaire a apporté ici. »
« Puis-je faire une transaction pour faire venir ici de l’or qui m’appartient et qui se trouve ailleurs ? »
« Oui. Faire venir un kilogramme d’or coûte un kilogramme d’or. »
J’avais quatre lingots d’or, soit soixante kilos en tout. Si je les utilisais tous, mes transactions du jour seraient terminées.
« Les questions sont gratuites. Après tout, échanger des informations est essentiel à une transaction. »
« Je vais vous poser la question autrement. Pouvez-vous m’indiquer où se trouve une anomalie précise ? »
« Bien sûr. Je préfère vous prévenir : la somme nécessaire varie selon l’anomalie. Dites-moi laquelle vous cherchez, et je vous donnerai le prix. »
Une aubaine. Je lui demandai où se trouvaient plusieurs anomalies que je cherchais depuis longtemps.
« La Dernière Patte de Singe. »
« Il vous en coûtera treize tonnes d’or. »
« L’entrée du monde où il n’y a personne. »
« Il vous en coûtera 167 tonnes d’or. »
« La ceinture de potions de l’alchimiste oublié. »
« Il vous en coûtera 16 780 tonnes d’or. »
Je demandai également où se trouvaient beaucoup d’autres anomalies, mais chacune coûtait entre plusieurs dizaines et plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’or.
« Marchand mystérieux. »
« Il vous en coûtera trente kilos d’or. »
« C’est donné. »
« Le Marchand mystérieux envoie toujours des invitations aux personnes susceptibles de devenir de bons clients. À ce que je vois, vous en recevrez une d’ici peu. Voilà pourquoi le prix est si bas. »
Ce n’était ni dans le jeu ni dans le wiki. Comme les anomalies que j’avais rencontrées jusqu’ici, le Marchand mystérieux avait peut-être acquis des caractéristiques que j’ignorais en devenant réel.
« Je conclus la transaction. »
Ou peut-être n’était-ce qu’un aspect d’une anomalie que le jeu et le wiki ne pouvaient jamais représenter complètement.
« Merci ! »
Deux lingots d’or disparurent en un clin d’œil. Au même instant, l’emplacement du Marchand mystérieux s’imprima dans mon esprit.
« C’est exactement comme le Carnet dans ma tête. »
L’Intermédiaire gémit en serrant contre lui le lingot de notre première transaction et les deux qu’il venait de récupérer, coincés sous ses deux bras et contre son entrejambe.
« Oh, ouais ! Oh ! Waouh ! Wouuuah ! »
« Désolé de vous interrompre dans votre plaisir, mais combien coûte une information sur Télé Dial pour vous ? »
« Là aussi, il vous en coûtera trente kilos d’or. Le prix normal serait plus élevé, mais c’est une offre réservée aux clients qui enchaînent les transactions. »
« Alors, je conclus la transaction. »
« Oui ! »
L’emplacement de Télé Dial pour vous se grava dans mon esprit.
« Oh, oh ! »
Les deux lingots restants disparurent eux aussi dans les bras de l’Intermédiaire. Plaqués contre son corps, ils fondirent comme de la bave et formèrent bientôt une épaisse flaque sur le sol.
« De l’or ! Waouh ! Sexe doré ! »
L’Intermédiaire qui se roulait dedans ressemblait à un cochon se vautrant dans une mare de boue au cœur d’une chaude journée d’été.
« C’était une bonne transaction. »
« J’en suis tout aussi satisfait. »
« Alors, je vais y aller. »
« Oui. Je vous prie de m’excuser de ne pas pouvoir vous raccompagner. Un autre employé vous guidera à la sortie. »
La transaction terminée, je sortis. Les gémissements continuèrent derrière moi tandis que je m’éloignais.
« Oh ! Waouh ! Éjaculation dorée ! Éjaculations multiples dorées ! Orgasmes multiples dorés ! »
J’avais fait de belles affaires. C’était une transaction très satisfaisante.
« Je pourrai revenir faire des échanges ici. »
J’avais trouvé un endroit où je pouvais légalement m’enrichir en échangeant des informations sur les anomalies.
« La plupart des anomalies coûtent beaucoup trop d’or, mais si je continue à chercher, je devrais en trouver d’autres à ma portée. »
Je devrais poser la question chaque fois que je viendrais.
« Client, vous avez obtenu d’excellentes notes en réussissant votre première transaction avec Golden Omnipotence Corporation et en apportant un or d’une qualité exceptionnelle. Veuillez accepter cette carte de visite. »
« Merci. »
À la sortie, une employée me tendit une carte de visite. C’était une femme, mais, comme l’Intermédiaire, elle avait un visage si ordinaire que je l’oublierais dès que j’aurais quitté les lieux.
« Elle aussi s’appelle Intermédiaire. »
La carte ne contenait que le sort nécessaire pour entrer dans ces locaux et le nom Intermédiaire.
« Il n’y a pas d’adresse ? »
« Un adversaire gênant s’en prend sans cesse à notre entreprise ces derniers temps, alors nous déménageons régulièrement. Plusieurs règles de sécurité s’appliquent à tous nos clients. Nous vous remercions de votre compréhension. »
D’après le texte au dos de la carte, on ne pouvait faire appel à Golden Omnipotence Corporation qu’une fois par mois. L’adresse changeait à chaque fois, et la nouvelle figurait sur la carte.
« Nous espérons vous revoir. »
« Oui. Merci. »
Une fois dehors, je me retrouvai dans une rue ordinaire de Jongno 3-ga.
« Rentrons. »
J’avais des choses à faire. Tout en conduisant, je passai mes plans en revue.
« Hé ! Vous conduisez les yeux fermés ou quoi ?! »
Est-ce que je devais d’abord récupérer Télé Dial pour vous ? Ou aller voir le Marchand mystérieux ?
« Mais vous êtes complètement taré, ma parole ?! Hé ! Vous n’avez pas de permis, pas vrai ?! »
Non, mieux valait rencontrer le Marchand mystérieux après avoir obtenu des anomalies de grade Sécurité ou quelque chose d’inhabituel. Ou peut-être devais-je attendre de recevoir une invitation, comme l’avait dit l’Intermédiaire.
« Espèce de malade psychopathe ! Ne conduisez pas ! Hé ! Bougez votre voiture ! Arrêtez-vous ! »
Je devais d’abord récupérer Télé Dial pour vous.
« La berline blanche devant, rangez-vous sur le côté. Garez-vous. »
Une fois ma réflexion terminée, une voiture de police m’interpella. Comme on pouvait s’y attendre, je me rangeai et obtempérai.
« On va d’abord faire un alcootest. Tenez, soufflez fort. »
Je passai le test, mais, sans surprise, le résultat ne monta pas.
« …Vous n’aviez pas bu ? »
« Monsieur, comment avez-vous obtenu votre permis ? »
« J’ai réussi le code du premier coup. L’examen de conduite, du douzième. »
« Où ça ? Nous allons devoir vérifier. »
C’est ainsi que je me retrouvai au commissariat.
« Vingt-sept franchissements de la ligne médiane, onze cas de conduite sur la bande d’arrêt d’urgence ou d’infraction aux règles des voies réservées aux bus et aux véhicules à occupation multiple, cinquante excès de vitesse, trente-sept dépassements interdits, quarante changements de voie non autorisés, cent douze défauts de distance de sécurité, conduite dangereuse… »
L’agent qui m’interrogeait et ses collègues restèrent bouche bée.
« …Tout ça en une seule journée ? »
« Monsieur. »
Je venais d’acheter la voiture.
« Avec un total de 1 860 points de pénalité, votre permis est suspendu pour trois ans. »
***
Je devins quelqu’un qui ne pouvait plus conduire pendant trois ans.
« Paiement reçu. »
Les amendes, qui se chiffraient à plusieurs millions de wons, étaient un bonus.
« Retour aux déplacements à pied. »
Je rentrai chez moi en transports en commun et descendis au sous-sol. Comme j’avais convenu d’échanger avec Shingu Hoerang le premier jour de chaque mois, je vérifiai les lingots d’or, remontai, puis pris un repos bien mérité pour récupérer de cette longue journée.
[Prochain arrêt : Suwon, gare de Suwon.]
Le lendemain, je pris aussitôt le métro pour Suwon.
« Où allez-vous ? »
« Vous pouvez m’emmener à Suggok-ri, à Hwaseong, dans la province de Gyeonggi ? »
« On n’a qu’à entrer l’adresse dans le GPS. »
Après quelques dizaines de minutes en taxi, j’arrivai dans un secteur plus facile d’accès depuis Suwon que depuis Hwaseong.
« Nous y sommes. »
« Merci. »
J’étais arrivé dans la campagne de Hwaseong, dans la province de Gyeonggi. C’était la première fois que je venais ici, mais, comme si un GPS était installé dans ma tête, je savais instinctivement où se trouvait l’objet que je cherchais.
« C’est ici. »
C’était une vieille maison de campagne, avec le portail ouvert, un chien de race inconnue attaché dans la cour qui remuait la queue, et l’intérieur visible depuis la véranda en bois surélevée.
« Il y a quelqu’un ? »
« Oui, j’arrive. »
Quand je frappai au portail, une vieille femme qui semblait être la propriétaire sortit.
« Bonjour. Je suis antiquaire. »
Je lui tendis la fausse carte de visite que j’avais préparée.
[Lee Seung-hoon, collectionneur d’antiquités]
« Madame, il y a longtemps, je suis passé près de cette maison et j’ai remarqué que vous aviez un vieux téléviseur. »
« Hein ? Quand l’avez-vous vu ? »
« Eh bien, ça remonte à si longtemps que je ne m’en souviens plus. »
« Ça fait longtemps que j’ai remplacé la télé. »
« Quoi qu’il en soit, je collectionne les vieux téléviseurs en ce moment, alors je suis venu parce que je voulais acheter ce modèle. »
« Oh, parfait ! Il encombre le débarras ! Entrez donc ! »
La transaction fut facile. Pas rapide, cela dit.
« Jeune homme, restez manger ! »
« Ha ha, merci. Je ne vais pas me faire prier. »
On trouvait beaucoup de témoignages en ligne sur l’hostilité des habitants des campagnes envers les nouveaux venus et leur sale caractère, mais tout dépendait des gens. Cette grand-mère était quelqu’un de bien.
« Alors, ça vous plaît ? Ce sont des galettes de viande que j’ai faites pour Chuseok, l’an dernier, et qu’il me restait. Ça vous convient ? »
« C’est délicieux. »
« Oh, ça me fait tellement plaisir de vous voir manger avec autant d’appétit. Il y a aussi des travers de porc et de la soupe épicée au bœuf, alors servez-vous. »
« Au fait, pourquoi avoir gardé un téléviseur aussi vieux au lieu de le jeter ? »
Je désignai le vieux téléviseur qu’elle m’avait donné, posé à côté de la table à manger. C’était un très vieux modèle, une véritable antiquité, avec des molettes rondes pour régler les chaînes et le volume ; on en trouvait difficilement de nos jours.
« Celui-là ? Mon défunt mari m’a dit de ne pas le jeter, alors je l’ai mis au débarras. »
« Vraiment ? »
« Oui. Mon mari avait un don pour les choses spirituelles, de son vivant. Il prédisait si bien les bonnes et les mauvaises choses que tout le monde le trouvait extraordinaire et lui disait de devenir chaman. Mais il n’en avait pas envie, alors il ne l’a jamais fait. »
La cuisine de cette grand-mère était incroyable. J’en étais déjà à mon deuxième bol de riz et j’en voulais encore.
« C’est pour ça que je l’ai gardé, parce que c’est lui qui me l’avait demandé. Qu’est-ce qu’il avait dit, déjà ? Vers la fin, il avait la démence et n’arrivait plus à parler correctement. Il m’avait juste dit de le garder, alors je l’ai fait. Mais il n’y avait aucune image quand je l’allumais, il ne servait à rien, alors je l’ai mis au débarras. Je suppose qu’il était cassé. »
« C’est le lot des antiquités. »
Après le repas, je tendis à la grand-mère une épaisse liasse de billets de dix mille wons.
« Oh là là ! Vous me donnez tout ça ? »
« C’est un téléviseur difficile à trouver. »
« Mon mari avait peut-être raison. Il disait que c’était quelque chose de bien. »
« Bon, je vais y aller. »
J’emportai le téléviseur chez moi. À peine rentré, je le posai sur la table et appuyai sur le bouton d’alimentation.
« Il ne s’allume pas. »
Je contemplai en silence l’écran noir et me rappelai ce que j’en savais.
« Télé Dial pour vous. »
Son grade était Sécurité.
Il lui arrivait de s’allumer quand on le regardait en silence et de signaler, sous forme de nouvelles, les événements bons ou mauvais qui se produisaient autour de son propriétaire.
« Mais comme ça se présente sous forme de nouvelles, il y a davantage d’articles sur d’autres sujets que sur son propriétaire. »
Autrement dit, c’était un téléviseur qui prédisait l’avenir.
« Le problème, c’est que je ne sais jamais quand il va s’allumer. »
Dans le jeu, il permettait d’éviter les endroits où apparaissaient des anomalies dangereuses ou de rencontrer de bonnes anomalies.
« Dans le jeu, il avait une chance sur cent de s’allumer à chaque tour, donc il n’était pas très utile. »
À cet instant, le téléviseur s’alluma.
[Bonjour.]
L’écran et le son étaient saturés par les parasites caractéristiques des vieux téléviseurs.
[Je suis Annonceuse, la présentatrice du journal de Télé Dial pour vous.]
La chance sur cent venait de se réaliser.
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