Chapitre 729
Les yeux de Lu Yin brillèrent. De toute évidence, Liuying Zishan avait bien été soumise à une forme de contrôle, mais qui la contrôlait ? Parmi tous ceux auxquels il pouvait penser, seuls les membres du Clan de la Nuit et du Jour maîtrisaient suffisamment la force spirituelle pour la contrôler. Était-ce eux ?
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Une voix sombre retentit dans un lieu obscur. « Pourquoi a-t-elle disparu ? Même les souvenirs ne peuvent pas être transmis. Comme c’est étrange. »
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Lu Yin n’était plus très à l’aise avec Liuying Zishan, puisqu’elle avait été nommée commandante des forces alliées. Et cette nomination étant toute récente, il n’était pas question de la remplacer de sitôt. Les jours suivants, Lu Yin continua de se cacher dans le manoir de Liuying Zishan pour l’observer, jusqu’à être certain qu’elle ne posait aucun problème.
Elle avait très probablement été contrôlée par cette boule de lumière, mais maintenant que Lu Yin l’avait absorbée, elle devait avoir échappé à son emprise. Cela ne signifiait toutefois pas que la personne qui la contrôlait ne recommencerait pas. Lu Yin décida de garder un œil sur elle de temps à autre.
En fait, il avait plutôt hâte de revoir la personne qui s’en prenait à Liuying Zishan. Il apprécierait qu’elle lui fournisse encore quelques boules de lumière à absorber. Avec les Écritures du Mur de Pierre, ces attaques ne l’effrayaient pas le moins du monde.
Un jour, Lu Yin contacta l’ancien Lohar. Cela faisait presque quatre mois qu’il n’était pas retourné dans les ruines de la Secte de la Source du Dao, et l’Innerverse et l’Outerverse étaient séparés depuis déjà vingt et un mois.
« Ce junior vous présente ses respects, ancien. » Lu Yin sourit.
L’ancien Lohar éclata de rire. « Petit, tu ne fais jamais rien sans y trouver ton compte. Parle donc : pourquoi me cherches-tu ? Je préfère le préciser d’emblée : les querelles de l’Outerverse ne m’intéressent pas. »
Lu Yin reprit son sérieux. « Vous avez raison, ancien. Il s’agit bien des conflits de l’Outerverse, mais pas des luttes entre les Trames. Cela concerne la Technocratie. »
L’expression de l’ancien Lohar changea aussitôt. « Qu’entends-tu par là ? »
Lu Yin expliqua gravement : « Ce junior s’est rendu dans les ruines de la Secte de la Source du Dao et y a rencontré le Chevalier Blanc. Elle m’a appris que le Sixième Continent avait pris un certain contrôle sur le Cerveau central de la Technocratie et qu’il pourrait traverser la Technocratie pour envahir l’Outerverse. »
Les yeux de l’ancien Lohar s’écarquillèrent. « C’est une certitude ? »
Lu Yin secoua la tête. « Rien n’est certain tant que les faits ne se sont pas produits. Mais le Chevalier Blanc m’a communiqué cette information, et je ne pouvais pas la prendre à la légère. C’est pourquoi je vous ai contacté dès ma sortie des ruines de la Secte de la Source du Dao. »
L’ancien Lohar réfléchit un instant, puis s’adressa à Lu Yin d’un ton grave. « Petit, tu as bien fait. J’ai compris. Mais ne répands cette nouvelle à personne, de peur de provoquer la panique. »
« Soyez tranquille, ancien. J’ai compris. »
L’ancien Lohar hocha la tête. « Je suis soulagé de la façon dont tu as géré cette affaire. Je vais enquêter. »
« Que dois-je faire pour me préparer ? Sinon, dès que la Technocratie envahira l’Outerverse, toute la région sera frappée par une catastrophe », dit Lu Yin.
L’ancien Lohar répondit : « Fais des réserves. Nous discuterons du reste après l’enquête de la Salle de l’Honneur. »
L’ancien mit aussitôt fin à l’appel.
Lu Yin baissa son communicateur. Il avait fait tout ce qu’il pouvait ; pour le reste, tout dépendait désormais de la chance. Si le Sixième Continent envahissait réellement l’Outerverse en passant par la Technocratie, la Trame sans fin serait la première à souffrir. L’invasion partirait des confins occidentaux de l’Outerverse, puis progresserait vers l’est. Cette calamité serait inévitable. Leur meilleur espoir était que l’Innerverse puisse exercer davantage de pression sur le Sixième Continent.
Lu Yin esquissa un sourire amer, conscient de se faire trop de souci. L’Innerverse peinait déjà à se défendre.
D’un côté, le Sixième Continent envahissait l’Innerverse ; de l’autre, il attaquait le Domaine des Bêtes Astrales. Ses forces restantes se rassemblaient pour envahir l’Outerverse, preuve de l’étendue terrifiante de ses ressources.
Lu Yin ignorait comment s’en sortaient les Dix Arbitres dans les ruines de la Secte de la Source du Dao. Cela faisait quatre mois qu’il n’y était pas retourné ; il était temps d’y jeter un nouveau coup d’œil.
Sur le Continent Shenwu, le palais impérial de Mingdu avait été considérablement rénové. Ming Zhaoshu aurait pu s’y installer officiellement, mais il ne l’avait pas fait. Il continuait plutôt à convoquer Bei Hong à la Résidence du Roi révéré. Vous aimez cette histoire ? Lisez la suite sur novelping.com.
« Qu’as-tu pensé de ton voyage dans l’univers ? » demanda Ming Zhaoshu.
Bei Hong répondit avec émotion : « L’univers est vraiment immense, et notre Continent Shenwu n’est qu’un grain de sable en son sein. Votre Majesté a fait preuve de clairvoyance en intégrant notre continent à l’univers extérieur. Sans cela, nous finirions un jour par perdre tous nos droits. »
Ming Zhaoshu répondit : « Mon frère avait l’esprit étroit ; il ne connaissait que le Continent Shenwu. La plupart des habitants de l’univers ignorent même qu’un endroit comme le Continent Shenwu existe. Rien ne garantit que toute la Trame de la Brume Sombre en ait entendu parler. À l’échelle de l’univers, il est effectivement minuscule.
« Pourtant, il ne faut pas sous-estimer la puissance de notre Continent Shenwu. Sinon, Lu Yin ne nous aurait pas demandé de représenter la Trame de la Brume Sombre et de participer à la conférence de la Grande Alliance de l’Est. »
En entendant le nom de Lu Yin, Bei Hong exprima ses inquiétudes. « Votre Majesté, ce Lu Yin… est-il fiable ? »
Ming Zhaoshu répondit : « Je sais ce qui te préoccupe. Ce jeune homme a de grandes ambitions et cache soigneusement ses atouts. Mais il a des principes qu’il ne transgressera pas, défend ce qu’il estime juste et tient toujours ses promesses. C’est la principale raison pour laquelle j’ai choisi de coopérer avec lui. Si c’était quelqu’un d’autre, même doté d’une autorité encore plus grande, je n’aurais pas accepté de collaborer avec lui, et je ne lui aurais certainement pas confié ma fille. »
Bei Hong hocha la tête. « Il est effectivement apprécié et ne ressemble pas aux dirigeants ordinaires. Il accorde beaucoup d’importance à ses compagnons et s’impose des limites. J’ai pu le constater moi aussi lors de ce voyage. Mais quand il faut se montrer impitoyable, il ne fait preuve d’aucune pitié. »
Ming Zhaoshu regarda Bei Hong. « Je peux te l’affirmer clairement : pour Bei Qing, c’est une chance unique. »
Bei Hong regarda Ming Zhaoshu.
Ming Zhaoshu poursuivit : « Je te connais depuis des dizaines d’années, je ne vais pas te mentir. À long terme, Bei Qing a tout intérêt à rester dans l’Empire du Grand Yu. Tu ne peux pas espérer qu’aux yeux des étrangers, il devienne l’un des leurs s’il reste toujours enfermé dans les cinq planètes de scellement et finit par devenir un aristocrate bon à rien. »
Bei Hong hocha la tête. « Votre sujet a compris. »
Ming Zhaoshu leva les yeux. « Les cinq planètes de scellement protègent le Continent Shenwu, mais elles l’isolent aussi du reste de l’univers. »
Avant de partir, Bei Hong demanda à Ming Zhaoshu quand l’empereur s’installerait au palais impérial. Ming Zhaoshu ne lui répondit pas directement ; il se contenta d’une phrase : « Demande à Yan’er. »
Cette réponse, pourtant brève, remplit Bei Hong de chagrin : il savait que l’homme devant lui n’avait plus beaucoup de temps à vivre.
À cause du règne de fer de Ming Zhaoshu, le Continent Shenwu était en proie à un profond mécontentement populaire, et des rébellions éclataient sans cesse. Pour les réprimer, Ming Zhaoshu avait fait exécuter des millions de personnes. Le Continent Shenwu ressemblait désormais à un volcan en sommeil, prêt à entrer en éruption à tout moment.
Partout, des voix s’élevaient contre le règne de Ming Zhaoshu, et des assassins pénétraient chaque jour dans la Résidence du Roi révéré.
La route reliant la Résidence du Roi révéré au palais impérial de Mingdu était infestée d’assassins. Ils attendaient tous que Ming Zhaoshu déménage pour pouvoir tenter de l’assassiner.
Tout le continent avait commencé à rejeter Ming Zhaoshu.
Dans son bureau, à la Résidence du Roi révéré, Ming Zhaoshu se mordit le doigt et écrivit une lettre avec son propre sang. Il la scella, puis la posa sur la table. Elle était adressée à Lu Yin.
Il tourna ensuite les yeux vers un édit impérial posé à l’autre bout de la table, qu’il avait préparé pour Ming Yan.
Ming Zhaoshu soupira et agita la main. Une carte de tout le Continent Shenwu apparut devant lui.
« J’ai comploté pendant tant d’années, et me voilà déjà au crépuscule de ma vie, alors que j’ai à peine pu goûter aux fruits de mes efforts. Dans quelques années, qui pourra dire si mes efforts auront été couronnés de succès ou se seront soldés par un échec ? Hahaha… Que ma dernière force aille au Continent Shenwu. Yan’er, ton père t’a déçue », marmonna Ming Zhaoshu, tandis que des larmes de sang coulaient de ses yeux. Il sortit une épée et s’égorgea, se décapitant. Sa tête roula et s’écrasa sur la table, avant de s’immobiliser près de l’édit impérial. Jusqu’à sa mort, le regard de l’empereur resta fixé sur la carte du Continent Shenwu.
Boum, boum, boum.
« Père, votre fille demande à vous voir. »
Personne ne répondit. Ming Yan frappa de nouveau, mais n’obtint toujours aucune réponse. Une faible odeur de sang s’échappait toutefois du bureau fermé.
L’expression de Ming Yan changea. Elle poussa la porte et découvrit une scène qui faillit la faire s’évanouir.
Debout derrière elle, Tang Si ne changea pas d’expression : il avait déjà compris ce qui s’était passé. Il s’agenouilla aussitôt. « Faites vos adieux à Sa Majesté. »
« Faites vos adieux à Sa Majesté. »
« Faites vos adieux à Sa Majesté. »
…
Ming Yan ferma les yeux, les larmes ruisselant sur ses joues. Elle entra dans le bureau à pas hésitants et, en pleurant, emporta la tête de Ming Zhaoshu. Puis elle regarda la lettre et l’édit impérial laissés sur la table et prit ce dernier. Elle le parcourut des yeux ; son visage devint livide.
Peu après, Bei Hong arriva et entra dans le bureau.
Ming Yan tendit l’édit impérial à Bei Hong. Tandis qu’il le lisait, son chagrin se faisait de plus en plus évident à mesure que son expression changeait. « Princesse, conformément au décret de Sa Majesté, voici son ultime volonté pour l’empire. »
Ming Yan se détourna de Bei Hong. Elle fixa le corps droit de Ming Zhaoshu, puis demanda d’une voix glaciale : « Tout ce que Père a fait ces derniers temps n’était qu’une comédie, n’est-ce pas ? »
Bei Hong baissa la tête sans répondre.
« Père a délibérément suscité le mécontentement et l’a entièrement concentré sur lui, tout ça pour ce jour, n’est-ce pas ? » lança Ming Yan avec sévérité.
Bei Hong s’agenouilla à demi. « Sa Majesté a fait tout cela pour l’empire. Princesse, veuillez exaucer sa dernière volonté et appliquer son décret. »
Le corps de Ming Yan trembla et elle dut s’appuyer à une chaise. Accablée de chagrin, elle s’exclama avec douleur : « La survie de l’empire est-elle vraiment si importante ? Au point qu’il accepte de porter cette infamie éternelle ? Et qu’il charge sa propre fille de l’exécuter ? Père est trop cruel. »
Bei Hong soupira. « L’accession au trône de Sa Majesté a suscité beaucoup de mécontentement chez les habitants du Continent Shenwu et provoqué le chaos partout. Si nous ne faisons pas cela, l’empire risque de s’enliser dans une guerre civile pendant les cent prochaines années. Princesse, veuillez respecter les dernières volontés de l’empereur défunt et appliquer son décret. »
« Princesse, veuillez appliquer le décret de Sa Majesté », appela Tang Si depuis l’extérieur du bureau.
« Princesse, veuillez appliquer le décret de Sa Majesté », scandèrent à l’unisson un groupe de ministres qui avaient tous été loyaux à Ming Zhaoshu. « Princesse, veuillez appliquer le décret de Sa Majesté. »
« Princesse, veuillez appliquer le décret de Sa Majesté. »
…
Ming Yan ferma les yeux. « Proclamez l’édit impérial. »
Bei Hong se détendit enfin et sortit du bureau après avoir entendu ces mots. Il déplia le décret taché de sang et le lut à voix haute. Sa voix se répandit dans toute la ville de Shanhai. « Le Roi révéré Ming Zhaoshu, coupable de conduite insensée, d’abus, de calomnies, de massacres effrénés et d’avoir semé le chaos, est condamné par sa fille, Ming Yan. Ming Zhaoshu a commis vingt-huit crimes graves. Premier crime : trahison de la nation… Vingt-huitième crime : refus d’écouter les conseils. En ce jour, Ming Zhaoshu est condamné à mort, et la sentence sera exécutée sans délai. Ming Yan, fille de Sa Majesté, offre la vie de l’empereur afin de respecter les cieux, d’honorer le peuple et d’expier ses crimes. »
À mesure qu’elle entendait énumérer les accusations de l’édit impérial, Ming Yan serrait les poings. Ses ongles s’enfoncèrent bientôt dans sa chair, et du sang frais coula de ses mains. Elle ne ressentait aucune douleur physique, seulement un chagrin déchirant. Elle venait de vouer elle-même son père à l’infamie éternelle, et cette douleur commençait à l’étouffer.
Ming Zhaoshu avait délibérément attisé la colère du peuple et l’avait concentrée sur lui. Il avait fait cela pour que Ming Yan puisse rendre justice au nom des cieux. Ainsi, en héritant légitimement du trône, elle gagnerait aussi la faveur du peuple. Cette manœuvre stabiliserait le Continent Shenwu, mais obligerait Ming Yan à porter le stigmate du parricide. Le Continent Shenwu célébrerait l’événement et tous croiraient que Ming Yan avait agi comme il le fallait. Pour elle, pourtant, c’était une épreuve d’une cruauté extrême que son père lui avait imposée.
Elle devait proclamer elle-même que son propre père était un criminel irrécupérable. Son cœur en était rongé par une amertume indicible, et l’émotion manqua de l’étouffer.
Jusque-là, elle avait bel et bien enduré des tourments, mais ceux de Ming Zhaoshu avaient été encore plus grands que les siens.
À cet instant, Ming Yan sembla être devenue adulte.
Sur l’Étoile Zenyu, Lu Yin se leva brusquement, le visage bouleversé. « Qu’as-tu dit ? Ming Zhaoshu est mort ? »
En Ya se tenait devant lui, le visage grave. « Oui. Ming Zhaoshu est mort et Ming Yan lui a succédé sur le trône. Elle a également proclamé un édit impérial qui le condamne pour vingt-huit crimes odieux et efface tous ses accomplissements. Il restera ainsi à jamais un paria dans l’histoire du Continent Shenwu. C’est clairement la voie que Ming Zhaoshu a tracée pour Ming Yan, afin qu’elle puisse hériter de l’Empire Shenwu tout en s’attirant la faveur du peuple. »