Chapitre 68
Silver eut un sourire envieux en regardant Lu Yin. « Tu as de la chance, gamin. Tu profites du travail de tes ancêtres, haha. »
Lu Yin fixa l’homme, qui continua simplement de rire un moment avant de reprendre : « La Famille Zishan avait autrefois conclu deux mariages arrangés. L’un avec les Aunas, décidé par le dernier chef de cette famille. L’autre avec les Yushan, une promesse entre les deux Immortels qui perdure encore aujourd’hui. La Famille Zishan a beau avoir été anéantie depuis, te voilà. Ces deux mariages te reviennent donc aussi. Je suis tellement jaloux ! »
Lu Yin fronça les sourcils. « Des mariages arrangés conclus il y a des siècles ne comptent plus vraiment de nos jours. »
Silver ricana. « Ah oui ? Tu trouves que ça remonte à si longtemps ? Les Explorateurs vivent généralement des siècles. Yushan l’Immortel est au pouvoir depuis huit siècles. Ces promesses datant de quelques siècles ne représentent même pas la moitié de la vie d’un homme. À part Zishan l’Immortel, ceux qui les ont faites sont encore bien vivants. »
Cette révélation fit l’effet d’une pierre qui lui tombait dans l’estomac, et Lu Yin sentit déjà venir le mal de tête. Il s’était cru libre de ses choix, mais voilà qu’il devait faire face à toute une série de problèmes, dont un mariage arrangé avec la famille impériale. S’il avait appris une chose sur Yushan l’Immortel, c’était que l’empereur prenait ses promesses très au sérieux. Il y avait une chance — non, il était presque certain que ce mariage ne serait pas annulé !
« Et ce n’est pas tout. La Famille Zishan contrôlait autrefois près de la moitié des troupes de l’Empire du Grand Yu. Elle a disparu, mais nombre de ses anciens subordonnés sont encore en vie. Prends Sigmund Mathers, par exemple : sa famille était autrefois à ton service, elle aussi. »
« Quoi d’autre ? » demanda Lu Yin.
« Beaucoup de choses. Mais pourquoi est-ce que je te le dirais ? »
« Tu en as déjà tant dit. Qu’est-ce que tu veux ? Dis-le-moi, tout simplement. »
Silver esquissa un sourire en coin. « Tu as trouvé quelque chose, quelque part ? »
« Non ! » Les yeux de Lu Yin brillèrent.
« Inutile de nier. Je le sens dans ton anneau cosmique. »
« Ah oui ? Et qu’est-ce que tu sens ? »
Silver eut un rire inquiétant et secoua la tête en se désignant les yeux. « Le rouge. »
Lu Yin plissa les yeux. « C’est à toi ? »
« Notre première rencontre n’était pas une coïncidence. Nous ne cherchions pas la même chose, mais elles se trouvaient au même endroit. »
« Je peux te le rendre. »
Silver se tourna vers le lointain. « Ce n’est pas grave, garde-le. Ça pourrait te servir un jour. » Les nouveaux chapitres paraissent d’abord sur novelping.com.
« Cette chose ne me sert à rien. »
« Seulement parce que tu ignores ce qu’elle représente. »
« Ta tentative d’assassinat contre Zhang Dingtian a un rapport avec ça ? »
« Tu veux vraiment savoir ? » Silver eut un sourire de renard.
« Deux des trois fois où je t’ai vu, il y avait des rois zombies dans les parages. Tu as détruit les armes balistiques et voulu tuer Zhang Dingtian parce qu’il avait ordonné l’extermination de la horde de zombies. Tu as un lien avec tout ça ? »
Silver porta un doigt à ses lèvres. « Chut. Ne dis pas ça. Comment pourrais-je avoir le moindre lien avec des zombies ? Ce ne sont que des produits ratés de l’évolution, ils n’ont rien à voir avec moi. Je ne fais que déplacer des choses. »
Lu Yin ne comprenait pas. Il y avait encore bien trop de choses dans l’univers qu’il ignorait.
« En réalité, nous sommes du même genre, mon ami. Je le sens, et c’est pour ça que je suis venu te chercher. Ne t’inquiète pas, je t’aiderai », dit Silver avec un sourire.
« Et quand j’aurai atteint un certain statut, tu me demanderas de t’aider ? » demanda Lu Yin.
Silver rayonna. « Je savais que tu étais intelligent. On s’entraidera, tout le monde y gagnera. »
« Ha. Pourquoi travaillerais-je avec quelqu’un que je ne connais même pas ? »
« Eh bien, tu peux refuser, mais je suis certain qu’on sera les meilleurs amis du monde. » Le jeune homme se retourna et s’éloigna, non sans avoir glissé un bout de papier dans la main de Lu Yin. Il portait quelques chiffres, ainsi que les noms de personnes de l’Empire du Grand Yu et des renseignements sur leurs fonctions. Sa voix s’estompa dans le lointain : « L’univers est impitoyable. Sans toi, l’avenir de la Terre serait bien sombre. Pense à Qingyu : tu n’as même pas réussi à le tuer, au bout du compte. Et pourquoi ? Parce que le monde ne pense qu’à lui-même. »
Lu Yin soupira, jeta un coup d’œil au papier, puis le rangea. Il savait qu’on n’avait jamais l’avantage dans un pacte avec le diable. Mais qui était le diable, ici ? Silver ou lui-même ? Seul l’avenir le dirait.
À présent, Lu Yin voulait faire du grabuge, le plus possible. Il voulait savoir jusqu’où il pouvait aller en tant que roi Zishan dans l’Empire du Grand Yu avant qu’ils n’atteignent l’Étoile Capitale ; une fois là-bas, il serait difficile d’agir. Ceux qui n’avaient pas peur de passer à l’action devaient se préparer aux conséquences.
Crac ! L’entrée du bar de la Persévérance fut de nouveau fracassée, attirant tous les regards. Depuis le retour des étudiants de leurs épreuves, la porte n’avait pas réussi à rester intacte. Lu Yin entra tranquillement dans le bar et repéra Veron dans un coin. Celui-ci pâlit et se leva pour fuir dès qu’il le vit. L’énergie stellaire repoussa les étudiants alentour, réduisant chaises et tables en poussière, tandis qu’une Paume Tranche-Espace fondait sur le jeune homme en fuite. Surpris, Veron tenta de bloquer le coup avec un bras, mais fut projeté contre le mur. Il cracha du sang et lança à Lu Yin un regard furieux, les dents serrées.
Tous les clients du bar sortirent aussitôt. Personne n’eut le courage d’intervenir, pas même les soldats qui patrouillaient là par hasard. À l’étage, les portes des salons privés s’ouvrirent et Huo Xiaoling et Yan Gang apparurent, perplexes. Qu’est-ce qu’il manigançait encore ?
Lu Yin s’approcha de Veron d’un pas nonchalant, l’air agacé. Le visage de ce dernier se remplit d’effroi quand Lu Yin arriva près de lui, et l’étudiant cria : « Qu’est-ce que tu me veux ?! On est sur un vaisseau spatial, pas aux épreuves. Tu n’as pas le droit de m’attaquer ! »
Mais Lu Yin le saisit simplement à la gorge et le souleva au-dessus de sa tête. « Qui t’a ordonné de venir m’importuner ? Parle ! » lança-t-il d’un ton glacial.
Veron devint écarlate. Il était le plus fort de son académie, mais ne pouvait pas riposter. Et ce n’était pas comme s’il en avait eu envie, lui non plus. « Je… je ne vois pas de quoi tu parles. »
Lu Yin renifla. « Je sais que quelqu’un te couvre. Tu dois croire que je n’oserai pas te tuer, mais en vérité, ton protecteur espère que je le fasse. Réfléchis bien. »
L’expression de Veron changea. On lui avait ordonné de défier et de provoquer Lu Yin pour que tous ceux qui se trouvaient sur l’Étoile Capitale puissent voir à quoi ressemblait le soi-disant roi Zishan. Si Lu Yin le tuait maintenant, l’effet serait bien plus fort que s’il l’épargnait. Cela prouverait que le roi Zishan était stupide et cruel, et les autres familles le mépriseraient. Beaucoup de gens y trouveraient leur compte, et celui qui lui avait demandé de faire ça ne viendrait certainement pas à son secours. Après avoir pesé le pour et le contre, il répondit aussitôt : « Je vais te le dire : c’est Raas ! C’est Raas qui m’a dit de te provoquer ! »
Lu Yin jeta Veron de côté et quitta le bar.
En regardant Lu Yin s’éloigner, Yan Gang ricana. « Quel idiot. On voit bien que quelqu’un le cible, et il continue à faire du grabuge ? Il se croit bien trop important. »
Les yeux de Huo Xiaoling brillèrent et elle activa son communicateur pour contacter quelqu’un.
Pendant ce temps, Sigmund, Torry et Shalosh apprirent eux aussi la nouvelle.
« Quoi ? Il est parti chercher Raas ? Vite, arrêtez-le ! » cria Sigmund, exaspéré. « Il est tellement, tellement stupide ! Comment peut-il faire ça maintenant ? »
Shalosh ricana. « Il est pire que je ne le pensais. Le titre de roi lui est monté à la tête ? Quel pauvre plouc. »
Torry secoua la tête, déçu. « Ma sœur ne peut définitivement pas épouser quelqu’un comme lui. »
Quoi que ces gens aient pu penser, Lu Yin était déjà arrivé devant la chambre de Raas. D’un léger coup, il brisa la caméra de surveillance dans un coin, puis enfonça la porte d’un coup de pied. Raas semblait l’attendre et lui adressa un sourire méprisant, tout en demandant poliment : « Votre Majesté, puis-je vous être utile ? »
Sans un mot, Lu Yin lui donna un coup de pied. Pris au dépourvu par cette violence débridée, Raas esquiva instinctivement, mais se retrouva face à la Griffe de la Bête céleste. C’était la septième forme de l’attaque, bien plus puissante que sa propre cinquième forme. Incapable de l’éviter, il fut projeté hors de la chambre et s’écrasa contre le cadre métallique. Il cracha du sang et cria : « Comment oses-tu me faire du mal, barbare ! »
Quand Lu Yin s’approcha de nouveau, Raas cria et sortit un pistolet énergétique de son anneau cosmique. Lu Yin esquiva facilement le tir. De telles armes pouvaient blesser des Sentinelles, mais pas un briseur de royaume comme lui, qui rivalisait avec les Melders.
En voyant Lu Yin s’approcher, Raas changea rapidement d’expression. « À l’aide ! » Munoor apparut aussitôt ; une violente explosion retentit, libérant une onde de choc qui fit reculer Lu Yin d’une douzaine de pas. Munoor lui-même recula de plusieurs pas et fixa Lu Yin d’un regard grave.