Chapitre 3 546
La cultivation avec une graine spirituelle pouvait finalement permettre de connaître une Renaissance de l’Esprit, voire une Transformation spirituelle, qui conférait une arme spirituelle ou un don inné.
True God avait volé la graine spirituelle d’artefact liée aux bourbiers de Tian Ci, puis s’en était servi pour échapper au Royaume des Six Voies de la Réincarnation du Grand Souverain et commencer à cultiver avec elle.
Lu Yin avait déjà cultivé tant de pouvoirs et de techniques différents. Pourquoi ne pas voir s’il pouvait lui aussi cultiver avec une graine spirituelle ?
À cette pensée, Lu Yin inspira profondément et sortit une graine spirituelle. Il la fixa, absorbé par son examen.
Il essaya de placer la graine spirituelle dans son corps, mais se heurta à une question pour le moins embarrassante : où était-il censé la mettre ?
Il appela Old Tao.
« Implanter une graine spirituelle ? demanda Old Tao, perplexe. Vous voulez cultiver avec une graine spirituelle, Troisième Patron ?
— Je les étudie, c’est tout, répondit Lu Yin.
Old Tao ne sut que lui répondre. « Seules les personnes ordinaires qui commencent tout juste leur parcours de cultivation peuvent implanter une graine spirituelle dans leur corps pour cultiver. Ceux qui ont déjà acquis des bases ne peuvent pas reproduire le processus : les graines spirituelles sont trop fragiles dès qu’elles pénètrent dans le corps. Elles le sont tellement qu’un simple battement de cœur un peu plus intense que d’habitude peut suffire à les briser.
« Voilà pourquoi posséder une graine spirituelle ne suffit pas pour commencer à cultiver. Certains doivent tenter de s’en implanter une une fois, deux fois, voire trois fois avant de pouvoir cultiver. Ceux qui ont un physique particulier devront peut-être s’y reprendre des dizaines de fois avant de réussir. Puisque vous êtes déjà un cultivateur, il vous est littéralement impossible d’implanter une graine spirituelle dans votre corps. »
Lu Yin refusa de le croire. « Dites-moi simplement comment en implanter une dans un corps.
— N’importe quelle méthode convient, du moment qu’elle pénètre dans le corps. »
Lu Yin avala la graine tout rond, mais elle se brisa dès qu’elle entra dans son corps.
Il réessaya : cette fois, il s’entailla légèrement la main avant d’introduire la graine spirituelle dans son corps par la coupure. Elle se brisa dès qu’elle toucha le sang. Il continua d’essayer différentes méthodes, allant jusqu’à envelopper une graine dans son énergie. Mais dès qu’il libérait cette énergie, la graine spirituelle se brisait. Comment était-il censé cultiver avec elle s’il ne libérait pas son énergie ?
Comme Old Tao l’avait dit, les graines spirituelles étaient trop fragiles. Elles étaient si faibles qu’il était impossible d’en implanter une dans le corps de Lu Yin pour qu’il puisse cultiver avec.
« C’est le seul type de graine spirituelle ?
— Oui.
— Il n’y a aucun moyen d’en obtenir une plus résistante ?
Old Tao était de plus en plus perplexe. « Non. Il n’a jamais existé qu’un seul type de graine spirituelle.
Lu Yin repensa à la graine spirituelle d’artefact liée aux bourbiers qui avait appartenu à Tian Ci. En cultivant avec elle, n’importe quel membre du Nid de l’Esprit aurait pu connaître une deuxième Renaissance de l’Esprit, ce qui lui aurait probablement conféré une arme spirituelle ou un don inné supplémentaire.
À en juger par l’énergie que Lu Yin avait perçue chez True God, celui-ci avait déjà réussi à cultiver avec la graine spirituelle et retrouvé une grande partie de sa puissance d’antan.
À quoi ressemblerait leur prochaine rencontre ?
Old Tao s’en alla. Il savait que Lu Yin était invincible et capable de faire bien des choses impossibles aux autres, mais même lui ne pouvait pas cultiver avec une graine spirituelle. Il n’y avait aucune chance d’y parvenir. Pas même le Grand Séraphin n’en serait capable. Si c’était possible, qui ne voudrait pas avoir droit à une deuxième Renaissance de l’Esprit ?
Plus une personne était douée, plus sa transformation lors de la Renaissance de l’Esprit était puissante ; il en allait de même pour l’arme spirituelle ou le don inné qui en résultait.
Le système de cultivation unifié du Nid de l’Esprit permettait d’atteindre le sommet de la puissance de séquence, d’entrer dans le Royaume de l’Origine spirituelle et même d’atteindre Dukkha. Les cultivateurs gagnaient en puissance en connaissant une Renaissance de l’Esprit. S’il existait vraiment un moyen pour eux d’implanter une deuxième graine spirituelle dans leur corps, la puissance globale des habitants du mégavers ne progresserait pas à petits pas : elle se transformerait complètement.
La seule idée d’une telle possibilité suffisait à enthousiasmer n’importe qui.
Quel que fût le talent exceptionnel du Troisième Patron, même lui ne pouvait surmonter cette impossibilité.
La puissance de combat de Lu Yin était sans égale et son talent, inégalé, mais il n’était pas véritablement invincible. Après tout, même le Grand Séraphin, pourtant si puissant, craignait le pouvoir du karma.
Lu Yin passa deux jours à tenter d’implanter une graine spirituelle dans son corps, mais ne trouva pas le moindre indice de réussite, même lorsque le moment de la sélection approcha. Il n’eut d’autre choix que de ranger toutes les graines spirituelles dans son univers intérieur.
L’anneau cosmique ne lui était d’aucune utilité. Après tout, Lu Yin n’avait pas l’intention de dépenser de l’argent au Nid de l’Esprit.
S’il avait placé les graines spirituelles dans son univers intérieur, c’était parce qu’il ne voulait pas que cette source potentielle de puissance reste au sein du Nid de l’Esprit.
Dans l’Univers d’Origine, les cristaux stellaires et l’essence stellaire pouvaient être produits artificiellement ou trouvés à l’état naturel, car l’énergie stellaire existait dans l’Univers d’Origine même. En dehors de celui-ci, elle n’existait pas.
Quelle que soit la voie suivie par un cultivateur — cultivation, combat ou même mort —, son énergie se dissipait peu à peu dans le ciel étoilé, invisible à l’œil nu. Avec le temps, les lois naturelles de l’univers la condensaient à nouveau sous forme de gisements de cristaux stellaires ou d’énergie libre dérivant dans l’espace, que les cultivateurs pouvaient absorber.
Lu Yin se demanda si les graines spirituelles suivaient un cycle similaire. Pour empêcher cela, il rangea donc dans son univers intérieur toutes celles qu’il avait reçues. Ainsi, même si elles se brisaient et que leur énergie se dissipait, celle-ci ne retournerait pas au Nid de l’Esprit.
Cette précaution lui inspira une autre idée. S’il rassemblait toutes les graines spirituelles du Nid de l’Esprit, empêcherait-il les habitants du mégavers de cultiver à l’avenir ? Sans graines spirituelles, comment pourraient-ils commencer à cultiver ?
L’idée était exaltante.
Lu Yin se mit en route et rejoignit les autres pour l’événement de la Chambre de commerce, où les offres seraient officiellement déposées avant que l’une d’elles soit retenue. Yi Shang arriva lui aussi à ce moment-là.
À cet instant, tous les regards de la ville convergèrent vers le même endroit : son centre. C’était là que les offres seraient déposées et que la Chambre de commerce ferait son choix.
Toutes les associations commerciales participantes avaient payé le prix fort pour prendre part à l’événement, et nombre d’organisations avaient financé les entreprises en lice. Pourtant, l’ensemble du Nid de l’Esprit ne lui accordait guère d’attention. Le seul élément susceptible d’attirer les regards était la présence de Yi Shang.
Il n’était plus le Séraphin Yi Shang, mais le Président Yi Shang. Il avait perdu son titre de Séraphin et ne pouvait plus s’en prévaloir.
C’était sa première apparition officielle depuis sa destitution.
Seules onze associations commerciales participaient à cette sélection, un nombre étonnamment bas.
« Au départ, elles étaient quarante-six, mais plus de la moitié ont été éliminées en quelques jours à peine », remarqua Ye Laogui.
Ye Yan’er observa les différents représentants présents. Quelques-uns lui jetèrent un regard, mais elle n’en fut nullement intimidée. Elle soutint tous les regards, sans que ceux qui l’observaient réagissent de façon notable.
Quiconque pouvait participer à la sélection était loin d’être ordinaire.
Lu Yin était assis nonchalamment dans un coin. Il avait l’angle idéal pour assister au spectacle qui allait suivre.
Les gens du Domaine de l’Arche n’étaient pas présents. Lu Yin avait déjà pris quelques dispositions, et ils avaient accepté que l’Association commerciale des Cent Feuilles vende des matériaux de construction de vaisseaux de guerre au Domaine de l’Arche dès qu’elle deviendrait une association commerciale officielle. Sa présence à la sélection n’était donc plus nécessaire.
Ils ne doutaient pas que Lu Yin puisse obtenir l’un des postes officiels.
Yue Susu arriva avec des membres des Petits Marchands et s’inclina respectueusement devant Lu Yin, à distance.
Les représentants des différentes entreprises restèrent silencieux. Personne ne discuta ni n’échangea un mot avant l’arrivée des membres de la Chambre de commerce.
Ils étaient menés par Rong Xiang, suivi de Rong Hua et des autres membres de la Chambre de commerce.
Le lieu choisi pour la remise des offres et la sélection était plutôt banal. Après tout, vingt ans ne représentaient qu’un instant pour les cultivateurs. Toute cette affaire n’était qu’un autre moyen pour la Chambre de commerce d’engranger des profits ; nul besoin d’une cérémonie grandiose.
Yi Shang assistait à toutes les sélections auxquelles il le pouvait, sauf lorsqu’il était en retraite ou au combat. Sa présence témoignait déjà d’un grand respect pour les entreprises en lice.
Rong Xiang s’avança et balaya du regard les onze associations commerciales. « La sélection des associations commerciales officielles pour les vingt prochaines années va commencer. Ces derniers jours ont été mouvementés, et j’ignore qui parmi vous est responsable de quoi. Je préférerais ne jamais l’apprendre : vous découvririez alors les conséquences de votre mépris des règles de la Chambre de commerce. »
Les différentes entreprises se disputaient les cinq postes d’association commerciale officielle, mais la Chambre de commerce gardait le contrôle absolu de toute l’opération. Elle se moquait complètement des sentiments et des opinions des petites entreprises. Seules comptaient la préservation de sa réputation et la perspective d’engranger d’énormes profits.
« Veuillez accueillir le président », annonça Rong Xiang en reculant lentement.
Rong Hua et les autres membres de la Chambre de commerce se raidirent légèrement, puis s’inclinèrent profondément.
Les représentants des entreprises, en contrebas, prirent un air grave : le Séraphin Yi — non, le Président Yi Shang — allait faire son apparition. Obtenez des mises à jour plus rapidement sur nоvelping.com.
Vaincu par Yi Nan de la Portée fantôme, l’homme avait perdu son titre de Séraphin, mais Yi Shang restait un Dukkhan aussi puissant qu’un Séraphin. Il avait peu d’égaux dans tout le Nid de l’Esprit.
Le vide se tordit, et Lu Yin posa de nouveau les yeux sur un certain vieillard au visage rond. Un peu corpulent, il avait l’allure d’un homme d’affaires. Il souriait et ne semblait nullement affecté par la perte de son titre de Séraphin. Toute sa personne dégageait une impression de bonhomie et de richesse.
Lu Yin prit un air plus grave. Il avait déjà eu affaire à Yi Shang à de nombreuses reprises, notamment pendant les trente-sept années passées dans le cours secondaire du Fleuve des Éons. Durant cette période, ils s’étaient affrontés plusieurs fois. La base de séquence du vieil homme avait été dérobée à la frontière du Nid de l’Esprit ; c’était probablement la raison pour laquelle il avait perdu son rang de Séraphin.
De nombreux groupes recherchaient le Royaume de l’Empreinte, que Yi Shang avait toujours possédé. Après avoir perdu son titre parmi les Sept Séraphins, il avait également perdu le droit de conserver une base de séquence.
Il était devenu le centre de l’attention.
Cependant, le Royaume de l’Empreinte n’avait pas encore fait son apparition, et la Salle des Ascendants n’avait pas non plus communiqué publiquement à ce sujet.
Le Domaine de la Sagesse, la Portée fantôme et la Chambre de commerce du Domaine de Daquan avaient tous conspiré pour porter Yi Nan au pouvoir. Mais qu’est-ce que Yi Shang avait espéré obtenir dans cette affaire ?
Si tout s’était déroulé sans accroc et que Yi Nan avait remplacé Yi Shang au rang de Séraphin, comment le Domaine de la Sagesse aurait-il géré les relations entre les trois ? Lu Yin n’avait jamais pris la peine de questionner Old Yu : il était clair qu’il n’obtiendrait aucune réponse sincère.
Le vieil homme était extrêmement rusé.
Dès son arrivée, Yi Shang balaya du regard l’assemblée. Ses yeux s’attardèrent brièvement sur Lu Yin, puis se posèrent sur Yue Susu. Il avait manifestement remarqué ce qui avait échappé à Rong Xiang.
« Commençons.
Il n’y eut pas de banalités. Yi Shang annonça le début de la sélection, puis adressa un bref signe de tête à Lu Yin, en guise de salut discret.
Il savait déjà que Lu Yin serait présent pour enquêter sur les circonstances de la mort de Ba Liu et de Yi Yao. Old Yu l’en avait averti. L’ancien Séraphin n’avait pas voulu rester : Lu Yin le terrifiait. La bataille à la frontière l’avait traumatisé.
Pourtant, certaines personnes étaient impossibles à éviter.
La bataille à la frontière avait été le point culminant des manœuvres du Grand Séraphin contre Yi Shang, dont l’objectif était la destruction totale de la Chambre de commerce du Domaine de Daquan. C’était la première fois que le Manoir du Grandverse se heurtait à l’une des sept grandes puissances du Nid de l’Esprit, et Yi Shang avait vite compris à quel point le Manoir du Grandverse était terrifiant.
Par la suite, la situation avait évolué avec le Grand Séraphin, ce qui avait poussé Yi Shang à accepter la proposition de Old Yu et à céder son titre de Séraphin à Yi Nan. Après tout, la Portée fantôme pouvait facilement écraser la Chambre de commerce affaiblie.
Tant que le Domaine de Daquan existerait, Yi Shang ne pourrait pas échapper au Manoir du Grandverse. Il serait forcé de l’affronter et, après les combats des Profondeurs ombrales et du Royaume du Sud Errant, il savait qu’il n’était pas de taille face au Troisième Patron. Sa base de séquence était perdue et ne pourrait jamais être récupérée, mais il n’avait toujours pas d’autre choix que d’affronter le Troisième Patron. Il ne s’agissait ni de vie ou de mort, ni même de dignité. C’était simplement inévitable.
Même s’il parvenait à fuir une ou deux fois, Yi Shang finirait inévitablement par retrouver le Troisième Patron.
Tout ce qu’il espérait, c’était que Lu Yin, par égard pour le Domaine de la Sagesse, ne lui chercherait pas d’ennuis, à lui ni au Domaine de Daquan.
« Je ne rappellerai pas les règles », déclara Rong Xiang. « Veuillez commencer à soumettre vos offres. »
Il avait organisé cette sélection de nombreuses fois et la procédure était très simple : chaque association commerciale en lice soumettait une offre à l’examen de la Chambre de commerce, puis les cinq offres les plus élevées étaient retenues. Rien de plus.
Bientôt, toutes les offres furent déposées.
En les examinant, Rong Xiang devint de plus en plus perplexe. Une graine spirituelle… encore une graine spirituelle… et une autre offre d’une seule graine spirituelle ? C’est une plaisanterie ?
Parmi les onze associations commerciales présentes, dix avaient proposé une graine spirituelle par an. Ce n’était pas seulement une offre dérisoire, mais une véritable rébellion contre la Chambre de commerce.
Une offre sortait du lot : elle proposait 500 milliards de graines spirituelles.
Rong Xiang fixa cette offre, le regard arrêté sur le chiffre inscrit. 500 milliards de graines spirituelles, c’était particulièrement frappant. Il jeta un coup d’œil à Lu Yin et parvint à garder son sang-froid en tendant l’offre à Yi Shang.
Quelque chose clochait. De toute évidence, quelqu’un s’en prenait à la Chambre de commerce du Domaine de Daquan.