Chapitre 3 461
Lu Yin fut stupéfait. Cette lueur n’apparaissait que lorsque la force physique d’un cultivateur atteignait la limite absolue de son royaume de cultivation, ce qui lui était déjà arrivé autrefois.
Le niveau de cultivation de cet homme équivalait seulement à celui d’un Émissaire du Megaverse de Tianyuan, dont la puissance moyenne avoisinait les 600 000. Il comptait parmi les meilleurs de sa génération, mais il avait aussi poussé son corps physique jusqu’à la limite de son royaume de cultivation, rendant impossible toute tentative de la femme pour percer sa défense.
La femme déchaîna tout un arsenal d’armes, mais l’homme les attrapa toutes sans effort d’une seule main. À contrecœur, elle battit en retraite, le visage pâle. « Je ne vous arrêterai pas. Je renonce à ces Neuf Horizons. »
Durant les Neuf Horizons, l’attitude était primordiale. Le quatrième pas de l’homme avait déjà écrasé tous les autres, et la femme avait été contrainte de reculer. Sa prestance, comme celle d’autres participants tels que le Garçon Shouhe, avait été totalement réduite à néant.
Inutile d’attendre la fin de ces Neuf Horizons.
L’homme fit son cinquième pas, cette fois en prenant pour cible un chauve.
Celui-ci portait des vêtements simples et gardait les yeux fermés. Depuis son arrivée à Ninerings City, il ne les avait pas ouverts une seule fois.
À l’approche de son adversaire, le chauve ouvrit les yeux et croisa son regard. Puis il joignit les mains. « Paume des Mille Mondes. »
Quelqu’un s’écria : « La Paume des Mille Mondes ? N’est-ce pas la technique du Démon des Mille Mondes ? Alors, ce doit être son successeur ! »
« Qui aurait cru que le Démon des Mille Mondes avait un successeur, et qu’il ferait son apparition aujourd’hui ? »
Boum !
Un fracas assourdissant retentit lorsque la main du chauve heurta celle de son adversaire. La force physique de ce dernier avait beau avoir atteint la limite de son royaume de cultivation, celle du chauve n’était que légèrement inférieure. De plus, il maîtrisait la redoutable technique de la Paume des Mille Mondes.
La puissance de leur affrontement fit reculer de nombreux spectateurs. Seules quelques personnes âgées restèrent fermement en place.
Les anciens avaient raccompagné bon nombre de jeunes élites jusqu’à Ninerings City.
À Ninerings City, les Neuf Horizons étaient une épreuve destinée à la jeune génération, mais il arrivait parfois que des anciens viennent malmener les jeunes.
À cet instant, alors que la foule observait les deux jeunes hommes s’affronter, une lueur meurtrière brilla dans les yeux d’un ancien. Il envisagea d’intervenir et d’éliminer les deux concurrents au nom de son jeune maître.
Boum ! Un nouveau choc retentit, et le chauve recula d’un pas en titubant. Sa Paume des Mille Mondes ne pouvait rivaliser avec un homme qui avait atteint la limite de sa force physique dans le même royaume de cultivation.
Un pas en arrière. Le chauve ne voulait pas continuer à reculer, mais il n’avait plus le choix. Son adversaire frappa de nouveau et l’envoya valser.
C’était le cinquième pas de l’homme.
Pour le sixième, il se tourna soudain vers la taverne et fixa Lu Yin, toujours assis à l’intérieur.
Dans l’ombre, l’ancien qui avait songé à attaquer l’homme s’arrêta aussitôt, horrifié. Ce gamin ose s’en prendre au Troisième Patron ? Il est fou ?
Aux yeux de l’ancien, l’homme qui s’attaquait à tout le monde n’était qu’une fourmi. Ce n’était qu’un Guerrier spirituel, tandis que le vieil homme était un Ancêtre spirituel.
Pourtant, aux yeux du Troisième Patron, un Ancêtre spirituel n’était qu’une autre fourmi.
Ce jeune homme était beaucoup trop audacieux. Il jouait le tout pour le tout, misant sur ce dernier pas toute l’élan acquis pour les Neuf Horizons. Il ne comptait pas en accomplir neuf, mais seulement six. Et sa sixième cible était le Troisième Patron.
Affronter le Troisième Patron de front exigeait un courage sans égal.
Lu Yin haussa un sourcil et sourit. Alors, il compte se servir de moi comme d’un tremplin. Six pas lui suffiront pour s’élever jusqu’aux cieux, prendre de l’élan et montrer ses ambitions. Intéressant.
L’homme s’avança pour son sixième pas, droit vers la taverne. Il croisa le regard de Lu Yin et lança une attaque de la paume. S’il survivait à cette attaque, ses ambitions forceraient l’admiration de tous.
Mais avant même d’avoir achevé son sixième pas, il s’effondra soudain au sol.
Personne ne comprit ce qui s’était passé.
Lu Yin avait riposté. Le courage de cet homme ne faisait aucun doute : il n’avait vraiment pas peur de mourir. S’il avait accompli son sixième pas et survécu, son nom aurait été gravé dans l’histoire du Bosquet de la Flèche d’Eau. Sa prestance était bel et bien inégalée : une simple fourmi avait osé défier les cieux.
Mais Lu Yin était-il du genre à ouvrir la voie à quelqu’un d’autre ? Peut-être dans le Megaverse de Tianyuan, mais dans le Nid de l’Esprit, plus ce jeune homme deviendrait puissant, plus il représenterait une menace pour le Megaverse de Tianyuan.
Il devait donc tomber.
Quant à tuer cet homme, cela n’aurait tout simplement servi à rien.
Une fourmi qui défiait les cieux ne cherchait que la moindre chance de survivre, non en comptant sur sa propre force, mais sur l’indifférence des cieux.
L’homme avait réussi, puisque Lu Yin n’avait pas voulu le tuer. Mais cela ne signifiait pas pour autant que Lu Yin le laisserait achever son sixième pas. Ce chapitre a été copié depuis nоvelping.com sans autorisation.
Un plan d’ensemble reposait souvent sur un seul détail. Ni l’ambition ni le courage ne pouvaient combler un écart de puissance : il fallait mériter chaque pas, l’un après l’autre.
La foule se dispersa, laissant l’homme étendu au sol, apparemment sans vie, simplement inconscient de sa propre mort.
Le chauve fixa le corps effondré, abasourdi. Il se reconnaissait en cet homme. Une seule différence les séparait : l’un avait agi plus tôt… et avait perdu.
Tous deux étaient des cultivateurs indépendants. Rester libre de la domination étouffante des puissantes factions qui régnaient sur les domaines du Nid de l’Esprit n’avait rien de facile.
Le chauve leva les yeux vers la taverne.
Lu Yin sirotait son vin, détendu dans la taverne, et écoutait de temps à autre les flatteries d’Old Tao. Il profitait d’un moment de tranquillité.
Un jour, le chauve atteindrait lui aussi une telle stature. Il ferait en sorte que personne, dans tout le Nid de l’Esprit, ne puisse le sous-estimer.
À mesure que les Neuf Horizons approchaient, de plus en plus de gens recouraient à toutes les méthodes imaginables pour montrer leurs ambitions et surpasser les autres. Les stratégies étranges et extravagantes ne manquaient pas.
Certains allèrent même jusqu’à imiter le Manoir du Grandverse en provoquant la Salle des Ascendants, mais ils furent anéantis sans laisser de trace.
En les regardant, Lu Yin ne put s’empêcher d’éprouver un peu de compassion.
À la veille des Neuf Horizons, quelqu’un accomplit les Neuf Pas. Pour son neuvième pas, il prit directement Ru Mu pour cible. D’un seul mouvement, il la vainquit et prouva qu’il n’avait pas d’égal.
L’homme s’appelait Ye Jun. En vainquant Ru Mu et en accomplissant les Neuf Pas, il s’assura une place dans l’histoire du Nid de l’Esprit.
Ye Jun correspondait à l’idée que chacun se faisait d’un gentleman sans égal. Sa prestance était incomparable, son regard tranchant comme une épée et ses ambitions irréprochables. En un instant, les yeux d’innombrables femmes s’illuminèrent ; elles avaient l’impression de contempler un autre Yu Shan.
Mais l’instant suivant, une énergie d’épée inconnue surgit de nulle part et décapita Ye Jun.
Même mort, l’homme arborait un sourire. Il avait manifestement cru atteindre le sommet de sa vie. Il n’avait jamais su qu’arriver au sommet serait aussi son dernier acte.
Beaucoup déplorèrent le sort de Ye Jun. Il avait sans aucun doute été un génie. Le voir mourir était une perte regrettable.
Personne ne savait qui l’avait attaqué, mais il n’était pas nécessaire de le découvrir. Personne ne prendrait sa défense.
Lu Yin détourna le regard. Il avait vu qui l’avait attaqué, mais il avait choisi de ne pas intervenir. La mort de cet homme était-elle regrettable ? Peut-être. Mais c’était aussi cela, le monde de la cultivation. Cet homme avait vraiment été un prodige, mais son éclat avait brûlé trop fort. S’il avait pu éviter le désastre et avancer pas à pas, son potentiel futur aurait été sans limites. Mais combien étaient réellement capables d’échapper à toutes ces calamités ?
L’histoire avait vu passer d’innombrables génies, mais ceux qui arrivaient au bout n’étaient pas nécessairement toujours des génies.
À Ninerings City, Ye Jun était loin d’être le seul à pouvoir accomplir les Neuf Pas.
Ru Mu elle-même n’avait pas encore révélé toute sa véritable puissance.
Avancer ne signifiait pas toujours aller de l’avant. Parfois, reculer était aussi une forme de progrès, même si la plupart des gens ne le comprenaient pas.
On aurait pu croire que la mort de Ye Jun effraierait les autres, mais deux personnes se lancèrent aussitôt dans les Neuf Pas. C’était le moyen le plus efficace de réussir : celui qui accomplissait les neuf pas se plaçait au-dessus de tous les autres à Ninerings City. Qui n’en aurait pas été tenté ?
L’ambition était à double tranchant. La réaliser menait à une grandeur inégalée, mais échouer la réduisait à de la pure arrogance.
Qu’une personne finisse par atteindre la grandeur ou par passer pour arrogante, elle devait tout de même emprunter le même chemin.
Une femme aux longs cheveux violets attira tous les regards. Elle accomplit presque aussitôt ses sept premiers pas. Les adversaires qu’elle avait choisis étaient loin d’être faibles, en particulier sa septième cible : le jeune Si Tu, de la Porte de la Misère du Domaine de la Divination.
La Porte de la Misère était célèbre dans tout le Nid de l’Esprit, car ses cultivateurs se consacraient principalement à affiner leur cœur et à tremper leur volonté.
La volonté ne se transformait peut-être pas directement en puissance, mais elle témoignait de la persévérance et, dans une certaine mesure, de l’ambition.
Le jeune Si Tu, de la Porte de la Misère, était non seulement puissant, mais aussi doté d’une volonté aussi solide que la pierre.
Ye Jun lui-même ne s’en était pas pris à lui.
Le jeune Si Tu pouvait être vaincu, mais surpasser son ambition aurait été extrêmement difficile. Après tout, il préférait mourir plutôt que de céder.
Malgré tout, la femme aux cheveux violets s’attaqua au jeune Si Tu. À l’aide d’un simple brin d’herbe, elle le désorienta et finit par le vaincre.
Cette scène fit grimacer Si Kon, de la Porte de la Misère, venu observer Lu Yin. Il ne s’en prit toutefois pas à la femme aux cheveux violets.
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La femme aux cheveux violets était de ceux qu’on ne pouvait pas toucher.
À Ninerings City, hormis le Troisième Patron, personne n’oserait s’en prendre à elle, car elle était protégée par de puissants alliés.
Pour son huitième pas, elle s’attaqua à un homme au visage rond qui semblait inoffensif.
L’homme, surpris par cette attaque soudaine, s’écria : « Zi Yi, qu’est-ce que je t’ai fait pour te provoquer ? Pourquoi tu t’en prends à moi ? »
La femme aux cheveux violets sourit légèrement. « Arrête ton cinéma. Les autres croiront peut-être que tu n’es qu’un jeune artisan du Domaine de l’Art céleste, mais pas moi. Tu es forcément déjà un artisan ! »
La foule alentour s’exclama, incrédule : « Ce gros est un artisan du Domaine de l’Art céleste ? Impossible ! »
« Comment est-ce possible ? Je n’arrive pas à y croire. »
« C’est forcément vrai. Sinon, Zi Yi n’aurait jamais choisi ce gros comme huitième adversaire. »
« Mais il ne ressemble pas du tout à un artisan… »
« Il ne faut pas se fier aux apparences. »
…
En entendant les commentaires autour de lui, le visage du gros homme vira au rouge de colère. Il jura : « C’est vous, les gros ! Toute votre famille est grosse !
— Zi Yi, tu l’auras cherché ! Ces Neuf Horizons signeront ta fin ! » Sur ces mots, il écarta les bras. Des fils de soie jaillirent de ses mains, tissant un filet qui fondit sur Zi Yi.
La femme aux cheveux violets gloussa. « Gros, tu te dévoiles enfin ! Seul un artisan oserait utiliser la technique de combat de la Soie spirituelle changeante du Domaine de l’Art céleste. Si tu n’as pas atteint ce niveau, elle se retournera contre toi… »
Avant qu’elle ait pu finir, l’homme au visage rond poussa un hurlement. Ses propres fils de Soie spirituelle lui lacérèrent les bras et son sang éclaboussa le sol.
La foule resta stupéfaite.
Zi Yi aussi était abasourdie. Qu… qu’est-ce qui se passe ?
Le gros homme gémit de douleur. « Je t’ai dit que je n’étais pas un artisan ! Je ne suis pas un artisan ! C’est toi qui as insisté ! Maître, sauve-moi ! Ton adorable disciple est en train de mourir ! Maître… ! »
La scène laissa tout le monde perplexe un instant, puis la foule éclata de rire.
Le gros homme s’était retrouvé acculé, sans échappatoire après tous les commentaires de la foule. Il avait donc tenté le tout pour le tout en utilisant la technique de combat de la Soie spirituelle changeante, mais son pari avait échoué.
Le visage de Zi Yi prit la même teinte que ses cheveux, et elle se mit à trembler de rage. Quel idiot ! Elle s’était complètement trompée sur lui. Ce maudit gros avait joué les mystérieux tant de fois ! Elle avait sincèrement cru que l’homme était un artisan, et lui avait réservé son huitième pas. L’issue avait été tout autre que prévu.
Après tout, le gros n’était pas le seul à être devenu la risée de tous : Zi Yi aussi.
Quant à poursuivre avec le neuvième pas ? Hors de question. Ses Neuf Pas étaient complètement ruinés.
Zi Yi serra les dents de rage tandis que le gros, entièrement occupé à supplier son maître de le soigner, continuait de geindre. Elle avait envie de le gifler à mort.
À l’étage supérieur de la taverne, Cai Keqing ne put retenir le sourire qui s’étira sur son visage. Elle aussi trouvait la scène amusante.
Old Tao gloussa et secoua la tête. « Alors, c’est là que s’achève le parcours de Zi Yi ? Qui aurait cru qu’on pouvait mettre les Neuf Pas en échec de cette manière ? »
Lu Yin observa Zi Yi. Il l’avait déjà vue, mais c’était dans un affluent du Fleuve des Éons. Elle faisait partie des jeunes élites qui avaient rejoint l’avant-garde de l’invasion lors de leur incursion dans le Megaverse de Tianyuan. Pour son âge et son royaume de cultivation, elle était plutôt puissante.
Lu Yin se tourna ensuite vers le gros homme, qui courait toujours partout à la recherche de son maître. Il avait tout fait exprès.
Intéressant. Quelqu’un de très malin.
Zi Yi avait été irrésistible et s’était montrée très sûre d’elle en choisissant le gros comme huitième adversaire. Celui-ci était bel et bien capable d’utiliser la technique de combat de la Soie spirituelle changeante, mais il avait délibérément échoué. Il s’était blessé aux bras juste pour saboter les Neuf Pas de Zi Yi. Ainsi, il avait éliminé une concurrente sans même avoir à se battre.
De toutes les personnes présentes, le gros était le plus intelligent.
Les réflexions d’OMA
Traduit par : OMA
Révisé par : Neshi/Nyxnox
Relu par : OMA