Chapitre 3 462
« Parle-moi du Domaine de l’Art céleste », ordonna Lu Yin.
Old Tao expliqua : « Les trente-six domaines de notre Nid de l’Esprit sont formés d’univers parallèles interconnectés. Tous ces univers parallèles sont reliés par de la Soie spirituelle, qui provient entièrement du Domaine de l’Art céleste.
— Le Domaine de l’Art céleste se spécialise dans la production de Soie spirituelle et la fabrication d’excellentes armes. Les armes faites de Soie spirituelle sont particulièrement prisées. S’en servir au combat dans l’un des trente-six domaines permet d’accroître sa puissance jusqu’à un certain niveau. C’est pourquoi le Domaine de l’Art céleste est si respecté parmi les trente-six domaines.
— La personne la plus puissante du Domaine de l’Art céleste, qui est aussi la plus habile dans la fabrication d’armes, porte le titre de Grand Maître. Viennent ensuite les maîtres artisans, les artisans, puis les artisans juniors. Il n’existe aucun titre pour ceux qui n’ont pas atteint le rang d’artisan junior.
— Ce gros, tout à l’heure, est un artisan junior. La différence entre un artisan junior et un artisan tient à leur capacité à utiliser la technique de combat de la Soie spirituelle changeante. Seuls les artisans en sont capables, car fabriquer des armes en Soie spirituelle exige aussi de s’en servir au combat. Cela demande un degré de maîtrise que les artisans juniors n’ont tout simplement pas. »
C’était donc ainsi.
Parmi les trente-six domaines, certains étaient ordinaires, tandis que d’autres étaient exceptionnellement puissants.
Au loin, Zi Yi semblait contrariée.
Une vieille femme s’approcha pour réconforter la jeune femme. « Laissez tomber. Personne n’aurait pu prévoir que ce gros serait aussi incompétent. La prochaine fois, vous choisirez sans aucun doute un meilleur adversaire. »
Elle avait toujours été celle qui menait la danse. Elle avait affronté Yuan Mie, provoqué Cat à de nombreuses reprises et mis en colère celui qui se cachait toujours sous sa couverture. Ces gens-là étaient les véritables élites de leur génération au sein du Nid de l’Esprit. C’étaient eux qui étaient montés à bord du vaisseau de guerre, dans la ligne temporelle alternative, et s’étaient rendus dans le Megaverse de Tianyuan.
Zi Yi avait joué avec eux sans le moindre effort, et voilà qu’elle était devenue la risée de tous.
Si l’incident venait à s’ébruiter, comment pourrait-elle encore se montrer ?
Elle avait franchi son huitième pas, et elle avait échoué. Elle devait retrouver sa contenance, mais même vaincre le plus puissant de sa génération ne suffirait pas à compenser l’humiliation qu’elle avait subie.
Soudain, elle leva la tête vers une taverne. Il ne lui restait qu’une voie à suivre : défier quelqu’un d’absolument invincible et écraser tout ce qui venait de se passer par une victoire éclatante.
Et cet invincible n’était autre que le Troisième Patron du Manoir du Grandverse.
Zi Yi fit un pas en avant et se retrouva aussitôt au pied de la taverne, face à Lu Yin.
À quelques pas de là gisait l’homme qui avait été le premier à tenter d’accomplir les Neuf Pas. Il n’avait toujours pas repris connaissance, et personne n’osait même vérifier s’il était encore en vie.
La vieille femme sursauta devant ce mouvement soudain. « Jeune maîtresse, que faites-vous ? »
Lu Yin baissa les yeux vers Zi Yi. Encore une ? Elle veut se servir de moi pour effacer son humiliation ? Quelle naïveté.
L’orgueil de Zi Yi ne lui permettrait pas de devenir la risée de tous. Elle préférait mourir plutôt que de subir un tel sort.
Au loin, le gros vit ce qui se passait et en fut stupéfait. « C’est pas vrai ! Elle est vraiment prête à aller jusque-là ? Cette femme a un orgueil démesuré ! »
Tout le monde fut stupéfait, mais les yeux de beaucoup s’illuminèrent d’excitation.
C’était parfait. Si Zi Yi était tuée par le Troisième Patron, la figure impitoyable qui la protégeait finirait certainement par intervenir. Voilà qui promettait un vrai spectacle. Seul quelqu’un de ce niveau pouvait espérer dévoiler les secrets du Manoir du Grandverse.
« Jeune maîtresse, ne soyez pas imprudente ! » La vieille femme saisit Zi Yi et tenta de l’éloigner.
Mais Zi Yi s’obstina. « Mamie, si je ne le fais pas, tout le monde se moquera de moi ! »
La vieille femme s’alarma de plus en plus. « Jeune maîtresse, mieux vaut vivre que mourir ! Cet homme a même bravé le Grand Séraphin en personne ! Il a annoncé qu’il allait dégrader le Palais Apex de la Salle des Ascendants. Il n’aura aucun égard pour Zi Tianshu ni pour aucun des Sept Séraphins. Partons ! Ne le provoquez pas ! »
Zi Yi serra les poings. « C’est ce pas qui décidera si je vis ou si je meurs ! »
« Jeune maîtresse ! » s’écria la vieille femme en jetant un regard vers la taverne. Le reflet glacé dans les yeux de Lu Yin lui fit dresser les cheveux sur la tête. Sans hésiter, elle frappa Zi Yi à la nuque et l’assomma. Puis elle la souleva et s’enfuit.
Zi Yi ne s’était absolument pas attendue à cela. La vieille femme était sa protectrice, et jamais elle n’aurait imaginé que celle-ci l’assommerait un jour pour l’emporter.
Lu Yin ne l’arrêta pas. Après tout, aucune des deux femmes ne l’avait encore provoqué.
La vieille femme avait aussi le sens de la décision.
« Qui soutient Zi Yi ? De toute évidence, beaucoup espéraient assister à un spectacle », se demanda Lu Yin à voix haute.
Old Tao poussa un soupir de soulagement. « Vieux Tian Shu. C’est un expert du niveau des Sept Séraphins. Il a autrefois reçu le titre de Séraphin, mais il y a renoncé par la suite. C’est un véritable colosse, du même niveau que les Séraphins. »
Lu Yin fut surpris. « Il est devenu Séraphin, puis a renoncé à son titre ? Pourquoi ? »
Old Tao secoua la tête. « Ça, je l’ignore. »
Lu Yin jeta un coup d’œil à Maître du Palais Yao, mais elle répondit seulement : « Je l’ignore aussi. »
Lu Yin détourna le regard. Quelqu’un était devenu Séraphin, puis avait abandonné son titre… Sa curiosité était piquée et il voulait rencontrer cet homme. Vous lisez sur NovelPing, la source officielle.
Beaucoup avaient espéré assister à un spectacle. Ils avaient tous voulu que Lu Yin tue Zi Yi et s’attire ainsi les foudres de Vieux Tian Shu. Peut-être certains secrets du Manoir du Grandverse auraient-ils alors été révélés.
Lu Yin était parti en voyage pour apaiser les inquiétudes du Grand Séraphin et réduire les chances qu’il intervienne, tout en renforçant sa Voie karmique. Il ne cherchait pas à déclencher une guerre totale contre l’ensemble du Nid de l’Esprit.
Un certain équilibre était en place, et Lu Yin le préserverait.
Zi Yi fut emportée, et la veille des Neuf Horizons prit enfin fin.
La ville de Ninerings fut plongée dans un calme absolu.
Plus personne ne viendrait en ville. Tous ceux qui étaient venus assister au phénomène étaient déjà là, et ceux qui devaient partir s’en étaient déjà allés.
Dans les neuf domaines, d’innombrables personnes attendaient la fin du cycle et le début d’un nouveau.
Elles avaient hâte de voir quels jeunes prodiges feraient leur apparition et lesquels laisseraient leur marque dans le Bosquet de la Flèche des Eaux.
De tels individus pourraient un jour devenir des Séraphins, et cet événement serait inscrit dans l’histoire.
La ville de Ninerings sombra dans l’obscurité. C’était celle qui précédait l’aube.
Lu Yin but une gorgée de vin tandis que le premier rayon de lumière apparaissait. Les Neuf Horizons commençaient.
Une lumière aveuglante jaillit à l’est et s’étendit dans le ciel.
Tous les habitants de la ville de Ninerings levèrent les yeux vers cette lumière éblouissante. Les visages s’illuminèrent d’excitation, l’un après l’autre. Le phénomène avait commencé.
« En avant… » marmonna quelqu’un avant de faire un pas vers la lumière éblouissante.
Les Neuf Horizons illumineraient neuf domaines et feraient apparaître dans leur éclat l’image de ceux qui s’y trouvaient. Plus on s’approchait de la lumière, plus son image devenait nette dans les neuf domaines. Et plus grandes étaient ses ambitions, plus son éclat brillait.
Le Grand Séraphin avait autrefois fait apparaître son image dans les trente-six domaines. Cet instant était resté gravé dans l’histoire.
Sa tour dominait toujours toutes les autres dans le Bosquet de la Flèche des Eaux.
Chacun aspirait à accomplir le même exploit.
Dans le monde de la cultivation, la force faisait loi. Pourtant, les Neuf Horizons étaient un rare phénomène astral où la force ne suffisait pas à déterminer l’issue.
L’Érudit aux Trois Coupes était un modèle pour tous.
La légende racontait qu’un érudit démuni était un jour tombé par hasard sur les Neuf Horizons. Sa cultivation était pitoyable, mais son ambition touchait les cieux. Il avait offert trois coupes de vin à tous ceux qu’il rencontrait et proclamé qu’il ne s’inclinerait devant personne, pas même un Séraphin.
Tout le monde avait pris ces propos pour de la vantardise. Comment aurait-on pu refuser de s’incliner devant un Séraphin si l’on en rencontrait réellement un ? On avait supposé que l’homme n’avait fait une telle déclaration que parce qu’il était certain de ne jamais en croiser.
Après tout, les Sept Séraphins étaient des figures si éminentes que même les Ancêtres spirituels les rencontraient rarement, et encore moins un érudit démuni.
Pourtant, lors des Neuf Horizons, cet érudit avait fait apparaître son image dans dix-huit domaines, ébranlant tout le Nid de l’Esprit.
La cultivation de l’homme était pratiquement inexistante. Le premier cultivateur venu aurait pu le vaincre. Malgré cela, il avait surpassé les Guerriers spirituels et les Ancêtres spirituels, faisant apparaître son image dans dix-huit domaines, à égalité avec les Séraphins de son époque.
L’événement avait provoqué un immense émoi dans tout le Nid de l’Esprit. Un Séraphin était descendu, mais l’érudit s’était contenté de lui offrir trois coupes de vin, de rire de bon cœur, puis de repartir sans accepter ni cadeau ni bénédiction. En définitive, il avait vécu paisiblement jusqu’à la fin de ses jours.
Tout au long de sa vie, diverses organisations puissantes avaient exprimé le désir de le recruter. Même un Séraphin lui avait proposé de devenir son disciple, mais l’érudit avait refusé toutes ces offres.
L’ambition de l’Érudit aux Trois Coupes touchait les cieux. Les autres cherchaient simplement à imiter son attitude, persuadés que cela les mènerait vers de nouveaux sommets.
Puisque l’Érudit aux Trois Coupes y était parvenu, chacun croyait pouvoir en faire autant.
Les gens se dirigèrent vers la lumière, les uns après les autres, chacun accompagné de déclarations audacieuses.
« Aujourd’hui, moi, Xi Cang, j’illuminerai les trente-six domaines et égalerai le Grand Séraphin… »
« J’ai maîtrisé les techniques de combat de ma famille dès l’enfance, connu une Renaissance de l’Esprit à dix ans et atteint le rang de Vagabond spirituel à quinze ans. À vingt ans, j’étais célèbre dans tout un univers. Qui, parmi mes pairs, ose me défier… »
« Sous la ville de Ninerings, tout le monde n’est qu’une fourmi. Un jour, même les Séraphins me considéreront comme leur égal… »
« Entre ciel et terre, je régnerai seul en maître… »
…
D’innombrables voix résonnèrent tandis que les gens accueillaient la lumière qui illuminait la ville de Ninerings.
Dans la ville, tous les regards étaient levés. Chacun espérait que certains parviendraient à s’élever davantage et à illuminer plus de domaines.
Pourtant, à cet instant, personne n’avait réussi à se fondre dans la lumière.
Se fondre dans la lumière était le seul moyen de la maîtriser véritablement et d’illuminer les neuf domaines. Ce n’était qu’ensuite que les ambitions de chacun comptaient vraiment.
Mais se fondre dans la lumière exigeait déjà une prestance suffisante. Hélas, aucune vantardise ne permettait de franchir la distance nécessaire. Personne n’arrivait même à s’approcher de la lumière.
Certains tentèrent de l’atteindre à l’aide de techniques de combat ou de déplacement, mais toutes leurs tentatives furent vaines.
Les Neuf Horizons étaient un phénomène astral. Un Guerrier spirituel pouvait certes s’approcher de la lumière par la force brute, mais cela ne lui permettrait pas de s’y fondre. Elle resterait illusoire et ne servirait à rien.
Au fil des ans, de nombreux puissants maîtres des séquences avaient étudié la question en profondeur.
Pour se fondre dans la lumière, il fallait avoir la prestance et l’ambition qui convenaient. Alors seulement l’image d’une personne pouvait apparaître dans les neuf domaines.
Bientôt, la première personne à réussir à se fondre dans la lumière apparut. Tout le monde fut surpris : ce n’était qu’un enfant qui ne semblait pas avoir plus de dix ans, mais il dégageait un orgueil incroyable. « Quand je serai grand, je piétinerai tous les megaverses étrangers ! Je suis né avec un talent sans égal, et je serai invincible après ma Transformation spirituelle. »
La ville de Ninerings fut secouée. « C’est Petit Salamandre, de la Terre des Bêtes primordiales ! »
« Quoi ? C’est Petit Salamandre ? »
« Toute une bande de vieux monstres se cache dans la Terre des Bêtes primordiales. La plupart ont survécu si longtemps grâce à la nature singulière de leur Renaissance de l’Esprit sous forme bestiale. Vieux Salamandre est l’un de ces monstres, et on dit qu’il est aussi puissant que les Sept Séraphins. Voilà pourquoi personne n’ose provoquer Petit Salamandre. Qui aurait cru qu’il se montrerait ici ? Pourquoi personne ne savait qu’il était là jusqu’à maintenant ? »
« Chut ! Je peux vous le dire. Petit Salamandre se cachait près de la taverne depuis tout ce temps. »
« Près du Troisième Patron ? »
« La Terre des Bêtes primordiales s’est déjà opposée au Manoir du Grandverse. Petit Salamandre avait donc peur que le Troisième Patron le capture. »
« Ça se tient. »
Dans la taverne, Old Tao raconta à Lu Yin l’histoire de Petit Salamandre. Lu Yin fut pris au dépourvu. Il avait utilisé des spirales karmiques qui avaient transpercé nombre de personnes dans la ville de Ninerings, mais, sans le vouloir, il avait évité Petit Salamandre. Le petit l’avait délibérément évité.
Le gamin avait tout de même une prestance extraordinaire. Il n’avait même pas encore atteint l’âge adulte ?
La lumière du phénomène astral devint plus intense et s’étendit à travers les neuf domaines. Bientôt, elle les recouvrit tous, permettant à d’innombrables personnes de voir les jeunes prodiges qui feraient leur apparition à la fin de chaque cycle.
Lors des Neuf Horizons précédents, de nombreux prodiges avaient réussi à se fondre dans la lumière. Ceux qui venaient de puissantes familles et avaient vécu des expériences extraordinaires acquéraient naturellement une prestance et une ambition supérieures à celles de la plupart des autres.
Mais avant que Petit Salamandre puisse illuminer les neuf domaines, la lumière s’éloigna de lui.
Petit Salamandre entra dans une colère noire. « Qui ? Qui ose enfreindre les règles ? »
Les autres furent tout aussi stupéfaits.
Depuis des temps immémoriaux, une règle tacite était respectée : personne ne devait déranger ceux qui se fondaient dans la lumière. Sans cette courtoisie, personne ne pourrait véritablement illuminer les neuf domaines.
Petit Salamandre avait été le premier à se fondre dans la lumière ; les autres auraient donc dû se contenter de rester à l’écart et de regarder. Quiconque l’interromprait deviendrait l’ennemi de tous. Pourtant, à cet instant, quelqu’un avait clairement enfreint la règle et attirait la lumière à lui par la seule force de ses ambitions. Petit Salamandre ne pouvait donc pas illuminer les neuf domaines.
La dernière fois qu’une telle entorse aux règles avait eu lieu remontait à bien des années. Il était tout naturel que Petit Salamandre soit furieux.
Dans la ville de Ninerings, le protecteur de Petit Salamandre était tout aussi furieux. Il fit un pas pour intervenir, mais se figea aussitôt sur place. Le front couvert de sueur, il était incapable de bouger.
La lumière du phénomène ne traversa pas le ciel comme elle aurait dû, mais descendit vers la ville de Ninerings.
En suivant la direction de la lumière, tous ne purent penser qu’à une seule personne : le Troisième Patron.
Les pensées de l’OMA
Traduit par : OMA
Révisé par : Neshi/Nyxnox
Vérifié par : OMA