Chapitre 3 385
« Les conscients… ne peuvent pas être dévorés ? »
Le Dieu sans Ombre répondit avec amertume : « Il est absolument impossible de nous dévorer ! Si elle ne l’avait pas fait volontairement, Seigneur Lu, vous n’auriez jamais pu prendre sa conscience. Sans sa conscience, je… »
Le Dieu du Ciel ne savait pas s’il devait maudire le Dieu sans Blanc ou simplement s’en prendre à sa propre malchance. Sans la conscience du Dieu sans Blanc, le Dieu sans Ombre aurait pu s’échapper. Pourtant, il n’avait survécu dans le Megaverse de la Conscience que grâce à elle.
Que s’était-il passé, au juste ?
Pourquoi le Dieu sans Blanc tenait-il tant à Lu Yin ?
Le Dieu sans Ombre était incapable de comprendre les émotions humaines.
C’était comme le Dieu sans Blanc lui-même, qui n’avait jamais compris pourquoi il avait été accablé par les sentiments de Ming Yan. Cette confusion avait conduit à la situation actuelle.
Lu Yin baissa la main.
Le Dieu sans Ombre poussa un soupir de soulagement. « Merci, Seigneur Lu, de m’épargner. »
Lu Yin baissa les yeux vers lui. « Quand ai-je dit que je ne te tuerais pas ? »
Le Dieu sans Ombre se figea, incapable de réagir. À cet instant, une étoile explosa. La puissance de l’Art Cosmique s’allia à une force physique qui avait atteint les limites biologiques du Megaverse, et le corps du Dieu sans Ombre fut réduit en morceaux. Sa conscience jaillit des débris et il maudit Lu Yin, haïssant l’humain. « Lu Yin, tu mourras dans d’atroces souffrances ! Le jour viendra où le Nid de l’Esprit ou le Megaverse de la Conscience te tuera ! Ta mort sera terrible ! Terrible… »
La conscience de Lu Yin jaillit derrière lui et fondit sur le Dieu sans Ombre.
La conscience tenta désespérément de fuir, mais c’était impossible. L’étoile de conscience descendit, se changeant en vortex qui dévora celle du Dieu sans Ombre.
Le Dieu du Ciel était horrifié. « Les conscients du Megaverse de la Conscience ne peuvent pas être dévorés ! Tu es le seul, Lu Yin. Tu es le plus grand ennemi de mon Megaverse de la Conscience ! Tu représentes une menace encore plus grande que le Nid de l’Esprit ! Lu Yin, un jour, nous te détruirons ! Tu mourras… et ta mort sera terrible… »
La voix du Dieu sans Ombre s’affaiblit tandis que sa conscience était dévorée et aspirée dans l’étoile de Lu Yin.
La vitalité et les pensées de cette conscience furent effacées dès qu’elle fut entièrement absorbée. Au bout du compte, seule la conscience la plus pure demeura auprès de Lu Yin.
Lu Yin ne l’avait pas tué uniquement parce qu’ils étaient ennemis : il avait aussi voulu vérifier s’il pouvait dévorer un conscient du Megaverse de la Conscience.
Le résultat était sans appel : oui.
Le sacrifice du Dieu sans Blanc avait ouvert une possibilité à Lu Yin : il pouvait renforcer sa propre conscience sans limite en dévorant celle des autres.
Lu Yin pouvait améliorer sa conscience en dévorant les conscients du Megaverse de la Conscience. Pour ce Megaverse, il serait leur plus grand ennemi. En effet, le Nid de l’Esprit ne pouvait que détruire les conscients, pas les dévorer.
Une fois le Dieu sans Ombre entièrement disparu, Lu Yin resta seul dans l’espace, les yeux rivés sur son étoile de conscience.
Elle avait beaucoup grossi.
C’était terrifiant. Sa conscience s’était considérablement renforcée et avait désormais clairement atteint le niveau Univers. Non, il aurait plutôt dû parler du niveau Dukkhan, dont la puissance était comparable à celle de l’étoile de conscience de Lu Yin, de niveau Univers.
Lu Yin n’était lui-même ni un Dukkhan, ni même un Ortuser, et pourtant sa conscience avait déjà dépassé le niveau de sa cultivation.
Il avait pris un raccourci.
Le Megaverse de la Conscience pouvait lui fournir une quantité infinie de conscience, tandis que le Nid de l’Esprit pouvait lui procurer une quantité infinie de particules de séquence.
On aurait dit que les deux Megaverses étaient devenus des sources de croissance pour Lu Yin.
Il se retourna et regarda au loin. Le Progéniteur Originel acculait peu à peu le Vrai Dieu. L’homme se rapprochait de la mort et ne pouvait rien faire pour l’empêcher.
Dans une autre direction, le poing de Lu Yuan envoya le Roi verdoyant au sol. Le Sage verdoyant tenait toujours Yan Gang dans une main, mais presque tous les insectes de l’essaim sans fin avaient été éliminés.
Sur un champ de bataille de cette envergure, les insectes avaient beau être nombreux, ils ne servaient à rien.
Yan Gang cracha du sang. Le Roi verdoyant avait beau le protéger, la moindre onde de choc de ce combat suffisait à le tuer.
Il avait perdu sa jambe droite, arrachée par une onde de choc. Le sang n’avait cessé de couler et la douleur lui rongeait les os.
Il regrettait profondément ses actes et de ne pas avoir livré son Nid.
Quelque chose le poussa à regarder au loin. À cet instant, Lu Yin le fixait droit dans les yeux.
L’homme eut l’impression d’être projeté cent ans en arrière. À l’époque, ils se trouvaient tous les deux sur Terre. Yan Gang avait méprisé Lu Yin, se croyant supérieur. Il l’avait pris pour un natif de la Terre qu’il pouvait écraser sans peine.
Cent ans s’étaient écoulés en un clin d’œil, et Yan Gang n’aurait jamais imaginé revoir Lu Yin dans de telles circonstances après tout ce temps.
En fixant Lu Yin, l’homme le supplia du regard. Yan Gang voulait vivre, pas mourir.
Lu Yin regardait lui aussi Yan Gang et se remémorait son passé sur Terre. Cent ans avaient passé si vite… Que se passerait-il dans mille ans ? Dix mille ? Cent mille ? Un million, voire un milliard d’années ? Que deviendraient son univers et son Megaverse ?
Lu Yin était destiné à devenir une légende, mais cela signifiait qu’il devrait dire bien trop d’adieux.
Boum !
Hongyan Mavis frappa le Roi verdoyant à la tête. Il cracha une giclée de sang qui éclaboussa le visage de Yan Gang. Le sang brûlant lui fit fondre la peau et l’homme hurla : « Tuez-moi ! Je vous en prie, tuez-moi ! »
Yan Gang n’avait pas peur ; il souffrait simplement tant qu’il préférait mourir.
Le Roi verdoyant écrasa négligemment le crâne de Yan Gang. L’homme n’avait plus aucune valeur, et le Vrai Dieu était lui aussi sur le point de périr.
Face à l’insecte, Lu Yuan et Hongyan Mavis chargèrent.
La tension disparut du visage du Roi verdoyant. « Je veux racheter ma vie. »
Lu Yuan et Hongyan Mavis cessèrent instinctivement d’attaquer, tout en encerclant le Sage verdoyant.
« Racheter ta vie ? »
Le Roi verdoyant se tourna vers Lu Yin et parla lentement : « Je sais que vous vous opposez à nous, mais nous n’avons jamais voulu être vos ennemis. Nous, les insectes, ne nous reproduisons que par instinct. Si vous ne voulez pas des autres insectes, je peux les faire tous mourir. Je peux vous donner mon Nid. »
Lu Yin haussa un sourcil. « Tu tiens vraiment à vivre. »
En prenant possession du Sage verdoyant, la boule de poils verte, Lu Yin avait compris que rien ne comptait davantage pour les Sages verdoyants que la survie. Ce n’était pas seulement leur instinct naturel : c’était aussi l’ordre du Seigneur immortel.
Quand le Seigneur immortel avait envoyé les Nids dans le Megaverse de Tianyuan, le seul ordre qu’ils avaient reçu était de survivre.
Et les Sages verdoyants exécutaient fidèlement les ordres du Seigneur immortel.
Le Roi verdoyant s’inclina respectueusement. « Je vous en prie, Seigneur Lu, laissez-moi une chance de vivre. Je suis prêt à vous servir jusqu’à la fin de mes jours.
« Je connais un secret, et il vaut ma vie. »
Lu Yin rit. « Tes secrets ne m’intéressent pas. Tu n’es pas le seul Sage verdoyant à vouloir survivre. Tuez-le. »
L’ancêtre des géants apparut derrière le Sage verdoyant. Même s’il avait perdu son bras droit, il pouvait encore écraser le Roi verdoyant de sa main gauche.
Lu Yin n’avait pas de temps à perdre à discuter avec le Roi verdoyant. Le combat contre le Progéniteur Originel était sur le point de s’achever. Il comptait ensuite s’occuper du Chien céleste, qui résistait remarquablement bien et n’était toujours pas mort. Il n’était pas étonnant que le chien fût une créature plus ancienne que l’humanité elle-même.
Le Roi verdoyant esquiva l’attaque du géant et cria aussitôt : « Seigneur Lu, vos capacités vous permettent d’empêcher tout Sage verdoyant de s’échapper, et il va de soi que vous en avez déjà obtenu d’autres. Mais mon secret vaut plus que tous les autres réunis ! Si vous le voulez, je vous le révélerai ! Je vous en prie, Seigneur Lu, donnez-moi cette chance ! »
Lu Yin ignora l’insecte et attaqua le Chien céleste.
Le Roi verdoyant cria : « Le Vrai Dieu n’est pas ici ! »
Lu Yin se figea, stupéfait, puis se tourna vers le Roi verdoyant. « Qu’est-ce que tu viens de dire ? »
Soudain, une énergie divine jaillit de l’intérieur du Roi verdoyant. Son expression changea du tout au tout et il regarda le Vrai Dieu. Obtenez des mises à jour plus rapides sur novelping.com.
Le regard de l’homme était d’une froideur incroyable.
Il n’aurait jamais cru qu’un simple insecte découvrirait son secret. En plus, le Vrai Dieu avait vu le Roi verdoyant tuer Yan Gang. Il n’arrivait pas à croire qu’on l’avait dupé depuis le début.
Le parasite n’avait jamais été sous le contrôle de Yan Gang. Pire encore, le Sage verdoyant avait même découvert le secret du Vrai Dieu.
Le Roi verdoyant réprima l’énergie divine et gronda : « Seigneur Lu, sauvez-moi ! Le Vrai Dieu n’est pas ici ! »
Lu Yin apparut aussitôt à côté du Roi verdoyant et tendit une main pour absorber l’énergie divine.
Il était déjà trop tard.
L’énergie divine explosa à l’intérieur du Roi verdoyant, pulvérisant son corps et blessant aussi Lu Yin.
Lu Yin recula en titubant de quelques pas et regarda le Vrai Dieu au loin.
Le Progéniteur Originel s’exclama : « Qu’est-ce que ça signifie ? Yong Heng, qu’as-tu fait ? »
Le Vrai Dieu secoua la tête. « Je n’aurais jamais cru qu’un simple insecte verrait clair dans mon jeu. Tu as raison de te méfier des Nids. Méfie-toi : ces insectes pourraient bien renverser la situation et devenir une menace encore plus grande que le Nid de l’Esprit. »
Le Progéniteur Originel continua de fixer le Vrai Dieu. Il était certain que celui-ci se trouvait bien devant lui. Il ne combattait pas un imposteur ; alors que signifiaient ces paroles ? Le Vrai Dieu reconnaissait-il que l’insecte avait dit vrai ?
Lu Yin fixa le Vrai Dieu, l’esprit en ébullition. Il lâcha soudain : « La graine spirituelle de Tian Ci ! »
Le Vrai Dieu fut impressionné. « Tu es malin, Lu Yin. Je te laisse ce Megaverse de Tianyuan. Je t’ai déjà perdu ici une fois. Nous nous retrouverons dans le Nid de l’Esprit. »
Il se tourna ensuite vers le Progéniteur Originel. « Tai Chu, tu ne t’en es toujours pas rendu compte ? Mon énergie divine n’est pas ici. »
Le Progéniteur Originel fixa le Vrai Dieu. Il n’avait vraiment pas remarqué que celui-ci n’avait jamais utilisé son énergie divine pendant le combat. L’homme était incroyablement puissant même sans elle, et sa force avait fait passer l’absence de son énergie divine inaperçue.
Il n’y avait pas d’énergie divine dans le corps du Vrai Dieu. Grâce à la graine spirituelle de Tian Ci, il était en route vers le Nid de l’Esprit, mais personne ne savait quand il était parti.
Comment avait-il pu partir ?
Meng Sang.
Lu Yin serra les poings. Meng Sang était derrière tout ça, mais comment s’y était-il pris ? Était-il seulement au courant de la vérité ?
Jusque-là, le Vrai Dieu avait guidé le Dieu sans Ombre et les autres dans leur fuite pour échapper à la poursuite du Progéniteur Chen. Pourtant, le Dieu des Ruines Oubliées comme le Progéniteur Chen n’avaient jamais été que des leurres destinés à détourner leur attention. Le Vrai Dieu avait fait croire à Lu Yin et aux autres que tous les Éternels survivants étaient réunis. Cela avait fonctionné parce que c’était vrai : sans le Vrai Dieu, les Éternels n’auraient pas pu échapper au Progéniteur Chen.
Mais le Vrai Dieu lui-même, avec son énergie divine et l’artefact de marée de graine spirituelle volé à Tian Ci, avait retrouvé Meng Sang à un moment donné. Peut-être même sans que Meng Sang s’en aperçoive, le Vrai Dieu avait suivi le Séraphin et quitté le Megaverse de Tianyuan pour se rendre dans le Nid de l’Esprit.
Il n’y avait pas d’autre possibilité. Après l’arrivée des envahisseurs du Nid de l’Esprit dans le Megaverse de Tianyuan, seul Meng Sang avait été capable de construire un tremplin et de partir. Lu Yin ignorait si le Séraphin savait qu’il était accompagné.
Logiquement, Meng Sang aurait dû le savoir. Mais vu la puissance du Vrai Dieu, il n’était pas impossible que Meng Sang n’ait jamais remarqué sa présence.
Pourtant, le Vrai Dieu qui combattait le Progéniteur Originel était indéniablement puissant. Comment avait-il transféré son énergie divine ? Et pourquoi l’avoir fait ? Était-ce ainsi qu’il s’était échappé du Royaume des Six Voies de la Réincarnation ?
Ce ne pouvait être que ça. C’était la seule façon pour le Vrai Dieu de se libérer véritablement du Royaume des Six Voies de la Réincarnation et de quitter le Megaverse de Tianyuan. Il avait eu l’intention de reprendre secrètement sa cultivation dans le Nid de l’Esprit, sans que personne sache qu’il était toujours vivant.
On ne pouvait même pas vraiment parler de reprendre sa cultivation, puisque l’énergie divine du Vrai Dieu était partie avec lui. Sa puissance allait croître rapidement.
Sans l’avertissement du Roi verdoyant, personne n’aurait découvert la vérité. Lu Yin fixa le Vrai Dieu, soudain certain que Meng Sang ignorait qu’il n’était pas seul. Le Vrai Dieu se trouvait dans un état extrêmement fragile en quittant le Megaverse de Tianyuan, et il n’aurait pas pris le risque de révéler son départ à qui que ce soit.
Le Vrai Dieu prit un instant pour regarder Lu Yin. « Te souviens-tu de ce que je viens de te dire, Monarque du Dao Lu ? Nous nous retrouverons dans le Nid de l’Esprit. »
Sur ces mots, il sortit un Nid de son anneau cosmique. « Voici un cadeau d’adieu. »
Le Vrai Dieu propulsa le Nid dans le vide. Il scintilla comme une étoile dans le ciel nocturne tandis qu’il s’éloignait.