Chapitre 1 188
Personne ne prit la parole dans la salle, et tous les regards se tournèrent vers Lu Yin.
Wei Rong ne dit rien non plus : il n’y avait désormais plus rien à ajouter.
Lu Yin regarda Tian Shao avec surprise, puis son sourire s’effaça lorsqu’il aperçut le vieil homme derrière le jeune homme. « Tu t’appelles Tian Shao, c’est bien ça ? »
Tian Shao soutint son regard. « C’est exact. Mon grand-père est l’un des neuf superviseurs de la Salle de l’Honneur, Bu Laoweng. »
Lu Yin hocha la tête. « Je sais. J’ai entendu parler de lui. »
L’arrogance de Tian Shao grandit.
Lu Yin regarda le jeune homme, puis son léger sourire reparut. « Tu veux mourir ? »
À ces mots, le silence retomba dans la salle. Tous se figèrent, les yeux rivés sur Lu Yin. Quoi ?!
Même Wei Rong n’aurait jamais imaginé que Lu Yin puisse se montrer aussi… aussi dominateur. Il venait de menacer en face le petit-fils de l’un des neuf superviseurs ! Quelle arrogance !
Tian Shao en resta complètement abasourdi. D’ordinaire, c’était lui qui prononçait ce genre de paroles, et personne n’avait jamais osé lui parler ainsi. Il ne savait même pas quoi répondre.
Derrière Tian Shao, le visage du vieil homme se durcit. Il s’avança de quelques pas vers l’image de Lu Yin. Son regard était méfiant et empreint d’une intention meurtrière.
Chi le Monstre, qui fixait Lu Yin, eut un tressaillement des lèvres. Ce gamin ne manquait pas de cran.
« Si tu veux mourir, je peux exaucer ton souhait », poursuivit Lu Yin, toujours avec un petit sourire. Il se comportait comme s’il ne menaçait pas le petit-fils de l’un des neuf superviseurs, mais une personne tout à fait ordinaire.
Lu Yin ne pensait pas que sa Grande Alliance de l’Est existait depuis assez longtemps pour que son prestige puisse convaincre tout le monde de tout sacrifier et de le suivre. Il n’avait pas la vanité de vouloir rivaliser avec Tian Shao en charisme ou en promesses. Il préférait aller droit au cœur du problème : l’Outerverse appartenait à Lu Yin, et personne d’autre n’avait le droit d’y toucher.
Et cela ne valait pas seulement pour l’Outerverse, mais pour tout ce qui appartenait à Lu Yin : personne ne pouvait le lui prendre.
Tian Shao finit par retrouver ses esprits et éclata d’un rire furieux. Pourtant, ce rire débordait d’une moquerie et d’une arrogance indescriptibles. Il regarda Lu Yin. « Toi ? Tu me menaces ? Tu menaces Tian Shao ? »
Lu Yin rit. « Ton sourire, à l’instant, ressemblait un peu à celui de Nightking Zhenwu. Mais il était bien plus intelligent et plus fort que toi. »
Le visage de Tian Shao s’assombrit. « Ne me compare pas à un perdant de l’Innerverse. »
Lu Yin en resta surpris. « Qui t’a donné l’assurance de te croire supérieur aux Dix Arbitres ? Même si je détestais Nightking, je dois reconnaître que, parmi tous ceux de mon âge qui se sont opposés à moi, il était tout en haut du classement. Toi, en revanche, tu ne lui arrives même pas à la cheville. »
« Lu Yin, ne te montre pas si arrogant ! Tu n’es qu’un insecte de l’Outerverse ! Comment pourrais-tu m’égaler ? » Tian Shao était furieux et continuait de fixer Lu Yin. « Que tu le croies ou non, un seul mot de ma part suffit à rayer de la carte tout l’Empire du Grand Yu, et tous ceux qui te sont chers mourront ! »
Le regard de Lu Yin se glaça. « C’est la position de Bu Laoweng ? »
Tian Shao s’apprêtait à répondre, mais le vieil homme le tira en arrière et lui murmura quelques mots à l’oreille. Le jeune homme rechigna, mais finit par hocher la tête, contraint d’accepter les paroles du vieil homme.
Les représentants de l’Outerverse réunis là regardèrent tour à tour Lu Yin et Tian Shao, partagés entre des sentiments contradictoires. D’un côté, ils redoutaient les méthodes de Lu Yin ; de l’autre, ils convoitaient ce que Tian Shao leur avait promis. En somme, ils voulaient aider Tian Shao, mais craignaient trop Lu Yin.
C’était particulièrement vrai de Feng Shu. Il n’avait cessé de ramper devant Tian Shao, mais à cet instant, il aurait voulu s’enfoncer sous terre.
Lu Yin avait osé menacer Tian Shao ouvertement et en face : cela prouvait que ses paroles avaient du poids. Personne, dans la salle, n’osa interrompre les deux jeunes hommes.
Le fait que Lu Yin se soit montré de plus en plus dominateur prouvait que ses soutiens n’avaient cessé de se renforcer. En songeant à la puissance de l’Armada de Leon et au fait qu’ils se trouvaient dans l’Outerverse, Wei Rong crut que Lu Yin était réellement capable de mettre sa menace à exécution.
La toute première chose à faire, pour chacun, était de savoir ce qu’il voulait accomplir.
De plus, Lu Yin avait déjà offensé l’un des neuf superviseurs, en l’occurrence Nightking Zheng, du Clan de la Nuit et du Jour. Il ne tenait donc pas à ce qu’ajouter Bu Laoweng à la liste change quoi que ce soit.
Lu Yin avait toujours pensé qu’il valait mieux avoir moins d’ennemis, mais pas au prix de ses propres intérêts.
Tian Shao lança un regard réticent à Lu Yin, puis activa son appareil pour appeler quelqu’un.
Lu Yin observa l’appareil de Tian Shao et constata qu’il s’agissait exactement du même modèle que celui qu’il venait de recevoir. Cette nouvelle génération pouvait se connecter à l’Innerverse, à l’Outerverse, à la Mer Cosmique et même au Neoverse. Sans surprise, Tian Shao contactait Bu Laoweng.
Lu Yin prit un air grave. Il allait rencontrer Bu Laoweng face à face et, même s’il avait assez d’audace pour offenser jusqu’aux neuf superviseurs, en rencontrer un directement était une affaire un peu délicate. Décidément, les ennemis ne cessaient de s’accumuler.
Derrière Lu Yin, Zi Jing sourit en le regardant. C’était un homme très autoritaire, quoique un peu maigre.
Tian Shao ne chercha pas à cacher l’affaire aux autres représentants de l’Outerverse. Il appela Bu Laoweng sans attendre, et l’image du superviseur apparut bientôt devant l’assemblée.
Tous le contemplèrent avec révérence, même Wei Rong. Il pouvait bien se moquer de Tian Shao, mais face à un superviseur, il prenait les choses au sérieux.
L’autorité de Bu Laoweng n’avait rien à voir avec celle de Tian Shao. Que représentait l’un des neuf superviseurs de la Salle de l’Honneur ? Oubliez l’Outerverse : même les experts des huit grandes zones stellaires de l’Innerverse ne pourraient probablement pas rencontrer un superviseur. Ces hommes se tenaient au sommet absolu du Domaine Humain, et une seule parole de l’un d’eux pouvait décider de l’essor ou de la chute d’une trame entière.
Lu Yin avait beau avoir unifié l’Outerverse par des méthodes qui inspiraient la peur aux participants de la Convention de l’Alliance, la simple présence de Bu Laoweng, malgré son sourire, glaça le cœur de tous. Ce vieil homme détenait un pouvoir incontestable.
L’autorité allait de pair avec la puissance, et le vieil homme derrière Tian Shao était un expert que Bu Laoweng avait envoyé en personne.
Bu Laoweng était un vieil homme à l’apparence ordinaire, vêtu de vêtements simples. Si on le croisait au hasard dans la rue, on ne lui aurait pas accordé un second regard. Pourtant, à cet instant, tout le monde fixait son image, sans savoir ce qui allait suivre.
« Grand-père », salua respectueusement Tian Shao.
Le vieil homme derrière Tian Shao salua lui aussi l’image, avec déférence.
Au même moment, tous les participants à la Convention de l’Alliance saluèrent le vieil homme, Wei Rong, Gong Chou et les autres compris. C’était le respect dû à l’un des neuf superviseurs.
La plupart des habitants de l’Outerverse ignoraient jusqu’à l’existence du Neoverse, sans parler de connaître les visages des neuf superviseurs qui se tenaient au sommet du Domaine Humain. Pour eux, s’incliner devant un homme pareil était instinctif.
Bu Laoweng sourit. Il s’était depuis longtemps habitué à être adulé par les foules. Pourtant, il y avait une exception : Lu Yin.
Lu Yin ne salua pas l’ancien. Il leva simplement la main en guise de salut. « Ancien Bu Laoweng, comment allez-vous ? »
« Insolent ! » lança sèchement le vieil homme derrière Tian Shao en fusillant Lu Yin du regard. « Comment oses-tu t’adresser au superviseur sur ce ton ! Jeune homme, tu manques vraiment de savoir-vivre ! »
Lu Yin l’ignora complètement.
Bu Laoweng leva lui aussi la main. « Allons, les enfants, soyez plus indulgents. »
Le vieil homme baissa aussitôt la tête. Il n’osa pas répondre.
À cette vue, tous sentirent un frisson leur parcourir l’échine.
Le vieil homme si soumis était un Éclaireur doté d’une puissance de 400 000 au minimum, ce qui le plaçait parmi les meilleurs experts de l’univers. Pourtant, il rampait devant Bu Laoweng, démontrant amplement le pouvoir et l’autorité du superviseur.
Les pensées d’OMA
Traduit par : OMA
Révisé par : Neshi/Nyxnox
Relu par : OMA