Chapitre 1 117
« Ce sont les Treize Épées de la Secte de l’Épée ? Dun Jiu ne suffit donc pas à les arrêter », dit lentement Yōu Qi.
Les yeux de Liu Tianmu brillèrent. « Et toi ? »
Yōu Qi leva lentement les yeux, et son cheval de guerre hennit vers le ciel. Les flammes noires jaillirent de nouveau, enveloppant les fonds marins avant de gagner la surface. Au même instant, une puissance indescriptible s’abattit. Cet homme… était un Éclaireur.
Liu Tianmu changea d’expression en comprenant que son adversaire était un Éclaireur.
« Je sais que tu n’as pas été vaincue lors de ton combat contre Lei Nü, mais elle non plus n’a pas révélé toute sa puissance. Quant à moi, même sans dévoiler ma force d’Éclaireur, tu ne serais pas de taille. Mais pour que tu comprennes mieux la différence entre nous, je vais te montrer la vérité. À toi de jouer : utilise l’Onzième Épée », déclara froidement Yōu Qi. Les yeux du cheval de guerre devinrent écarlates tandis qu’il fixait Liu Tianmu. La créature semblait sortie tout droit des enfers, la mort sur ses traces.
Liu Tianmu prit une profonde inspiration. Elle avait utilisé l’Onzième Épée contre Lei Nü et, bien qu’elle n’eût pas été vaincue, elle n’avait pas non plus gagné. Avant, cette situation lui aurait été totalement étrangère. À présent, elle se retrouvait face à Yōu Qi. Cet homme avait été béni par les cieux, et un combat à fond avait donc tout son sens.
Au loin, Shang Qing passa à l’attaque contre Xie Xiaoxian.
Avant l’apparition de la Tour Astrale, Xie Xiaoxian avait suivi Shang Qing, et le Premier Élu de l’Honneur ne s’en était pas pris à elle. Mais à présent, il l’attaquait.
En tant qu’héritière de la famille Xie des Sept Cours, Xie Xiaoxian possédait une force impressionnante. Elle pouvait même affronter les membres du Clan Specter sans perdre. Elle avait maîtrisé l’Art secret Xie, et rares étaient ceux qui pouvaient rivaliser avec elle. Pourtant, Xie Xiaoxian fut rapidement vaincue.
Elle semblait avoir vécu quelque chose qu’elle était absolument incapable d’expliquer. Allongée sur les fonds marins, elle regarda Shang Qing s’éloigner. Que venait-il de se passer ? Était-ce là la véritable puissance de la Technique des Trois Soleils ? Quelqu’un pouvait-il rivaliser avec lui ?
Était-ce donc le premier art miraculeux de l’univers ? Était-ce vraiment une technique sans égale ?
Elle était à la hauteur de sa réputation.
La Zone des Montagnes et des Mers existait depuis d’innombrables années et avait été explorée maintes et maintes fois. Chaque tourbillon marin signalait l’apparition d’un trésor.
Lu Yin parcourut les fonds marins pendant deux jours. Il croisa alors un bon nombre de personnes, parfois en suivant un courant. À force de dériver dans les eaux, il finit par ne plus savoir où il se trouvait.
Personne ne semblait pressé de gravir les montagnes : la mer abritait elle aussi de nombreux trésors d’héritage.
Lu Yin vit quantité de gens courir dans tous les sens, des sacs remplis d’objets sur le dos. Ces sacs avaient même un nom : des besaces de la Mer des Montagnes.
« On avait dit d’aller à droite, mais il a fallu que tu partes à gauche ! Quel idiot », se plaignit White. Lu Yin les faisait errer depuis plusieurs jours et, pendant tout ce temps, ils n’avaient trouvé aucun trésor.
Black était tout aussi contrariée. « Exactement, la droite, c’est mieux ! Tu es gaucher ? »
Lu Yin répondit à contrecœur : « C’est vous qui m’avez entraîné à gauche, pourtant. »
« Menteur ! Tu n’as aucun sens de l’orientation. »
« Aucun sens de l’orientation. »
Lu Yin ne daigna pas discuter avec les deux gamines.
À cet instant, deux cultivateurs devant eux tentaient discrètement de quitter la Zone des Montagnes et des Mers. Ils portaient des sacs remplis d’objets sur le dos.
White s’enthousiasma. « Des trésors ! Lu Yin, vite, attrape-les ! »
En entendant cela, les deux cultivateurs furent terrorisés. Le visage blême, ils accélérèrent pour s’enfuir.
Lu Yin avait bien envie de leur prendre quelques affaires, mais il était assez gêné à l’idée de se comporter ouvertement en bandit.
Black et White le poussèrent à voler les gens, mais elles-mêmes ne bougèrent pas d’un pouce.
« Pourquoi vous ne vous en chargez pas, toutes les deux ? Votre Combinaison Noir et Blanc est si puissante que vous devriez pouvoir récupérer quelque chose », dit Lu Yin.
White leva les yeux au ciel. « Il n’y a que toi pour faire une chose aussi vile que voler. »
« Oui, vas-y, toi », renchérit Black.
Lu Yin n’eut rien à répondre aux jumelles et se contenta de regarder d’un air absent les deux cultivateurs s’enfuir. Il était mort de honte.
Lorsqu’il avait participé à l’épreuve pendant l’Apocalypse sur Terre, il avait volé beaucoup de gens. Mais tous ses adversaires et ses victimes, à l’époque, étaient des étrangers. Face à des ennemis, Lu Yin était prêt à tout. Or, ces deux cultivateurs n’étaient pas ses ennemis et ne s’en étaient pas pris à lui. Il ne pouvait donc pas se résoudre à leur faire quoi que ce soit.
Bien sûr, c’était assez frustrant. La prochaine fois, il dépouillerait quelqu’un, c’était certain. Cette histoire est publiée sur novelрing.com.
Comme il y pensait, un immense tourbillon apparut sur les fonds marins, un peu plus loin. Les yeux de Lu Yin s’illuminèrent : un trésor.
Black et White s’élancèrent aussitôt, mais Lu Yin changea brusquement d’expression. « Esquivez ! »
Devant eux, les fonds marins furent déchirés par une série d’attaques, accompagnées d’une pression terrifiante.
Black et White esquivèrent coup sur coup des assauts dangereux, mais elles manquèrent plusieurs fois de se faire toucher en fuyant. Elles se tapotèrent la poitrine pour chasser leur peur persistante.
Le visage de Lu Yin s’assombrit tandis qu’il se tournait dans une autre direction. Il aperçut une femme portant un masque moitié rouge, moitié blanc. Elle avançait sur les vagues en s’approchant d’eux, les yeux fixés sur Lu Yin. Sans dire un mot, elle leva la main, rassembla l’énergie stellaire pour former une lame et la projeta sur lui.
Lu Yin ouvrit de grands yeux et leva la main pour invoquer les Deux Soleils, avant de riposter avec férocité.
L’eau alentour trembla. La collision des énergies stellaires déferlantes libéra des ondes de choc qui manquèrent de déchirer les fonds marins.
Cinq cent vingt étoiles tournoyaient autour du corps de Lu Yin. Il avait déjà déployé l’Art Cosmique quand il vit la femme masquée foncer sur lui. Son approche s’accompagnait d’une oppression étouffante et d’une sensation indescriptible de vide et de silence, qu’il ne pouvait supporter. Il avait l’impression qu’on lui avait brisé le cœur, comme si toutes ses émotions l’avaient abandonné.
Il entendit seulement prononcer « Chagrin d’Automne » avant qu’un instant plus tard, une souffrance et un accablement extrêmes ne le frappent, lui arrachant une gorgée de sang. Il saisit Black et White et recula aussi vite qu’il le put. Ils étaient manifestement tombés dans un piège. Lu Yin n’avait absolument aucune idée de la nature de l’attaque qui venait de le toucher, mais il avait été blessé sans comprendre comment.
La femme masquée resta sur place. « Quitte la Zone des Montagnes et des Mers. »
Lu Yin, stupéfait, l’examina de haut en bas. S’il ne se trompait pas, cette femme devait être Lei Nü. Selon les rumeurs, elle avait surmonté l’Onzième Épée de Liu Tianmu. Elle était aussi la Deuxième Élue de la Salle de l’Honneur.
Quelle était cette attaque ? Visait-elle les émotions ?
Lu Yin ne cultivait que depuis douze ans, mais il pensait avoir vécu bien des choses que d’autres n’avaient jamais connues. Pourtant, c’était la première fois qu’il se retrouvait face à une attaque aussi étrange.
« Tu es Lei Nü ? » demanda Lu Yin.
« Quitte la Zone des Montagnes et des Mers. C’est ta seule chance », déclara froidement la jeune femme.
« Je suis moi aussi un Élu de l’Honneur », répondit calmement Lu Yin.
Lei Nü resta glaciale. « Ton statut a été temporairement révoqué. Et surtout, tu es l’un des Dix Arbitres de l’Innerverse et de l’Outerverse. »
Lu Yin demanda à Black et White de s’éloigner. Cette fois, les deux gamines ne protestèrent pas.
Les pupilles de Lu Yin se transformèrent en runes tandis qu’il fixait Lei Nü, puis ses yeux s’écarquillèrent soudain : l’Arrivée de la Nuit.
Lei Nü leva les yeux. L’Arrivée de la Nuit n’eut aucun effet sur elle. Lu Yin lança alors une attaque de la paume : la Paume du Vide.
Le corps de Lei Nü trembla lorsqu’elle fut frappée de plein fouet par la Paume du Vide. Elle fut aussitôt repoussée, et une trace de sang apparut sous son masque.
Dans sa génération, personne, aussi puissant fût-il, ne pouvait ignorer la force actuelle de Lu Yin, et surtout pas la puissance de sa Paume du Vide.
Lu Yin leva de nouveau la main et lança une autre Paume du Vide.
Des ondulations apparurent dans les yeux de Lei Nü. D’autres ondulations se propagèrent ensuite dans l’air et dans la mer.
Pour Lu Yin, ces vagues étaient des lignes de runes, mais il ignorait ce qu’elles allaient produire. Quoi qu’il en soit, il n’osa pas s’en approcher et voulut les éviter. Mais elles se déplaçaient trop vite : il n’eut pas le temps d’esquiver.
Impuissant, Lu Yin ne put que réduire le nombre de lignes de runes de ces ondulations.
À l’impact, Lu Yin se sentit étrangement abandonné, et toute sa force l’abandonna. À sa grande surprise, sa paupière se ferma lentement.
Soudain, son instinct le mit en garde. *Pas bon !* C’était une forme d’hypnose. Il leva brusquement les yeux et vit un doigt s’approcher. C’était ce doigt, le même que dans ses rêves. Une rage infinie éclata en lui, l’empêchant de se retenir de rugir : « Comment oses-tu ! »
L’instant suivant, le doigt le frappa. Celui que Lu Yin avait vu disparut soudain, remplacé par l’étrange masque rouge et blanc de Lei Nü. Une douleur intense lui déchira la poitrine. Baissant les yeux, il vit que son sang avait rougi ses vêtements. Il avait encore été touché.
Les attaques de Lei Nü étaient trop étranges. Ce chapitre a été copié sans autorisation depuis novelping.com.
« Je t’ai dit de quitter la Zone des Montagnes et des Mers », dit Lei Nü.
Une lueur féroce brilla dans les yeux de Lu Yin. « Ce n’est qu’une petite coupure. Tu crois vraiment pouvoir gagner ? »
Il saisit soudain le bras de Lei Nü et y déploya les Cent soixante-dix Couches. Même Zhi Yi avait été blessée par cette technique lorsque Lu Yin l’avait saisie, alors Lei Nü ne ferait pas exception. À condition, bien sûr, qu’il parvienne à la toucher.
En utilisant les Cent soixante-dix Couches, Lu Yin découvrit que la Lei Nü devant lui n’était qu’une bouffée d’air et que la vraie s’était déjà éloignée.
Il entendit alors de nouveau les mots résonner à ses oreilles : « Chagrin d’Automne. »
Pof.
Lu Yin cracha une gorgée de sang, et une douleur fulgurante lui traversa le cœur. Que se passait-il ? Quelle sorte d’attaque utilisait-elle ? Ce n’était certainement pas une technique de combat ordinaire : aucune attaque n’était visible. Pourtant, malgré son caractère furtif, sa puissance dépassait celle de sa Paume du Vide. Une attaque ordinaire ne pouvait pas produire une telle force.
Était-ce là la puissance de la Deuxième Élue de la Salle de l’Honneur ?
Lu Yin avait toujours su que la Salle de l’Honneur guidait tout le Domaine Humain, mais il n’en avait jamais vu la véritable puissance. Même si Highsage Shenwei l’avait mis en garde, il ne s’était soucié que de Shang Qing. Il n’aurait jamais imaginé que Lei Nü, la Deuxième Élue de l’Honneur, serait elle aussi un monstre. Ses attaques ne laissaient aucune trace, et Lu Yin ne trouvait aucun moyen de les esquiver.
Lorsqu’il réagissait, il était déjà blessé.
Telle était la puissance des héritiers directs de la Salle de l’Honneur.
Il fixa Lei Nü et pensa soudain à Starsibyl.
Lei Nü se servait de l’hypnose pour empêcher Lu Yin de la repérer, puis l’attaquait par son intermédiaire. Lorsqu’il réagissait, il était déjà tombé dans son piège.
Starsibyl, en revanche, utilisait la divination pour esquiver à l’avance les attaques de ses adversaires, et allait même jusqu’à attaquer avant eux.
En comparant les deux, Lu Yin jugea que les techniques des membres de la Secte des Starsibyls étaient plus raffinées. Mais les attaques de Lei Nü étaient trop sournoises : impossible de les éviter.
Puisqu’il ne pouvait ni esquiver ses attaques ni l’atteindre, il ne lui restait qu’une solution. Un échiquier apparut sous les pieds de Lu Yin : l’Art secret Ce, l’Échiquier Astral. L’air, la mer, les personnes et même les attaques se transformèrent en pièces d’échecs. Sur l’Échiquier Astral, tout devenait visible.
Lorsque Lu Yin activa la technique secrète de l’Échiquier Astral, l’expression de Lei Nü changea brusquement. *Qu’est-ce que c’est ?*
Lu Yin se transforma lui aussi en pièce d’échecs et remarqua que Lei Nü n’occupait plus sa place initiale sur l’Échiquier Astral. Il ignorait si elle se trouvait réellement là où elle semblait être, mais cela n’avait plus d’importance. Il leva la main et banda ses muscles : les Cent soixante-dix Couches frappèrent le vide.
Un léger grondement retentit tandis que l’air se comprimait. La terrifiante Voie des Couches superposées balaya le vide sous leurs yeux, déformant l’espace et la mer dans la zone ciblée. Lu Yin vit alors que toute la surface de l’échiquier était enveloppée par l’attaque.
Lei Nü pouvait hypnotiser Lu Yin et l’empêcher de la localiser, mais tant qu’elle se trouvait dans le rayon d’action de l’Échiquier Astral, elle devait subir cette attaque.
Des ondulations apparurent dans la mer, et Lei Nü y plongea brutalement.
Lu Yin se retourna : c’était là qu’elle se trouvait réellement. Sans hésiter, il lança Paume du Vide sur Paume du Vide. La mer se souleva soudain tandis qu’une énergie stellaire terrifiante jaillissait vers le ciel. Une oppression formidable s’abattit et se répandit dans toutes les directions.
« Chagrin… d’Automne », résonna une voix féminine glaciale, accompagnée de la formidable énergie stellaire d’un Éclaireur. Le son contenait une sensation étrange, inexplicable et indescriptible, qui donna à Lu Yin l’impression de ne plus pouvoir tenir. Comme si quelqu’un lui serrait le cœur.
Il fut stupéfait : Lei Nü était un Éclaireur !
Elle n’était que la Deuxième Élue de la Salle de l’Honneur et pourtant, elle était déjà un Éclaireur. Cela signifiait que Shang Qing, le Premier Élu de l’Honneur, devait l’être lui aussi.
Il fallait reconnaître qu’il n’y avait que trois Éclaireurs parmi toute la jeune génération du Sixième Continent, et qu’on les appelait les Trois Cieux de la Source du Dao.
Si le Premier et la Deuxième Élue de l’Honneur étaient tous deux des Éclaireurs, se pouvait-il que les autres organisations colossales dont la Salle de l’Honneur se méfiait comptent elles aussi de jeunes Éclaireurs d’élite ?
Le Neoverse du Cinquième Continent n’avait décidément rien de simple.
Les réflexions d’OMA
Traduit par : Choco
Révisé par : Neshi/Nyxnox
Relu par OMA