Chapitre 188
L'hiver n'est pas une saison propice aux voyages.
Le temps est glacial, les routes sont rudes, et parfois la neige bloque les passages.
Cependant, pour les seigneurs toujours affairés, l'hiver est la seule saison où ils peuvent disposer d'un peu de temps libre ; il était donc inévitable que la Réunion du Nord se tienne à cette période.
« Il gèle à pierre fendre. Maudit soit ce froid. »
Vlad sentit le froid lui transpercer la gorge et ne put s'empêcher de jurer.
Le groupe se dirigeait vers la cité des forgerons pour participer à la Conférence du Nord.
La caravane, composée de Rutiger de Bayezid et du Baron Heinal, semblait solide et robuste, mais même eux ne pouvaient échapper à la morsure du froid imminent.
Plaf- Plaf-
Tandis que chacun marchait, appréciant ne serait-ce que la chaleur de son propre souffle, une personne se mit à frapper quelque chose de son poing.
Cet individu, qui brisa le silence glacial, attira l'attention du groupe.
Il s'agissait de Nibelun, un homme-bête qui servait de mage conseiller à Vlad.
« ...Pourquoi continues-tu à frapper cela ? »
« C'est une poche chauffante. »
Vlad ouvrit prudemment les yeux et commença à observer silencieusement les agissements de Nibelun.
Il savait pertinemment que Nibelun agissait de manière étrange et mystérieuse à chaque fois qu'il sortait un objet de son sac.
« Une poche chauffante ? »
« Oui. C'est une chaleur venue du lointain Sud. Cette chose est si paresseuse par nature que si vous ne la frappez pas, elle ne s'active pas. »
« ...Ah, vraiment ? »
Vlad ne comprenait pas un traître mot de ce que disait Nibelun, mais il se contenta d'hocher la tête.
L'inexplicable était mystérieux. L'incompréhensible était le propre des magiciens.
« Oh, elle se réveille enfin. »
Aux mots de Nibelun, le petit sac qui avait été malmené commença à luire d'une faible lueur rouge et à s'animer.
Était-ce une illusion de croire qu'il semblait sortir péniblement d'une couverture chaude ?
« Va-t-elle chauffer maintenant ? »
« Au moins pour une demi-journée. Une fois réveillée, elle reste active aussi longtemps. »
Vlad ferma son œil gauche pour voir s'il y avait un esprit dans sa poche, mais tout ce qu'il vit fut une légère brume difficile à discerner.
C'était la preuve que le monde de Vlad ne saisissait pas encore pleinement l'existence du mystérieux.
« En as-tu une autre ? »
« Non. Je n'ai que celle-ci. »
« Oh, vraiment ? »
À peine eut-il fini de dire qu'il n'en avait qu'une, que les yeux de Vlad se mirent à briller. Sa main se tendit rapidement.
« Eh ? »
« Alors, prête-la-moi un instant. »
C'était une technique de larcin à laquelle il ne pouvait résister, bien qu'il en fût conscient.
Nibelun parut déconcerté en voyant la poche chauffante dans les mains de Vlad.
« Est-ce de la magie ? »
« Non. C'est simplement du vol. »
En un sens, les deux cas se ressemblaient, car on ne comprend vraiment les choses que lorsqu'elles nous arrivent.
Vlad, laissant derrière lui un Nibelun aux yeux écarquillés, se dirigea sans hésiter vers la calèche d'Alicia, la poche de Nibelun à la main.
« Lady Alicia. C'est Vlad. »
S'il possédait un tel objet, il aurait dû le sortir plus tôt.
Tenant la poche de Nibelun, Vlad se dirigea vers la calèche d'Alicia sans la moindre hésitation.
« Allez-vous bien ? Pouvez-vous supporter cela ? »
Vlad pouvait voir Alicia, recroquevillée, à travers la fenêtre entrouverte de la calèche.
Comme prévu, le froid du Nord était rude pour Alicia.
Contrairement à ici, son territoire, Deirmar, était un lieu assez chaud pour produire des citrons.
« Je vais bien. Pourtant, c'est plus supportable que le froid dans mon cœur. »
« ...Alors, j'en suis heureux. »
Cependant, malgré les frissons causés par le froid, les yeux d'Alicia semblaient toujours emplis d'une étrange chaleur.
Au bout de cette chaleur, lentement alimentée par une amère défaite, se trouvait Vlad.
« Je vous en prie, acceptez ceci. C'est un art secret de mon mage. »
Le chef de la caravane était Rutiger, mais le guide de Lady Alicia était Vlad.
Alicia regarda la main tendue de Vlad à travers l'air glacial.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« On dit que c'est une poche chauffante. Je n'en suis pas sûr. »
Bien qu'elle n'eût pas voulu l'accepter par fierté blessée, la chaleur émanant de la main de Vlad était difficile à ignorer.
C'était une chaleur qui fit s'effondrer jusqu'à son expression froide, alors qu'elle tentait de feindre la colère.
« ...Si vous vous souciez tant de moi, Lady Zemina ne serait-elle pas inquiète à la maison ? »
« Je ne vois pas pourquoi vous mentionnez Zemina maintenant. »
Vlad, craignant qu'Alicia ne le rejette, se détendit en entendant sa plainte et commença à sourire.
« En ce moment, je ne pense qu'à la sécurité de la baronne. »
« ...Vos paroles sont charmantes. »
En cet instant, il était le chevalier de Lady Alicia.
Alicia, en entendant ces mots, tenta de répondre avec froideur, mais la glace qui commençait à fondre au coin de ses lèvres était quelque chose qu'elle ne pouvait empêcher.
L'approche déterminée de Vlad, au moment où elle en avait le plus besoin, était quelque chose à laquelle Alicia, qui avait peu d'expérience avec les hommes, trouvait difficile de résister.
« Si vous avez la moindre gêne, faites-le-moi savoir à tout moment. »
Sur ces mots, la fenêtre de la calèche se referma doucement.
Sentant la présence de Vlad s'éloigner sans un mot, Alicia regarda silencieusement la poche que Vlad lui avait donnée.
La poche chauffante, comme on l'appelait, transmettait une chaleur profonde.
« Ugh... »
Duncan, qui avait écouté la conversation juste devant, laissa échapper un soupir qui ressemblait à un gémissement.
« Elle n'a aucune immunité. Aucune immunité face aux hommes. »
Un vieux chevalier regardant son jeune seigneur avec une expression triste.
Il y a un instant, elle avait un regard si féroce qu'on aurait dit qu'elle allait dévorer quiconque, mais maintenant, rien qu'en recevant une poche, elle semblait heureuse. Duncan sentait ses entrailles bouillir de frustration.
« Ils sont tous partis trop tôt. »
Duncan souhaitait sincèrement que l'ancien chef de famille fût à sa place.
S'il avait été là, il aurait sûrement giflé ce gamin effronté au nom d'un père.
***
Une famille ducale et une famille comtale.
Et un total de 7 familles, incluant les 5 familles baroniales.
Ces maisons étaient les piliers de la Confédération du Nord qui soutenaient actuellement le nord.
« Maringen, Romnie, Podmils, Harquita... »
Les yeux de Noir étaient grands ouverts, comme s'il était surpris en regardant les figures qui le divertissaient.
Ils étaient comme des emblèmes prenant vie.
C'était le mystère de Dorothea, exprimé à travers des teintes et des peintures.
« Les autres chevaliers ne mémorisent-ils pas habituellement les emblèmes des autres maisons dès qu'ils reçoivent leur titre ? »
« Je les ai appris aussi. »
Cependant, son mystère n'était maintenant qu'un support pédagogique flottant devant les yeux de Vlad.
« Alors pourquoi ne les connais-tu pas ? »
« J'ai dit que je les avais appris. Pas que je les connaissais. »
Il les avait appris, mais il ne les connaissait pas.
Dorothea resta sans voix face à l'excuse éhontée de Vlad.
« Mais les autres chevaliers doivent les connaître. Ce serait embarrassant si tu y allais et que tu étais le seul à ne pas reconnaître les drapeaux des autres familles. »
« C'est pour ça que je les apprends maintenant. Apprendre maintenant et utiliser plus tard. »
« Agh... ! »
Lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois, Vlad n'était qu'un jeune écuyer qui savait à peine monter à cheval.
Mais maintenant, en le voyant répondre avec autant d'effronterie, Dorothea ne pouvait que trembler de frustration.
« Oui. Comme dit Vlad, apprendre maintenant et utiliser plus tard, c'est bien. C'est mieux que de parader comme les autres, en prétendant être des chevaliers. »
« ...C'est facile à dire quand on n'a pas à enseigner. »
Rutiger, qui écoutait leur conversation à côté, se mit à rire.
« Quoi qu'il en soit, tant que tu ne commets pas de grosse erreur, tout ira bien. La réunion du Nord est une réunion de seigneurs, après tout. »
Bien qu'il plaisantât, Rutiger évaluait la situation avec précision.
Vlad, qui allait participer à la réunion du Nord sur invitation du Duc de Fer, ne pourrait pas faire grand-chose une fois sur place.
« Tu as juste besoin de saluer correctement. C'est tout ce que tu as à faire. »
Ce que Vlad peut accomplir à la Conférence du Nord est probablement l'échange de relations personnelles.
Bien sûr, c'était une affaire très importante, mais comme la Conférence du Nord n'était pas un lieu de rencontres sociales à la base, il s'agissait littéralement juste de saluer.
« Nous pouvons enfin la voir. La cité du Duc de Fer. »
« Où ça ? »
Vlad écarta précipitamment le mystère de Dorothea aux mots de Rutiger.
Bien que Dorothea protestât contre le mauvais usage de son mystère, Vlad n'était concentré que sur la scène devant lui.
« Wow... »
Une haute falaise se dressait au-dessus de la plaine blanche couverte de neige.
La falaise, s'élevant majestueusement au point d'être appelée montagne, affirmait sa présence en surplombant la plaine environnante.
« Peux-tu voir la forteresse nichée entre les falaises là-bas ? »
« Oui. »
Vlad, qui avait été émerveillé par la grandeur de la falaise pendant un moment, tourna son regard pour suivre la direction de Rutiger.
Était-ce à cause des caractéristiques des roches formant la falaise ?
Le mur du château, visible entre les falaises abruptes, était d'une couleur blanc grisâtre terne, mais il brillait intensément sous la lumière du soleil.
« C'est la cité du Duc de Fer, Bastopol. La plus ancienne cité du Nord. »
« ...Bastopol. »
Un immense mur de château qui semble impossible à franchir facilement.
Une immense cité était perchée au sommet d'une falaise qui s'élevait comme pour défier la gravité.
« De plus, selon la légende de la fondation, cette cité fut celle qui résista jusqu'à la fin contre le dragon. »
Baranov, la seule famille ducale du Nord, était une famille qui existait avant même la fondation de l'Empire.
Et la cité qu'ils avaient construite, Bastopol, était aussi la dernière défense de l'humanité, levant sa bannière jusqu'au bout contre le plus parfait des dragons.
« ...C'est impressionnant. »
Vlad commença à sourire en regardant les falaises blanc grisâtre au loin.
La forme de la falaise, s'élevant seule, sans rien autour, semblait stimuler quelque chose dans le monde de Vlad.
Thud !
J'étais excité parce que je la voyais pour la première fois, mais pour une raison quelconque, la cité semblait m'appeler.
La cité sur la falaise, qu'il voyait pour la première fois de sa vie, faisait définitivement battre le cœur de Vlad.
***
Crack...
Crack-crack...
« Hmmm. »
Dans la cité de Bastopol, dans le manoir du Duc de Fer.
Dans le sous-sol le plus profond de cet endroit, un vieil homme murmura doucement.
« Elle réagit beaucoup plus violemment qu'avant. »
Fernand, le mage du Duc de Fer, observait deux coffres trembler comme s'il y avait un tremblement de terre.
Deux coffres hermétiquement scellés avec des chaînes divines.
L'un appartenait à l'origine aux Baranov, et l'autre aux Ravnoma, aujourd'hui disparus.
« ...Le dragon a-t-il ouvert les yeux cette fois ? »
Coffres scellés (封印函) contenant des fragments du plus parfait des dragons. [1]
Les yeux du vieux mage vacillèrent alors qu'il regardait les coffres.
Les coffres avaient réagi lorsque le dragon plus rapide, Lindworm, était apparu, mais ils n'avaient jamais tremblé avec une telle intensité.
Pour réagir si violemment, la possibilité que ce fût un dragon était très élevée.
Peut-être, pour réagir ainsi, y avait-il une grande chance que ce fût un dragon.
Crunch-
Ou alors il devait être très proche.
« Je dois rapporter ceci. »
Face à la vibration inquiétante des coffres scellés, Fernand commença à déployer silencieusement son mystère.
Lorsque des empreintes digitales formées par le bout des doigts tracèrent une ligne dans l'air, des ondes qui semblaient avoir fondu dans la Voie lactée commencèrent à jaillir de là.
Une immense porte située dans les profondeurs du manoir.
Le couloir sombre menant à ce portail s'étira de plus en plus à mesure que le sort du vieux mage se poursuivait, comme s'il l'étirait.
Comme s'il avait été étiré, le couloir devint plus étroit et plus long, et commença naturellement à s'éloigner du monde d'en haut.T/N:1: Le terme "(封印函)" se traduit par "coffre de scellement" ou "coffre scellé". Voici le détail des caractères :
- 封 (봉) : Sceau- 印 (인) : Sceau- 函 (함) : Boîte ou coffre
Ainsi, "(封印函)" désigne une boîte ou un coffre utilisé pour sceller ou contenir quelque chose, généralement un objet d'une grande importance ou d'un grand pouvoir.
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