Je n'avais jamais été aussi fier de mes compétences en programmation jusqu'à ce jour. Je m'affalai dans mon fauteuil, le casque toujours sur les oreilles, en attendant que l'écran suivant se charge. « Pourquoi est-ce si lent ? Ai-je sauté une ligne de code ? » soupirai-je. Avant même que je ne puisse toucher le bouton de sortie, l'écran suivant apparut avec un léger bug.
Choisissez votre succube, Maître Kaito.
Sous l'icône rouge clignotante défilaient des rangées de créatures démoniaques exquises, chacune étant une MILF à la poitrine généreuse, au sourire en coin, avec des yeux qui transpiraient la luxure et un visage innocent, sculpté uniquement pour le péché. Sous le portrait de chaque personnage figuraient trois statistiques :
Libido % — Plus elle est élevée, plus elle sera affamée de sexe.
Climax : Son point culminant de luxure. Maximisez-le pour obtenir des récompenses folles.
Compétence spéciale — Chaque séductrice possède son propre don pour vous faire succomber.
Mon doigt plana au-dessus du joystick, faisant défiler lentement la sélection. Chaque démone me faisait un clin d'œil, se léchait les lèvres ou penchait la tête juste assez pour rendre le choix plus difficile. Chacune d'elles semblait capable de me vider jusqu'à la moelle tout en restant assoiffée, exactement ce dont n'importe quel accro aux hentais raffolerait.
Chaque succube ressemblait étrangement aux tentatrices légendaires du folklore japonais, ces créatures qui avaient transgressé les dix lois et furent envoyées en enfer pour y souffrir, mais qui, au lieu de cela, régnaient sur leur propre enfer. Elles étaient toutes nues, avec des poitrines opulentes et moelleuses, un sexe parfaitement épilé et des regards invitants.
Ma gorge devint sèche, mes paumes moites sur le joystick. Je fis défiler une succube aux cornes pourpres recourbées comme une couronne, sa langue traînant paresseusement sur ses lèvres tandis que sa barre de libido affichait 98 %.
« Putain de merde. » Je crispai ma main sur la souris, cliquant sur la démone tentatrice, mais avant qu'elle ne puisse être sélectionnée dans le jeu, mon ordinateur portable passa en mode rouge.
Alerte : Batterie à 4 %. Veuillez charger.
« Tu te fous de moi ? » Je relevai la tête, plongeant mon regard dans le bureau plongé dans l'obscurité, réalisant seulement alors la coupure de courant dans le bâtiment de l'entreprise. « Comment ai-je pu ne pas remarquer que je n'avais pas branché mon portable ? Merde ! »
J'expirai bruyamment par le nez, le dos appuyé contre le dossier. Je jetai un coup d'œil à l'horloge : 2 heures du matin, ce qui signifiait que j'étais sur ce jeu depuis deux heures sans même m'en rendre compte.
« Super », marmonnai-je en me frottant la nuque. J'ouvris le tiroir du haut de mon bureau, fouillant parmi les câbles, les vieux emballages de nouilles instantanées et une boîte de Pocky au chocolat jusqu'à ce que mes doigts se referment sur ma clé USB noire.
Je l'ouvris et l'insérai dans le port sur le côté de mon ordinateur. L'écran passa du mode batterie faible à une autre alerte :
[ VIRUS DÉTECTÉ — DÉBOGUEZ VOTRE CLÉ USB ]
« Oh, pour l'amour de Dieu », grognai-je en poussant le joystick qui manqua de tomber du bord de la table. « Il n'y a pas de virus, espèce de tas de ferraille paranoïaque. Je t'ai littéralement débogué il y a quelques jours. Putain, j'ai gaspillé mon argent et mon temps pour rien. »
Ma voix trahissait mes regrets, à peine audible. Je tirai sur mes cheveux de frustration, mon cuir chevelu me faisant souffrir sous mes doigts alors que j'arrachais la clé USB, la frappais de mes paumes et la réinsérais dans le système agonisant.
Cette fois, aucune alerte de virus. Aucun bug. Juste le son familier de la connexion du périphérique. « Bien », lâchai-je, libérant l'air que je retenais dans mes poumons, ma poitrine se soulevant et s'abaissant rapidement. « Bien, bien... »
Je me penchai vers le bureau, cliquai sur [ouvrir le lecteur] et commençai à copier les fichiers du jeu dans un nouveau dossier sur la clé. La barre de progression avançait lentement et chaque seconde semblait durer une éternité.
0 %, 10 %, 20 %... 50 %... 70 %... 82 %... 95 %.
[Copie de characters 2.00.02.exe en cours]
Mes yeux suivaient la barre clignotante, fixés dessus comme si un regard assez intense pouvait la pousser jusqu'à 100. Mes paumes étaient déjà humides de sueur.
« Encore cinq pour cent et ce sera en sécurité. Juste cinq... »
Et le pire arriva : la barre se figea.
« Allez, allez... »
Et puis...
Écran noir.
La barre de progression disparut, ne laissant que mon propre reflet débraillé me fixer depuis le moniteur éteint. Le ronronnement du ventilateur s'arrêta. Mon souffle se coupa. « Merde. Non. Non, non, non, non ! » Je martelai les touches, pressai le bouton d'alimentation encore et encore.
Rien.
Le jeu ne s'était pas copié. Pas même un fragment. Ma douce succube était piégée à l'intérieur d'une machine morte. Je poussai ma chaise et me levai. « Il faut que je rallume cet ordinateur ! » Je maintins le bouton d'alimentation enfoncé. Cinq secondes passèrent et aucun écran ne s'alluma. La petite LED sur le côté ne s'éclaira même pas. Frustré, je retirai la clé USB et la réinsérai violemment, comme si cela pouvait arranger quoi que ce soit.
L'écran resta noir.
Mon regard dériva vers la fenêtre. Il était trop tard pour l'apporter au réparateur du coin, même s'il restait ouvert 24h/24 dans sa boutique. Je passai une main sur mon visage, essayant de respirer, mais chaque pensée se heurtait au même constat : le jeu n'avait pas été copié.
Je restai immobile, le souffle court, mon esprit cherchant désespérément des solutions. « Dois-je attendre le matin ? Prendre le risque de tout perdre ? Ou sortir maintenant, à l'heure maudite, vers la boutique où il y avait au moins de la lumière, un générateur et peut-être une chance de la sauver ? »
Mais attends...
Ma poitrine se serra alors qu'un souvenir refaisait surface. Ma grand-mère, disparue depuis longtemps, était une chasseuse d'esprits démoniaques. Du moins, c'est ainsi qu'elle se définissait. Elle ne racontait jamais d'histoires comme les autres vieilles dames. Les siennes étaient des mises en garde.
Elle me disait que les rues après minuit n'appartenaient pas aux humains. Elle affirmait que des esprits rôdaient à ces heures-là. Pas n'importe quels esprits, mais des entités affamées de chair. Des créatures privées de sexe qui traquaient les hommes et les femmes, les attiraient dans l'obscurité et utilisaient leurs corps jusqu'à ce que leur âme s'échappe. Elles ne voulaient pas d'amour. Elles voulaient récolter des âmes pour leur propre enrichissement dans leur monde.
Elle jurait que des hommes étaient sortis entiers et étaient revenus ruinés. Un voisin, disait-elle, avait été entraîné au loin et souillé par une inconnue que personne n'avait jamais revue. Au matin, les yeux de l'homme étaient vides et son âme avait disparu.
Mais là, à 2 heures du matin, avec mon ordinateur mort dans mon sac et la sueur me glaçant le dos, je ne riais pas. Je fermai les yeux, serrant les sangles de mon sac.
Soit je restais ici et je perdais tout ce que j'avais construit, soit je tentais le diable en défiant ces histoires pour m'aventurer dans cette nuit que ma grand-mère disait capable de m'engloutir tout entier.
Et en ce moment...
J'étais tenté par le pari.
« Ce ne sont que des histoires, après tout ! Les démons sexuels n'existent pas dans la vraie vie, ce sont juste des personnages de fanfictions. »