Chapitre 91
Traducteur : thursdays Éditeur : Sasha PR : LightBrin
Une lumière jaillit de mon épée et enveloppa le dragon noir.
[L'Épée de la Compassion résiste à l'absorption !]
Cependant, une quantité substantielle d'énergie rebelle agissait contre moi. Srrung ! Une sombre malice m'inonda comme une mousson estivale d'eaux usées. C'était comme une panthère noire qui dormait paisiblement et qui avait été réveillée en sursaut par un contact.
[L'Épée de la Compassion est déconcertée.]
[Elle réprimande sa sœur et lui demande si elle a trahi Lefanta Aegim.]
[La Déesse de la Protection réconforte sa sœur.]
La lumière de l'Épée Sacrée et l'ombre du dragon noir fusionnèrent de manière chaotique.
[L'Épée de la Compassion exige que le nouveau propriétaire fasse ses preuves.]
Blanc et noir.
Aucun des deux camps ne voulait simplement reculer.
[Le pouvoir de la Constellation est immense. Il ne devrait jamais être confié à une personne non qualifiée. L'Épée de la Compassion ne vous reconnaît pas encore comme son nouveau maître.]
« Très bien. »
Je regardai calmement l'épée plantée dans la poitrine du dragon noir.
« Tu marques un point. Mais comment dois-je prouver ma valeur ? »
Le Takgi continuait de s'échapper du corps du dragon noir. Ça palpitait… La malice était incomparable à ce qu'elle était auparavant. Et cette malice prit une forme.
Un ange sombre.
C'était un ange fait d'eau suintante, de la tête aux pieds.
[Je suis un fragment fait de la compassion de la déesse.]
[Si tu veux prouver que tu peux être l'idole de quelqu'un—] [1]
[Tu dois prouver que tu peux faire preuve de compassion.]
L'ange sans expression déploya ses ailes.
Même ces ailes semblaient troubles.
Une salive noire gouttait des deux ailes ouvertes.
[Je te demande de me confier ton esprit et ton corps pour un court instant.]
« Pourquoi devrais-je le faire ? »
[Pour jeter un œil à tes souvenirs.]
La lumière émise par l'Épée Sacrée devint un peu plus vive.
[La Déesse de la Protection ne peut accepter cela. Si vous voyagez ensemble, vous finirez par voir les qualifications du guerrier-nim pour être le nouveau propriétaire. Il n'y a aucune raison de prendre des risques inutiles.]
« Non. C'est bon. »
Je rengainai l'épée.
« Je ne peux pas porter à ma ceinture une épée qui ne croit pas en moi. Même si c'était la meilleure épée du monde, je ne supporterais pas ce malaise. Viens ! Viens voir mes souvenirs ou quoi que ce soit d'autre jusqu'à ce que tu sois satisfaite. »
C'est à ce moment-là que j'ouvris grand les bras.
[L'Épée de la Compassion teste ta compassion.]
Les deux ailes de l'ange couvrirent ma vue. Comme une mère oiseau enveloppant son poussin, d'immenses ailes noires entourèrent mon corps.
Il faisait sombre partout.
Puis, une scène onirique apparut devant moi.
「Homme bienveillant.」
Un jardin en feu.
「Tiens bon…」
「Pauvres créatures.」
Un paradis englouti par la fumée.
「Le monde entier est devenu vide.」
Un champ de neige où des pivoines fleurissaient en rouge.
「Tu es mon disciple.」
Le jardin, le paradis et le champ de neige défilèrent rapidement les uns après les autres.
Soudain, ma vision obscurcie s'éclaircit.
Les ailes de l'ange qui couvraient mes yeux avaient disparu.
[……]
L'ange noir replia précipitamment ses ailes et me regarda. Le fragment de la Constellation était toujours sans expression. Cependant, les yeux noirs sous ses sourcils sombres ne pouvaient cacher son désarroi.
[Tu es……]
« Je ne suis pas parfait. »
Je pris la parole en premier.
« Je suis sensible à la bienveillance des autres. Je veux gagner leur faveur. Je peux être un peu déraisonnable à cause de cela. J'adore vraiment être complimenté, et je lutte parce que je veux que les autres me voient comme une "bonne personne". C'est peut-être ma faiblesse. »
Le fragment de la Constellation ferma la bouche.
« Et ton ancien propriétaire n'était pas parfait non plus. »
[……]
« Je ne sais pas quelle vision grandiose Lefanta Aegim avait pour tuer les Constellations. Pas encore, du moins. Peut-être le fait-il pour des raisons nobles. Mais même s'il a une bonne raison, je dirai toujours qu'il a commis une erreur. »
Je levai mon épée et la pointai vers l'ange noir.
« Si tu penses que ton ancien maître était parfait et n'a jamais rien fait de mal, ne me suis pas. Je n'ai pas besoin d'une telle épée. »
L'ange noir ouvrit lentement la bouche.
[As-tu l'intention de tuer Lefanta Aegim ?]
« S'il mérite d'être tué. »
[Peux-tu me promettre que tes sentiments personnels n'affecteront pas ton jugement à son égard ?]
« Je ne sais pas. »
Je parlais honnêtement.
« Mon maître est mort. Le monde est en ruine. Trop de gens ont été blessés et tués, alors je ne sais pas. Mais je promets que je ferai de mon mieux. »
[……]
« Donc, si tu penses que je m'écarte du droit chemin, fais de ton mieux pour me corriger. Je ferai de mon mieux. Et tu peux faire le tien. C'est ça, travailler ensemble. »
Les ailes de l'ange noir s'effritèrent.
[Ma capacité est la douleur.]
[Celui qui est tranché par moi ressent de la douleur, mais je ne laisse pas de cicatrice sur son corps et je ne le tue pas.]
[Souffrir sans blessure, voilà ma capacité.]
La forme de l'ange s'effondra.
Elle s'effondra et devint de l'eau noire.
[Nouveau maître.]
[Je jure de te servir du mieux que je peux.]
Chwaaaak !
Le liquide noir tourbillonna et s'écoula dans l'Épée Sacrée que je tenais. C'était comme une inondation violente. L'Épée Sacrée but toute l'eau comme un renard assoiffé dans le désert.
[L'existence de la Déesse de la Protection est devenue plus prononcée.]
Les changements ne s'arrêtèrent pas là.
-Oh, oh………
C'était la bête mythique qui avait été la Constellation de ce monde.
Le dragon noir gémit alors que la lame plantée dans sa poitrine était absorbée par mon épée.
-Oohhh……
Le dragon noir avait été tué il y a bien longtemps. Il semblait ne plus avoir assez d'esprit pour exprimer quoi que ce soit avec des mots. Le dragon noir murmurait simplement comme une vieille femme, fatiguée de la vie.
-Ohhhh, oh……
Finalement, le cadavre du Dragon Noir se transforma en essence et s'écoula.
Sa corne s'effrita et vola en éclats. Ses écailles fondirent comme une bougie. La bête qui régnait sur un monde rencontra sa fin.
Et l'hiver céda sa place.
La calotte glaciaire permanente sur la montagne s'effondra. C'était une avalanche.
Du sommet de la montagne, je pouvais regarder la neige qui se brisait sous mes pieds et se déversait sur le monde.
« L'hiver est la saison de la mort. »
À côté de moi, le Bibliothécaire regardait aussi le paysage.
« Tu as mis fin à cette saison solitaire. »
Une avalanche blanche balaya le monde blanc. Mais ce qui restait après le passage de l'avalanche n'était plus blanc.
La terre brune du sol était visible.
Le brun était la couleur de la chair de ce monde. Le long hiver touchait enfin à sa fin, et le sol commençait à mettre sa peau à nu.
« …… »
Comment se faisait-il que la brise printanière soit si différente des rafales de l'hiver ?
Maître saurait-il d'où vient le parfum du printemps ?
« …Directeur de la bibliothèque-nim. »
« Tu peux parler. »
« J'ai reçu un avantage en terminant l'étage précédent, donc je peux voir la nature des gens. Je peux voir les intrigues préférées et le type de personnage d'une personne. »
« Je sais. »
Le Bibliothécaire expira.
Les souffles que nous exhalions n'étaient plus gelés et blancs.
« Je suis le responsable du 21e au 30e étage. Les avantages que tu as reçus ont également été préparés par moi. Mm. Puisque c'est moi qui te les ai donnés, bien sûr que je le sais. »
« Ton personnage préféré est [le Tueur de Constellations]. »
« C'est exact. »
« Pourquoi aimes-tu le Tueur de Constellations ? Lefanta Aegim est un humain qui tue des Constellations. Je pourrais comprendre pourquoi tu le détesterais, mais je ne vois pas de raison de l'aimer. »
« Ahem. »
Le Bibliothécaire ferma son œil droit.
« Puisque tu poses la question, je vais te donner une réponse spéciale. Depuis longtemps, j'ai un rêve. »
« Un rêve, dis-tu ? »
« Exactement. C'est de faire une apparition dans un roman que j'apprécie ! »
Les yeux de la Constellation brillaient innocemment.
J'étais perplexe.
« S'il s'agit d'apparaître dans un roman… Ne peux-tu pas le faire dès maintenant ? Tu peux voyager librement à travers les Apocalypses. »
« Huhu. Tu ne comprends pas l'esprit du lecteur, je vois. [Apparaître] dans un roman est un peu différent d'y [intervenir]. Non, c'est très différent. »
Le Bibliothécaire rit en se couvrant la bouche avec ses manches.
« Du point de vue des Apocalypses, je ne suis pas différent d'une matière étrangère. Une matière étrangère, une espèce invasive… Une existence qui ne devrait pas naturellement se produire dans ce monde. Le Tueur de Constellations, qui a tué le dragon dans le monde du Murim, est au même niveau que moi en tant que corps étranger. »
« …… »
« Mais je ne veux pas intervenir dans un roman en tant qu'étranger ! Non. Ce n'est pas permis. Je veux apparaître comme un personnage respectable qui a été dans le monde depuis le début, tout comme les autres personnages ! C'est mon rêve en tant que lecteur du monde ! »
Je ne comprenais toujours pas.
Le Bibliothécaire regarda mon visage et rit.
« Alors, cette fois, je vais demander. Gongja. Pourquoi n'as-tu pas tué le Démon Céleste ? »
« …… »
« Le Démon Céleste a maîtrisé l'art de tuer par l'esprit dans ses derniers instants. Même si elle n'était plus aussi forte qu'à son apogée, tu aurais pu utiliser la compétence des Cent Fantômes sur elle et tirer parti de ses souvenirs. Le Démon Céleste avait une bonne opinion de toi, elle aurait été une alliée puissante et un excellent maître. Alors pourquoi ne l'as-tu pas tuée ? »
« ……C'est que. »
« Chut. »
Le bibliothécaire leva son index et bloqua mes lèvres.
« C'est bon. Tu n'as pas besoin de le dire. Je comprends déjà. »
Doucement.
Ses doigts pressèrent mes lèvres.
« Tu ne voulais pas interférer avec les derniers instants que ton Maître a accomplis. C'est la même chose pour moi. Je ne veux pas intervenir directement dans la fin du monde. Ton cœur et le mien ne sont pas si différents… »
Soudain, le paysage au-dessus de l'horizon fondit.
Le soleil brilla sur le lac où la route de glace s'était effondrée, exposant la surface de l'eau.
« Je refuse d'intervenir. Cela signifie qu'il n'y a qu'une seule façon pour moi de devenir un personnage dans une histoire. »
« …Laquelle ? »
« C'est simple si tu y penses d'un autre point de vue. Je ne vais pas vers le protagoniste du roman ; c'est le protagoniste qui vient me trouver. »
Le Bibliothécaire murmura.
« Lefanta Aegim. Le Tueur de Constellations assassine inlassablement des Constellations et fait des allers-retours entre différents mondes. Un jour, il viendra visiter mon monde, la plus grande bibliothèque de tous les temps. »
Le Bibliothécaire sourit.
« Pour me tuer. »
La Constellation sortit quelque chose de ses manches. C'était un livre qui ne semblait pas différent des autres Apocalypses. Mais il avait l'air plus usé que les autres. L'avait-il sorti et lu des dizaines, peut-être des centaines de fois ? Comme le carnet d'un vieil écrivain, la reliure en cuir du livre était patinée.
[L'Épopée de Lefanta Aegim]
Le titre était gravé avec du fil d'or sur le cuir.
« …… »
« J'attends. Le jour où le Tueur de Constellations visitera la Grande Bibliothèque. J'ai hâte de le voir se tenir devant moi un jour, suivant sa propre histoire et sa propre volonté. Ce jour-là. J'apparaîtrai enfin dans l'histoire de Lefanta Aegim. »
« Même si la conclusion de cette histoire est ta propre mort ? »
« Bien sûr. »
Le Bibliothécaire sourit.
La Constellation regarda le paysage de neige fondante.
Ses manches flottaient comme une grue dansante.
« Mourir de la main du protagoniste n'est-il pas le plus grand des épilogues ? »
4.
J'avais voulu prononcer un éloge funèbre.
« Oh, Jeune Maître. »
Avant de retourner à la bibliothèque, je passai voir les membres du culte. Je voulais m'assurer que les funérailles de Maître étaient prises en charge correctement.
« Bon retour ! »
« Bienvenue, Jeune Maître. »
Dès que les membres du culte me virent, ils s'inclinèrent et me saluèrent. Cependant, je sentis qu'ils étaient troublés pour une raison quelconque. Ce n'était pas juste une ou deux personnes, mais tous ceux qui se précipitaient au loin.
Je penchai la tête.
« Les funérailles sont-elles déjà terminées ? »
« N, non. Jeune Maître. Eh bien, les funérailles sont toujours… »
« Quelque chose est arrivé ? »
Les membres du culte échangèrent des regards.
« C'est que…… »
« Le corps du Démon Céleste-nim a disparu. »
Le Démon Sanglant, l'un des Quatre Seigneurs Démons, parla. C'était le membre du culte que Maître appelait souvent le chef de la Garde de Sang.
« Quoi ? »
« Vous comprendrez plus vite si vous le voyez. Jeune Maître. »
Je marchai précipitamment là où le Démon Sanglant me guidait.
Peu de temps après, j'arrivai à l'endroit où j'avais déposé le corps de Maître.
Puis, je restai sans voix.
« Soudain, la neige sur tout le monde a commencé à fondre. Le corps du Démon Céleste-nim a aussi disparu… Je m'excuse. C'était si soudain, en un clin d'œil, que nous n'avons pas eu le temps de réagir. »
Là où la neige avait fondu.
Le corps de Maître n'était plus là.
Je ne pouvais le voir nulle part, peu importe où je regardais.
« Nous pensons que l'énergie interne du Démon Céleste-nim était si pure qu'avec le temps, son corps a naturellement fondu et disparu… »
Cependant, une fleur rouge fleurissait là.
« …… »
Au dernier endroit où Maître s'était allongée. Là où son bras touchait le sol. Là où elle avait posé ses pieds. Là où ses cheveux s'étaient étalés. Là, des pivoines rougeâtres étaient en pleine floraison.
-Incroyable.
Bae Hu-ryeong, qui était resté silencieux jusqu'à présent, marmonna.
-La Constellation de ce monde est morte et n'a laissé qu'une malédiction, mais ton maître est mort et a laissé derrière lui une fleur. Ton maître est meilleur que cette Constellation vide.
Je m'approchai du parterre de fleurs et me penchai. Je touchai le pétale de pivoine du bout du doigt. Le pétale trembla un peu, tachant mon index de rouge alors que je le frottais.
C'était le premier printemps dans ce monde.
« Bien sûr, nous préparons toujours les funérailles », dit le Démon Sanglant derrière moi.
« Nous espérions que le Jeune Maître pourrait y assister… »
« Non. »
Je secouai la tête.
« C'est bon. Ne faites pas les funérailles. »
« Quoi ? »
« Cela suffit. »
Je me levai.
Je tournai la tête pour regarder les membres du culte.
« Bien que j'aie reçu le manteau et que je sois devenu le jeune maître, je suis sûr qu'il y en a parmi vous qui ne peuvent pas encore l'accepter. Nous vivons par la force. Il est de coutume que le guerrier le plus fort accède à la plus haute position d'une secte. »
« Au lieu de funérailles triviales, remplaçons-les par un combat à l'épée. Il est probablement aussi de coutume d'offrir ce qu'il y a de plus précieux lors de funérailles. Et ne chérissons-nous pas nos épées par-dessus tout ? Alors, offrons nos épées à Maître. »
Je ris.
« Venez vous mesurer à moi. »
Le printemps arrivait.
Comme tous les êtres vivants le font.
Ma prochaine histoire commencerait sur une scène un peu plus haute que la précédente.
~~~
[1] Idole dans l'aspect religieux, comme une représentation ou un symbole d'un objet de culte (définition fournie par Merriam-Webster)