Chapitre 80
Traducteur : thursdays Éditeur : Sasha QC : LightBrin
3.
La première fois que j'ai essayé d'apprendre l'Épée de la Famine.
« Quoi ? »
Le Démon Céleste était déçue.
« Tu veux dire que tu n'as jamais eu faim plus de trois jours d'affilée ? »
Elle n'avait pas remarqué mes efforts. Elle m'avait abandonné. Elle semblait résignée. Elle m'a regardé faire tournoyer mon épée pendant un court instant, puis elle a fait demi-tour sans hésiter et est partie.
« Je vois que ça ne rentre pas. »
« Comment peux-tu espérer éveiller l'Art Démoniaque des Cieux Infernaux si tu ne sais même pas ça ? »
Le Démon Céleste essayait de me faire abandonner de moi-même.
Parce qu'elle n'attendait plus rien de ce monde. Parce qu'elle pensait qu'elle ne devrait rien en attendre.
« C'est bon. »
« C'était ma faute. »
Voilà ce qui s'est passé quand j'apprenais la « faim ».
Mais quand j'ai commencé à apprendre la « soif », son attitude a radicalement changé.
4.
« Ton épée est trop simple », a dit le Démon Céleste en me regardant combattre le Jiangshi.
J'ai senti que son regard sur moi changeait progressivement. Parfois, je maladroitement mon épée, et même si le Démon Céleste fronçait les sourcils, elle ne me tournait plus le dos. Au contraire, elle me donnait des conseils.
« Je ne trouve aucune finesse dans ton épée. Il n'y a aucune application. C'est honnête et droit, mais c'est tout aussi vulnérable. »
Le Démon Céleste commençait à placer ses espoirs en moi en tant qu'humain.
« On dirait que ton épée ne combat pas contre des humains, mais contre le monde. Ce n'est pas une épée de notre école, mais une épée de la Secte Juste. C'est assez inattendu. »
Au début, je me faisais tuer en un seul coup par un zombie maîtrisant les arts martiaux.
Mais avec le temps, j'ai pu facilement gérer les zombies pratiquant les arts martiaux. C'était naturel. Car chaque nuit, je me faisais tuer par les Jiangshi que Preta m'amenait.
Plus je traversais le traumatisme des cadavres morts de soif, plus mon épée devenait forte.
« Je vais t'enseigner le cœur de notre simgyeol. »
Quand mon épée est devenue un peu plus puissante, le Démon Céleste a enfin commencé à m'enseigner.
« Simgyeol ? Qu'est-ce que c'est ? »
« …C'est un secret de fabrication, la clé de nos méthodes. Je vois qu'il n'est pas facile de parler à un enfant du monde extérieur. »
Le Démon Céleste s'est raclé la gorge.
« Pense au moment où tu as appris l'Épée de la Famine. À quoi pensais-tu quand tu faisais tournoyer ton épée ? »
« Je pensais à la famine. »
« Évidemment. Mais ce n'est pas seulement ça. Tu ne t'en es peut-être pas rendu compte, mais tu as déjà pénétré l'essence des arts démoniaques. »
L'essence des arts démoniaques.
« Je vais te dire ce que c'est à partir de maintenant. »
Nous nous sommes assis face à face dans le champ enneigé.
« Maintenant. Pense à une [pomme]. »
« Si c'est une pomme… Genre, une pomme qu'on peut manger ? »[1]
« Une pomme à manger. »
J'ai imaginé une pomme, comme elle me l'avait demandé.
« Tu y penses ? »
« Oui. »
« Quelle sensation te procure la pomme ? »
« Quoi ? »
La question du Démon Céleste était étrange. Quelle sensation me procure la pomme ? Je n'avais pas vraiment de pomme dans la main. Comment pourrais-je savoir ce que ça faisait ?
J'étais perplexe. Le Démon Céleste a scruté mon visage.
« Tu ne sais pas ? »
« Si je me force, je peux probablement imaginer… »
« C'est bon. Si tu ne sais pas, dis que tu ne sais pas. »
« Ah, oui. Je n'en ai aucune idée. »
« Hmm. Hm. »
Le Démon Céleste a souri. La femme semblait se réjouir.
« Tu es honnête. Bien ! Maintenant, pense à la [faim]. »
« …… »
J'ai réfléchi.
J'ai pensé à la pioche que le fermier enfonçait sans relâche dans la terre sèche. Je me suis souvenu du geste qu'il faisait en frappant son enfant. Les enfants creusaient le sol meuble le long de la rivière pour fabriquer des togwa.
« Tu y as pensé ? » a murmuré le Démon Céleste.
« Oui. Je m'en suis souvenu. »
« Quelle sensation te procure la faim ? »
La terre qui craquait sous mes dents quand je mangeais les galettes de boue. La saveur. La texture croquante.
« ……C'est très sec. »
« Quelle est l'odeur de la faim ? »
« C'est l'odeur de la terre. »
« Oho. Quel genre de terre ? Il existe de nombreux types de terre. Il y a une terre pour l'agriculture et une autre pour la poterie. Il y a de la terre noire et de la terre rouge. Je suis curieuse.
Quelle est la terre de la faim ? »
« C'est de la boue », ai-je dit en fermant les yeux. « Mais on ne peut pas ramasser n'importe quelle boue. Il faut que ce soit de la boue avec peu de gravier et sans sable. »
« Je vois. Je comprends. Quel goût a la faim ? »
« …… »
« Enfant. »
La voix du Démon Céleste s'est adoucie.
« Je t'ai demandé quel était le goût de la faim. Pourquoi n'as-tu pas répondu tout de suite ? »
« ……Parce que c'est triste », ai-je dit. « Les enfants font sécher les galettes de boue au soleil. Pendant qu'elles sèchent, ils n'ont rien à faire, alors ils restent près de la boue. À attendre qu'elle sèche… »
« Ce sont des enfants qui attendent la lumière du soleil. »
« …Oui. »
« La faim, ce sont des enfants qui attendent le soleil. »
C'est vrai. C'était ce qui s'était passé.
« Enfant. C'est ça, ton poème. »
La voix du Démon Céleste est tombée comme la neige austère.
« Quand je t'ai demandé de décrire le toucher d'une pomme, tu as répondu que tu ne savais pas. Mais quand je t'ai interrogé sur la faim ? Tu as senti la boue. Tu pouvais sentir l'odeur de la boue. Tu as mâché la boue et tu l'as mangée ! Tu as vu la rivière couler, et tu as dû entendre les sons de la rivière. »
Le dernier voyage d'un vieil homme. Le bateau en bois. Le ciel nocturne.
Un solitaire qui a essayé de ne pas causer de problèmes au monde mais qui a fini par devenir une nuisance malgré tout.
« Une pomme a une forme, mais il n'y a pas de faim. Une pomme peut être goûtée, mais elle est vide de faim. Mais tu parles bien de la faim ! La faim, pour toi, c'est la boue, la lumière du soleil, l'eau de la rivière et les enfants. »
« Enfant ! C'est ça, ton talent », a dit le Démon Céleste. « Maintenant, ouvre les yeux. »
Je les ai ouverts.
Le Démon Céleste bougeait ses mains tout en restant assise.
« La raison pour laquelle tu ne connais pas la texture d'une pomme est simple. Parce qu'elle n'a pas stimulé ta [mémoire]. »
Ma mémoire.
« Si tu avais déjà mangé une pomme, tu le saurais. »
Le Démon Céleste a bougé la main avec un sourire.
En un instant, j'ai pu le reconnaître.
Le Démon Céleste faisait semblant de couper une pomme en deux.
« Les pommes ont une peau douce. Elle est brillante, mais aussi un peu bosselée. Moi, j'aime manger les pommes avec la peau, mais ce sera différent pour un enfant enrhumé. Je la couperais en deux… »
On aurait vraiment dit qu'elle avait une pomme dans la main.
« Gratte-la avec une cuillère. Donne la pomme râpée à la cuillère à l'enfant malade. »
« …… »
« As-tu déjà mangé des pommes râpées quand tu étais enfant ? »
Oui.
Je me suis souvenu d'une éducatrice à l'orphelinat qui faisait ça. Elle m'avait fait m'allonger parce que j'avais un rhume et m'avait donné une pomme râpée à la cuillère.
« Quelle est la texture de la pomme râpée ? »
« …C'est un peu granuleux. »
« Correct ! La pomme, normalement croquante, a déjà été mâchée par la cuillère, et elle devient granuleuse. Mais est-ce tout ? Est-elle devenue insipide ? »
« Non. Le jus jaune remplit ma bouche. »
« Oui ! Et est-ce tout ? Si tu râpes aussi la peau, ce qui reste de la peau de pomme devient ridiculement ridé. La main de la mère qui a gratté la pomme pour toi devient aussi jaune à cause du jus. Mais alors, dis-moi, enfant. Quelle est, parmi ces sensations, la sensation de la pomme ? »
« …… »
J'étais perdu dans mes pensées.
Le Démon Céleste m'a demandé, comme pour me presser :
« Est-ce la pomme entière ? Est-ce la pomme coupée en deux ? Est-ce le jus râpé à la cuillère ? Est-ce la peau ? Est-ce la main de la mère ? Quelle est ta pomme ? »
Quelle est ma pomme ?
« J'ai vu une mère qui ne mangeait que la peau après avoir donné toute la chair de la pomme à son enfant. »
« …… »
« Pour moi, une pomme, ce sont les épluchures laissées pour la mère. C'est un enfant enrhumé. C'est le cœur de la mère qui a été gratté une cuillerée à la fois. »
Pour une raison quelconque, mon cœur s'est réchauffé.
Même si nous étions assis au milieu d'un champ enneigé.
Peut-être était-ce parce que le Démon Céleste avait souri.
« —Et je pense aussi à ces jeunes enfants dont les mères n'ont jamais épluché de pomme pour eux. »
Mais le sourire du Démon Céleste n'a pas duré longtemps.
« Je pense à une mère qui ne peut pas acheter de pommes. Je pense à une mère qui n'en achèterait pas même si elle en avait les moyens. Je pense à un enfant qui n'a personne pour s'occuper de lui alors qu'il est alité. Je pense à un enfant qui est mort parce qu'il n'a pas pu être soigné. »
Sa colère s'est manifestée sous forme de gaz toxique.
Les yeux noirs du Démon Céleste semblaient encore plus sombres.
« Il n'y a aucun endroit dans ce monde qui n'ait été touché par des souvenirs humains, et par conséquent, il n'y a aucun endroit dans ce monde sans ressentiment ! »
J'avais la nausée.
« Il n'y a pas de forme dans la faim. Il n'y a pas de goût. Il n'y a pas d'odeur. Faux ! La faim, c'est la boue, une rivière et un enfant. Même une simple pomme est la faim.
Enfant ! Puisque tu utilises la boue pour la faim, fais de même pour la soif ! »
« …… »
« Ressens la douleur de la soif dans ta gorge ! Sens-la. Remplis-toi de son goût. Sens son odeur. Mange-la. Touche-la.
Les arts démoniaques sont des souvenirs ! La mémoire est aussi un sens. C'est la clé des méthodes de notre secte ! La sensation de ramasser de la boue, la sensation que tu captures dans ta main, c'est ta faim, ton Art Démoniaque des Cieux Infernaux ! »
J'avais la nuque glacée.
Une électricité froide parcourait mon corps.
« Si certains ont subi des choses injustes, c'est tout. Ils ne peuvent pas parler. Ils ne peuvent pas lâcher prise. Incapables de s'exprimer, le ressentiment continue de s'accumuler dans l'esprit, et finit par se solidifier en amertume. Cependant, les guerriers de notre Culte Démoniaque sont différents ! »
Le Démon Céleste m'a regardé.
« Nous faisons tournoyer nos épées ! »
J'ai saisi la poignée de l'épée sans réfléchir.
« Comme une geisha chante et qu'un érudit récite un poème, nous faisons tournoyer nos épées. Quelle est la différence entre un voyou d'une bande de voleurs et un guerrier de notre secte ? Ils sont balancés par l'épée. Mais nous, nous faisons tournoyer l'épée ! C'est juste ça, et cette différence est tout. »
Mon entraînement a commencé.
« Si tu te contentes de vivre, en prenant ce qu'on te donne, comment peux-tu appeler ça une vie ? C'est la mort ! Peux-tu appeler une épée qui te fait tournoyer alors que tu es censé la faire tournoyer, une épée ? C'est une bête. Veux-tu mourir ? Veux-tu devenir une bête ? »
« Non ! »
J'ai serré les dents fermement.
« Je suis un humain vivant ! »
« Si c'est le cas, aie soif. Aie soif comme tu l'as fait quand tu avais faim ! »
J'avais rassemblé 112 personnes mortes de faim.
Parmi elles, il y avait un enfant qui mangeait des galettes de boue.
J'ai mordu un grain de terre dans ma bouche.
Souffrance.
Art Démoniaque des Cieux Infernaux.
Première forme.
Épée de la Famine.
« Tu as trouvé la boue de la faim. Maintenant, tu vas devoir trouver quelque chose pour la soif. Pour toi, la faim, c'étaient les enfants qui attendaient le soleil. Qu'est-ce que la soif pour toi ?! »
J'ai rassemblé 48 personnes mortes de soif.
Parmi elles, il y avait une vieille femme qui buvait de l'eau de mer et qui continuait de boire.
Ses entrailles étaient marinées dans l'eau salée.
Souffrance.
Art Démoniaque des Cieux Infernaux.
Deuxième forme.
Épée de la Soif.
« Pour toi, la faim était boue et la soif était la mer. Mais la soif est-elle la seule douleur que la mer apporte ? Il y a aussi la douleur de la noyade dans l'eau de mer. Il y a la douleur de la noyade dans la rivière. Enfant, qu'est-ce que l'eau pour toi ? »
J'ai rassemblé 37 personnes mortes par noyade.
Parmi elles, il y avait un père qui a donné son dernier souffle à son enfant.
Alors qu'il coulait dans l'eau, il a partagé son souffle avec sa bouche.
Souffrance.
Art Démoniaque des Cieux Infernaux.
Troisième forme.
Épée du Noyé.
« La faim est terre. La soif est vague. Pour toi, l'étouffement est le dernier souffle d'un père ! La terre, la mer et l'air sont déjà à toi. Enfant du monde extérieur ! Qu'est-ce que l'hiver pour toi ? »
J'ai rassemblé 96 personnes mortes de froid.
Parmi elles, il y avait un nouveau-né qui était collé au corps d'une mère déjà morte, jusqu'à la toute fin.
Il s'est accroché au corps fermement jusqu'à ce qu'il gèle.
Souffrance.
Art Démoniaque des Cieux Infernaux.
Quatrième forme.
Épée du Gel.
« …… »
L'aube est passée. La matinée est passée. Le milieu de la journée est passé.
Alors que le monde traversait une journée, j'avais fait l'expérience de 293 morts.
« Enfant. Ton épée… »
Le Démon Céleste a lentement ouvert les lèvres.
« Vraiment, elle change constamment. »
La façon dont le Démon Céleste me regardait avait aussi changé.
« Les gens ont des tendances différentes. Les arts martiaux naissent des différentes tendances de la vie de chacun. Ces habitudes qui ne peuvent être corrigées. L'Art Démoniaque des Cieux Infernaux est particulièrement comme ça, mais toi… Tu es diversifié. Tu es riche en tendances différentes. »
« Ah. J'entends souvent dire que j'ai une variété de styles. »
« …… »
« Je suis désolé. C'était des bêtises ? »
« Non. C'était des conneries. »
« Tu parles un peu sérieusement. »
« Pour être honnête, c'était un tas de conneries. »
C'était ça ? C'était un tas de conneries— ?
Si c'est un tas de conneries, je n'y peux rien—.
« Il est difficile pour les humains de connaître toute la douleur du monde. Et même s'ils la connaissent, endurer toute la douleur jusqu'à ses limites… C'est très dur. Mais en te regardant apprendre l'Art Démoniaque des Cieux Infernaux, c'est… Hm ? »
Le Démon Céleste a froncé les sourcils. Elle a tourné la tête.
« …Quelqu'un arrive. »
Quelqu'un s'approchait de la direction de son regard. Il faisait encore grand jour, donc ça ne pouvait pas être un zombie, et comme c'était un monde déjà détruit, ça ne pouvait pas être un visiteur indésirable. C'était le Seigneur du Murim et le Serpent Venimeux. Le Serpent Venimeux portait le Seigneur du Murim sur le champ enneigé.
« Hm. »
Le nez du Démon Céleste a frémi.
« Qu'est-ce que ce vieux radoteur fait ici ? De cette façon pathétique, en plus ? Ha. As-tu enfin accepté que tu n'es qu'un vieux crouton ? »
« Tais-toi », a dit le Seigneur du Murim sur le dos du Serpent Venimeux. « Je suis venu parce que je m'inquiétais pour toi. Hmph ! »
« Inquiet ? Tu étais inquiet ? Même un Jiangshi qui passerait par là rirait. Tu es plus faible que moi, vieux fou, alors ne pense pas que tu es en position de t'inquiéter pour… »
« Madu. Tu n'as même pas encore fait la Cérémonie des Neuf Saluts, hein ? »
« …… »
« Haa. C'est évident, évident ! Je savais que tu serais comme ça. »
Le Démon Céleste a fermé la bouche hermétiquement.
Dans mon esprit, je penchais la tête avec confusion.
« Qu'est-ce que la Cérémonie des Neuf Saluts ? »
-C'est la cérémonie utilisée pour officialiser une relation entre un maître et un disciple.
A dit Bae Hu-ryeong.
-Les détails sont légèrement différents pour chaque secte. Il y a des endroits où tu effectues une révérence profonde 9 fois et d'autres où tu ne t'inclines que 3 fois… Je ne sais pas comment c'est dans le Culte Démoniaque. C'est une cérémonie secrète et sacrée.
« Comment c'était dans ta secte ? »
-Eh bien, si tu endures après avoir été frappé par le professeur 9 fois, c'était la Cérémonie des Neuf Saluts pour nous. J'ai enduré jusqu'à mon 63e coup, donc c'était le record le plus long de l'histoire de ma secte. N'est-ce pas génial ?
J'ai compris pourquoi Bae Hu-ryeong était un tel fou.
Sa Secte Juste ne faisait que créer une bande de fous.
« …Tais-toi. Je déciderai moi-même qui accepter comme disciple et quand », a dit le Démon Céleste. « Ce n'est pas une affaire dans laquelle tu dois interférer. »
« Tu parles en vain maintenant. Bien sûr que je dois interférer ! »
Le Seigneur du Murim est descendu du dos du Serpent Venimeux avec un bruit sourd. Le vieil homme a fixé le Démon Céleste avec férocité.
« Parce que la raison pour laquelle tu ne prends pas de disciples, c'est que tu as pitié de moi ! »
« Huuuh ? Qu'est-ce que tu racontes… »
« Il ne reste plus que nous deux. Tu es la seule sur la voie du mal, et je suis le seul sur la voie de la droiture. Si toi seule prends un disciple, les seuls jeunes seront dans le Culte Démoniaque. Alors quelle est la conclusion ? C'est comme si tu gagnais la guerre entre le bien et le mal sans même combattre ! »
« …… »
« Toi et moi avons convenu d'y mettre fin nous-mêmes. Nous l'avons juré. Parce que tu te sens mal de rompre notre serment et que tu as pitié de moi, tu n'acceptes pas ce jeune enfant comme ton disciple ! »
Huh.
« …Je suppose que c'est vrai. Ça pourrait aussi être ce genre de raison. »
Ils sont dans la même situation, mais ce serait bizarre si un seul d'entre eux avait un disciple.
En regardant les sentiments du Démon Céleste, il semblait qu'elle avait effectivement pitié du Seigneur du Murim.
Mais.
« Tsk, tsk. Il n'y a pas besoin d'être si inutilement loyale ! »
« …… »
« Je pensais que tu ferais ça, alors j'ai pris l'initiative. »
Le Seigneur du Murim a tapoté l'épaule du Serpent Venimeux.
Le Serpent Venimeux a gratté sa joue avec un sourire amer.
« Eh bien. Ça a fini comme ça. »
Les yeux du Démon Céleste se sont agrandis.
« V, vieil homme… Tu ne pourrais pas, cet enfant… »
« C'est ça ! Je l'ai fait mon disciple principal aujourd'hui ! »
« Espèce de bâtard, tu penses que c'est bien de faire ça à ma grande personne ?! »
Le Démon Céleste s'est précipité sur lui. Boum, boum ! Deux maîtres roulaient dans la neige dans une bagarre de chiens.
« Sais-tu quel genre de cœur j'avais, en ne procédant pas à la cérémonie aujourd'hui ?! Mais ce vieil homme a ignoré le jeune cœur dévoué de ma grande personne comme si ce n'était rien… ! »
« Tais-toi ! Si le destin vient te trouver, remercie tes parents disparus au ciel et accepte-le ! Une personne ne peut pas juste l'ignorer parce qu'elle est trop consciente des autres ! »
« Qu'en est-il de la Grande Bataille du Bien et du Mal ?! »
« Est-ce qu'il faut que ce soit juste nous deux pour que ce soit la bataille ? Si nos disciples se battent, ça peut aussi être considéré comme la grande bataille ! »
« Je ne peux pas l'accepter à moins que tu ne sois mon adversaire ! »
« Pour un seigneur démon, tu as vraiment des pensées idiotes ! »
« Qu'est-ce que tu as dit ?! »
La femme a attrapé le cou du vieil homme.
Le vieil homme, ne voulant pas perdre, a attrapé la tête de la femme et a lancé un regard noir.
« Agh, espèce de démon ! Tu es toujours comme ça. Si ce n'est pas une chose, c'est l'autre. Espèce de tête de mule ! Tu penses que le monde va se diviser juste parce que nous divisons nos positions ? »
« Je ne sais pas quel genre de monde tu vois, mais le paysage que je vois est de la glace ! De toute façon, ça se divisera si tu le divises ! »
« Alors fais-le fondre ! »
« Il y a un feu appelé la voie démoniaque qui le fera fondre ! Et les membres du culte démoniaque sont le bois de chauffage ! »
« Alors prends une bûche de plus pour le feu ! »
« Saint de la Hache, toi… ! Espèce d'hypocrite de la Voie Juste, tu ne fais que saisir les bouts de mes phrases pour te battre avec moi… ! »
Il y avait une telle dispute entre le vieil homme et la femme. Chaque fois que les deux échangeaient des coups, deux mondes différents s'affrontaient avec le son du métal. Les mondes étaient capables de s'établir même dans cette bagarre de chiens sans fin.
Laissant les deux mondes se battre, j'ai regardé le Serpent Venimeux.
« C'est un peu surprenant. »
« De quoi tu parles ? »
Comment quelqu'un comme toi, avec ton vrai moi, a-t-il pu prendre quelqu'un comme professeur ? —ce n'était pas quelque chose que je pouvais lui dire tout de suite.
Alors j'ai tourné un peu autour du pot.
« N'es-tu pas le maître Chen Mu-mun ? Est-ce correct pour le maître de guilde de recevoir l'enseignement d'un nouveau professeur ? »
« Putain. Si tu as un endroit pour faire une danse de l'épée, tu fais la danse de l'épée, et si tu as un professeur auprès de qui apprendre, tu demandes à apprendre. Je ne peux pas juste rester assis pour chacune de ces choses, à pinailler sur le "pourquoi". »
Le Serpent Venimeux a souri. Les traits épais de son visage portaient une sorte de sourire viril.
Huh.
« Serpent Venimeux-nim. »
« Quoi ? »
« Je vais te dire clairement. Être poussé dans cette position par la force ou par simple pitié. Tu regretteras si tu devais être un disciple du Seigneur du Murim avec une résolution aussi tiède. »
Les deux mondes se battaient toujours bruyamment.
C'était différent de l'époque où le Serpent Venimeux était poussé dans les Chroniques du Démon Céleste par sa fierté et ses partisans.
C'était une insulte à ces deux mondes.
Je ne pouvais pas le pardonner.
« …Je ne sais vraiment pas de quoi tu parles. »
Le Serpent Venimeux a gratté sa joue, puis a levé son œil unique avec acuité.
« Hé, pourquoi le gars appelé le Roi de la Mort divague-t-il autant à ce sujet ? Si tu veux confirmer quelque chose, confirme-le avec ton épée. »
Sur ce, le Serpent Venimeux a levé son épée.
« Ce ne sera pas facile, cependant. »
Mais il y avait un moyen facile de vérifier. Cela deviendrait apparent si j'ouvrais la fenêtre de statut psychologique du Serpent Venimeux.
Mais au lieu de faire ça, j'ai dit doucement : « Serpent Venimeux-nim. »
« Ouais. »
« As-tu déjà eu faim ? »
Le Serpent Venimeux a cligné des yeux.
« Quoi ? »
À ce moment-là, j'ai couru en avant.
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[1] Pomme : Gongja peut être confus car le mot pour pomme (사과) est un homonyme du mot pour excuse (사과).