Chapitre 28
Traducteur : HH
Frouch !
Il me pointa du doigt avec sa main libre. Qu’étais-je censé répondre ? On aurait dit qu’il criait : « Alors, ça te plaît ? Tes méfaits ont été révélés au monde entier ! »
Je souris.
« Oui. »
« Haha, vous voyez ! Espèces de salauds. Je vais révéler au monde entier le genre de choses que vous avez faites en utilisant cet assassin… »
« Faux. »
La Croisée prit la parole.
« Quoi ? »
« C’est faux. »
La Croisée répéta, indifférente.
« N’a-t-il pas répondu "oui" à ta question ? Cette réponse était fausse. Donc, pour mettre les choses au clair, Kim Gong-ja n’a pas tué plus de 4 000 personnes. »
« … »
« As-tu d’autres questions ? »
Silence.
Tandis que le Saint de l’Épée gardait la bouche close, la Croisée pencha la tête.
« Mais 4 000… Est-il possible pour une seule personne d’en tuer autant ? Je trouve ça presque impossible. »
« C-C’est… vous avez utilisé ce petit dernier comme un assassin spécial… »
Je souris radieusement.
« Vous avez raison. Je suis un assassin spécial. »
« Faux. »
« … »
Le Saint de l’Épée en resta bouche bée.
« C-Croisée. Je me suis trompé sur ton compte ! Je pensais que tu ne mentirais pas ! »
« Que tu me croies ou non, cela ne regarde que toi. »
La Croisée répondit calmement : « C’est pour ça que j’ai demandé au début si tu me croirais. »
« … »
« Si tu changes de discours maintenant, c’est un peu… pathétique. Non, c’est vraiment pathétique, Saint de l’Épée. Ce n’est pas l’image que j’avais de toi. »
« A-attends ! »
Le Saint de l’Épée me fixa, paniqué.
« Mais il est impossible que tu n’aies tué personne ! »
« Ah. Oui. C’est vrai. J’ai bien éliminé quelqu’un une fois. »
La Croisée hocha la tête.
« C’est la vérité. »
« Vous voyez ! »
« Mais ce n’était qu’une seule personne. »
« Quoi ? »
La Croisée hocha de nouveau la tête.
« C’est vrai. »
« … »
« Bien sûr, le fait d’avoir tué une personne ne change pas mon statut de meurtrier. Mais Saint de l’Épée-nim, même si je ne peux pas me targuer d’être blanc comme neige, je peux vous dire ceci : ce salaud méritait vraiment de mourir. Parce qu’il a essayé de me tuer en premier. »
« C’est la vérité. »
« Non, il aurait été un gentleman s’il s’était contenté d’essayer de me tuer. Il massacre les gens. Il les massacre. Je l’ai vu tuer quelqu’un, et bon sang, il n’a même pas cillé en brûlant quelqu’un vif ! Ce putain de bâtard ! »
« C’est la vérité. »
« Bien que je ne puisse pas l’affirmer avec certitude, il a probablement tué des dizaines, non, des centaines de personnes. Oui. C’est tout à fait le genre de type à faire ça. J’ai tué quelqu’un comme lui. Traitez-moi de meurtrier si vous voulez. Mais saviez-vous une chose ?
Même si je retournais dans le passé, je l’éliminerais à nouveau. Bon sang. Merde. Je ne comprends pas comment quelqu’un peut être aussi mauvais que lui. »
La Croisée hocha la tête.
« C’est la pure vérité. »
« … »
Le Saint de l’Épée garda le silence.
Il regarda lentement autour de lui. Il ne comprenait pas la situation, mais après avoir observé les alentours, il finit probablement par saisir.
Car tous les Maîtres de guilde le regardaient avec une expression qui disait : « … qu’est-ce que tu es en train de faire ? »
« Hahahah ! Hahaha ! »
L’Inquisiteur Hérétique éclata de rire.
« Kim Gong-ja, l’assassin spécial des Cinq Grandes Guildes ! Comme c’est drôle ! Ce serait beau si c’était vrai, mais Saint de l’Épée ! Nous avons rencontré Kim Gong-ja pour la première fois hier ! »
« C’est également vrai, d’ailleurs. »
« … »
Le silence du Saint de l’Épée devint plus lourd encore.
- Tsk tsk tsk tsk. Qui vit par les compétences, périt par les compétences.
Bae Hu-ryeong continuait de claquer de la langue à mes côtés.
« Mm. Eh bien, j’ai répondu à tout. »
Je souris.
Tout ce que monsieur Gong-ja disait était bel et bien exact.
« Il semble qu’il y ait eu un malentendu. C’est une bonne chose que ce ne soit que ça. Mais Saint de l’Épée, si j’étais vraiment… »
« Je pense qu’un mot d’excuse serait approprié ici. Qu’en dites-vous ? »
La Croisée hocha la tête.
« C’est la vérité absolue. Sans le moindre mensonge. »
« … »
« Présentez rapidement vos excuses à Kim Gong-ja, Saint de l’Épée. »
Le vieil homme pâlit.
« J-Je… »
Le Saint de l’Épée prit la parole après un long moment.
Les chasseurs observaient le Saint de l’Épée. Ses lèvres étaient sèches.
« Je, à Kim Gong-ja… »
Le Saint de l’Épée aurait pu dire beaucoup de choses à cet instant.
Il aurait pu simplement refuser de croire la Croisée. Il n’avait aucune raison de le faire. Bien que la Croisée fût réputée pour sa droiture et sa justice, elle appartenait aux Cinq Grandes Guildes. Pourquoi devrait-il lui faire confiance ?
« Vous essayez tous de me duper ! »
C’est ce que le Saint de l’Épée aurait pu dire.
Ou alors… il aurait pu révéler sa propre carte de compétence. Le pouvoir qui affichait le nombre de victimes d’un adversaire. Mais il n’était pas sage de montrer ses compétences aux autres. Cependant, cela aurait suffi.
« Je n’ai pas suspecté Kim Gong-ja par simple conservatisme. C’est à cause de ma compétence ! Que pouvais-je faire d’autre quand c’est ce que ma compétence indiquait ? N’est-il pas évident qu’on doit se fier à sa compétence avant de se fier à une personne ? »
Il était naturel pour les gens de se trouver des excuses.
« Ou alors, il existe des psychopathes qui tuent les autres comme l’Empereur des Flammes. »
Méfiance. Excuses. Silence.
L’Empereur des Flammes avait prouvé qu’il était un psychopathe en choisissant de faire taire les gens… et le Saint de l’Épée allait montrer quel genre d’homme il était à travers cet acte.
« Mm. »
Le Saint de l’Épée s’humecta les lèvres.
Et il prit sa décision.
« … Tu as dit que ton nom était Kim Gong-ja, n’est-ce pas ? »
« Oui. »
« Si tu n’as pas tué d’innocents comme je le pensais… non. Ce n’est pas ça. »
Le Saint de l’Épée secoua la tête en parlant. *Clac.* Alors qu’il rengainait son épée, des soupirs de soulagement se firent entendre dans la salle de réception. Les chasseurs autour du Saint de l’Épée semblaient moins nerveux. Au milieu d’eux, le Saint de l’Épée resserra sa cravate.
« Je vais le redire. »
Il inclina la tête.
« Je suis sincèrement désolé. »
Le vieil homme s’excusait.
« J’ai eu tort. J’ai mal interprété… et j’ai failli tuer quelqu’un. J’ai toujours pensé que je devais tuer quiconque je jugeais digne d’être tué. J’ai tué selon mes convictions. »
Il courba encore plus l’échine.
« Mais à partir de maintenant, cela ne se reproduira plus. »
Sa voix grave résonna dans la salle de réception.
« S’excuser avec des mots est inutile. Si vous voulez quoi que ce soit, j’essaierai de m’y conformer… Ce serait bien si je pouvais dire ça, mais… »
Une pointe d’autodérision se mêlait à sa voix.
« S’il vous plaît, ne demandez pas ma vie. Je vous en prie. Je veux encore vivre. Je veux voir le sommet de cette tour. … J’ai commis une grave erreur et j’ai failli vous tuer. Mais s’il vous plaît, pardonnez à ce vieil homme et laissez-le vivre. »
La salle de réception du palais devint silencieuse.
Le vieil homme aurait pu faire un choix différent. Il aurait pu ne pas croire la Croisée ou se justifier par sa compétence. Mais il ne l’a pas fait. Au lieu de cela, il a reconnu qu’il pouvait avoir tort.
« … »
La Croisée me jeta un coup d’œil. Nos regards se croisèrent. Elle hocha la tête en silence. Nous n’avons pas parlé, mais je savais ce que la Croisée disait.
« C’est la vérité. »
Tout ce qu’il disait était vrai.
Ses excuses, sa promesse de ne plus tuer sur la base de sa compétence. Et plus encore, le fait qu’il ne voulait pas mourir.
Qu’il voulait vivre, par-dessus tout.
De lui pardonner.
- Ce vieux crouton.