Chapitre 241
Traducteur : Seven ED : Sei
4.
L'instant suivant.
« Huhuhu. »
Sylvia gloussa doucement.
L'humidité dans son sourire n'altérait en rien son innocence juvénile. Au contraire, les deux se mélangeaient plutôt bien.
« Dès que j'ai réalisé cela, j'ai été si surprise que j'ai caché la note. Le fait que la Dame du Lys d'Argent et moi étions liées par le même destin depuis la naissance, ou peut-être même avant. J'ai caché la note où ce fait effrayant était confessé. »
Comme si elle ne voulait pas que quiconque le découvre.
« C'est naturel, n'est-ce pas ? C'était un secret vraiment séduisant. Dans notre club social, les jeunes demoiselles riaient toujours en disant des choses comme [J'ai entendu ce secret de mon amie], [Ah, j'ai surpris ce secret de mes parents] tout en sirotant leur thé... Cette [note secrète] était différente. Oui, elle était complètement différente ! »
Pourtant, il y avait beaucoup de jeunes demoiselles du même âge au Club Social des Clochettes d'Argent.
Comment aurait-elle pu emporter cette note secrète sans être remarquée par elles ?
Comment pouvait-elle faire en sorte que la Dame du Lys d'Argent apprenne cette coïncidence incroyable et mystérieuse ? La jeune demoiselle Sylvia était très nerveuse.
« J'étais différente des autres membres des Clochettes d'Argent. Oui, très différente. Ces enfants étaient juste fascinées par la beauté de la Dame du Lys d'Argent ce jour-là, par qui elle rencontrait et avec qui elle dansait, et des choses comme ça… Je cherchais secrètement une sorte de lien mystérieux entre la Dame du Lys d'Argent et moi. Horoscopes, fortune, pierre de naissance… Cependant, tout cela était inutile maintenant. Nos noms.
Parce que nos noms prouvaient le lien indestructible entre la Dame du Lys d'Argent et moi ! »
« … »
Une performance passionnante se déroulait dans la vieille cour.
Le soleil couchant passait lentement au-dessus du sommet de la montagne, tel un vieil homme fatigué après une longue marche. À mesure que la journée avançait, le soleil semblait vieillir.
Comme le vieux crépuscule tombant sur la terre, peu importe à quel point elle criait, la performance passionnée de la servante sur le sol ne sonnerait que comme une tonalité fanée du passé.
« Je me fichais de la Loi Impériale ou de quoi que ce soit de ce genre. L'éthique ? La morale ? Au diable tout ça. J'étais convaincue. La Dame du Lys d'Argent ne le savait pas encore, mais je devais lui montrer cette note.
J'ai sauté par-dessus la cour des filles où se trouvaient les clubs sociaux, j'ai traversé la cour en forme de labyrinthe et j'ai finalement atteint le hall où la Dame du Lys d'Argent dansait avec les gentilshommes… Je suis entrée dans le hall et j'ai attendu que les hommes stupides, qui faisaient la queue pour tenir la main de la Dame du Lys d'Argent ne serait-ce qu'une fois, se fassent moins nombreux. »
J'imaginais facilement cette scène.
« Enfin, après tant de temps, je pouvais dire à la Jeune Demoiselle le secret que j'avais découvert… »
À ce moment-là, Sylvia, ou en d'autres termes, la Dame de la Soie Dorée, devait probablement avoir l'air assez sale.
Elle avait dû courir frénétiquement depuis la cour jusqu'au hall, donc peu importe à quel point elle était jolie, elle n'aurait pas correspondu à l'élégante dignité attendue des nobles. Même s'ils essayaient de la chasser secrètement, elle les aurait tous écartés en disant : « Il y a quelque chose que je dois montrer à la Dame du Lys d'Argent ! ».
Puis.
« Enfin, c'était mon tour. »
Les deux se firent face.
L'une d'elles était la Princesse Héritière nommée Fleur de la Haute Société.
L'autre était une fille qui aspirait à cette fleur et qui était excitée.
-Que se passe-t-il ?
-J-j-j-je suis la Fille de la Baronnie Evanail. Que la Lune d'Ivansia ait une gloire infinie !
-Bien. Pourquoi vouliez-vous me voir, Jeune Demoiselle ?
La Dame du Lys d'Argent était épuisée.
Elle gérait la haute société depuis l'aube. Sa mère avait disparu depuis longtemps. C'était donc la jeune demoiselle elle-même qui était chargée de jouer le rôle d'hôte pour la famille ducale d'Ivansia.
À cause de cela, non seulement elle n'avait d'autre choix que de planifier, concevoir, gérer et superviser chaque bal, mais elle devait aussi accorder l'honneur de tendre la main aux enfants influents qui demandaient à danser en raison du titre de Fleur de la Haute Société qui lui avait été conféré par Sa Majesté l'Empereur.
Tout en dansant dans le hall, elle devait faire attention à ne pas marcher sur les pieds de l'autre partie, et en même temps, elle devait s'assurer, en temps réel, que le bal se déroulait bien, s'il y avait des problèmes avec les choix de chansons de l'orchestre, et s'il y avait assez de nourriture et d'alcool pour les invités.
En d'autres termes, malgré son jeune âge, Raviel Ivansia gérait déjà un pilier de l'Empire. Et plutôt bien, d'ailleurs.
Les serviteurs de la famille ducale dispersés dans le hall rapportaient les rumeurs et les secrets circulant à la Dame hôte. Classifier et interpréter ces informations était également le devoir de la Dame du Lys d'Argent.
« J'étais si nerveuse, j'ai tendu la main vers la Dame du Lys d'Argent »
D'un autre côté.
Voici une jeune demoiselle qui ne connaissait pas l'Empire et n'avait pas encore besoin de le connaître. Elle venait de découvrir un trésor étincelant. Un trésor appelé coïncidence.
La note secrète était dans un état minable car elle avait été serrée et froissée dans sa main pour que les autres ne la remarquent pas. C'était embarrassant de placer de telles ordures entre les mains de la Dame du Lys d'Argent.
-Cependant, vous réaliserez
Ce que la jeune Sylvia croyait probablement.
-Parce que c'est vraiment incroyable ! Je suis sûre que nous allons devenir amies !
Et.
« La Dame du Lys d'Argent a ouvert la note secrète et l'a regardée pendant un moment. Eh bien. Maintenant que j'y pense, elle a probablement pensé que c'était un [ordre secret d'un pays ennemi] ou quelque chose comme ça. Mais je ne pouvais pas le deviner du tout. La Dame du Lys d'Argent a levé les yeux vers moi, sans expression. »
-Qu'est-ce que c'est ?
« C'est là que j'ai croisé le regard de la Dame du Lys d'Argent pour la première fois. Vous comprenez ? Nos yeux se sont rencontrés pour la première fois ! Eh bien, son visage était sans expression, donc c'était un peu froid, mais j'étais certaine que son expression fondrait comme de la glace quand elle entendrait mon explication. Alors, tout en calmant mon cœur qui battait la chamade, je lui ai dit. »
-Je, ça, mon nom…
-Votre nom ?
-Oui ! Mon nom est Sylvia Evanail, et le nom de la Jeune Demoiselle est Raviel Ivansia… si vous séparez nos deux noms et écrivez les lettres séparément… L-, elles sont les mêmes.
-…
-N-, n'est-ce pas intéressant ? Incroyable… c'est vraiment incroyable… une telle coïncidence…
« Plus je parlais, euh, plus je pouvais sentir l'atmosphère devenir lourde. J'ai souri maladroitement en regardant le visage de la Jeune Demoiselle. »
-…
« Ah. »
Avec un « ah », Sylvia Evanail, qui était habillée comme une servante, se lamenta.
« J'ai réalisé dès que j'ai vu ces yeux. Huh, eh bien. Ce n'était même pas de la déception… Ce n'était pas une expression de désintérêt. Comment devrais-je dire ? Les yeux de la Dame du Lys d'Argent ont baissé vers moi, et en ces deux secondes, j'ai senti que tout devenait froid. »
Un sentiment comme si votre existence était coupée depuis le bout des doigts.
« J'étais juste une ordure pour elle. »
La Dame du Lys d'Argent n'a rien dit à la jeune demoiselle.
Sans insulte, sans moquerie, sans adieu, elle a simplement tourné le dos et est retournée au bal.
Tout ce qui restait à l'endroit où elle se tenait était la note froissée.
« … »
Sylvia Evanail sourit.
« C'était quelque chose que je faisais beaucoup quand j'étais plus jeune. Oui. »
Elle se pencha et ramassa le balai.
Puis elle commença à balayer les lettres écrites sur le sol.
« Je… Je ne suis pas particulièrement avide. J'ai renchéri quand les jeunes demoiselles autour de moi disaient que le Prince Héritier était beau, mais je n'étais pas vraiment intéressée par les rencontres ou le mariage. Puis, j'ai eu l'occasion d'apercevoir la Dame du Lys d'Argent, et elle était vraiment magnifique. »
Shuk.
Les consonnes et les voyelles dessinées sur le sol furent englouties par la poussière et disparurent.
« Je voulais juste apprendre à vous connaître. »
« Mais, comment avez-vous pu insulter quelqu'un comme ça ? »
Sylvia secoua la tête.
Un sourire complètement différent de celui d'avant s'épanouit sur le visage de Sylvia. Une fleur empoisonnée. Le large sourire de Sylvia dégageait une puanteur féroce.
« L'Empire était-il si important ? Était-il si important de collecter et de classifier des informations ? Les besoins d'organiser vos affaires familiales, de pacifier les sujets et d'être fiancée au Prince Héritier étaient-ils si importants que je ne comptais pas ? »
Cela.
« Alors je vais vous le prouver. »
Était une malédiction.
« Le Prince Héritier que vous considériez comme si important. Je l'ai ensorcelé. C'était simple. »
« J'avais un joli visage, un joli murmure et de jolis gestes, alors il est tombé dans le panneau tout de suite. La famille que vous pensiez importante ? J'ai demandé au Prince Héritier de tuer quelques-uns des Chevaliers sous la Famille Impériale. Son Altesse le Prince Héritier était si attentionné envers son amante… ! J'étais si touchée ! »
La Dame de la Soie Dorée sourit doucement.
« Vous me méprisiez chaque fois que je faisais quelque chose comme ça. N'est-ce pas, Lune d'Ivansia ? [Je n'ai jamais pensé à l'avenir de l'Empire]. Oui. C'est vrai. Je n'ai jamais pensé à l'Empire.
Cependant, j'étais curieuse. Quelque chose comme. »
Shuk.
Toutes les lettres furent effacées du sol.
Marchant sur le sol balayé, Sylvia inclina poliment la tête.
« Je me demandais si je pouvais ruiner ce visage désintéressé. »
« Était-ce pour l'Empire ? Pour les gens de l'Empire ? Pour votre loyauté envers la famille royale, votre amour pour votre famille. Juste ça. Après avoir brisé l'Empire, plongé les gens dans la misère, déchiré la famille royale, puis jeté votre famille dans l'abîme… Aimerez-vous toujours l'Empire et votre famille ? »
Ou,
« Me détesteriez-vous encore plus ? »
« J'étais curieuse à ce sujet. »
Sylvia gloussa.
« J'ai attendu le jour où votre haine deviendrait plus profonde et plus forte que votre amour pour l'Empire et votre famille. C'était regrettable. Qu'une servante indigne arrive et gâche tout. »
Sylvia me jeta un coup d'œil.
Derrière son sourire, une haine venimeuse scintillait dans ses yeux.
« … »
Raviel resta silencieuse.
L'incident dont Sylvia parlait était ce qui s'était passé dans sa première vie.
Raviel ne s'en souvenait pas, et ne pouvait pas s'en souvenir. Ma femme, la personne la plus sage du monde, posa son menton dans sa main, plongée dans ses pensées.
« Je sais. »
Alors j'ai répondu à sa place.
« De quoi parlez-vous ? »
« Je sais ce que vous ressentez, et à quel point cela a dû être douloureux. »
Sylvia se figea.
La haine venimeuse dans ses yeux se déversa sur moi.
« Vous osez, »
dit la Dame de la Soie Dorée.
« Vous osez dire ça. »
La Dame de la Soie Dorée agrippa sa manche. La manche froissée créa des plis semblables à des vagues sur ses vêtements.
Elle cria, férocement et ardemment.
« Comment pourriez-vous savoir ? Connaissez-vous mes blessures ? Savez-vous à quel point cela a fait mal ? À quel point ce jour a fait mal, à quel point c'était douloureux, à quel point c'est douloureux pour quelqu'un que vous admirez de vous ignorer ! Quelle connerie racontez-vous, comment diable pourriez-vous savoir ? »
« Je sais. »
J'ai continué.
« Je le sais très bien. »
Je n'ai pas dit que je n'avais pas consacré toute ma vie à la vengeance après cela.
Je n'ai pas dit que je n'avais pas au moins conduit mon monde entier à la destruction à cause de cela.
Être ignoré.
Être traité comme si vous n'étiez rien.
Être traité comme si vous n'étiez pas humain était un poison assez fort pour tuer une personne plus de 4 000 fois.
« … »
La Dame de la Soie Dorée serra les dents.
Ses dents se serrèrent dans sa bouche fermée.
Puis, elle ouvrit à nouveau ses lèvres.
« Si vous le savez, alors pourquoi êtes-vous intervenu ? »
« Votre majordome. »
Le silence tomba.
« Je ne sais pas grand-chose de votre majordome. Il vous aimait peut-être secrètement, ou peut-être même ma femme. Cependant, ce que je sais, c'est que la vie que vous avez utilisée pour aiguiser votre couteau de vengeance n'aurait jamais été heureuse. »
« … »
« Le majordome souhaitait que quelqu'un aide. Et Hamustra a saisi ce souhait. J'ai juste été envoyé comme son agent. Au final, c'est vous qui avez causé cette situation. »
« Pourquoi était-ce à cause de moi ? »
« Parce que vous n'avez pas rendu votre majordome heureux. »
« … »
« Il y avait quelqu'un qui se souciait de vous et vous aimait, mais vous l'avez ignoré. Vous étiez trop concentrée sur votre propre vengeance. Alors, à tout le moins, vous auriez dû être celle qui est heureuse, mais vous n'avez même pas pu atteindre cela. »
En conséquence de cela.
« En réalité, votre majordome est devenu 'pas humain'. »
J'ai parlé.
« Si Raviel était un bâtard pour vous, alors vous étiez un bâtard pour votre majordome qui vous aidait à vos côtés. »
« …euh. »
Sylvia Evanail baissa la tête.
« Qu'est-ce que vous… ça… l'histoire du majordome. »
Dans le silence, des mots épars coulèrent.
« C'est lâche de parler de lui… »
Le silence s'approfondit.
Le coucher de soleil sur Seosan était maintenant sombre. Les lampadaires dans la ruelle s'allumèrent avec un bourdonnement. Mais dans le village pauvre, les lampadaires devaient essayer de toutes leurs forces. Le vieux hanok de Ja Soo-jung, qui ne pouvait être atteint par les lampadaires, restait sombre.
« Désolé. »
C'était la voix de Raviel.
« Je suis désolée. Sylvia Evanail. »
« Et je suis désolée. »
Sylvia leva lentement la tête. Dans l'obscurité de la nuit, les ombres des gens semblaient fusionner pour former des contours. Une voix vint des ombres.
« De quoi parlez-vous… ? »
« Même si je ne m'en souviens pas, c'est probablement ce qui serait arrivé. Je vous aurais ignorée. Je ne me serais même pas souvenue de vous. Parce qu'à cette époque, tout ce qui comptait pour moi, c'était la paix de l'Empire et la gloire de ma famille. »
« … »
« Désolée. J'étais un humain qui n'avait pas encore de blessures. »
Raviel se leva.
En se levant, le plancher en bois sous elle grinça.
Comme une cassette cassée.
« Vous avez pris l'avenir qui m'était promis. Vous avez usurpé le titre de Princesse Héritière, et monopolisé le cœur du Prince Héritier. La Lune d'Ivansia. La Fleur de la Haute Société. Celle qui guiderait l'Empire à l'avenir. Tous ces rendez-vous ont été détruits à cause de vous. »
« Alors quoi… ? »
« Cela a fait saigner mon cœur pour la première fois. »
Thump.
Raviel se dirigea vers Sylvia.
« Ça a fait mal. Ça a vraiment fait mal. Ça a fait si mal que je voulais planter un couteau dans ma poitrine en me regardant dans le miroir. C'est seulement alors que j'ai réalisé combien de personnes j'avais blessées. »
« Puis j'ai rencontré mon amour. »
Raviel se tourna vers moi.
Même dans le linceul de l'obscurité, je pouvais reconnaître la chaleur de son souffle, le rythme du son de sa respiration, le parfum qui attire le regard. Elle ne parla pas. Sans un mot, elle m'ordonnait de m'approcher.
Je suis allé vers elle.
« Mon amour souffrait des mêmes blessures que moi. Un régresseur. Répétant sans fin les blessures de la vie. Je ne pensais pas qu'il y avait quelqu'un qui pourrait partager cela avec moi. »
« J'étais reconnaissante d'avoir la malédiction de la répétition éternelle. »
C'est vrai.
« Grâce à elle, j'ai pu rencontrer Gong-ja. »
J'étais aussi reconnaissant de régresser dans la vie.
J'étais reconnaissant.
« C'était très douloureux. »
Comme mon Maître l'avait dit, chaque jour était une douleur.
« Mais si ce n'était pour ces blessures, je n'aurais pas reconnu que mon amour était le même. »
Grâce à cela, j'ai pu tomber amoureux de Raviel au premier regard.
« La seule raison pour laquelle j'ai été blessée était de rencontrer quelqu'un qui saignait tout comme moi. Gong-ja, je l'ai su dès que je t'ai vu. Sylvia, je ne l'ai trouvé qu'à cause de toi. »
« Merci, Sylvia Evanail. »
Lentement, Raviel.
S'agenouilla sur un genou sur le sol poussiéreux.
Et baissa la tête devant sa servante.
« Merci. »
Ah, comme prévu.
Comme prévu de Raviel… mon amante.
Les sentiments de Raviel pour Sylvia étaient probablement aussi intenses que mes sentiments pour Yoo Soo-ha. Et pourtant, Raviel s'agenouilla devant Sylvia.
Le moment présent me rendait si immensément heureux.
Je suis devenu reconnaissant pour tout ce qui s'était passé dans le passé qui a rendu ce moment possible.
« …ugh. »
Sylvia serra les dents.
« Merde… Bon sang ! C'est pour ça. C'est pour ça que je te déteste. Pourquoi toi seule as le droit d'être heureuse ? Reste misérable ! Continue d'avoir mal !
Continue de pleurer et de crier amèrement, en te lamentant pathétiquement sur ton malheur ! C'est ça, putain ! Sois malheureuse ! »
C'est pour ça, c'était ce que Sylvia disait. C'est pour ça.
« C'est pour ça que je… me sens comme une idiote d'avoir gâché ma vie à cause de mes émotions… ! »
Sylvia se couvrit le visage avec ses deux mains.
« Ce n'est pas juste. Ça ne peut pas être juste. Mes blessures sont plus profondes, plus spéciales, plus difficiles à comprendre. Alors je ne peux pas te pardonner, alors, alors— »
Comme un robinet qu'on ferme, la voix de Sylvia se coupa.
Le silence tomba.
Après un moment de silence, Raviel se leva à nouveau alors que Sylvia frissonnait et retenait son souffle.
« Bien. »
Raviel retourna à la chaise et s'assit.
Elle posa ses coudes sur la table et replaça son joli menton dans ses mains.
« Alors, trouvons comment nous allons gérer cela. »
Dit-elle.