Chapitre 240
Traducteur : Seven ED : Sei
3.
La colonie pénitentiaire des Cent Fantômes (1).
Les criminels qui avaient ensanglanté l'Empire. Ceux qui avaient refusé d'obéir aux ordres de leur Souverain jusqu'à la fin. Ils avaient été enchaînés dans cette colonie pénitentiaire connue sous le nom de [Réincarnation des Cent Fantômes]. Le prix de ces chaînes était atroce.
+
Les morts ne peuvent pas utiliser les capacités qu'ils possédaient de leur vivant.
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Les morts ne peuvent pas retrouver leur apogée, ils ne peuvent que s'en souvenir. Le Grand Roi Démon, qui avait détruit l'Empire, fut réduit à l'état de Preta (esprit affamé), et la Secte Démoniaque, qui régnait autrefois sur le monde, fut réduite à une bande de voyous.
Cependant, les choses étaient différentes maintenant.
« Kuhahaha ! Ça fait une éternité que je n'avais pas utilisé l'Art Démoniaque des Cieux Infernaux ! »
Les épées tenues par les membres de la secte tourbillonnaient, imprégnées d'arts martiaux.
Les corps qu'ils avaient perdus leur avaient été rendus, et les arts martiaux qu'ils avaient autrefois abandonnés leur avaient été restitués.
L'apogée.
Alors que les Cieux Infernaux retrouvaient leur gloire d'antan, l'époque où ils dominaient le Murim, les membres de la secte débordaient d'excitation.
« Merde, dire qu'un tel jour finirait par arriver… »
« Des duels ! Organisons des duels ! »
« Que le Jeune Maître sauve ma vie déjà perdue était suffisant pour me faire pleurer, mais maintenant qu'il nous a rendu nos arts martiaux, je pleure tellement que c'en est honteux ! »
« Longue vie au Jeune Maître ! Longue vie ! Longue, longue vie ! » (* : enfin… pas exactement)
« Devrions-nous faire d'aujourd'hui le jour férié officiel du Culte Démoniaque ? »
« Je veux commencer les duels tout de suite, mais cette cour est un peu petite. Jeune Maître ! Où sommes-nous ? Je voulais demander dès notre invocation, mais vous aviez une expression si grave que je n'ai pas osé. »
Je souris amèrement.
Quand les serfs, les déserteurs, les esclaves et les mendiants venus des quatre coins du monde se mirent à parler tous en même temps, on aurait dit un marché aux poissons.
« Les autres attendent toujours, alors faites de la place d'abord. Pendant que vous receviez la boîte du Dragon d'Os de la Terre, les 500 autres soldats attendaient tranquillement dans l'ombre. Que vous escaladiez le mur ou que vous entriez dans la maison, faites de la place. »
« Oui ! Jeune Maître ! »
Les membres de la secte répondirent en chœur.
Puis, avec une grande agilité, ils escaladèrent le mur, grimpèrent sur les épaules de leurs camarades, se cachèrent dans un coin ou se faufilèrent sous le plancher en bois comme des lapins.
En moins de trente secondes, la cour de la maison hanok était vide.
« Quelle habileté. »
Ja Soo-jung s'émerveilla devant cette scène.
« … »
Assis sur le sol dans le hall principal, Uburka observait silencieusement la cour.
La soif de sang, l'esprit et, surtout, les arts martiaux des membres de la secte. Il comparait leurs compétences aux siennes.
En tant que guerrier, il devait être surexcité, car même s'il gardait la bouche close, les muscles de ses bras tressaillaient.
« Prépare-toi. Tu pourras bientôt te mesurer à eux. »
Je tapotai le bras d'Uburka.
« Et ils ne sont pas les seuls à devoir apparaître devant toi. »
En regardant à nouveau vers la cour, je dis :
« Suivant. »
[Compétence en cours !]
J'invoquai les Cent Fantômes qui attendaient leur tour.
Le nombre total de membres de la secte était de 1 000. Plus tôt, j'avais invoqué et rendu un corps à 499 personnes, et cette fois, j'allais placer les souvenirs de 500 autres dans les perles noires pour les intégrer à mon cœur.
Résultat : l'Armée du Culte Démoniaque Immortel était au complet.
« Suivant. »
La personne suivante pouvait être considérée comme assez insignifiante comparée au Roi Démon de la Pluie d'Automne ou au Culte Démoniaque qui avait régné sur le monde.
« Soie Dorée. »
« … »
Debout dans la cour, les épaules de la servante tremblèrent.
Née dans une famille noble, ses cheveux blonds étaient toujours impeccablement coiffés.
Autrefois appelée la Fleur de la Haute Société, l'Héroïne de l'Empire.
La jeune demoiselle de la baronnie Evanail, Sylvia Evanail.
« … Je salue le Soleil et la Lune d'Ivansia. »
Gubuk.
Soie Dorée s'inclina poliment vers le hall principal où Raviel et moi étions assis côte à côte. Ses doigts agrippaient fermement l'ourlet de sa jupe.
« Maintenant que j'y pense. »
Je pris la parole.
« Je ne t'ai jamais vraiment parlé. »
« … Vous*. Je ne suis que la servante de votre épouse. Je ne supporterais pas que vous me parliez avec tant de politesse. » (* : KGJ s'adressait à elle de manière polie)
« C'est vrai. Nous n'avons pas beaucoup discuté. »
Je parlai sur un ton décontracté. Raviel ne dit rien, mais elle leva son bras droit et posa sa main sur mon épaule éloignée.
Alors, quelque chose d'étrange se produisit.
Jusqu'à présent, cet endroit n'était qu'un vieux hanok dans un village miteux. Une maison avec une grande cour.
Cependant, à l'instant où Raviel posa sa main sur mon épaule, le plancher en bois sur lequel nous étions assis devint le Trône du Duc qui justifiait nos titres, et la cour où Soie Dorée était agenouillée devint une solennelle salle d'audience.
« Il y a quelque chose dont je dois te parler. »
« … »
Soie Dorée laissa échapper un léger soupir.
Il n'y avait ici ni bannières familiales éblouissantes ni chevaliers en armure étincelante. Pourtant, le [Duché d'Ivansia] n'avait besoin ni de rideaux de soie ni d'escaliers en marbre. Tant que Raviel et Kim Gong-ja étaient là, cet endroit était le Duché d'Ivansia.
Cric, cric, cric, cric…
Des insectes d'un pays étranger, dans un monde étranger, chantaient.
Avant que leurs cris ne cessent, Soie Dorée inclina la tête aussi poliment qu'elle le put.
« Je vous en prie, parlez… »
« Tu étais une régressrice. »
« Oui. »
« Je sais que tu as régressé grâce au pouvoir d'une Constellation. Je sais aussi que tu as tenté d'obtenir la position d'Impératrice qui était censée revenir à Raviel. Mais pourquoi ? »
« … »
« Pourquoi visais-tu le trône d'Impératrice ? Pourquoi voulais-tu saisir le plus grand pouvoir de l'Empire ? Pourquoi risquer toute ta nouvelle vie pour prendre la place de Raviel ? »
La servante Soie Dorée, non, Sylvia Evanail, garda les lèvres closes.
J'étais le Souverain des Cent Fantômes, donc si je lui ordonnais de parler, Sylvia ne pourrait pas rester silencieuse. Cependant, je ne donnai pas cet ordre.
« … Je ne sais pas. »
Et bien qu'elle ne fût plus la [Jeune Demoiselle de la Baronnie], Sylvia Evanail, autrefois noble de l'Empire, parla de sa propre volonté.
« Tu ne sais pas ? »
« Ouais, eh bien, c'est perdu dans le passé. »
Sylvia esquissa un léger sourire.
« L'amante du Prince Héritier. La future Impératrice. L'ascension de la famille. Les innombrables lettres d'invitation à mes pieds, et les commères qui se pressaient pour me flatter… Tout cela n'appartient-il pas au passé ? Que suis-je censée faire après avoir tout perdu ? Pourquoi me suis-je battue pour tout ça ?… Je ne sais vraiment pas. »
« Ne veux-tu pas savoir ? »
« Ahaha. Ça ressemble à un sacré argument. Comme on peut l'attendre de la Lune du Duché d'Ivansia. Pouvez-vous percer la psychologie humaine à votre guise ? Ay. Il n'y a rien ici que vous puissiez percer à jour. »
« Cependant, si vous voulez frimer devant votre épouse, alors moi, Sylvia Evanail ! Je ferai de mon mieux. »
« Parce que ton majordome est mort. »
« … »
« Non. Techniquement, il a disparu. »
Le majordome du [Conte de l'Académie Somerwin].
Après la ruine de Raviel et la corruption de Sylvia, il n'avait pas pu le supporter et avait prié de toutes ses forces. Son souhait avait atteint un certain [Bibliothécaire du Coin].
- Oh Dieu.
- Aidez-nous.
Hamustra avait volontiers accepté le souhait du majordome. Le temps avait été remonté avant que la Dame de Soie Dorée ne devienne Impératrice, avant que Raviel ne soit ruinée. Dans cette ligne temporelle restaurée, le cœur de Raviel était protégé par une lame.
En échange, le majordome avait cessé d'exister.
Tout avait été perdu.
« … Je… »
La tête baissée, Sylvia serra les dents.
« Je voulais me rapprocher de la Jeune Dame Ivansia. Parce qu'elle était belle… et compétente, et intelligente. Qu'une telle personne existe dans ce monde… Je me demandais si une relation entre nous serait possible. »
Avec un « hmm », Raviel posa sa tête sur mon épaule et fronça les sourcils.
« C'était notre première rencontre. »
« Oui. C'était notre première rencontre lors de la première boucle temporelle. J'étais nerveuse parce que mes amies d'enfance et moi étions des débutantes. À ce moment-là, j'ai aperçu la Dame du Lys d'Argent de loin. »
Sylvia raconta.
Comme quelqu'un qui avait déjà revisionné la cassette d'innombrables fois, Sylvia récita la scène du passé avec précision.
« À mes yeux, la Dame du Lys d'Argent était, eh bien, un véritable ange. Des cheveux argentés ! Sans parler de ses yeux rouges… Même si les plus beaux rubis étaient déterrés, ceux qui avaient vu les yeux de la jeune demoiselle riraient et les traiteraient d'ordures. Alors je… »
Je compris.
« Tu l'admirais. »
Tout comme j'admirais un certain chasseur.
Après un bref silence, Sylvia serra les poings.
« Oui ! C'est ça ! »
Sylvia saisit sa coiffe de servante et la jeta au sol.
« Je suis tombée amoureuse de vous ! Êtes-vous satisfaite !? »
Sylvia fixa Raviel, restée silencieuse. Les manières et la politesse qu'elle avait montrées auparavant avaient été jetées aux orties et elle se tenait là comme une voyou.
Ja Soo-jung, notre propriétaire sans expression, choisit ce moment pour apporter un plateau.
« C'est du thé d'orge frais. En voulez-vous ? »
« Oui ! Je ne sais pas qui vous êtes, mais merci ! Hup, glou, glou… Qu'est-ce que c'est ?! C'est tellement bon ! Bon sang ! »
Sylvia fixa le thé d'orge un instant avant que ses épaules ne s'affaissent.
Elle avait l'air d'avoir gâché sa vie.
« Enfin. Je n'étais pas la seule à l'admirer. Nous avions même créé notre propre club social appelé [Cloches d'Argent]. Il y avait un système d'adhésion, et seules les jeunes demoiselles recommandées par les membres pouvaient nous rejoindre. Le processus de sélection était vraiment strict, ce n'était pas un club social où n'importe qui pouvait entrer. »
« Cloches d'Argent… ? »
« [Cloches pour la Dame du Lys d'Argent]. Ça veut dire que nous faisions sonner les cloches. Vous ne pouvez pas comprendre ça non plus ? Êtes-vous stupide ? »
Le silence retomba un instant.
Ce furent Bae Hu-ryeong et Shiny qui brisèrent le silence.
- Zombie. Tu n'as pas créé de Cloches de Feu* ou quelque chose comme ça quand tu étais seul avant, si ? (* : Ou Boules de Feu)
[ Je crois que Mon Seigneur, à cette époque, n'avait pas les compétences sociales requises pour mettre en place une telle chose. ]
- Ah… Désolé, Zombie. J'ai touché un point sensible sans le vouloir…
J'écoutais tranquillement l'histoire de Soie Dorée.
« Je l'ai fait. J'étais aussi membre fondatrice, alors j'étais très passionnée. »
Relevant la tête, Raviel posa son menton sur sa main.
« … Alors pourquoi est-ce la première fois que j'entends parler de ça ? »
« La règle d'or de notre club social était le secret absolu. Regarder, ne pas toucher. Juste regarder la Dame du Lys d'Argent de loin avant de retourner dans notre cachette secrète pour discuter, écrire des poèmes ou publier des romans, c'était le grand but de nos [Cloches d'Argent]. »
« J'ai l'impression d'avoir eu la position d'un ornithorynque… »
Raviel fit la moue. Elle ressemblait vraiment à un ornithorynque nouveau-né.
« Eh bien, généralement, c'était juste des ragots. Puis moi, juste pour tuer le temps, j'écrivais le vrai nom de la Dame du Lys d'Argent sur du papier… J'écrivais Raviel Ivansia, puis j'écrivais mon nom en dessous. Ah. Il faudrait que je vous montre pour expliquer. »
Sylvia secoua la tête.
Puis, j'aperçus un balai utilisé pour nettoyer la cour qui traînait à proximité, et elle se traîna jusqu'à lui pour le prendre.
« Hé. Regardez ça. »
Tenant le balai à l'envers, Sylvia griffonna sur le sol.
+
Raviel Ivansia
Sylvia Evanail
+
« Je veux dire que j'écrivais grossièrement les lettres sur du papier comme ça. Quand j'étais enfant. »
- Zombie. Quand tu étais seul avant…
[ Même Shiny croit que le Seigneur n'a pas traversé une telle période de tempête. ]
- C'est vrai. C'est juste.
Je regardai Sylvia sans leur prêter attention.
Alors qu'elle retournait le balai, Sylvia dit :
« Au début, je gribouillais juste parce que je n'avais rien à faire. Mais ensuite, une pensée m'a traversé l'esprit. Si la Dame du Lys d'Argent et moi avions un bébé… » (NDT : Les gobelins amateurs de théâtre paniqueraient)
Raviel jeta la tasse de thé qu'elle tenait.
Sylvia pointa le balai vers Raviel comme un hérisson en colère.
« Ah, vous devez comprendre. J'étais un peu… Je traversais la puberté. Bref, nous ne pouvions pas nous marier, donc si nous avions un enfant, il serait illégitime. Nous ne pouvions pas leur donner nos noms de famille, mais nous ne pouvions pas non plus leur donner un nom qui n'avait aucun rapport.
Alors j'ai secrètement combiné [Raviel Ivansia] et [Sylvia Evanail], et c'était presque inévitable après avoir eu cette pensée que je réalise. Comprenez-vous cette idée exceptionnelle ? »
« Mademoiselle Sylvia. »
Ja Soo-jung leva poliment la main.
« La manière correcte serait de dire "idée exceptionnelle" et non "idée outstand". »
« Merci de m'avoir appris ! Bon sang ! »
Hah, en rejetant sa frange en arrière, Sylvia Evanail soupira.
« Donc, euh, ça… Bref, c'est ce qui s'est passé… Au fait, est-ce que ça marcherait avec la langue de ce monde ? C'est la même chose dans la langue du royaume. Ah. Je ne sais pas. Essayons quand même. »
Je continuais à regarder Sylvia, moi aussi.
Sylvia écrivit diligemment les lettres sur le sol.
+
R A V I E L I V A N S I A
S Y L V I A E V A N A I L
+
« Regardez bien, tout le monde. C'est la partie délicate ? Moi, quand j'étais jeune, je pensais juste à combiner mon nom avec celui de la Dame du Lys d'Argent, combiner les noms de deux personnes pour en faire un nouveau, mais soudain, j'ai réalisé quelque chose d'incroyable ! »
Sylvia, qui était habillée en servante, commença à bouger le balai à nouveau.
« Nous avons maintenant séparé les mots en lettres, n'est-ce pas ? Mais que se passe-t-il si nous les séparons davantage en consonnes et en voyelles-. »
+
R V L V N S A I E I A I A
S L V V N L Y I A E A A I
+
À ce stade, Sylvia bondit et leva la tête.
Son visage était rouge d'excitation.
« Vous voyez ? Vous voyez ! C'est le destin, n'est-ce pas !? »
« Mademoiselle Sylvia. »
Ja Soo-jung leva poliment la main.
« Dans ce cas, "destinée" serait un meilleur choix que "destin". »
« Merci, mais taisez-vous, bon sang ! Merde ! Ah, regardez bien tout le monde ! »
Alors que Ja Soo-jung baissait la tête d'un air maussade, le balai de Sylvia se mit à danser sur le sol.
+
R L V V N S A A A I I I E
L L V V N S A A A Y I I E (* : C'est à ce moment qu'on apprend que le nom de Sylvia devrait être "Silvia Evanair" ou que Raviel devrait être "Laviel Yvansia". Mais je les laisserai tels quels pour la continuité et la comédie.)
+
Ah.
« … »
Quand c'était écrit comme ça, c'était facile à comprendre.
Je regardai les lettres écrites sur le sol.
« Les lettres qui composent vos noms… sont les mêmes ? »
« Ouuuiii !! »
Clac !
Sylvia jeta le balai au sol et écarta les bras.
« Avec la Dame du Lys d'Argent ! Je partage le même nom ! »
En disant cela, l'innocence enfantine, qui s'était depuis longtemps rouillée et effritée, brillait intensément sur son visage.
(Note :
1. Une colonie pénitentiaire ou colonie d'exil est un établissement utilisé pour exiler des prisonniers et les séparer de la population générale en les plaçant dans un endroit éloigné, souvent une île ou un territoire colonial lointain.)
(NDT : Parfois… le roman part vraiment dans des tangentes.)
(PR : C'est un euphémisme, si jamais j'en ai entendu un.)