Chapitre 149
Traducteur : thursdays Éditeur : Yahiko PR : LightBrin
« D'abord, calmons mes amis. »
Une petite garce sournoise essayait de détruire tout ce que j'avais bâti.
« Tu crois vraiment que je vais te laisser faire ? »
Je devais habilement rassembler ces mauviettes qui s'étaient laissé effrayer par quelques e-mails menaçants. Mais ça allait. J'en étais capable.
Dès mon retour en classe, je m'adressai aux gamins de mon groupe.
« Hé. Je sais pourquoi vous faites ça, mais arrêtez. Pourquoi faire quelque chose d'aussi blessant entre amis ? Hein ? Si vous avez quelque chose à dire, dites-le. Si vous avez quelque chose à entendre, écoutez.
C'est pas ça, l'amitié ? Hein ? »
Mais leur réaction fut décevante. Ils ne répondirent pas et continuèrent seulement à jeter des coups d'œil vers mon bureau.
Je me dirigeai vers le bureau.
Des dizaines de mots froissés étaient entassés dans le tiroir.
« …… »
Chacun de ces mots me calomniait et m'insultait.
« T'étais tellement heureux que t'en mourrais juste parce que je t'ai dit bonjour dans le couloir hier. »
N'importe qui pouvait voir que c'étaient des mensonges.
« J'ai juste perdu au pierre-feuille-ciseaux, ok ? Te fais pas d'idées ! »
Phrase après phrase, il n'y avait que malice et moquerie.
Pendant que j'étais au bureau, en ce court instant, les mots s'étaient accumulés comme une montagne.
« Hé, bande de bâtards… »
« Héhé. »
Quelqu'un rit. Je me tournai brusquement vers la provenance du rire, mais je ne pus identifier l'auteur. Il y avait trop d'élèves dans la salle.
« C'est qui ? Qui a fait ça à mon bureau, hein ?! »
« C-c'est pas nous », dit l'un de mes amis avec prudence.
« Il y a peu, quelqu'un d'une autre classe est venu et a mis tous ces mots là d'un coup… »
« Une autre classe ? »
« Ouais. Il voulait te dire quelque chose : de ne plus jamais le contacter. »
« …… »
C'était l'un de mes clients. L'un de mes clients avait laissé ces mots. J'allais devenir fou. Ce [coupable] inconnu ne s'en prenait pas seulement à mes clients, mais aussi à mes camarades de classe.
« Aussi, Eunseo… »
« Et ? Quoi ? »
« Dans ton dos… »
Mon dos ?
« Qu'est-ce qu'il y a avec mon dos ? »
« Bah, il y a… Tu sais. »
Je fis pivoter mon corps. Si je tournais la tête, je pouvais voir mon dos, bien que pas très bien. Des rires résonnèrent dans toute la salle.
« Pfft… ! »
« Ha. »
Je repliai mes bras et tapotai mon dos. Froissement. Je sentis quelque chose.
Du papier. Quelqu'un avait scotché du papier sur mon dos.
Je retirai précipitamment le papier pour voir ce qui était écrit dessus.
+
Déchet officiel du lycée Shinseo !!
+
Les mots étaient écrits dans une écriture mignonne et arrondie.
« …… »
Quand est-ce arrivé ? Et qui l'a mis ? Était-ce déjà là quand le professeur principal a fait l'appel ? Ou quelqu'un l'a-t-il collé en secret juste après mon entrée en classe ?
Mais je n'avais pas le temps de comprendre.
« C-commençons le cours… »
La première heure commença. Le professeur de maths, la plus grande lavette de notre école. Mes camarades, qui n'avaient pas arrêté de bavarder, s'assirent à l'unisson comme s'ils avaient décidé de devenir des élèves modèles.
« Merde. »
Intérieurement, je grinçai des dents.
« Si je fais un scandale maintenant, je vais juste me ridiculiser. Je devrais sécher ? Non. Je ne peux pas. Ce serait pire. Ils ne feraient que jaser davantage si je pars.
Putain, putain… ! »
Au final, je n'eus pas d'autre choix que de m'asseoir tranquillement.
Les gens autour de moi ricanaient sous cape. Kim Yul regardait son cahier sans expression. Le délégué de classe, arrivé en retard, s'excusa auprès du professeur de maths et s'assit à son bureau. Tout le monde vivait sa vie normalement.
« Putain. »
Mes entrailles se nouèrent.
Il était naturel que je sois en colère contre le coupable. C'était prévisible. Mais au-delà de cette personne, je sentis une colère envers mes amis et mes camarades bouillir soudainement.
« Vos mains sont sales aussi ! »
C'était injuste.
« Ils font vraiment marche arrière maintenant ? Même après avoir harcelé et frappé Kim Yul avec moi ? Ce n'est pas comme si je les avais forcés à harceler Kim Yul. Ils l'ont fait d'eux-mêmes. »
C'était injuste.
« Qui ici ne s'est pas moqué de Kim Yul ? Il y en avait tellement qui me suppliaient de leur montrer les vidéos. Pourquoi font-ils semblant du contraire maintenant ? »
C'était trop injuste.
Parce que j'ai « essayé ». J'ai travaillé dur pour accomplir ce que les autres ne faisaient pas. Quoi, c'était facile de harceler quelqu'un délibérément ? Ils pensaient pouvoir faire d'un paria un paria total ?
« Asticots… non, putains de sangsues. »
J'y ai mis du mien.
J'ai créé une plateforme en utilisant la boîte à idées du conseil des élèves. J'ai noué des liens avec les gosses de riches. Pendant que mes pairs étudiaient comme tout le monde et vivaient comme on leur disait, je pensais au [futur]. J'ai fait des plans !
D'un autre côté, qu'ont fait ces sangsues sournoises ?
« Ils ont profité de la plateforme que j'ai travaillé dur à créer ! »
C'était pareil. Parce que les autres riaient, ils riaient aussi. Parce que les autres harcelaient, ils harcelaient aussi. Ces types, ces bâtards, ne suivaient qu'une seule logique.
[Parce que les autres le font.]
« Sales bâtards. »
Comme ça, ils feindraient l'ignorance. [Parce que les autres le faisaient]. [Je n'y ai pas trop pensé]. [Je ne voulais pas dire ça]. En trouvant de telles excuses, ils oublieraient comment, eux aussi, ils prenaient plaisir à harceler Kim Yul.
« Plutôt que de prétendre ne pas s'en souvenir, ils vont vraiment oublier. »
Parce qu'ils n'avaient rien dans le crâne. C'étaient des idiots. Ils ne se souviendraient même pas de ce qu'ils avaient dit ou fait. Qu'est-ce que ça pouvait être d'autre qu'une question d'intelligence ? C'étaient juste des crétins qui suivaient aveuglément la foule. Et ils prétendaient encore être innocents, être humains…
« C'est injuste. »
C'était injuste.
« Pourquoi devrais-je, face à ces bâtards inférieurs… Pourquoi seulement moi ? »
C'était injuste !
Si quelqu'un qui était comme le héros d'une histoire, qui avait agi avec droiture depuis sa naissance, s'en prenait à moi, je comprendrais.
Mais ce n'était pas le cas.
« Je parie qu'aucun d'entre eux ne s'est excusé auprès de Kim Yul, même maintenant. »
Personne ne l'aurait fait.
J'en étais sûr.
C'est pour ça que c'était injuste. C'était bien trop injuste que ces types se laissent agiter par le [coupable] et me prennent pour cible sans réfléchir.
Je ne voulais pas être poignardé dans le dos comme ça ! Ces connards de seconde zone !
J'étais supérieur à eux !
Bzz—
Mon téléphone vibra dans la poche de mon pantalon.
Ma petite amie avait envoyé un texto.
+
Hwang Eunseo, qu'est-ce que tu as fait ?
À partir de maintenant, reste loin de moi.
C'est fini entre nous.
+
« …… »
Le temps avançait sans pause.
Je n'avais pas le temps de répondre. Aucune méthode ne me venait à l'esprit. Le [coupable] m'avait acculé, sans rien épargner. J'ai contacté ma petite amie, mais elle n'a pas répondu. Même quand je suis allé la voir pendant la récréation, elle m'a seulement regardé froidement.
Hier encore, elle souriait, disant à quel point c'était amusant d'être avec moi.
« Pourquoi… ? Je suis un type amusant, tu te souviens… ? »
Après ça, je ne pouvais même plus aller aux toilettes correctement pendant la pause. J'avais peur. Et si quelqu'un d'autre venait mettre un mot dans mon tiroir pendant mon absence ?
« Putain. »
Même à l'heure du déjeuner, je suis resté affalé sur mon bureau à faire semblant de dormir. Je n'étais pas idiot. Il n'y avait aucune chance que mes camarades déjeunent avec moi dans cette atmosphère.
C'était mieux de faire semblant de dormir plutôt que de descendre à la cafétéria et de manger seul.
« Pourtant, est-ce qu'une personne ne pourrait pas au moins proposer de manger avec moi ? » pensai-je, la tête écrasée contre le bureau.
« Alors, je leur dirai tout de suite que je ne me sens pas bien aujourd'hui. Si je refuse comme ça, tout le monde saura. Hwang Eunseo n'a pas été blessé par ça. Il va bien. Ou peut-être qu'ils diront que je fais la tête et qu'ils ont besoin de me réconforter. Ouais, je ferai savoir à tout le monde comme ça. »
C'est ce qui arriverait.
« J'ai tellement pris soin de ces types tout ce temps. Je leur ai payé des repas et je les ai laissés apparaître dans des vidéos. J'ai même aidé certains d'entre eux à se réconcilier quand ils se battaient. Et… Et… »
Il n'y avait rien.
Personne ne m'a invité à la cafétéria.
« …… »
La salle de classe, vide d'élèves, était calme pendant le déjeuner. Le silence lugubre de 12h45. Personne ne marchait dans les couloirs. Le vent soufflait à travers la fenêtre et les rideaux blancs flottaient.
« Bâtards… » murmurai-je en me levant.
« Vous pouvez dire quelque chose, non ? Au moins dire quelque chose… »
Soudain, je ressentis une profonde humiliation. Marcher sans savoir qu'il y avait un mot sur mon dos. Être moqué par ces gamins semblables à des sangsues. Être largué par texto. Tout était si humiliant.
« Sales types. Bâtards inhumains… »
Je fouillai dans les tiroirs des bureaux de mes camarades, un par un.
J'ai fouiné.
Peut-être y aurait-il une preuve pointant vers le coupable. Peut-être y aurait-il des instructions spécifiques cachées, comme quand m'envoyer les mots, quoi écrire dedans, etc.
« Dieu, j'espère qu'il y en a. S'il te plaît ! »
C'est alors.
« …Hwang Eunseo, qu'est-ce que tu fais là ? »
Je sursautai de surprise. Ma posture était négligée parce que je fouillais dans les bureaux. Quand je me retournai, je vis quatre de mes camarades debout à la porte arrière de la salle.
« Euh. » Je bégayai. « C'est, hum. Juste un instant. »
« Un instant ? Un instant pour quoi ? »
« Je devais juste vérifier un instant… »
« Tu fouilles dans le bureau de quelqu'un d'autre pour vérifier quelque chose ? T'es fou ? »
Non.
« Hé, Hwang Eunseo fouillait dans nos bureaux ! »
« Quoi ? »
Ce n'était pas ça.
« Pourquoi il fouillait dans les bureaux des autres… ? »
« Tu as déjà fait ça avant ? »
Écoutez-moi.
« Wow. Dégueu… »
C'était pas comme ça.
S'il vous plaît, écoutez-moi.
Quelqu'un vous contrôle en ce moment. Vous ne saviez pas, hein ? Vous êtes utilisés sans vous en rendre compte. Vous devez savoir ça. Vous les gars, vous avez aussi fait des choses mauvaises, donc on est dans le même camp !
La même équipe !
Une équipe !
On est une équipe !
Si vous m'attaquez, quelque chose de vraiment grave va arriver. Sérieusement. Qui à part moi prendra soin de vous ? J'ai créé le jeu Kim Yul juste pour vous. Je vous ai rendus heureux. Je vous ai divertis.
Qui l'a fait ? Moi !
Alors rendez-moi la pareille ! Putains !
Ne soyez pas stupides à vous laisser monter la tête. Jugez juste qui est de votre côté ! C'était un complot. C'était de la calomnie. C'était injuste. Sales bâtards !
Vous êtes peut-être stupides, mais vous ne pouvez pas dire qui est un allié et qui est l'ennemi ?
Vous n'avez aucune loyauté ?!
On a bien joué ensemble jusqu'ici. Vous avez aussi pris du plaisir à tourmenter Kim Yul. Vous aviez l'habitude de rire de Kim Yul et de son vieux, qui vivait dans la décharge et ramassait des ordures ! Vous êtes tous des ordures ! Pourquoi vous essayez de vous mutiner maintenant ?!
« C'est injuste… »
La nouvelle que j'avais fouillé dans les bureaux à l'heure du déjeuner s'est rapidement propagée aux autres. Ouais, je l'ai fait. J'ai regardé dans vos bureaux. C'était si grave que ça ? Cependant, mes camarades semblaient penser que [Hwang Eunseo fouillant dans les bureaux] était bien plus grave que [nous avons harcelé Kim Yul].
« C'est tellement injuste… »
Ces types avaient ri avec moi, en disant [Producteur, Producteur !] tous les jours, mais ils m'ont trahi juste parce que le coupable les a un peu fait chanter. Depuis combien de temps je me cassais le dos pour le bonheur de la classe ?
« C'est tellement injuste, j'en mourrais… »
Rien n'a changé après l'école.
Au moins ce matin, mes amis ont dit qu'ils étaient désolés. Ils ont au moins fait semblant d'être désolés. Mais après ce qui s'est passé à midi, leur regard sur moi a changé. Ils me regardaient froidement, comme si j'étais quelqu'un qu'ils devaient tuer.
« Sales bâtards. »
Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?
C'était injuste.
Je me sentais lésé.
……
« Hwang Eunseo. »
La salle était vide après le départ des élèves.
« Désolé, mais je peux regarder un instant ? » demanda le délégué de classe.
Le délégué était le seul à être resté sans expression toute la journée.
« Qu'est-ce qu'il y a… ? »
« J'essayais de ne pas m'en mêler, mais le professeur principal et nos camarades n'arrêtaient pas de m'en parler. En tant que délégué, je dois faire semblant de m'en soucier un peu. »
« Ha… »
Je ne pouvais même pas lui répondre avec sarcasme pour son ingérence. Le délégué était la première personne à me parler depuis le déjeuner. Pour le dire gentiment, le délégué était un élève modèle ; pour le dire moins gentiment, c'était un marginal volontaire. Peut-être était-ce pour cela qu'il pouvait ignorer l'atmosphère environnante.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« …… »
Rapidement, je vis une issue à cette situation infernale.
« C'est ça. Le délégué. »
Le délégué avait de bonnes notes. Il était subtilement adoré par les professeurs. Même mes camarades ne pouvaient pas facilement embêter le délégué. Peut-être était-il né comme ça, mais le délégué avait un air légèrement arrogant, donc ce n'était pas facile de lui parler.
Je pouvais renverser cette situation petit à petit en gagnant le délégué à ma cause.
« Ouais. En fait… »
Alors, je racontai les choses injustes qui m'étaient arrivées.
Peut-être que j'avais un peu méprisé Kim Yul, très peu. Mais peut-être que quelqu'un était jaloux que je sorte avec une fille riche, alors ils répandaient des rumeurs ridicules sur moi. C'était injuste. C'était injuste, mais mes camarades ne m'écoutaient même pas.
S'il te plaît, aide-moi.
« …… »
Le délégué écouta tranquillement mes jérémiades, qui durèrent environ une demi-heure. Il ne m'interrompit pas. Il ne posa même pas de questions. Il écouta juste avec la même attitude terne, et j'en étais reconnaissant.
« Je vois. C'est ce qui s'est passé. »
Le délégué hocha la tête.
« Eunseo, je comprends que tu te sentes lésé. C'est une situation horrible. Parfois, les gamins sont froids, disant que ce n'est pas leur responsabilité. »
« Tu as tellement raison. »
« Mais je n'ai aucun moyen d'aider. Peut-être… »
Le délégué se plongea dans ses pensées. Il sembla réfléchir longuement. Bien que je ne sois pas très proche de lui, je pouvais sentir qu'il était profondément préoccupé. Nous sommes tous deux restés silencieux. Longtemps après, le délégué leva la tête.
« Ah. »
Il tapa sur le bureau.
« Eunseo. Et si on faisait ça ? D'après ce que je peux voir, ce problème ne peut être résolu que si tu obtiens le pardon de Kim Yul. »
« De Kim Yul… ? »
« Oui. Honnêtement, tous les autres gamins sont des marginaux. Si Kim Yul, la partie lésée, te pardonne, alors personne ne pourra rien dire. »
« …… »
C'était une solution qui ne m'était jamais venue à l'esprit. Mais maintenant que je l'entendais, ça semblait juste. Peu importe ce que les autres gamins essayaient de faire, si Kim Yul disait : [Je pardonne à Hwang Eunseo maintenant], ils n'auraient rien à dire.
« Euh… Mais… »
Il y avait un problème.
« Est-ce que Kim Yul acceptera mes excuses ? Je ne pense pas qu'il le fera… »
« Ne t'inquiète pas. Ce sera problématique, mais essayons de lui parler. »
Le délégué sourit doucement.
« Je vais t'aider, Hwang Eunseo. »
C'était un sourire très gentil.