Chapitre 139
Traducteur : thursdays Éditeur : Yahiko PR : LightBrin
« Maî... »
Je n'arrivai pas à prononcer les deux syllabes du mot Maître.
Mon cœur battait la chamade.
Un mélange d'émotions bouillonnait en moi à cet instant. Mon cœur était devenu un chiffon, et si je le tordais, tous mes sentiments sombres s'en échapperaient.
Maître. Mon étrange destin. La pivoine qui était devenue mon professeur.
« Mère. »
« …… »
Maître me regarda. Ses yeux, toujours empreints d'ordre, tremblaient. C'était la première fois que j'appelais Maître « Mère », et la première fois qu'elle était appelée ainsi par moi.
« ...Comme c'est étrange. »
Maître posa son bout de crayon. Était-elle en train de travailler sur son manuscrit ? Des feuilles portant l'écriture de Maître jonchaient la table du salon.
« Je ne sais pas depuis combien de temps tu ne m'avais pas appelée ainsi. »
Des phrases qui ne pouvaient être écrites. Des mots qui ne pouvaient devenir des phrases. Des feuilles qui ne pouvaient devenir des livres, des manuscrits rouges étaient éparpillés un peu partout.
« J'ai l'impression que cela fait très longtemps que tu ne m'as pas appelée Mère. Non. Plutôt que de dire que c'est long... C'est comme si... »
« Je t'aime, Mère. »
Le bout des doigts de Maître se figea.
« Je voulais te revoir. Le savais-tu ? J'ai maintenant quelqu'un que j'aimerai pour toujours. Il est réellement possible d'aimer quelqu'un sincèrement et d'être totalement aimé en retour. En tenant la main de Raviel... Je voulais te la présenter en premier, Mère, plus que quiconque. »
« …… »
« Si c'est toi, Mère, tu deviendrais certainement de bonnes amies avec Raviel. Quant à moi... Je survis bien. Je vis bien. J'essaie de bien vivre. Il y a beaucoup de jours où je me rappelle tes paroles, Mère. »
Maître.
« Je voulais te voir une dernière fois. »
Maître se leva lentement. Elle s'approcha de moi. Ses doigts longs et fins essuyèrent mes yeux.
« As-tu fait un cauchemar ? »
« Je suis en plein cauchemar. »
« La vie n'est pas différente d'un rêve. Mais cela ne change rien. Le mal n'est-il pas le mal si nous disons qu'il est indifférent ? Les blessures sont-elles guéries lorsque nous trouvons des excuses en invoquant l'ignorance ? Mon fils. Ne te laisse pas tromper par les mots.
Tu devrais toujours regarder au fond de ton cœur. Ne laisse pas ton cœur être gouverné par des mots creux et des phrases fragiles. »
Maître m'enlaça les épaules.
« Que tu m'appelles mère ou non, je reste moi-même dans ton cœur. Tout comme toi. Une personne n'est pas une personne parce qu'elle sait mémoriser quelques mots ou dire quelques répliques. Une personne devient une personne par le poids de l'autre qu'elle porte en son cœur. »
Je me recroquevillai dans les bras de Maître.
Ma bouche s'ouvrit et se ferma à plusieurs reprises.
« Mère n'aurait... n'aurait pas pu élever un enfant comme Yoo Sooha. »
« En effet. »
« Quelqu'un qui donne des coups de poing par colère... Tu n'appellerais pas une telle personne à la table du dîner. Tu l'aurais mise à la porte. Mais avant de la mettre à la porte, tu lui aurais appris à mieux se comporter. Avant de lui apprendre à mieux se comporter, tu aurais déjà élevé l'enfant pour qu'il soit gentil. »
« C'est ce que j'aurais fait. »
« C'est pour ça. »
J'ouvris la bouche.
« Mère... n'est pas So Baek-hyang. »
Maître sourit.
« Reste en vie, Gong-ja. Tu dois vivre avec force. »
Avec un sourire, elle s'évanouit.
« …… »
Le visage de Maître se décomposa.
Son sourire fondit.
La main qui tenait mon épaule fut effacée.
Elle disparut, ne laissant qu'une ombre.
-■, ■■■ ■■■.
L'ombre n'avait pas de visage. Ses contours étaient flous. Se tortillant, l'ombre quitta la pièce comme un ver de terre géant.
Une autre couche de ce monde fut décollée.
Là-bas, c'était le visage nu de [ma mère].
« —Ugh. »
Je courus vers la salle de bain. Je me penchai au-dessus des toilettes et baissai la tête. Perte. Culpabilité. Je vomis ces sentiments sombres.
Mon cœur vomissait.
« Hein ? »
Derrière mon dos.
J'entendis une voix venant de la porte de la salle de bain.
« Hé, t'as mangé un truc bizarre ? Pourquoi tu vomis dès que tu rentres à la maison ? Gamin, t'as mangé une merde dehors ? Ton grand frère t'a pas dit de faire gaffe à ce que tu manges, au moins ? »
C'était Yoo Sooha.
« Tu veux que je te tape un peu dans le dos ? »
« ...Yoo Sooha. »
« Mec. T'as vomi ton cerveau avec ce que t'as bouffé ? Petit frère. Où est ton respect ? »
Je m'assis sur le carrelage du sol de la salle de bain et levai les yeux vers Yoo Sooha. Yoo Sooha se tenait debout sur des pattes de calamar qui se tortillaient.
« Espèce de... »
« T'as pas vomi ton cerveau, tu l'as déversé. Hé, parfois dans la vie, on frappe les gens, d'accord ? Ton grand frère a eu peur aussi quand la nouvelle est tombée hier. Maman et Papa m'ont sacrément engueulé. Mais on est une famille, alors tu devrais me soutenir. Ouais ?
Tu ne crois pas ? »
« Espèce de fou furieux... »
Marmonnai-je en m'agrippant à la cuvette des toilettes.
« T'es, putain, une personne vraiment merdique. »
« Hein ? »
« Si tout ce que t'avais fait, c'était frapper un harceleur, tu serais un ange. T'es le genre de bâtard qui frappe le harceleur derrière la tête, enterre le corps derrière une montagne et déclenche un feu de forêt. »
« Quoi... Seul un psychopathe ferait ça. C'est comme ça que tu vois ton grand frère ? »
« C'est exactement ce genre de psychopathe que tu es ! Enfoiré ! »
Ma tête se mit à tourner.
« Une idole ? Un chanteur ? Tu penses que tu peux avoir ce genre de carrière ? Tu ne connais rien au fanservice. Tu insultes chaque intervieweur et tu traînes leurs parents dans la boue pour le dessert. Et tu penses que tu peux être chanteur ?
Ne me fais pas rire. »
« Euh... »
« En plus, tu te fais gronder par ta mère et ton père ? T'es le genre de personne qui apprend quelque chose en se faisant gronder ? C'est un soulagement que tu ne gifles pas tes propres parents. Putain ! Maudit sois-tu... Yoo Sooha, tu ne seras jamais le genre de personne qui réconforte son jeune frère en train de vomir. Tu en es tout simplement incapable.
J'aurais aimé que tu sois ce genre de type. »
Je fixai le visage de Yoo Sooha.
« Je ne t'ai pas tué. »
« …… »
« Je ne t'ai pas tué, connard. Je ne l'ai pas fait. Parce que tu ne peux pas l'être. Alors je ne peux pas... Pour que je te tue, je... »
J'essayai de ne pas le tuer.
« Vraiment, t'as fait des trucs de merde, toi. »
Parfois, je rêvais.
『P-par ici, Chasseur-nim ! S'il vous plaît, sauvez-moi !』
Je criais.
『Hein ?』
Yoo Sooha se retournait vers moi.
『J'ai été pris en embuscade par des loups.』
『Ah, merde. C'est quoi ce bordel ? Monsieur, vous avez déjà provoqué les monstres ici ? Putain. Alors la chasse d'aujourd'hui est foutue.』
Yoo Sooha claquait de la langue.
『U-une potion...』
Je le suppliais, mais lui—
『Ah, fais attention la prochaine fois. Putain. On dirait que je ne pourrai même pas gagner mon salaire de la journée.』
Yoo Sooha me donnait la potion.
Parfois, je rêvais.
『Je te donne une potion, mais tu dois payer le juste prix pour ta vie.』
Disait Yoo Sooha.
『Q-quarante pièces d'or,』
Répondais-je.
『Ça suffit. Donne-moi tout ce que tu as maintenant.』
En disant cela, Yoo Sooha prenait tout ce que j'avais, et,
『Bien. Fais plus attention la prochaine fois, Monsieur.』
Yoo Sooha me donnait la potion.
Je rêvais que le Yoo Sooha d'il y a onze ans était toujours un bâtard cupide, mais qu'il ne tuait pas quelqu'un qui était blessé et faible. Je rêvais parfois que je n'avais pas à tuer mon héros de mes propres mains, et je...
Je...
« Espèce de bâtard merdique... »
Les cheveux noirs de Yoo Sooha flottaient.
« Dégage. Ta place est dans mes ombres. Si tu essaies de te construire une nouvelle maison dans cet enfer avec une nouvelle personnalité, arrête ça. »
Puis, les cheveux noirs retombèrent.
-■■, ■■ ■■■.
[Mon frère] devint un fantôme et émit un son lugubre.
C'est ça. C'était un spectre.
C'étaient des âmes qui ne pouvaient même pas devenir des fantômes dans ce traumatisme, là où elles avaient perdu leur existence. Ceux qui avaient perdu les formes extraites de mes souvenirs n'étaient plus que de simples ombres.
« …… »
Je me lavai le visage dans le lavabo.
L'eau ruisselait de mes sourcils.
« D'accord. »
Mon murmure se déposa bas dans la maison des spectres.
« Tout va bien. Tu peux le faire, Kim Gong-ja. Tu peux le faire. »
Ce n'était pas ma maison. Ce n'était pas mon monde.
C'était juste qu'une vie que je voulais récolter était piégée dans cet enfer.
Je sortis de la maison et revins avec le Tueur de Constellations.
« Ah... »
Le Tueur de Constellations ne reconnaissait pas les spectres comme tels. À ses yeux, les spectres semblaient être mon père, ma mère et mon frère.
Non. Peut-être était-ce l'inverse.
-■■■?
-■■ ■■■.
Dès le début, mon père, ma mère et mon frère pouvaient ressembler à des spectres pour le Tueur de Constellations. Pour lui, les humains de ce monde n'étaient peut-être pas différents de spectres. Ainsi, tous les sons que les humains produisaient n'auraient été rien de plus que du bruit pour le Tueur de Constellations.
« Bonsoir... »
« Ne les salue pas. »
Je le coupai.
« Tu n'as pas besoin d'être poli. »
Je saisis le poignet du Tueur de Constellations et entrai dans ma chambre. Le Tueur de Constellations fut traîné par moi, incapable de terminer sa salutation.
-■, ■■■ ■■■.
Mon frère, qui portait le visage de Yoo Sooha il y a peu, nous suivit. Il essaya de nous suivre dans la chambre. Cependant, je le repoussai et bloquai la porte.
« N'entre pas. Je te préviens. »
-■■■?
« Je vais m'occuper de cet enfant pendant un moment. Je ferai tout moi-même, alors tu n'as pas besoin d'interférer. N'entre pas et ne parle pas à cet enfant s'il ne te le permet pas. Je suis sérieux. »
Je fermai la porte et la verrouillai.
-■■. ■■■?
Les spectres marmonnaient devant la porte. Je les ignorai et préparai un endroit pour que le Tueur de Constellations puisse dormir. Le Tueur de Constellations, tenant toujours le sac sur son dos avec lequel il avait quitté l'école, me fixa.
« Tu peux dire ça à ta famille ? »
« Ça dépend de la famille. Pour toi, c'est la famille de ton harceleur. »
« ...Ne parle pas poliment. Ça semble faux. Vraiment, je ne sais pas quel genre de grande chose tu prévois de faire pour mettre autant d'efforts là-dedans maintenant. »
« Peu importe si tu penses que je complote quelque chose. Pour l'instant, dors. »
« Où dormiras-tu ? »
« N'importe où. Repose-toi. Tu te sentiras un peu mieux après t'être reposé. »
« …… »
À partir de ce jour.
J'effaçai les présences dans ce monde, une par une.
-Qui est-ce ? Quoi ? Le petit frère de Sooha... ? Pourquoi m'appelles-tu... ?
J'utilisai secrètement le téléphone de mon frère pour parler à Preta.
-Hein ? Ah. J'ai entendu parler de toi par Sooha. Je crois qu'on s'est déjà rencontrés une fois. Mais qu'est-ce qui se passe ? Sooha essaie de t'utiliser pour s'excuser à sa place ?
J'utilisai la même méthode pour appeler la Soie Dorée.
Je fis s'effondrer Preta et la Soie Dorée avec un seul appel.
Le groupe d'idoles apparaissait occasionnellement sur les écrans de télévision, mais les visages de Preta et de la Soie Dorée n'étaient pas montrés. Seules des ombres voletaient comme des gribouillis.
[Le degré d'implémentation du traumatisme diminue.]
Puis, il y eut une réaction.
[Les données pour implémenter le traumatisme ont été corrompues.]
[Extraction des données corrompues de ta mémoire... Échec.]
[Les données ne peuvent pas être récupérées.]
La brèche que j'avais créée commença à percer le monde.
[Extraction des données corrompues de la mémoire du propriétaire original... Échec.]
[Les données ne peuvent pas être récupérées.]
J'accélérai mes actions.
Je détruisis les Quatre Seigneurs Démons. Les enfants de la Résidence des feux de l'enfer s'effritèrent. Dès que je les voyais, je transformais les personnages du traumatisme en spectres.
À chaque fois, le monde du traumatisme s'effondrait, petit à petit.
« Mm ? C'est rare. Gong-ja, que fais-tu dans le bureau des professeurs ? »
Mon professeur principal, le Serpent Venimeux, fut inclus.
« G-Gong-ja ? Pourquoi m'as-tu appelé dans une salle de classe vide ? Eek. Les professeurs et les élèves ne devraient pas sortir ensemble en général, mais c'est aussi contre le règlement de l'école... ! »
Même l'Alchimiste, qui était professeur de mathématiques.
« J'ai entendu dire que tu avais demandé à avoir une discussion en tête-à-tête. Tu es un élève unique à bien des égards, alors nous l'avons autorisé à la demande du président du conseil des élèves. Qu'as-tu à dire ? »
Même le Saint de l'Épée, le directeur.
Un par un.
[Le degré d'implémentation du traumatisme diminue.]
[Les données ne peuvent pas être récupérées.]
Après une quinzaine de jours.
La plupart des élèves et des professeurs de l'école avaient déjà été transformés en spectres.
Il n'y avait pas que l'école qui était devenue bizarre.
-■■ ■■■■■.
À la télévision, peu importe la chaîne, il y avait un spectre à la place du présentateur. Même les personnes en direct marmonnaient avec une voix et un visage d'ombre, donc tout était incompréhensible.
J'avais aussi essayé de quitter la ville en prenant le train pour tester.
Le paysage de la ville continua pendant un moment, mais à un certain point, l'obscurité s'étendit au-delà de la fenêtre. Le train disparut lorsqu'il atteignit cette zone.
[Le degré d'implémentation du traumatisme diminue.]
[Demande de matériel à Zrakua... Échec. Demande rejetée.]
[Les données ne peuvent pas être récupérées.]
Le monde brisé.
Une horreur ratée.
« ...Gong-ja, je dois te demander quelque chose. »
Un jour, après les cours, la Croisée s'approcha de moi.
Elle avait l'air nerveuse, d'une certaine manière.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Je ne peux pas le dire dans la salle de classe. Non, c'est plutôt que je ne veux pas le dire. »
La Croisée tourna la tête et jeta un coup d'œil derrière elle.
-■■■! ■■ ■■■■.
La personne assise au bureau s'était déjà transformée en spectre. C'était la Comtesse. La Comtesse m'avait parlé il y a deux jours et s'était effritée en une ombre. La Croisée jeta un coup d'œil à l'apparence de son amie et baissa la voix.
« Allons dans le couloir. »
Nous sortîmes de la salle de classe et allâmes dans le couloir.
« Alors, qu'est-ce qu'il y a ? »
« ...Je ne sais pas si ça semble bizarre. Non, ça semble définitivement bizarre. Mais pour une raison quelconque, j'ai senti que je devais te consulter. »
Au milieu du couloir, où les spectres allaient et venaient.
La Croisée regarda autour d'elle, très nerveuse.
« Quelque chose est étrange. »
« …… »
« Si tu me demandais ce que c'était, ce serait difficile à dire. Mais j'en suis certaine. Ce n'est pas normal. Le week-end dernier, je suis sortie de la ville avec ma famille. Ou du moins, j'allais le faire. J'ai préparé une boîte à lunch le matin.
Mais quand j'ai cligné des yeux, c'était le soir. »
Les épaules de la Croisée tremblèrent un peu.
« Au début, j'ai pensé que c'était une amnésie. Mais ma famille a parlé de la façon dont la sortie était très agréable à table. Je n'ai aucun souvenir de la sortie, et je ne peux même pas me rappeler ce que j'ai fait... »
La Croisée leva à nouveau la tête, regardant autour d'elle. À l'exception d'une poignée d'élèves, il n'y avait que des spectres noirs qui se tortillaient dans la salle de classe, le couloir et la cour d'école.
« ...Quelque chose est bizarre. C'est faux. Peut-être que c'est moi qui suis devenue bizarre. Désolée, Kim Gong-ja. Je vais juste prendre rendez-vous avec un psychiatre. Peut-être que j'irai mieux avec un peu de conseil. »
« Tout au fond de la salle de classe. »
J'ouvris la bouche.
« L'élève assis près de la fenêtre. Tu te souviens de lui ? »
« Hmm... ? »
Les sourcils de la Croisée se froncèrent.
« Plus ou moins, puisqu'il est un camarade de classe. Je crois que son nom est ■■. »
« Savais-tu qu'il recevait ces messages ? »
Je sortis le téléphone portable du Tueur de Constellations et le lui montrai.
« …… »
« Je te le dis maintenant. Ils ne sont pas truqués. »
En lisant les messages, le visage de la Croisée devint blanc. Elle était choquée. Mais son choc fut bref, et bientôt, la Croisée cria d'une voix furieuse.
« Quoi ? Quelque chose comme ça... Non, il n'est pas du genre à envoyer un message comme ça. C'est ridicule ! Je ne peux pas ignorer ça. Ça va bien au-delà d'une blague ! »
« Tu es en colère ? »
« Bien sûr ! Certaines choses peuvent être pardonnées parce qu'on est des enfants, mais certaines choses ne le peuvent pas. Mais les blessures sont des blessures, qu'elles soient causées par un adulte ou un enfant. Au contraire, les enfants peuvent être pires ! »
« Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? »
« Nous avons des preuves. Nous devons le signaler à la police tout de suite ! Je connais bien ce genre de problème. Si tu déposes une plainte auprès de l'école, les preuves seront confisquées et ils te diront de résoudre ça entre vous comme des amis. Ce ne sera pas suffisant si nous ne sommes que deux à aller au commissariat, alors rassemble autant de personnes que tu peux et allons-y... ! »
« C'est vrai. »
La Croisée.
« C'est ça, qui tu es. »
Quelqu'un qui essaie de réduire le nombre de personnes qui souffrent, même un tout petit peu.
« S'il y avait eu ne serait-ce qu'une seule personne comme toi dans cette salle de classe, ça ne se serait pas terminé comme ça. »
« ...Quoi ? »
« Parce qu'il n'y a aucune chance que tu sois un spectateur de ce genre de chose. Il n'y a aucune chance que tu laisses passer ça, et il n'y a aucune chance que tu ne le remarques pas. Mais parce qu'il n'y avait pas une seule personne comme toi dans cette grande salle de classe... »
Je fermai le téléphone.
« C'est pour ça que ça arrive. »
« …… »
« Tout va bien. S'il te plaît, disparais. Je m'occuperai du reste tout seul. »
Après avoir fermé et ouvert les yeux.
-■■, ■■ ■ ■■■.
Un spectre sans visage se balançait.
« …… »
Lentement.
Je me tins dans le hall et regardai autour de moi.
-■■ ■■■?
-■■ ■. ■■ ■■■.
Les élèves parlaient en passant. Des petites conversations, des bavardages. Ils riaient comme si c'était amusant, et même si ça ne l'était pas, ils riaient quand même. Ils partageaient le temps de leur jeunesse. Quand un professeur passait, ils inclinaient la tête et le saluaient.
C'était.
-■ ■■■■ ■■■■ ■■ ■■■ ■■ ■■ ■ ■■■■ ■■■■■■ ■■ ■■ ■■■■■? ■■ ■ ■■?
-■, ■■?
-■■! ■■■ ■ ■■ ■■ ■■■ ■■!?
-■■… ■■ ■■■. ■■■■■ ■ ■■■ ■■■ ■■■
-■■ ■■■■ ■ ■ ■■■■■■ ■■ ■■■ ■■■■■ ■! ■■ ■■■■■■■ ■■ ■ ■■! ■■ ■■■■■ ■■
-■■■ ■■■■■■ ■■. ■■■■ ■■■ ■■ ■■■■■ ■■. ■■■■ ■■■ ■ ■■ ■■■■ ■■■ ■■ ■■ ■■■■.
-■ ■■ ■■ ■■. ■■ ■■.
-■■ ■■■ ■■.
Leurs voix n'étaient que du bruit blanc.
Les mots ne parvenaient pas à former des phrases, et les phrases ne parvenaient pas à devenir du texte.
Il y avait une devise lumineuse sur une affiche dans la cage d'escalier.
[■■■ ■■■?]
[■■■ ■■■?]
[■■■ ■■■■?]
C'était.
Le monde du Tueur de Constellations.