Chapitre 135
Traducteur : thursdays Éditeur : Yahiko Pr : LightBrin
5.
« Allez, file ! Chéris ta relation ! Il ne faudrait pas que la star de la romance, celui qui est entré dans l'histoire du collège-lycée Shinseo, fasse attendre sa petite amie ! »
L'Inquisiteur Hérétique m'a pratiquement mis à la porte de la bibliothèque. J'avais l'esprit vide. Je ne savais pas comment réagir.
Alors que je restais là, incapable de prononcer un mot, la porte de la bibliothèque se referma violemment.
« Euh… »
L'école était silencieuse.
Le sol en granit gris du couloir était glissant. Sous le reflet du soleil couchant, il prenait une teinte rouge brillante. Personne ne circulait dans le couloir à part moi. Seuls les cris de « Passe ! Passe ! » et le bruit des élèves tapant dans un ballon de football parvenaient du terrain de sport au loin.
« Sérieusement, qu'est-ce qui se passe… ? »
Je marchais comme un somnambule.
『 Le président du conseil des élèves attendra probablement devant le portail de l'école aujourd'hui ! 』
『 Tu ne peux pas mettre ta petite amie en colère ! 』
Je n'avais jamais fréquenté le lycée. Cependant, j'étais allé au collège pendant environ deux ans. J'étais familier avec les installations scolaires.
« D'abord, je vais me diriger vers le portail. »
Les colonnes et les murs du couloir étaient pâles, peints d'un vert clair. Ce n'était même pas un beau vert, juste une couleur fade. Même cette couleur artificielle et de mauvais goût me semblait familière.
« Les escaliers. Il devrait y avoir un escalier dans le coin. Ah. Je l'ai trouvé… ? »
C'est alors. En atteignant les escaliers, j'ai senti une présence. Quand j'ai levé les yeux à cause de cette présence —
Les escaliers qui menaient au toit.
Un élève se tenait juste devant la porte en fer.
« …… ? »
Il avait une silhouette menue. L'élève fixait la porte en fer qui ne voulait pas s'ouvrir. Il regardait probablement les chaînes et le cadenas sur la poignée. L'élève a semblé remarquer ma présence lui aussi, et nos regards se sont croisés.
C'était un visage que je voyais pour la première fois.
« …… »
L'élève a baissé la tête, puis a descendu les escaliers en silence, passant devant moi.
Pendant qu'il passait, j'ai vu le col de son uniforme. Le col blanc était taché de saleté. L'odeur m'était familière. C'était l'odeur de la pauvreté. Bien sûr, je n'ai eu qu'un bref aperçu.
L'élève a disparu au bout du couloir.
[Se comporter correctement ?]
[Vivre joyeusement ?]
[Avec un cœur heureux ?]
Une affiche avec une devise tape-à-l'œil était accrochée dans les escaliers où l'élève se tenait. Les mots ne signifiaient rien, ils ne disaient rien sur rien. Plus que des mots, c'était un échec.
L'affiche était hideuse.
Comme pour essayer désespérément de cacher son inutilité, la police et la couleur du slogan étaient mignonnes. Ce n'est que bien plus tard que j'ai repris mes esprits.
« … Ouais. Je devrais y aller aussi. »
Je suis arrivé au portail de l'école.
Une limousine noire était garée devant le portail.
« …… »
Attends une seconde.
Laisse-moi expliquer ce que je viens de voir. J'ai descendu des escaliers ordinaires et traversé une cour d'école ordinaire pour atteindre ce qui aurait dû être un portail d'école ordinaire.
Mais qu'était-ce que ça ? Il y avait une limousine noire ultra haut de gamme, du genre qu'on ne voit que dans les films, garée devant le portail.
« Mm. Tu es un peu en retard aujourd'hui. »
Et la personne la plus chère à mon cœur se tenait près de la limousine.
« R-Raviel… ? »
« C'est une soirée charmante, Gong-ja », a dit mon amour calmement.
« Maintenant que j'ai vu ton visage, le coucher de soleil est encore plus beau. L'éclat du crépuscule a dû devenir rouge pour s'accorder à la couleur de tes joues. »
Il y avait des élèves sur le terrain qui n'étaient pas encore rentrés chez eux. Des élèves jouant sur le terrain de basket, d'autres faisant une courte promenade avant d'aller étudier, et des élèves tapant dans un ballon sur le terrain de foot. Ils ont tous arrêté ce qu'ils faisaient pour regarder de notre côté.
« Regarde là-bas. Ce sunbae… »
« Oh, c'est celui qui sort avec la fille de la famille chaebol… »
« Je suis super jaloux… »
« La confession publique au festival… »
C'était de la folie.
« Qu'est-ce qui ne va pas, Gong-ja ? Ton air ahuri fait partie de ton charme, mais tu as l'air sérieusement confus là. As-tu décidé de développer un nouveau genre d'attrait ? »
« Raviel… Raviel, tu viens d'une famille chaebol ? »
J'avais la tête qui tournait. Qu'est-ce que ce traumatisme fou essayait de me montrer ? Me faisait-il le cadeau de voir Raviel en uniforme scolaire ? Devrais-je prendre une photo ? Et la préserver pour la postérité ? Y avait-il un moyen de ramener des photos prises à l'intérieur d'un traumatisme dans la réalité ?
« Tu dis des choses bizarres… Petit ami. Je suis née dans une famille chaebol, et bien sûr, je continue de vivre en tant que membre d'une famille chaebol. »
C'était de la folie.
Raviel m'a appelé son petit ami.
Elle m'a appelé petit ami !
Qu'est-ce que je fais ? Je devrais filmer ça ? Enregistrer sa voix ? Je devrais filmer, non ? Est-ce que la science et la technologie de l'ère moderne peuvent transférer une vidéo enregistrée dans un traumatisme vers la réalité ? Que faisaient les scientifiques ?
Pourquoi négligeaient-ils leurs devoirs ?
« R-Raviel. Désolé, mais quel âge as-tu maintenant ? »
« … Je suis en deuxième année au lycée Shinseo. »
« Et moi ? »
« Majordome, réserve un psychiatre immédiatement. Mon petit ami semble souffrir d'un léger cas d'amnésie. Quant à la réponse à la question, tu es, bien sûr, dans la même classe que moi, petit ami. »
« Ahh, rencontrer Raviel pendant qu'on est au lycée… Pouvoir passer ma jeunesse avec Raviel. Qu'est-ce que c'est ? C'est… N'est-ce pas une trop grande bénédiction… ? Je suis l'homme le plus heureux du monde… »
« Majordome, annule le rendez-vous. Mon petit ami agit comme d'habitude. »
Nous avons eu un bref moment romantique devant le portail de l'école. C'était un moment heureux. Il y avait des cris dans la cour, mais je n'y ai pas prêté attention. D'après ce qu'a dit l'Inquisiteur Hérétique, nous étions un couple officiel à l'école.
« Même si nous renaissons dans un monde différent, je t'aimerai toujours, Raviel… »
« Je t'ai aimé dans ma vie passée et je t'aimerai dans la prochaine. Pour moi, le nom de l'amour sera toujours remplacé par trois syllabes : Kim Gong-ja. Mais d'abord, nous devons vivre dans cette vie présente. Monte dans la voiture. Je vais te ramener chez toi. »
Chez moi.
Pour moi, chez moi signifiait l'orphelinat. Raviel m'emmenait-elle à l'orphelinat, alors ? Non, ce [monde traumatique] était clairement différent du [monde extérieur] dans la réalité. Je n'étais jamais allé au lycée. Je n'avais jamais entendu parler d'un endroit appelé lycée Shinseo.
À quoi ressemblerait mon foyer ici ?
« Il s'est passé quelque chose de grave chez toi hier, n'est-ce pas ? »
A dit Raviel en montant dans la limousine. L'intérieur de la limousine était confortablement spacieux. Cependant, nous nous sommes volontairement blottis l'un contre l'autre, assis côte à côte.
« Pardon ? Quelque chose de grave ? »
« Oho. Tu es en train de dire que ça ne t'intéresse pas ? Eh bien, mon petit ami a toujours détesté parler de lui. Bien sûr, je déteste ça aussi… Pourtant, la famille reste la famille. Dis à ta mère et à ton père de ne pas s'inquiéter parce que je m'en suis occupée. Non, ce sera mieux si je leur dis moi-même. »
« …… »
Je ne savais pas de quoi elle parlait. Je pensais qu'un incident s'était produit et que Raviel l'avait étouffé. Mais les mots qui m'avaient secoué étaient les mots [mère] et [père].
« Mes parents. »
Quand j'étais enfant, j'appelais le directeur de l'orphelinat « père ». J'appelais aussi une fille plus âgée venue faire du bénévolat « mère ». Cependant, c'était seulement à cause de l'ignorance et des bêtises des enfants.
Les parents dont Raviel parlait… n'étaient probablement pas comme ça.
« Dans ce monde, j'ai un foyer et j'ai des parents. »
C'était quelque peu déconcertant.
« Raviel m'a donné un père adoptif pour une journée pendant le mariage, mais… »
J'étais heureux à ce moment-là. Cependant, c'était un bonheur que quelqu'un que j'aimais m'avait offert, et il disparaîtrait si je m'y complaisais.
Mais maintenant, c'étaient des parents qui avaient existé et qui continueraient d'exister en tant que tels.
« Je ne sais même pas quoi ressentir… »
La limousine s'est arrêtée. Par la fenêtre, j'ai vu une petite maison individuelle délabrée. C'était une vieille maison dans un vieux quartier.
« Oh. »
Et devant la maison, un homme à l'allure rude balayait avec un balai.
« Tu es rentré ? »
L'homme aux cheveux longs a souri.
« Kyaah. Ta petite amie t'a ramené en limousine, hein ? Notre fils a de la chance. C'est grâce à mon physique que tu as hérité. Tu devrais respecter ton père, qui a fait en sorte que tu sois toujours beau ! »
C'était l'Empereur de l'Épée.
« …… »
J'ai eu à nouveau le tournis.
« Tu as été bien, Père ? »
« Oh. S'il te plaît, ne baisse pas la tête. Jeune dame, une personne précieuse comme toi ne devrait pas incliner la tête devant un type comme moi. Bref, est-ce que mon fils a été impoli avec toi ? Ce gamin a bon cœur, mais il a un tempérament un peu fêlé… »
« Tout va bien. Je chéris chaque partie de Gong-ja. »
« Keh. Comment se fait-il que tout ce que tu dises soit si doux ? Hé ! Hé ! Kim Gong-ja, espèce de vaurien ! Mets-toi à genoux et incline-toi.
Si jamais tu maltraites cette jeune dame, tu seras déshérité. Compris ? Immédiatement. Je t'effacerai de notre arbre généalogique ! »
Raviel et Bae Hu-ryeong se parlaient chaleureusement.
La vue de leur conversation… elle existait ici.
J'ai failli m'évanouir.
« Mm. »
Raviel a facilement rattrapé mon corps.
« Gong-ja agit de manière assez étrange aujourd'hui, Père. Il m'a posé des questions sur mon âge tout à l'heure. »
« Ce gamin a toujours été bizarre. Quand il avait cinq ans… Ah. Tu veux rester pour dîner ? J'ai cuisiné des coques incroyables aujourd'hui. »
« Oui. Je ne refuserai pas. »
« Tu es une dame si charmante ! Gong-ja, qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi n'es-tu pas encore à genoux ? Tu veux que je le fasse pour toi ? »
Nous sommes entrés.
« Bon retour, Gong-ja. »
Maître était assise sur le canapé, lisant un journal.
« Comment s'est passée l'école, mon fils ? »
« …… »
J'ai défailli.
« Oho ? Tu as même ramené ta petite amie à la maison. Bienvenue, Mlle Ban Siah. »
« S'il vous plaît, appelez-moi Raviel, Mère. Je préfère utiliser mon nom étranger. »
« C'est ainsi ? Hmm, je vois. Les coutumes des enfants de nos jours sont complexes. »
Mère.
Mère.
M.
È.
R.
E.
« Chéri, tu n'as pas réalisé ? Tu penses que Gong-ja a le cran d'inviter la dame chez nous ? C'est moi qui l'ai invitée. Je l'ai attirée avec mon plat de coquillages. »
« Ah, bien sûr. Chérie, tu as raison. C'était déplacé de ma part d'attendre une telle initiative de notre fils. Puisque la soupe doenjang a fini de bouillir, allons… »
Chéri.
Ma chérie.
Ché.
Ri.
Ma ché.
Rie.
Chéééériiii ?!
Ma chérieeeee ?!
-Nous continuerons à faire un rapport sur le chanteur populaire, Yoo Sooha.
La voix d'un présentateur s'échappait de la télévision dans le salon.
-Dans l'incident qui a choqué de nombreuses personnes hier, cette image montre le chanteur Yoo Sooha agressant quelqu'un. Mais ce matin, un rapport est arrivé, disant que l'image avait été manipulée. Étonnamment, il s'agissait d'une confession de celui qui a diffusé la vidéo.
Je fixais l'écran de télévision dans une stupeur totale. Sur l'écran, il y avait la photo d'identité d'un bel homme avec une longue queue de cheval.
-L'informateur a déclaré : « Je l'ai signalé pour plaisanter, mais je ne pensais pas que cela prendrait de telles proportions. Je présente mes sincères excuses à ceux qui ont été choqués et blessés par mes actions »…
Des photos de Preta et de la Soie Dorée sont également apparues à l'écran. Avec cela, les photos de l'Empereur des Flammes, de Preta et de la Soie Dorée étaient côte à côte.
-Estel et Sylvia, membres de son groupe, se sont abstenues de faire des déclarations officielles.
Il y avait une vidéo des chanteurs en train de danser. La Soie Dorée chantait pendant que Preta et l'Empereur des Flammes dansaient.
-Cependant, tout comme le concert dans 10 jours qui a été annulé, les activités du groupe seront probablement reportées pour quelque temps.
C'était de la folie.
N'était-ce pas de la folie ?
Suis-je devenu fou ?
Je dis, n'est-ce pas putain de dingue ?!
« Mm. »
Maître a hoché la tête légèrement et a posé le journal. Elle a regardé Raviel avec des yeux sincères.
« Nous avons beaucoup à discuter au dîner. Gong-ja, va chercher ton frère. Ça fait un moment, alors mangeons tous ensemble. Cela te convient-il, Mlle Raviel ? »
« Bien sûr. »
Frère ? Non seulement j'avais une mère et un père, mais j'avais aussi un frère aîné ?
« Frère… Où est-il ? »
« Il est dans ta chambre. »
Maître a tourné la tête vers une porte. J'ai ressenti une peur inébranlable. Mon père était Bae Hu-ryeong. Ma mère était Maître. Alors, qui jouerait le rôle de mon frère aîné ?
Criiic.
Prudemment, lentement, j'ai ouvert la porte.
« Hein ? »
Un homme était allongé dans le lit, grignotant des chips. Il lisait une bande dessinée louée d'une main. En me voyant, l'homme a fait un signe de la main nonchalant, tachée par les chips.
« Ça fait un bail. Putain, mec. T'as vu les infos, toi aussi ? Hein ? Ton grand frère s'est fait baiser hier. Ah, vraiment.
Je me faisais harceler, alors j'ai été agacé et j'ai donné un coup de poing, mais je me suis fait attraper. Ma carrière de chanteur a failli se terminer. »
C'était l'Empereur des Flammes.
« …… »
J'ai perdu connaissance.
« Je suis content que ce connard ait perdu ses nerfs ce matin. Phew, je me suis fait gronder par Maman… Hein ? Hé ? Tu vas bien ? Ton visage est pâle. Kim Gong-ja ?
Hé, gamin. T'as perdu la tête ? Pourquoi tu te balances comme ça tout d'un coup… »
« Meurs ! »
J'ai sauté sur le lit.
« Meurs ! Meurs ! Meurs, espèce de maniaque ! »
« T-tu es un bâtard, t'es dingue ? Hé, calme-toi ! »
« Tu crois que je vais me calmer alors que tu viens d'appeler Maître "Maman", espèce de connard ? Meurs ! Meurs et excuse-toi auprès de Maître ! »
« Quel genre de conneries… Non, attends, putain ? D-depuis quand t'es devenu aussi fort… Hic, eup, kuugh ! »
J'ai étranglé Yoo Sooha. Du fond du cœur, acceptons que Bae Hu-ryeong ait été choisi comme mon père. Je ne l'accepterai jamais dans la réalité, mais disons qu'il l'est. Mais ce type comme mon frère de sang ? Ce type, ce psychopathe, comme mon frère ?
« Meuuuurs !! »
« M-Maman ! »
Yoo Sooha a toussé et a crié.
« Gong-ja me frappe ! Maman ! »
J'allais devenir fou.