Chapitre 123
Traducteur : thursdays Éditeur : Yahiko PR : LightBrin
5.
Étage terminé.
Cela signifiait que ce monde, [Le Conte de l'Académie Sormwyn], faisait désormais officiellement partie de notre Tour.
Les chasseurs pouvaient maintenant aller et venir dans ce monde.
Cependant, ils ne pouvaient évidemment pas y entrer librement. Ils devaient être jugés par les grandes guildes. Par exemple, un chasseur ordinaire avait besoin d'un permis pour entrer dans l'Empire Aegim.
Ce que je veux dire, c'est que—
Pop !
Peu après l'annonce de la fin de l'étage, une lumière blanche a jailli. Pop ! Pop ! La lumière a éclaté un peu partout dans la salle de mariage. C'était le signe que des chasseurs étaient téléportés à l'étage.
« Roi de la Mort ! Non, Kim Gong-ja ! Toi ! »
Alors que les lumières s'estompaient, j'ai aperçu des visages familiers.
« Comment as-tu pu te marier sans nous consulter ?! »
Certaines personnes pouvaient voyager entre les étages sans permis. Par exemple, les chefs des grandes guildes. L'une d'entre elles, la Maître du Dragon Noir, chasseuse de rang 2, était rouge de colère.
« Je suis contre ce mariage !! »
« …… »
« Le Roi de la Mort est un chasseur qui représente notre Tour ! Évidemment, le mariage aurait dû se tenir au premier étage de notre Tour, dans la cité de Babylone, pas ici ! Nous devons le diffuser dans le monde entier ! C'est invalide ! Ce mariage ne compte absolument pas ! »
La Maître du Dragon Noir n'était pas la seule à avoir son mot à dire.
« Hum. Hm. Roi de la Mort. »
Le chasseur de rang 1. Le Saint de l'Épée s'est raclé la gorge.
« Tout d'abord, félicitations pour avoir terminé l'étage. À vrai dire… C'était une romance extrêmement rapide. Non, je sais qu'il est impoli d'en parler ici, mais en tant que vieil homme, j'aimerais dire une chose— »
« Ne le faites pas. »
« Mm. »
Le Saint de l'Épée a fermé la bouche. Ces derniers temps, il semblait se remettre de son état d'esprit de vieux jeu.
« Il y a eu un sacré remue-ménage pendant que tu relevais ce défi. Pourquoi diable êtes-vous tombés amoureux ? Malgré tout, Roi de la Mort, je suis resté fermement de ton côté. Seuls ceux qui ont connu le coup de foudre peuvent comprendre. Tu n'as pas à t'inquiéter. Je comprends.
Crois-moi, je vais calmer la Maître du Dragon Noir. »
Puis, pour une raison quelconque, la Croisée a levé le nez avec dédain. Son regard semblait dire : « Je comprends tout de votre amour. » Je ne savais pas ce qu'elle voulait dire.
Je me suis tourné vers Raviel.
« Hmm. »
Raviel était sans expression. À première vue, du moins. Je pouvais comprendre son regard apparemment impassible parce que je l'aimais.
Raviel… observait la Maître du Dragon Noir et ses compagnons avec un grand intérêt. Ses yeux rouges débordaient de curiosité.
« Gong-ja. Mon amour. »
« Oui, mon amour… ? »
« Il semble y avoir beaucoup de gens que tu dois me présenter. »
Ouais…
C'était un peu tard, mais il était temps pour elle de rencontrer ma famille.
6.
J'avais bien pensé à lui faire rencontrer tout le monde avant le mariage, mais la culture ici était différente. Dans l'Empire, il était courant que les familles soient formellement présentées les unes aux autres après leur union.
« N'est-ce pas naturel ? »
Raviel a penché la tête.
« De nombreux membres de la famille vivent loin de la résidence principale. La cérémonie de mariage est ce qui les invite et les rassemble. La nuit suivant la cérémonie, les familles de la mariée et du marié se saluent enfin. »
« Oh… C'est certainement vrai. »
J'ai été immédiatement convaincu.
Eh bien, oui. Le mariage était aussi une union entre les familles. Des chasseurs comme nous, qui avons fui le monde extérieur, ne peuvent pas vraiment parler de famille, mais… L'Empire était différent. On accordait une plus grande importance à la famille qu'à l'individu.
Et cette cérémonie de mariage ne symbolisait pas seulement une union de familles.
Un mariage de nations. Non, c'était un mariage de mondes.
Raviel représentait l'Empire. Je représentais la Tour. Puisque c'était notre mariage.
« Hoho… »
Le grand chambellan, mon père adoptif, a gardé son sourire ironique.
« Je n'aurais jamais imaginé une telle occasion… J'ai déjà envoyé tant de pigeons voyageurs à l'Empereur aujourd'hui. Je ne sais pas quoi lui dire maintenant. »
« Oui. C'était inattendu pour nous aussi »,
a déclaré la Maître du Dragon Noir. Elle était extrêmement calme, comme si elle n'avait pas été agitée quelques instants plus tôt. Les puissants de l'Empire et de la Tour étaient assis côte à côte à une table, sur leurs gardes mais tous deux déconcertés.
« Mais plutôt qu'un malheur, c'était un coup de chance. Seigneur Chambellan, il est heureux que notre première rencontre avec vous se fasse lors d'un mariage. »
Puis, ils ont surmonté leur méfiance et leur embarras pour continuer à discuter.
« Vous dites que votre peuple vient d'un autre monde, c'est bien cela ? C'est une affaire étrange, assez difficile à expliquer à Sa Majesté, sans parler de ses sujets. »
« Oui, vous avez raison. Je comprends bien la situation de votre Empire. »
La Maître du Dragon Noir a hoché la tête. Elle semblait habituée à agir en qualité de diplomate. Elle savait parfaitement comment trouver l'équilibre entre compétence et politesse.
« Cependant, Seigneur Chambellan, vous avez dû voir l'invasion d'êtres venus d'autres mondes. Si une personne nie la vérité, alors un jour, la vérité niera cette personne. Je m'inquiète pour cet avenir. »
« Mm. Vous dites vrai. »
« Merci. Seigneur Chambellan, ce que nous devons faire à partir de maintenant, c'est parvenir à une compréhension commune. Pour cinq ans, dix, vingt, ou peut-être même plus… »
Les deux parties parlaient calmement.
Raviel avait le contrôle sur le peuple de l'Empire, et j'avais la confiance totale des meilleurs rangs de la Tour. Notre mariage était une grande chance pour les deux camps.
Il est normalement difficile de rassembler physiquement des personnes puissantes de camps opposés, mais le mariage entre Raviel et moi a réglé cette tâche ardue dès le départ. Nos négociations n'auraient pas pu avoir un meilleur début.
« …… »
J'étais assis aux places d'honneur avec Raviel. Sous la table, j'ai pris la main de Raviel. Fermement. Raviel a naturellement entrelacé ses doigts avec les miens.
« …… »
Ce simple geste m'a détendu. La nuit était longue. Les étoiles brillaient. La lueur des bougies sur la table vacillait, et entre les bougies, les gens parlaient.
Soudain, tout était magnifique.
« Raviel. »
« Parle. »
Un murmure discret.
« Il y a quelques autres personnes que je veux te présenter. »
« En dehors de ceux qui sont ici ? »
« Oui. »
« Alors nous devrions aller les voir. »
Raviel s'est levée de son siège.
Les gens de l'Empire ont immédiatement cessé de parler.
« La nuit est encore longue. Continuez à discuter avec les autres. Je m'absente brièvement pour rencontrer les gens de ma femme. »
« …… »
Personne ne pouvait empêcher Raviel de partir. Comme on pouvait l'attendre de la Duchesse d'Ivansia. Si partir quand on le souhaite est la preuve de sa puissance, alors mon épouse possédait ici une puissance inégalée.
J'ai emmené Raviel là où les membres du Culte Démoniaque étaient assis.
« Oh. Jeune Maître ! Vous êtes un jeune marié maintenant ! »
Le Démon de l'Épée a levé son verre et a ri joyeusement. Tous les membres du culte étaient ivres de l'alcool servi au mariage. Quand ils m'ont vu, ils ont essayé de se lever pour nous saluer, mais j'ai fait un signe de la main. Les membres du culte se sont alors inclinés depuis leurs sièges.
« Félicitations ! »
« Beaucoup de bénédictions pour vous, Jeune Maître ! »
« L'alcool ici a un goût unique et délicieux ! »
« Longue vie au Culte Démoniaque ! »
« Phew ! Vous formez vraiment un beau couple ! »
La salle de mariage est devenue bruyante d'un coup. On ne pouvait rien y faire avec un millier de membres du Culte Démoniaque faisant un boucan d'enfer. J'ai souri avec ironie.
« Démon de l'Épée. Viens ici. »
« Oui ? »
Le Démon de l'Épée a cligné des yeux, tenant toujours un verre de vin. Il avait l'air hébété, comme s'il ne s'attendait pas à être appelé par moi. Les membres ivres autour de lui ont hurlé de rire.
« Regardez ça ! Je savais qu'il se ferait gronder par le jeune maître un jour ! »
« Il oublie de parler poliment chaque fois que le jeune maître l'appelle. Idiot. »
« Donne-lui une leçon, Jeune Maître ! »
« Euh… Uuuhhh… »
Le Démon de l'Épée a posé son verre et s'est approché de nous avec hésitation. Son insolence de l'époque où il avait décapité le général de la légion fantôme avait complètement disparu. Il s'est recroquevillé sur lui-même comme un enfant ayant fait une bêtise.
« D-désolé. Jeune Maître. Je n'ai jamais eu beaucoup d'instruction, alors je ne sais pas très bien parler poliment. Mais dans mon esprit, j'admire toujours le Jeune Maître… »
Le Démon de l'Épée a multiplié les excuses.
J'ai posé ma main sur son épaule.
« Raviel. »
Puis, j'ai dit à mon épouse :
« Voici le Démon de l'Épée. »
« …… »
« C'est un subordonné de ma maîtresse. Ma maîtresse était la chef d'un groupe appelé la Secte Démoniaque. Elle a sélectionné quatre personnes exceptionnelles parmi le culte et les a appelés les Quatre Seigneurs Démons. Le Démon de l'Épée est l'un d'entre eux. »
« Oho. »
Raviel a jeté un coup d'œil au Démon de l'Épée. Celui-ci s'est tortillé.
« Un homme simple. Ton langage est rude et ton attitude est médiocre. La maîtresse de mon époux ne devait pas juger une personne sur son langage ou son attitude. Puisqu'elle t'a trouvé dans un endroit rude et pauvre, tu dois être quelqu'un de précieux et de noble. »
« …… »
« Je suis Raviel Ivansia. Je suis duchesse de l'Empire et l'épouse de celui que vous appelez Jeune Maître. J'espère que nous nous entendrons bien. »
« O-oui. Entendons-nous… bien. »
J'ai tourné la tête.
« Seigneur Démon Wolyeong. »
« …… »
« Viens ici. »
Quelqu'un s'est levé du centre du groupe. Il a incliné la tête poliment.
« Oui, Jeune Maître. »
Un silence étrange s'est installé dans l'air nocturne. Les conversations qui avaient lieu pendant qu'ils buvaient se sont éteintes. J'ai appelé chacun des Quatre Seigneurs Démons, un par un, et à chaque fois, le seigneur démon était très poli.
Ensuite, j'ai appelé la personne suivante que je voulais présenter.
« Preta. »
« …Oui, monseigneur. »
« Viens ici. »
« Oui. »
Preta, qui était mélangée aux membres du culte, s'est levée. Peut-être attendait-elle mon appel, car elle avait arrangé sa tenue.
« Le nom de cette enfant est… Preta »,
ai-je dit.
« Preta est née à l'origine comme un monstre sans nom. C'était un doppelganger. Elle pouvait imiter tout ce qu'elle mangeait. Au début, Preta mangeait des bêtes comme des grenouilles et des serpents, mais par accident, elle en est venue à manger des humains. Puis… »
Preta a gardé la tête basse en silence. Parfois, ses épaules tremblaient un peu. L'étrange silence persistait.
En présentant leurs vies, je présentais aussi la mienne.
Une personne racontait sa vie à une autre. Doucement. Sous le ciel nocturne. C'était un acte sacré en soi.
« Et… Ah. C'est vrai. »
J'ai détaché l'Épée Sacrée de mon étui à la taille.
« Voici Shiny. »
« Shiny ? »
« Oui. Elle avait un nom plus noble au début. Elle a été trompée par un homme mauvais et scellée dans une épée. Son vrai nom, la [Déesse Gardienne], semblait être un gâchis, alors je l'ai juste surnommée Shiny. Parce que, tu sais, elle brille… Très brillant… »
« Je vois. »
Raviel a ri un peu.
« Le sens du nom de mon époux est assez sévère. Impitoyable. Si c'était moi, je l'aurais au moins appelée Hui. »[1]
[Shiny jure allégeance au partenaire du guerrier ! ]
Shiny a été rapide à changer d'allégeance.
« Mm. »
Et.
« Tu ne peux pas le voir ici… mais j'ai un ami. »
Bae Hu-ryeong.
« Raviel, tu pourrais ne jamais le voir. Tu ne peux pas non plus le rencontrer… La situation de mon ami est un peu particulière. Il ne peut pas se montrer aux autres. »
Mon partenaire.
« Sa façon de parler est totalement vulgaire, oui. C'est environ 30 fois pire que le Démon de l'Épée. Mais il est vraiment fort. Incroyablement fort… C'est lui qui m'a appris l'épée en premier, et il m'a appris à utiliser l'aura aussi. »
« Oho. C'est une personne importante. »
-……
Bae Hu-ryeong était silencieux.
Il portait un uniforme d'arts martiaux miteux. Ses bras étaient croisés.
Au lieu de l'ouvrir comme d'habitude, Bae Hu-ryeong nous regardait silencieusement, Raviel et moi.
« …Sans cet ami, je ne pense pas que j'aurais pu supporter ma solitude. »
« C'est vrai ? »
« Oui. »
« Alors, je dois exprimer ma gratitude à cet ami. »
Raviel a incliné la tête.
Vers l'espace vide où elle ne pouvait rien voir.
« Rencontrer Gong-ja m'a rendue heureuse. Si cet ami n'avait pas aidé Gong-ja, mon bonheur ne serait jamais arrivé. Merci pour tout ce que vous avez fait pour Gong-ja afin qu'il puisse être ici maintenant. »
Bae Hu-ryeong a lentement ouvert la bouche.
-Ouais. S'il te plaît, prends soin de ce gamin fou.
J'ai parlé pour lui.
« Si cet ami entendait les mots de Raviel, il aurait dit de prendre soin de moi parce que je suis dingue. »
« Tu as un ami merveilleux. »
J'ai pris une profonde inspiration.
« Raviel. »
Ceci.
« C'est tout mon univers. »
Tout ce que j'aime.
Tous ceux qui ont ouvert et sont entrés par la porte de mon cœur.
Ma famille.
« …… »
Raviel a tenu ma main fermement.
« Mon amour. »
« Oui. »
« Dansons. »
Il y avait une passion intense dans les yeux de Raviel. J'ai hésité. Cependant, quand Raviel me regardait comme ça, voulant faire quelque chose avec moi, je ne pouvais pas dire non.
« Je n'ai jamais vraiment dansé. »
« Il doit rester quelque chose des souvenirs du majordome. S'il te plaît, réfère-toi à eux. »
« Et si je t'écrase le pied par accident ? Je me tuerai. »
Au lieu de répondre, Raviel a bougé. Elle s'est penchée et a retiré ses chaussures noires. Un instant plus tard, elle a marché pieds nus sur l'herbe et la terre de la pelouse.
Pieds blancs.
Elle n'avait retiré que ses chaussures, mais elle semblait aussi légère que le vent.
« Viens ici. »
« …… »
J'ai retiré mes chaussures blanches et mes chaussettes avec hésitation. Raviel a immédiatement pris ma main et m'a entraîné.
Un pas. Deux pas.
Raviel marchait sur la pointe des pieds sur les pétales tombés sur la pelouse. Les pétales blancs des magnolias et des cerisiers devenaient plus blancs à chaque pas.
« …… »
Personne n'a fait un bruit. Aucune musique ne coulait. Il n'y avait même pas de lustre comme celui qui décorait la salle de bal, seulement le clair de lune qui tombait comme du givre dans le jardin de fleurs.
Un bal juste pour nous deux.
« …Tu vois ? »
J'ai souri en suivant les pas de Raviel.
« Je suis un désastre. Je t'ai déjà écrasé le pied trois fois. La danse n'est vraiment pas mon truc. Tu vas me tuer de honte ? »
« C'est bien. Je n'ai qu'à t'écraser les pieds autant de fois. »
Dès qu'elle l'a dit, Raviel a marché sur mon pied. Son poids s'est posé en douceur sur le mien. Raviel a ri joyeusement.
« Regarde. Nous sommes quittes. »
Voici un sourire qu'elle ne montrait qu'à moi dans ce monde. Mon joyau rouge. Mon cœur. Ma musique.
Le lustre de la lune projetait nos ombres sur le sol.
Notre danse ne consistait pas à s'écraser les pieds. Il s'agissait de ne pas lâcher nos mains jusqu'à la fin, même si nous marchions sur le pied de l'autre. Peu importe le malheur qui arrivait, nous riions un peu et regardions le visage de l'autre.
J'appartenais à Raviel seule.
Raviel était à moi seule.
C'était vrai. Nous dansions. Chaque endroit atteint par le clair de lune était la salle de bal de Raviel et la mienne. Tant que nous étions deux, n'importe quel monde pouvait être notre scène.
Ce jour-là, nous nous sommes mariés.
Notre prochaine histoire commencerait sur une scène un peu plus haute que la précédente.
~~~
[1] : Hui signifie toujours brillant, mais avec des connotations plus agréables (éclatant, glorieux).