Chapitre 113
Traducteur : thursdays Éditeur : Yahiko PR : LightBrin
1.
La Dame au Lys d'Argent se tenait dans le couloir au milieu de la nuit.
Derrière elle se trouvait un grand miroir.
Un miroir assez grand pour refléter son corps entier.
Lisse et propre.
Le miroir où le clair de lune ne reflétait que la silhouette assurée de la dame. Le miroir ne renvoyait qu'un rayon de lune et des cheveux argentés, si bien que la Dame au Lys d'Argent semblait être une île solitaire dans une mer obscure.
« Vous êtes sans voix. »
« …… »
« Et vous avez l'air troublé. Votre expression est limpide. Même la nuit, je peux la lire. Rien qu'en regardant votre visage, je vois qu'il s'agit du [premier]. »
Le premier ?
Mon cœur tremblait d'anxiété depuis tout à l'heure. Il le faisait encore. Pourquoi la Dame au Lys d'Argent me parlait-elle avec tant de douceur ?
Une épée sans cœur et rationnelle envers tout le monde. Elle était la lune de la famille Ivansia.
Il n'existait aucune raison pour qu'elle soit aimable avec moi, le majordome de la Dame à la Soie Dorée…
Il ne devrait y en avoir aucune.
« …Je gardais le silence car je ne savais que dire. Veuillez me pardonner si j'ai été impoli. Héritière Ivansia, ceci… Est-ce un rêve ? Apparaissez-vous dans mon rêve ? »
La Dame au Lys d'Argent réagit en me regardant avec une expression étrange. Le sourire sur ses lèvres ressemblait, d'une certaine manière, à une cicatrice.
« C'est une question intéressante. En effet, votre rêve a dévoré ma vie. Je sais désormais que l'amour consiste simplement à donner sa vie pour soutenir le rêve d'un autre. »
Qu'est-ce que cela signifiait ?
« Je deviens votre rêve, et vous devenez ma vie. Cet échange de rêves et de vies est ce que nous appelons l'amour. »
Que pouvait-elle bien vouloir dire ?
Je ne comprenais pas ses paroles. Il y avait beaucoup d'autres choses que j'ignorais, aussi.
La Dame au Lys d'Argent expliqua l'une des choses que j'ignorais avec son sourire en forme de cicatrice.
« Cependant, vous n'avez probablement pas posé cette question de manière romantique. Je vais vous répondre sérieusement. Ne vous inquiétez pas de ne voir aucun serviteur. Je leur ai dit de partir. »
« Pourquoi… ? »
« Et je vais vous mettre en garde. Ne m'appelez plus jamais [Héritière] avec votre bouche. »
La Dame au Lys d'Argent sourit.
« Je vous arracherai le cœur et je vous tuerai. »
« …… »
Je ne comprenais pas.
À l'instant, la Dame au Lys d'Argent a manifesté une intention meurtrière à mon égard. Elle ne plaisantait pas quand elle disait qu'elle me tuerait. Ce n'était pas non plus un bluff. Si je l'appelais encore une fois « Héritière », sa rapière transpercerait sûrement mon cœur.
C'est ce qui arriverait, mais…
« Pourquoi ? »
Pourquoi sa menace n'était-elle pas froide, mais plutôt chaleureuse et tendre ?
Était-il possible qu'une menace de mort soit si réconfortante ?
« Venez ici. »
Sa voix m'appelait. Je ne pouvais pas la refuser. Alors que je m'approchais de la Dame au Lys d'Argent, elle pointa le miroir en pied. « Que voyez-vous ? »
« …Je vois la dame debout à mes côtés. »
« Et ? »
« Le couloir sombre… Le clair de lune est à peine présent. Je ne vois presque rien à part vous et moi. Tout est englouti dans l'obscurité. »
« Et ? » demanda la Dame au Lys d'Argent.
C'était bizarre. Elle voulait une autre réponse, comme s'il y avait autre chose que j'aurais dû voir dans le miroir. Mais quoi ?
« Que voyez-vous d'autre ? »
« …… »
« Ne le cachez pas. Dites-le. »
J'essayai de regarder plus attentivement dans le miroir. Je fronçai les sourcils et plissai le front. Pourtant, tout semblait identique.
« Comme prévu, il n'y a que l'obscurité. Des yeux rouges extraordinaires et… »
C'est alors. Pique ! Ma tête me fit mal.
Des mots que je ne pouvais comprendre défilèrent devant mes yeux.
+
■■■
■■■: ■■
■■ [■■], [■■■], [■■], [■■]
■■ ■■
■■ ■■■: [■cher], [Lo■], [■■■ ■■], [■■■], [■■■], [■■■■], [■■], [■] ■■ ■■■ ■ ■■ ■], [■■■■ ■■■■ ■],
[■■ ■■■■■]
+
« Ouf, quuuh… ?! »
J'eus un haut-le-cœur.
-Kim ■ja ■■ pl■ ■ ■■ ■t !
[■■■■ guerr■■■ ■■■■■ ■■■■ !]
Par réflexe, je portai mes mains à mon cou. Mon cou me fit mal un instant, mais je ne savais pas pourquoi.
Je ne pouvais rien faire contre des choses que j'ignorais, alors je pensai à autre chose.
« Je suis content de ne pas avoir eu l'estomac plein. »
Je n'avais pas vomi. Vomir devant la fille du Duc d'Ivansia aurait été terrible. Je refoulai désespérément mes nausées.
La Dame au Lys d'Argent était calme.
« J'ai demandé ce que vous pouviez voir. »
C'était une personne très froide.
Il y avait un goût amer sur le bout de ma langue.
« Des mots… Je vois des lettres étranges. Et des voix… Des voix bizarres sont… Je ne sais pas vraiment. »
« Des voix. »
La Dame au Lys d'Argent sourit très légèrement à ce mot. Ce sourire ressemblait plus à un vrai sourire que celui d'il y a un instant.
« Vous êtes aimé. »
« Que dites-vous… »
« Parlez-moi des mots. »
Elle passa à autre chose si rapidement, sans aucune explication, que je restai là à la fixer, hébété. Soudain, son sourire devint aride, et elle répéta calmement sans me brusquer.
« N'avez-vous pas dit que vous voyiez des lettres étranges ? Parlez-moi d'elles. »
« …C'est difficile à voir. Je ne vois pas de mots complets… juste quelques lettres… Des fragments… ? »
« Lisez-moi au moins un fragment. »
« Cher… Lo… À part ça, absolument rien. »
« Hmm. »
La Dame au Lys d'Argent posa sa main sur son menton.
Pour une raison quelconque, ses sourcils étaient froncés.
« Je vois. [Cher] fait partie de [Cher maître], et [Lo] vient de [Lover]. Ce qui reste à la fin vous ressemble beaucoup. Mais votre maître passe avant votre amant ? C'est compréhensible, mais je n'aime pas ça. »
« Dame, il y a trop de choses que je ne comprends pas. Vous avez dit que ce n'était pas un rêve, mais si ce n'est pas le cas, que voulez-vous de moi ? »
« Je vous veux. »
« Je vous présente mes excuses. Je ne comprends pas cela non plus— »
« Quel rêve avez-vous fait ? »
La Dame au Lys d'Argent coupa simplement mes paroles.
« Peu importe la puissance du duché d'Ivansia— »
« Je suis le seul et unique majordome de la Dame à la Soie Dorée— »
« Son Altesse le Prince Héritier favorise la jeune dame, mais ce traitement est— »
D'innombrables pensées s'emmêlaient dans ma tête.
Mais aucune ne résonnait dans mon cœur. Comme une musique sans rythme, elles finirent par faiblir.
« Je ne me souviens pas de grand-chose. Mais dans mon rêve… »
Ce qui sortit de ma bouche, finalement, fut une réponse obéissante à la question de la dame.
« Dans votre rêve. »
« …Vous m'avez regardé et vous avez pleuré. »
C'était vrai.
« J'étais sur une chaise… Je crois que j'y étais attaché. Avec quelque chose comme une corde. Je ne sais pas pourquoi j'étais attaché, mais il n'y avait que vous dans la pièce ornée, à me regarder de haut. »
Juste avant de me réveiller.
J'avais bel et bien vu cette scène.
« Mon cœur me faisait mal. Ma poitrine… Elle était transpercée par votre lame. Mais je ne pense pas que ce soit tout. Dans mon rêve, je… »
« Vous ? »
« …Je me sentais extrêmement coupable, comme si je vous avais fait du tort. »
« Oui. »
La Dame au Lys d'Argent sourit à nouveau.
Mes entrailles se nouèrent, et j'eus l'impression que le simple fait de regarder ce sourire me ferait pleurer.
« Au moins, vous savez vous excuser. »
« …… »
« Savez-vous pourquoi vous avez fait un tel rêve ? »
« Non. Je ne sais pas. Pas du tout… »
« C'est parce que c'est mon [trauma]. »
Trauma.
« Je ne vous l'ai pas encore dit, mais ma mère s'est suicidée. »
Quoi ?
Je pâlis sous le choc.
« J'étais trop jeune pour comprendre pourquoi elle s'était suicidée. La femme du duc. La lune d'Ivansia. Une femme avec tant de pouvoir et de richesse a mis fin à ses jours elle-même. Je ne savais pas pourquoi, mais je me souviens clairement des mots que ma mère m'a murmurés lors de sa dernière nuit, et de la façon dont elle a été incinérée rapidement, comme pour étouffer l'affaire. »
Ceci.
C'était quelque chose que je ne devais pas savoir. Je ne devrais même pas écouter. Je ne pouvais pas croire que le duché d'Ivansia cachait un tel secret. C'était un secret terrible qui pourrait être utilisé pour déclencher une guerre politique.
« Cependant. »
La Dame au Lys d'Argent me regarda.
« Même ce souvenir n'est pas devenu mon trauma. »
« …… »
« Le prince héritier a offert une bague en corail bleu à la Dame à la Soie Dorée aujourd'hui. »
Un pas.
La Dame au Lys d'Argent s'approcha de moi.
« Dans une vie passée, cela me plongeait dans le désespoir. Ou peut-être étais-je en colère. Vous pouvez dire que j'étais jalouse ou envieuse. Tout cela remplissait mon cœur. Maudissant le monde, je prenais une épée et poignardais le cœur reflété dans le miroir. »
Cependant, il n'y avait aucun bruit de pas.
C'est alors que je réalisai qu'elle était pieds nus.
« Mais même cela n'est plus mon trauma. »
Pression.
Le pied de la dame se posa sur ma chaussure.
Le poids léger et insignifiant immobilisa l'un de mes pieds. Si j'avais voulu reculer, j'aurais pu, et si j'avais voulu me défaire d'elle, cela aurait été simple. Néanmoins, le poids sur mon pied me maintenait là.
« Dix jours, se répétant éternellement. »
Sa main s'approcha.
« Mon monde, taché de sang et en train de périr. Les démons se moquant de moi, imitant ma langue et mes lèvres. Tout ce qui a autrefois cicatrisé mon cœur n'est plus mon trauma. »
Une légère prise.
« Ils ont cessé d'être mon trauma. »
Mon cou.
« À partir de maintenant, vous êtes le seul capable de blesser mon cœur. »
Ses deux mains tenaient doucement mon cou.
« Même si quelqu'un avec la langue la plus maléfique me maudissait pendant deux jours, cela ne mesurerait pas les soupirs que vous m'envoyez par ignorance. »
De son petit doigt à son index. Du doigt le plus fin au plus épais, je ressentais chaque parcelle de la pression qu'elle exerçait sur moi.
« Même si quelqu'un avec le plus de rancœur et de haine envers moi me battait et me fouettait, la douleur ne se comparerait pas à vos railleries. Même si beaucoup de gens dans ce monde peuvent tuer mon corps, vous êtes le seul qui puisse blesser et tuer mon âme. »
J'étouffais.
« Donc mon trauma s'est déjà verrouillé sur une seule chose. »
La prise sur mon cou se resserra.
« D-dame… »
« Idiot. Je vous avais clairement prévenu. »
『Si vous brisez mon cœur, je vous tuerai.』
« Vous. Vous m'avez marquée. »
Peau chaude.
Les yeux rouges sourirent.
« Je n'ai pas rompu une promesse depuis l'âge de quatre ans. Mourez. »
« ……, …… »
« Mourez, et aimez-moi encore. »
Je.
Je ne pouvais pas résister pour une raison quelconque.
[Vous êtes mort.]
Puis.
[Le trauma de l'ennemi qui vous a tué est en train d'être rejoué.]
[La sévérité de la pénalité est modérée.]
[La pénalité est la Route des Fantômes Affamés.]
Le rêve dans le rêve se propagea.
?
?
?
Je ne veux pas te tuer.
C'est ce que Raviel Ivansia pensait en regardant l'homme devant elle. Elle ne voulait pas le perdre. C'était risible de voir avec quelle avidité elle voulait le monopoliser.
-Milady. Réfléchissez-y. Puisque c'est Votre Ladyship, vous penserez la même chose que moi. Vous êtes aussi une régressrice.
Cet homme était dangereux.
Raviel discerna rapidement ce qu'il essayait de faire. Il allait s'immerger complètement dans le rôle du majordome. Puis, en régressant d'un jour du point de vue du majordome, il retournerait à une époque précédant celle où elle avait offert son cœur au miroir.
Il allait renverser le plateau de jeu lui-même.
« C'est une idée brillante. »
C'était une stratégie qui ciblait la faille dans la Tour.
« Il a l'air doux, mais ces ruses viennent de cette tête. »
C'était une bonne chose que l'homme qu'elle en était venue à aimer ne soit pas stupide. En effet, c'était très plaisant. Néanmoins, Raviel Ivansia objecta.
-Mais, Gongja. C'est dangereux.
La raison était claire.
-Je ne me souviendrai pas de toi.
Elle, Raviel Ivansia, ne se souviendrait pas de Kim Gongja.
Même s'il régressait et l'empêchait de poignarder le cœur du miroir, évitant ainsi la tragédie des dix jours éternels, cela ne signifiait rien s'il ne pouvait pas se souvenir d'elle.
-Je ne veux pas te tuer.
-Je veux vivre avec toi.
Mes journées avec toi.
Le premier jour de congé qui m'a été accordé, me reposant pendant 15 jours.
Tous ces souvenirs faisaient de moi celle que je suis maintenant. Une fois disparus, je ne serais plus Raviel Ivansia.
L'homme devant moi le sait-il ? Que je ne serais pas du tout reconnaissante si j'échappais aux dix jours labyrinthiques comme ça ?
-Tout ira bien.
Il semblait le savoir.
-Je résoudrai certainement le problème d'une manière ou d'une autre.
À voir avec quelle détestable assurance il parlait, il le savait probablement.
-S'il te plaît, fais-moi confiance.
-……
Raviel Ivansia garda le silence.
Elle fut brièvement paralysée par la cruauté de ses paroles. Lui faire confiance ? Sans aucune explication, lui faire confiance ? Tardivement, trop tard, elle regretta sa promesse d'il y a quelques jours. Mais c'était trop grave pour que Raviel Ivansia soit piégée par la paralysie et le regret.
« Je te ferai confiance. »
Elle ferait confiance à l'homme qu'elle aimait. Elle ferait confiance à la capacité de cet homme. C'était l'homme qu'elle avait choisi. Il était à elle. Il réussirait certainement, [quoi qu'il arrive], à persuader la Tour de régresser au jour précédent.
Le vrai problème surviendrait après cela.
« Comment puis-je inverser le taux d'immersion s'il est supérieur à 90 % ? »
S'il réussissait à revenir au jour précédent, alors il serait incapable de se souvenir de qui il était. Même s'il se souvenait de quelque chose, ce ne serait qu'un sentiment vague. Il lui serait impossible de se souvenir des jours qu'il a passés avec elle en détail.
« …… »
Non.
« Attends un instant. »
Il y avait un moyen.
Raviel gémit quand elle y pensa, puis elle gémit à nouveau. La rumeur selon laquelle tout le poison de l'empire provenait de son cœur lui traversa l'esprit. Pas longtemps. Elle ne pouvait pas perdre de temps comme ça.
Raviel Ivansia réalisa qu'elle devrait aller au bout de son plan.
« Je dois— »
Ainsi, Raviel Ivansia réfléchit dans son cœur à ce qu'elle devrait faire et comment.
« —Je dois tuer cet homme. »
Trauma.
L'homme lui avait confessé presque tout sur lui-même. Il l'avait informée qu'un effet secondaire de sa capacité était de voir la mémoire de la personne qui l'avait tué.
« Si j'intègre ce moment dans mon trauma. »
Quand elle le tuerait, il verrait [ce moment].
Ce n'était pas le passé ou quoi que ce soit, mais c'était ce moment précis pendant qu'elle réfléchissait.
-……
Si c'était le cas. Si elle pouvait réussir.
-Je peux lui dire ce que je veux dire, lui donner les souvenirs que je veux transmettre, lui faire tout savoir à nouveau.
-Il peut se souvenir à travers moi.
-Très bien.
Raviel était convaincue qu'elle pouvait le faire.
-Je suis devenue ta première garce d'amante, et tu seras mon dernier.
Gongja.
-Vraiment, j'ai fini avec un mauvais homme comme amant.
M'écoutes-tu ?
Je suis heureuse grâce à toi. Je ne veux pas te perdre. Je ne veux pas lâcher le temps que j'ai passé avec toi comme ça.
Tu as dit ceci auparavant. Que tu « écrirais un journal à partir d'aujourd'hui ». Tu as dit que tu me montrerais tous tes jours. Ces mots, étaient-ils des mensonges ?
Tu as dit : « J'apprendrai la musique. » Je voulais passer une soirée tranquille à t'écouter jouer. Ce souhait était-il vraiment un mensonge ?
Je veux voir tes jours. Je veux te dire bonne nuit. Tes jours me feront sûrement sourire, et les soirées avec toi seront heureuses. Je veux que mon sourire et ton bonheur se chevauchent.
Je ne veux pas te tuer.
Je ne veux pas te perdre.
-Comment vas-tu ?
-Je suis… pour l'instant, ça va… Encore.
-Tu me demandes encore des baisers. Mon amant est vraiment gâté.
Regarde-moi.
Regarde-toi à mes côtés.
Tu es une personne stupide. Tu es aussi naïf. Je me demandais comment tu avais survécu dans le monde avec une telle innocence, mais j'ai vite appris que tu étais mort des milliers de fois.
Tu avais beaucoup de raisons d'abandonner ton innocence. Il y avait peu de raisons de garder ta naïveté. À toi, qui n'as pas jeté ton innocence malgré les nombreuses raisons et qui l'as gardée quand tu n'en avais pas besoin, je dis simplement :
J'aime ton innocence.
-Ça va toujours ?
-Raviel…
As-tu peur parce que tu te perds ? Est-ce effrayant ?
-Je t'aime. Je t'aime, Raviel…
-Je sais.
Tout va bien.
-Même si je renais, je t'aimerai toujours…
Je suis là.
Tout comme je crois en toi, tu devrais croire en moi.
Appuie-toi sur moi.
-Alors… pour que je ne puisse jamais t'oublier, ne me laisse pas t'oublier même si je meurs…
-Je sais.
Tu ne peux pas te protéger seul.
Je ne peux pas protéger ce monde seule.
Mais si nous sommes deux, toi et moi, nous pouvons tout faire.
J'ai peur aussi. Te tuer est terrifiant.
Rester à tes côtés, même si je sais que je serai blessée, est effroyablement terrifiant.
Mais mes peurs ne m'empêcheront pas d'être avec toi.
Regarde.
-…Mon Dieu.
Enfin, toi, qui es devenu ton rôle de majordome, tu me parles.
-Héritière Ivansia.
Craquement.
Mon cœur souffrait. Ça faisait mal.
C'était solitaire quand tu m'appelais non pas [Milady] mais [Héritière] à la place.
-M'as-tu enlevée ?
Un visage sans confiance. La façon dont tu me regardes si suspicieusement fait mal. C'est de la torture quand tu réagis comme si tu ne m'avais jamais vue auparavant.
-C'est trop. Peu importe la puissance du Duché d'Ivansia sous ce ciel, c'est excessif. Détestes-tu tant la Dame à la Soie Dorée pour menacer un serviteur comme moi ?
Écoute.
C'est la cicatrice que tu as laissée sur moi.
-Gongja.
N'oublie pas.
-…Qui appelles-tu ?
Jamais. N'oublie pas, même si tu meurs.
-Mon amant.
L'homme qui m'a offert son cœur.
-L'homme à qui j'offrirai le mien.
Toi, dans cet endroit.
Tu vis dans mon cœur.
-Fais un bon voyage.
-……
-Je t'attendrai.
M'écoutes-tu ?
Peux-tu l'entendre ?
Gongja.
Je t'aime.