Chapitre 103
Traducteur : thursdays Éditeur : Yahiko PR : LightBrin
3.
Mung.
-Zombie. Hé, Kim Zombie.
Il existe cette onomatopée, [mung], en coréen. C'est le son que fait un chien, mais c'est aussi le mot utilisé quand on a l'esprit vide.
Mung.
-M. Zombie Kim ? M. Kim le Bruant ? Jeune Maître du Culte Démoniaque ? Regarde-moi, Roi de la Mort.
Tu m'entends ?
J'étais mung. Tu ne pouvais pas distinguer le mung de moi. J'étais mung, et le mung était moi.
Une seule scène occupait mon esprit.
Un tapis rouge. Des yeux rouges. Un parfum bleu. Une voix. Un contact.
-Ah, ce pauvre type. Tu t'es fait avoir. Bien comme il faut. Ce regard dans tes yeux. C'est le même que celui du vaurien de la famille Chaegal quand il est tombé amoureux de la chef du Palais de Glace.
Qu'est-ce que l'amour… ?
Confucius dit : L'amour est un lys. [1]
La Dame au Lys d'Argent…
-Je suis désolé, Zombie. C'est entièrement ma faute. Elle est à un tout autre niveau que toi. Bien trop différente. À cause de moi, tu as fini par aimer quelqu'un qui est hors de ta portée.
Quand je me suis tourné vers lui, l'esprit vide, Bae Hu-ryeong était en train de se curer le nez avec son doigt. D'une certaine manière, c'était la pire pose qu'une personne puisse adopter pour s'excuser.
Ah, attends. Ce n'est pas une personne. C'est un fantôme…
-Mais honnêtement, c'est vraiment drôle. Continue.
J'ai murmuré dans mon esprit, l'esprit vide.
'Suicide…'
-Hein ?
'Si je me suicide, je peux revivre la même chose, n'est-ce pas… ?'
-Espèce de fou furieux… Enfin, au moins tu es assez conscient pour ne pas parler de la régression par suicide ouvertement. C'est un soulagement. Tout ceci est diffusé dans la Tour…
"Suicide…"
-Ta conscience s'envole ! Espèce de fou ! Hé ! Shiny !
[Shiny bondit et frappe la tête du guerrier.]
"Aaaack !"
Je me suis tenu la tête entre les mains et j'ai roulé sur l'herbe du jardin.
"Je sais que je n'ai pas toute ma tête ! Mais que puis-je faire quand je ne peux pas m'empêcher de penser au visage de Sa Seigneurie ?!"
-Tu l'appelles Sa Seigneurie même quand elle n'est pas là ? Tu prends un peu trop d'avance…
"Oh, je ne devrais pas me laver le visage aujourd'hui. Même si je me lave le visage, je ne laverai pas derrière mes oreilles. Ça sent encore le lys ? Tu peux sentir derrière mon oreille pour moi ?"
-Deux longueurs d'avance…
"Combien de fois ce prince à tête de ramen a-t-il sauvé le monde dans sa vie précédente pour recevoir l'amour de Sa Seigneurie ? Oh, bon sang. Internet. J'ai besoin d'internet. Internet et des ordinateurs. J'ai besoin de laisser des commentaires, du genre 'Je veux être comme le prince héritier aussi', sur chaque article…"
-Trois longueurs, putain… [2]
"Ô, amour ! Doux poison ! Une addiction que je ne peux nier ! Ah, mon cœur !"
-Je le savais. Je savais que ce gamin perdrait la boule quand il découvrirait l'amour. Je le savais, mais je lui ai quand même donné des conseils. Je suis une personne horrible.
"Je ne suis pas le seul à ressentir ça !"
[L'immersion envers le personnage s'intensifie.]
[Actuellement, votre taux d'immersion est de 21 %.]
"Regarde ! Ce corps s'immerge de plus en plus avec le majordome. Cela signifie qu'il a les mêmes sentiments, et quels seraient ces sentiments ? Le majordome est lui aussi tombé amoureux de la Dame au Lys d'Argent !"
-Euh. Ce majordome n'aimait-il pas la dame à la soie dorée ou à la hache de fer ?
"Ha. Tu n'y connais rien. L'amour doit-il fleurir pour une seule personne ? L'amour ne fonctionne pas comme ça. L'amour… eh bien, l'amour est l'amour. L'amour est comme… l'amour."
-Wow. Ça fait moins d'une demi-journée que tu as connu ton premier amour, et wow…
Je me suis étendu sur la pelouse. C'était le milieu de la journée. Les cours avaient lieu à l'académie. L'Inquisiteur Hérétique, le prince héritier et la Dame au Lys d'Argent étaient à leurs leçons.
"Comment puis-je obtenir la Dame au Lys d'Argent ? Non, qu'est-ce que je raconte ? Je n'ai pas le droit de dire une chose pareille. Juste… Comment puis-je rendre la dame heureuse ?"
-Puisque j'ai lâché ta folie sur le monde, je vais prendre mes responsabilités et te donner un conseil.
Bae Hu-ryeong a reniflé.
-Ce n'est pas le moment de penser à ce genre de choses, gamin.
"Alors à quoi suis-je censé penser, vieil homme ?"
-Tu dois mieux connaître l'autre personne.
"Je la connais."
-Eh bien, quand tu es en couple, tu dois être très attentif à ton partenaire. C'est comme ça qu'on se comporte en homme. Mais pour l'instant, tu es son serviteur exclusif. Même si tu ne fais rien, tu auras plus de temps pour être avec elle. Tu as l'avantage de la situation.
"L'avantage de la situation…"
-Oui. Alors, n'hésite pas à observer l'autre personne un peu plus.
"Mais…"
-Mais ?
"Ça ne va pas durer très longtemps. Ce monde, je veux dire."
-Hmm.
Bae Hu-ryeong a croisé les bras.
-C'est un gros problème.
Bae Hu-ryeong a parlé de manière vague. C'était comme si le « problème » dont je parlais était différent de celui qu'il percevait.
Cependant, une cloche a sonné, annonçant la fin du cours, et je n'ai pas pu demander à Bae Hu-ryeong pourquoi son ton était ainsi.
La vérité sur le problème a été révélée cette nuit-là même.
4.
C'était une nuit sombre, les nuages engloutissant la lune.
Les bougies du dortoir luttaient pour dissiper les ténèbres, mais il était clair qu'elles étaient insuffisantes. L'Académie Sormwyn sombrait dans le noir.
"Tu peux considérer cela comme ta récompense pour m'avoir montré quelque chose de spécial."
Dans cette obscurité, la Dame au Lys d'Argent ouvrait la voie avec sa lanterne.
Je l'ai suivie, en faisant attention à ne pas marcher sur son ombre.
"Pour cela, je vais te révéler mon secret."
"……"
La Dame au Lys d'Argent portait sa chemise de nuit. La robe blanche était ample sur sa silhouette. Mon cœur bondissait à chaque fois que l'ourlet de sa robe flottait. Était-ce parce que j'avais perdu la raison, comme l'avait dit Bae Hu-ryeong ? Mais ce sentiment n'était-il pas trop tendre pour dire qu'il s'agissait de folie ?
"Suis-moi."
La Dame au Lys d'Argent s'est avancée. La nuit, personne n'était dans le couloir. En la suivant, je fixais ouvertement ses doigts, éclairés par la lumière de la lanterne.
"À quoi penses-tu en ce moment ?" a demandé soudainement la Dame au Lys d'Argent.
"Quoi ?"
"J'ai demandé à quoi tu pensais. Je peux sentir ton regard. Je suis curieuse."
"……"
"Bien que ce ne soit que temporaire, tu es mon serviteur. N'est-ce pas déloyal de refuser de répondre à la question de ta maîtresse ? J'ai dit que j'étais curieuse, alors tu dois répondre."
J'ai hésité.
"C'est que…"
"Parle."
"…Je pensais que je voulais tenir ta main."
Quand j'ai parlé, plutôt que ma langue qui bougeait, c'est mon cœur qui a semblé bondir hors de ma bouche. J'étais embarrassé.
Je n'avais pas été aussi embarrassé même quand Shiny chantait mes louanges. Vraiment. Mon visage était si chaud que j'ai cru que j'allais mourir.
"Hmm."
Juste à ce moment-là, quelque chose a entouré ma main gauche.
C'était la main de la Dame au Lys d'Argent.
Sa peau. Son contact. La température fraîche. Au moment où ses doigts secs se sont enroulés autour des miens, j'ai failli me méprendre et croire qu'ils serraient mon cœur. Un parfum de fleurs s'est épaissi dans ma tête.
Même si nous nous tenions juste la main.
"V-votre Seigneurie."
"As-tu pensé à moi toute la journée ?"
Ma langue s'est crispée dans ma bouche.
"Mon contact et mon parfum t'ont-ils manqué ? As-tu fantasmé sur moi ?"
"Je…"
"Réponds. Si tu n'es pas honnête, je lâcherai."
"J-j'ai pensé à vous."
"Vraiment."
Ma tête tournait.
"Aujourd'hui, toute la journée, je n'ai pensé qu'à vous, milady."
Le parfum des fleurs s'est transformé en une voix qui a murmuré à mes oreilles.
"Bien dit. Tu es mon fidèle serviteur."
[L'immersion envers le personnage s'intensifie.]
[Actuellement, votre taux d'immersion est de 29 %.]
Maintenant.
Je ne savais plus où était le haut du bas.
Je ne savais tout simplement plus.
"V-vous ne devriez pas faire ça."
"Que ne devrais-je pas faire ?"
Réfléchis.
Réfléchissons.
"J-je viens d'au-delà de ce monde… j'emprunte le corps d'un majordome."
"Et alors ?"
[Le cœur plaqué argent te regarde.]
"N'avez-vous pas dit que vous me voyiez comme un 'humain' ?"
"Je…"
"Avez-vous menti ?"
[Le cœur plaqué argent te regarde.]
"À la fin, est-ce que vous, tout comme les autres apôtres, me considérez simplement comme un 'natif' ou un 'habitant' ? Ou, en utilisant les termes d'Hamustra, celui qui vous a amenés ici, me considérez-vous comme un 'personnage' ?"
[Le cœur plaqué argent, envers toi—]
"Je suis—"
Je pouvais à peine parler.
"Je suis… Non, je le suis. C'est-à-dire, mon maître d'origine est la Dame à la Soie Dorée." [3]
[L'immersion envers le personnage s'intensifie.]
[Actuellement, votre taux d'immersion est de 30 %.]
"Je ne sers Votre Seigneurie que brièvement, alors…"
"Tu dis encore des choses étranges."
La Dame au Lys d'Argent m'a regardé.
"Tu as dit que tu n'avais pensé qu'à moi aujourd'hui. En d'autres termes, n'avais-tu aucune pensée pour la Dame à la Soie Dorée ?"
"C'est que…"
"Était-ce un mensonge ?"
[Le cœur plaqué argent—]
"Non, ce n'était pas un mensonge. Je suis—"
Ma tête.
Mon souffle.
"Si c'est le cas, alors ton maître n'est-il pas déjà moi, et non elle ?"
"C'est que…"
"Appelle-moi maître."
Sa main a serré la mienne un peu plus fort.
"Juste une fois suffit. Appelle-moi, avec toute ta sincérité."
"Et, si tu m'appelles 'Maître', je te donnerai un prix."
Un prix.
"Je te promets une récompense délicieuse."
Pourquoi était-ce qu'au moment où j'ai entendu ses mots, mon cœur s'est rempli de miel ?
Sans m'en rendre compte, j'avais ouvert la bouche, mais quelqu'un m'a interpellé avant que je ne puisse dire quoi que ce soit.
-Gongja.
Une voix basse.
[Shiny tremble pour ramener les sens du guerrier.]
L'avertissement d'une Constellation.
La réaction de ces deux-là, cette addiction languissante que je ressentais, tout cela me donnait une impression de déjà-vu.
C'était la même sensation que j'avais ressentie dans le sous-sol, quand la Dame au Lys d'Argent interrogeait ses serviteurs.
Cette intuition que c'était dangereux.
"Hmm ?"
La Dame au Lys d'Argent m'a regardé. Ses yeux rouges, son visage inexpressif, me regardaient placidement.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Murmure.
"N'as-tu pas besoin du prix ?"
Le prix.
"Tu as juste besoin de le dire une fois."
Juste une fois…
Si ce n'était qu'une fois, ne serait-ce pas acceptable ? Pour essayer ?
Je ressentais bien le danger, mais si quelque chose tournait mal, j'avais le pouvoir de remonter le temps. C'est vrai… J'ai ce genre de pouvoir. Donc, ce n'était pas faux de dire que j'avais aussi le pouvoir de prendre des risques. Si on y réfléchit, c'était peut-être la bonne chose à faire. N'était-il pas important de savoir ce qui arriverait si ce mot sortait de ma bouche ?
N'était-ce pas quelque peu similaire à la situation où il y avait un traître parmi les Rankers quand nous avons affronté pour la première fois le Roi Démon de la Pluie d'Automne ?
Alors, ne serait-ce pas acceptable ? Dire juste un mot. Si les choses tournaient mal, je n'avais qu'à remonter le temps. Cela se terminerait juste comme ça puisque j'avais cette capacité.
Alors, juste une fois, au moins une fois, je pourrais…
「Mais tu sais que je suis l'Empereur des Flammes.」
「C'est pourquoi tu dois mourir pour moi.」
Ma nuque est devenue glacée.
「Roi de la Mort-nim.」
「Je crois toujours en toi.」
Le bout de mes doigts s'est figé.
「Monseigneur.」
Ma tête, elle—
「Tu es mon disciple.」
A retrouvé ses esprits.
La vue devant moi s'est éclaircie. Ma détermination s'est raffermie. Mes pensées me sont revenues rapidement, comme pour essayer de renforcer mes défenses contre ce qui avait failli arriver.
Étais-je du genre à obéir facilement à quelqu'un ?
Le poids sur mes épaules était-il si léger ?
Non.
Je suis le seigneur de Preta.
Et le Jeune Maître du Culte Démoniaque.
J'ai vécu de manière à ne pas devenir comme Yoo Sooha.
C'est pourquoi j'ai fui avec l'Alchimiste dans le champ de neige, pour ne pas prendre une seule mort pour acquise.
"…Je vous présente mes excuses, milady."
J'ai posé ma paume sur le dos de la main de la Dame au Lys d'Argent. Bien que ce ne soit qu'un mot.
Parce que ce n'était qu'un mot.
"Pourquoi t'excuses-tu ?"
"Je ne peux pas vous reconnaître comme ma véritable maîtresse."
Je voulais apprendre la joie de l'amour. J'étais en train de l'apprendre. Mais même ainsi, je ne voulais pas l'apprendre au point de me perdre moi-même. Du moins, pas pour une relation à sens unique.
"Si vous voulez vraiment gagner mon cœur, milady devra utiliser une méthode différente."
"Dis-le. J'écouterai."
"Je vous servirai en tant que maîtresse, alors s'il vous plaît, faites de moi votre maître."
"……"
"Je valoriserai votre jugement au-dessus du mien. Je pèserai vos conseils plus lourdement que mes principes. Je ne me valoriserai pas par-dessus tout. Je vous suivrai. Mais en retour."
J'ai regardé le visage de la dame. Avec nos mains jointes, la distance entre nous était très courte. Ses yeux rouges. Je savais qu'ils étaient de la même couleur que son cœur.
"S'il vous plaît, traitez-moi de la même manière."
"……"
"Si vous faites quelque chose de mal, je vous dirai que c'était mal. Ce que je pense vraiment, ce que je vois, ce que je ressens. Je vous confesserai tout sans un seul mensonge. Cependant, cela ne peut pas être à sens unique. Si je vous donne mon cœur, comment vais-je respirer ? Je finirai par m'étouffer et mourir.
Ce n'est que si vous me donnez votre cœur que je pourrai vivre."
J'ai serré la main de la Dame au Lys d'Argent un peu plus fort.
"Si vous voulez me voir devenir fou, s'il vous plaît, devenez folle avec moi."
Alors, la Dame au Lys d'Argent a secoué ma main. Elle a fait deux pas en arrière comme quelqu'un qui avait reçu un coup inattendu.
"…En effet."
Cependant, son visage impassible ne s'était pas encore effondré.
"Tu es différent des autres apôtres à moitié cuits. Je pensais que tu étais un enfant docile… Mais ne pas être familier avec l'amour ne signifie pas que tu n'es pas familier avec la vie. J'étais trop pressée."
"Vous avez essayé de me tenter pour que je devienne votre subordonné, n'est-ce pas ?"
"C'était mon erreur. Je pensais que tu étais facile."
La Dame au Lys d'Argent s'est mordu les lèvres un instant. Même son visage était beau et terrifiant. Dans le couloir la nuit, la lune blanche qui brillait sur elle devenait une ombre.
"Oui, je ne suis pas un homme facile à conquérir."
"C'est dommage. Cela aurait été confortable si tu m'avais tout dédié."
"Vous avez dit que comprendre n'est pas différent de prendre ses responsabilités. Une responsabilité à sens unique n'est qu'une compréhension à sens unique. Je ne suis pas venu vers Votre Seigneurie parce que je voulais quelque chose comme ça."
Mon cœur battait la chamade, mais j'ai enduré.
"Alors, quel est le secret que vous aviez prévu de me dire ?"
"……"
La Dame au Lys d'Argent s'est retournée et a commencé à marcher.
"…Il y a un héritage dans ma famille qui se transmet depuis longtemps. C'est une épée à laquelle est attachée une légende risible. Si vous faites un vœu, l'épée le réalisera sûrement."
Au bout du couloir.
Des rideaux étaient placés là où même la lueur de la lune ne pouvait atteindre. Les rideaux étaient épais et rouges, et ils semblaient couvrir quelque chose.
"Cependant, il y a des conditions."
La Dame au Lys d'Argent a saisi le pan du rideau. Dans un bruissement, les rideaux ont été tirés. Derrière le voile, il y avait un miroir en pied qui semblait appartenir à une loge.
Et.
"Quand vous faites votre vœu, vous devez vous transpercer le cœur avec l'épée."
Une épée était plantée au centre du miroir.
La Dame au Lys d'Argent se tenait devant le miroir.
Par coïncidence, le cœur de la dame se reflétait là où la lame était plantée.
[Shiny détecte la présence de sa sœur.]
L'Épée Sacrée à ma taille a tremblé.
[Shiny dit que c'est la troisième sœur de l'Épée Gardienne.]
Goutte. Goutte.
Du sang sortait du miroir depuis l'épée, goutte à goutte. Les rideaux qui cachaient le miroir n'étaient pas rouges à l'origine. C'était le sang du cœur du miroir qui les avait ainsi tachés.
[C'est l'Épée de la Prière.]
"À l'époque où je n'étais pas encore une régresseuse, Sa Majesté le Prince s'est entiché de la Dame à la Soie Dorée. J'étais pleine de ressentiment, et j'ai fait un vœu à l'épée de ma famille."
"Quel était votre vœu… ?"
Les lèvres de la Dame au Lys d'Argent ont bougé.
-S'il te plaît, fais en sorte que mon amour dure pour toujours.
"Alors, ma vie est devenue éternelle."
"Même si je meurs, je ne meurs pas. Mes sentiments pour Sa Majesté restent également inchangés. Mon cœur est devenu inamovible depuis ce jour."
La Dame au Lys d'Argent a pris ma main.
Elle a saisi ma main et l'a conduite à sa poitrine.
Là où était son cœur. Là où il aurait dû être.
"As-tu dit que tu voulais mon cœur ?"
Mais.
Je ne pouvais sentir aucun battement de cœur là.
"Je suis désolée," a dit la Dame au Lys d'Argent. "Je n'ai pas de cœur à te donner."
[Le cœur plaqué argent te regarde.]
Et le sang coulant du miroir s'est rassemblé et a commencé à former une petite forme.
La taille était différente, mais c'était définitivement la chose qui avait tué le Croisé et le Comte la dernière fois.
C'était la forme d'un démon.
Je ne savais pas pourquoi le sang du miroir prenait cette forme, s'il avait été invoqué ou créé.
"Maintenant."
Cependant, la Dame au Lys d'Argent a levé l'épée comme si elle en avait l'habitude.
"Aide-moi."
L'épée était pointée vers le petit démon.
"Il est temps de s'occuper des tâches d'aujourd'hui."
~~~
[1] : Il est peut-être bon de se rappeler que le nom de Gongja = Confucius en coréen.
[2] : ? signifie pied (ou pas, dans ce cas), et ?? = putain
[3] : Ici, Gongja passe d'un « je » plus informel à un « je » plus formel/respectueux.