Chapitre 273
Traducteur : Pai_
Dans une section en ruine d’une ligne de métro.
Turan traînait sa jambe brisée tandis qu’il avançait.
Devant lui se trouvait un cerf, tremblant, le crâne fracassé.
Comme il sied à une bête qui avait jadis failli devenir un dieu, il conservait encore un certain degré de conscience, même dans cet état.
[Sau...ve-moi... je t'en prie...]
À peine capable d’articuler des mots, il avait été, quelques instants plus tôt, un être transcendant qui tenait entre ses mains le destin d’innombrables personnes.
Mais désormais, il n’était plus qu’un cerf agonisant ayant perdu la quasi-totalité de sa puissance.
Sentant la matière cérébrale s’échapper de son crâne brisé pour imprégner ses pieds, Turan parla doucement à la créature.
« Reprends-toi. »
[Hein ?]
« Tu ne veux pas mourir ainsi, n’est-ce pas ? Brise la barrière spirituelle. Retourne dans notre monde. »
[Ou... oui. Alors... Non, je ne peux pas.]
Le Monarque, dont le cerveau avait été broyé, semblait incapable de maintenir une pensée cohérente ; il niait à plusieurs reprises les idées qui lui venaient, avant de finalement libérer le voile spirituel.
Pour un habitant de ce monde, cela ressemblait à un corps s’évanouissant tel un spectre.
Mais Turan percevait qu’il se transformait, passant d’une entité physique à une forme d’essence, et qu’il s’envolait vers une destination inconnue.
Alors que l’essence qui avait été le Monarque s’apprêtait à disparaître de ce monde, Turan tendit une main invisible et la saisit.
« Je te tiens. »
Elle se débattait, tentant de retourner dans son monde d’origine, mais peu après, elle fut absorbée par Turan.
C’était, en un sens, une forme de cannibalisme.
Non pas simplement dévorer le corps, mais consommer l’âme et tout le reste avec.
Tout comme lorsqu’il avait absorbé un fragment d’âme de Cadrum par le passé, la conscience de Turan fut attirée vers un lieu au-delà du temps et de l’espace.
***
La vie de Doo Seok-hoon avait déraillé bien avant même sa naissance.
Ses parents avaient divorcé avant qu’il ne soit en âge de comprendre, et la grand-mère qui l’avait recueilli à contrecœur ne voyait en lui qu’un fardeau.
Dès son plus jeune âge, ses repas se résumaient à des produits instantanés comme des nouilles en tasse, et ses seuls amis étaient un smartphone usé et YouTube, trop obsolète pour faire tourner le moindre jeu correctement.
Naturellement, ses années d’école furent loin d’être agréables.
Qui aurait pu apprécier un gamin à l’apparence négligée, au corps chétif, aux cheveux gras et aux vêtements malodorants enfilés à la hâte ?
Ce qui suivit fut une histoire si cliché qu’elle en devenait presque ennuyeuse.
Il devint un punching-ball quotidien, puis s’enferma dans sa chambre, refusant d’aller à l’école pour jouer toute la journée. Durant cette période, il rassembla une bande d’otakus militaires comme lui et forma une guilde.
Il lui arriva de monter quelques arnaques et de frôler le procès, réussissant à arranger les choses en postant une photo de lui, nu et prosterné, sur un forum...
« Ça suffit. »
« Hein ? »
« Je me moque de ta vie pathétique. Tais-toi et donne-moi simplement ce dont j’ai besoin. »
Accompagnant cette voix inconnue, Doo Seok-hoon sentit sa personnalité se scinder en deux.
Ce ne fut pas une division équitable.
L’autre côté était bien plus vaste et puissant, tandis que celui-ci n’était qu’un minuscule fragment en comparaison.
« Ah... »
Avec ce bref soupir, Turan écrasa complètement la personnalité de Seok-hoon, ne laissant que sa puissance tout en séparant les souvenirs et les émotions.
À l’époque où il avait absorbé un fragment d’âme de Cadrum, il s’était trop imprégné de l’âme, au point de nourrir une haine envers la famille de quelqu’un qu’il n’avait jamais rencontré.
Comparé à cela, cette fois-ci, il n’avait résonné que brièvement au début, et fut capable de séparer l’empathie assez facilement grâce à son adaptation.
Cela fut possible car la forme spirituelle de Turan surpassait largement celle du Monarque, Doo Seok-hoon.
Prenant un moment pour se ressaisir, se détachant totalement des souvenirs qu’il venait d’éprouver, il repoussa tous les souvenirs inutiles de la Terre dans un coin.
C’étaient des éléments clés de la personnalité de l’être, et il prévoyait de les utiliser plus tard, si besoin.
Les données de recherche accumulées après avoir traversé leur monde furent classées dans un espace de stockage séparé.
Après une étude minutieuse, elles pourraient devenir les clés permettant de percer d’innombrables secrets que cet homme avait étudiés pendant des centaines, peut-être des milliers d’années.
Enfin, la partie la plus cruciale consistait à s’attribuer tous les droits spirituels de l’être.
Parmi eux se trouvait la domination sur les marionnettes.
« Est-ce que ça a fonctionné... »
Turan sentit sa forme spirituelle se lier à quelque chose provenant de ce monde lointain.
C’était précisément pour cette raison qu’il n’avait pas achevé le Monarque directement, mais l’avait incité à revenir pour ensuite le dévorer.
S’il l’avait simplement tué, toutes les marionnettes du Monarque, y compris Keorn, seraient mortes en raison du verdict de mort.
Cependant, en omettant le processus de mort et en l’absorbant à la place, Turan hérita de tous les contrats spirituels que le Monarque possédait à l’origine.
Il pouvait même désormais détecter quand des personnes de ce monde mentionnaient le nom du Monarque ou prononçaient certains mots liés.
C’était parce que la propriété des contrats, autrefois jetés sur le monde aux temps anciens en tant que Législateur, lui avait été transférée.
« Bije, es-tu là ? »
-Oui.
Bije, qui avait renoncé à toute sa puissance, semblait encore faible.
Malgré tout, en utilisant une petite quantité d’essence, elle fut capable de se matérialiser à la taille d’un poing.
Turan la posa sur sa poitrine et ferma les yeux.
« Tu as bien travaillé. Reposons-nous un peu. »
-Dors bien...
***
28 mars 2034.
Le désastre qui débuta soudainement à San Francisco apporta un chaos inimaginable au monde.
En vérité, grâce aux apparitions périodiques de « mages » survenues ces dernières années, les Terriens avaient déjà développé un esprit bien plus ouvert aux super-pouvoirs et aux extraterrestres.
À tel point qu’ils pourraient même accepter si, un jour, une foule de mages en robe apparaissait soudainement en masse.
Cependant, cette invasion était loin de la rencontre idyllique qu’ils avaient imaginée.
[Je n’ai pas pu contacter ma mère qui vit à San Francisco depuis trois jours.]
[Y a-t-il de nouvelles listes de survivants pour la région de San Jose ?]
[À cause de cet incident, tous les membres de ma famille, sauf moi qui étudiais à l’étranger, sont morts. J’en veux au monde entier. J’aurais aimé mourir avec eux.]
Le bilan humain estimé, causé par les tremblements de terre, les tsunamis et les attaques de bêtes à deux têtes, dépassait les 50 000 morts.
C’étaient des dégâts comparables au séisme en Turquie et en Syrie.
Ce qui aggravait la situation, c’était qu’il ne s’agissait pas d’une catastrophe naturelle, mais d’un acte d’invasion manifeste.
Et plus terrifiant encore, il s’agissait d’une invasion par des formes de vie extraterrestres inconnues, dont l’identité et les pouvoirs restaient un mystère total.
« C’est donc là la conclusion ? Aucune contre-mesure ? »
« Oui, monsieur le Président. »
Le Président des États-Unis, le vieil homme détenant la plus grande puissance mondiale, laissa échapper un soupir et mordit son cigare.
Peu importait qu’il s’agisse du cigare cubain de la plus haute qualité, dont l’importation était interdite aux États-Unis.
En cet instant, quelque chose comme cela était nécessaire pour évacuer le stress.
Son aide, le regardant, fit un signe de croix et parla solennellement.
« En comparant les images satellites et certaines vidéos… il semble plus approprié de les qualifier de dieux. Si ce sont des êtres qui ne peuvent être blessés par aucune arme moderne et qui peuvent librement provoquer et calmer des catastrophes naturelles, ne devrions-nous pas les appeler ainsi ? »
Sur Internet, toutes sortes de rumeurs circulaient au sujet des êtres responsables de l’incident de San Francisco.
Des théories comme celle d’une arme biologique échappée de la Zone 51, ou d’apôtres envoyés par Dieu pour juger une humanité noyée dans la cupidité.
C’étaient des absurdités si risibles que, à force de les écouter, on finissait soit par être abasourdi, soit par pleurer.
Quelle méthode pouvait bien permettre de créer de telles créatures invraisemblables ?
« Au moins, l’oiseau à deux têtes a été identifié comme une créature pouvant être ciblée. Il ne peut être neutralisé avec des armes à feu individuelles, mais avec des attaques continues de haute puissance comme du napalm... »
« Oubliez ça. Nous savons déjà que les maudits missiles nucléaires sont notre seule option. »
Bien sûr, au moment où il deviendrait le premier Président à déployer une arme nucléaire sur le sol national, sa cote de popularité s’effondrerait sans aucun doute.
Mais en considérant qu’ils faisaient face à des formes de vie extraterrestres non identifiées, cela ne devrait-il pas être pris en compte ?
Malheureusement, les électeurs n’étaient pas exactement des êtres rationnels.
Si les monstres ravageaient principalement les zones urbaines, le moment où il lancerait une bombe nucléaire là-bas, son parti ne détiendrait plus le pouvoir pour les cent prochaines années.
Quoique, franchement, c’était probablement déjà le cas.
« Oubliez ces choses. Qu’en est-il des deux autres ? »
« Toujours non confirmés. »
À la réponse de son aide, le visage du Président se crispa.
Le cerf et l’aigle royal, désormais désignés Alpha et Bêta, étaient des désastres sans commune mesure avec les oiseaux à deux têtes.
Des monstres transcendants provoquant séismes et tsunamis, descendant à la surface avec une énergie thermique aussi brûlante que le soleil.
Si ces choses recommençaient à bouger, l’Amérique était finie.
Et pour cet homme, cela ne différait guère de dire que le monde entier était fini.
« Cependant, d’après les témoignages consolidés des survivants, il semble qu’Alpha et Bêta ne soient pas des entités coopérantes. »
L’aide donna une explication tout en remettant au Président un rapport connexe.
Il était rempli de cas de personnes affirmant avoir été sauvées par des forces magiques juste avant que la mort ne les frappe durant la catastrophe.
La plupart des récits décrivaient comment le danger survenait avec l’apparition du cerf, et comment le salut suivait avec l’arrivée de l’aigle royal.
« Donc, Alpha est la bête maléfique qui nuit aux humains, et Bêta est la bête bienveillante qui les sauve ? Faire de telles suppositions est dangereux. Vous comprenez, n’est-ce pas ? »
« Bien sûr. Nous ne comprenons même pas encore les principes fondamentaux derrière leur comportement. Cependant… »
L’aide marqua une pause, puis ajouta :
« L’histoire s’est déjà largement répandue, il sera donc difficile de la contrôler. »
Il y avait des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes directement impliquées, et 8 milliards d’individus à travers le globe observant indirectement.
Même l’Amérique ne pouvait contrôler cela.
Sans compter que même un rapport rédigé au sein de la Maison-Blanche avait fuité.
Et ainsi, le conte du cerf maléfique et de l’aigle royal secourant les humains se répandit sur toute la Terre.
***
« …Ah. »
Plusieurs heures de somnolence.
Lorsque Turan reprit ses esprits, il réalisa que l’essence que lui et le Monarque avaient dispersée à travers la Terre était revenue intégralement.
Non, elle n’était pas seulement revenue.
L’essence qui emplissait désormais son être intérieur était dans un état de contrôle bien plus parfait, renforcée par une présence massive.
Turan comprit que cette présence provenait d’ici, de la Terre.
« Comment l’histoire a-t-elle pu se répandre ici exactement… ? »
Bien qu’il ait une compréhension superficielle de choses comme les téléphones portables et Internet, il lui était difficile de saisir pleinement l’ampleur de l’influence du réseau.
Cela signifiait qu’il n’avait aucun moyen de savoir que la présence qui lui était offerte provenait de la majorité des 8 milliards d’humains ayant accès à l’environnement en ligne.
Quelle qu’en soit la raison, devenir plus fort n’était pas une mauvaise chose.
Ayant consommé une petite quantité d’essence pour guérir son corps, Turan se rappela qu’il devait rentrer au plus vite.
Leur monde, affaibli par la perte de la majeure partie de l’essence qui servait de barrière, pouvait être vulnérable à d’autres intrus à tout moment.
Bien sûr, il y avait une chose dont il devait s’occuper en premier.
Cela ne prendrait probablement pas beaucoup de temps, et bien que ce ne fût pas quelque chose qu’il avait prévu, cela pouvait être considéré comme des déchets de leur monde, donc les nettoyer était la chose à faire.
« Je compte sur toi, Bije. »
-Oui !
Turan monta à la surface par l’espace connecté et se transforma immédiatement en un immense aigle royal.
Ayant pleinement absorbé même l’essence que le Monarque possédait, sa forme atteignait désormais une taille qui ne pouvait plus exister dans la réalité.
Alors que les humains à proximité hurlaient de choc ou prenaient des photos de l’aigle royal réapparu, Turan utilisa la Magie de pistage pour localiser l’oiseau à deux têtes.
-Allons-y.
Même si cet endroit faisait clairement partie du monde physique, Bije se déplaçait à une vitesse qui transcendait les limites physiques.
Ayant rapidement trouvé sa cible, Turan repéra l’oiseau monstrueux en train de ravager un quartier commerçant.
« Comme prévu, les Terriens n’ont aucun moyen de supprimer ces choses. »
Il était heureux d’avoir jeté un coup d’œil avant de repartir.
S’il était simplement retourné en urgence en pensant que la situation était critique de l’autre côté, la Terre aurait pu être réduite en ruines au moment où il reviendrait.
Avant même que l’oiseau ne puisse le remarquer, Turan fondit sur lui rapidement, brisant ses deux cous sous ses serres et perçant son cœur avec son bec.
Bien sûr, il n’oublia pas de protéger les personnes à proximité en les poussant en lieu sûr avec la Magie de télékinésie durant le processus.
[Kyaaak, Kek, ■◆▲●-]
Babillant dans une langue inconnue et se débattant, la créature fut absorbée par Turan, désormais sous la forme de l’aigle royal, en un instant.
Si aisément que cela faisait paraître les luttes du Monarque contre des dizaines d’oiseaux similaires comme une plaisanterie.
Naturellement, c’était parce que Turan non seulement exerçait une plus grande force, mais pouvait la contrôler bien mieux, utilisant plus de deux fois la puissance avec facilité.
Juste au moment où Turan pensait pouvoir conclure rapidement et rentrer, il sentit un humain s’approcher de lui.
Un homme dans la cinquantaine, portant un chapeau vert, lui fit signe de la main et cria :
« Merci pour votre aide, oiseau noir ! Que Dieu vous bénisse ! »
Il s’attendait à de la peur, il n’avait jamais imaginé que quelqu’un le remercierait pour son aide.
Se sentant un peu penaud, Turan répondit par un léger signe de tête, puis s’envola dans les airs.
Bien sûr, il n’avait aucune idée que tout cela était enregistré.
***
Il fallut environ trente minutes pour nettoyer les quarante-sept oiseaux monstrueux.
Soumettre et absorber un ou deux à la fois ne demandait pratiquement aucun effort ; la majeure partie du temps était passée à se déplacer entre eux.
Une fois que Turan eut fini de s’occuper de tous, il brisa immédiatement le voile des âmes et laissa la gravité du monde l’attirer.
Peut-être parce que son échelle spirituelle était devenue bien plus vaste qu’auparavant, la gravité du monde semblait lutter pour l’attirer, mais elle parvint tout de même à le transporter.
« Si je deviens plus fort, je pourrais peut-être ignorer totalement les forces gravitationnelles intermondiales. »
Se demandant ce que cela lui permettrait de faire, ne serait-ce que pour un instant, Turan décida d’enquêter sur quelque chose pendant qu’il voyageait.
Les données de recherche issues des souvenirs du Monarque.
Elles contiendraient sûrement des informations sur l’identité de ces oiseaux monstrueux.
Fermant consciemment les yeux et imaginant son monde intérieur, il vit une vaste bibliothèque.
À l’intérieur, Turan sélectionna quelques mots-clés avec ses seules pensées et récupéra les informations qu’il cherchait.
Si les Terriens voyaient cela, ils le loueraient probablement pour avoir créé un moteur de recherche par lui-même.
« Trouvé. »
Peu après, Turan apprit ce qu’ils étaient.
Uruka, bêtes de rang intermédiaire du Royaume des Bêtes Fantômes. Servent d’avant-gardes qui ouvrent les mondes fermés...
« Royaume des Bêtes Fantômes ? Qu’est-ce que c’est ? »
Alors que la question se formait, les archives de recherche du Monarque commencèrent à cracher des réponses.
Le Royaume des Bêtes Fantômes. L’une des dimensions extraterrestres habitée principalement par des êtres transcendants sous des formes bestiales.
C’est le foyer de la Reine des Bêtes, de ses quatre progénitures nées là-bas, et de divers autres êtres divins...
Les connaissances que le Monarque avait probablement acquises par des brèches continuèrent de se dévoiler.
Selon les informations, en dehors de la Terre et du monde où Turan était né, d’innombrables mondes existaient dans le vide.
Des dizaines, des centaines, des milliers, peut-être des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers.
La plupart de ces mondes étaient des « mondes fermés », scellés pour diverses raisons, mais certains étaient ouverts.
Ces mondes ouverts interagissaient naturellement avec d’autres mondes de diverses manières.
Ils échangeaient, ou ils envahissaient...
Naturellement, les mondes les plus faibles étaient pour la plupart détruits, donc un monde ouvert avait soit un puissant être transcendant derrière lui, soit était soutenu par une civilisation assez forte pour résister à de telles forces.
« Donc ces oiseaux monstrueux appelés Uruka sont essentiellement des éclaireurs. Ils planent près d’autres mondes et envahissent dès que l’un d’eux s’ouvre. »
Ces choses avaient probablement rôdé pendant longtemps, peut-être même avant la naissance de Turan, et au moment où la frontière s’était amincie à cause de Turan et du Monarque drainant leur essence, ils avaient envahi immédiatement.
Parmi eux, ceux ciblant le Monarque l’avaient fait parce qu’il avait plus de présence.
De même, au moment où ils atteignirent la Terre, ils abandonnèrent le Monarque parce que les Terriens étaient une source directe d’une immense présence.
Bien qu’il y eût de nombreux mondes, il était rare d’en trouver un avec des milliards d’êtres intelligents et aucune entité transcendante pour les protéger.
En d’autres termes, pour ces créatures, la présence acquise par la vie intelligente était une ressource alléchante.
« Ha… »
-Pourquoi soupires-tu, Turan ?
« J’ai l’impression d’avoir ouvert une boîte de Pandore bien trop grande. »
Selon les recherches du Monarque, la Terre était à l’origine un monde fermé, le seul lien existant étant le monde où vivait Turan.
Et le monde de Turan était protégé par un puissant voile d’essence.
En d’autres termes, son monde avait longtemps servi de porte, bloquant les invasions d’outre-monde pour qu’elles n’atteignent pas la Terre.
Maintenant que le mur s’était effondré, il était certain que toutes sortes de forces extraterrestres s’engouffreraient, tentant d’interférer avec la Terre à travers le monde de Turan.
Que la Terre n’ait aucun moyen de résister était rendu douloureusement clair par le récent incident seul.
-Alors que faisons-nous ? Devrions-nous nous enfuir ?
« Comment pourrions-nous ? »
Au moment où Turan répondit à la question de Bije, leur monde apparut en vue.
À l’origine protégé par un voile d’essence et apparaissant comme un ovale blanc, il était désormais presque mis à nu, plus proche d’une ellipse translucide.
Heureusement, il n’y avait aucun signe que les Uruka ou d’autres avant-gardes de mondes étrangers interfèrent actuellement.
Peut-être était-ce parce que la région avait été sous leur contrôle pendant des centaines, voire des milliers d’années, peut-être plus.
Pourtant, ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne s’en aperçoivent et n’arrivent en masse.
Alors que Turan entrait dans la limite du monde, il sentit que même la petite quantité d’essence restante là-bas passait sous son contrôle, grâce à la présence écrasante qu’il avait ramenée de la Terre.
En cet instant, il était, littéralement, le souverain de presque tout dans ce monde.
Mais ce n’était pas entièrement une bonne chose.
Même la mer des esprits, où les âmes des morts étaient censées circuler, était attirée en lui.
À ce rythme, le cycle approprié de réincarnation du monde serait perturbé.
« Je vais devoir le protéger, d’une manière ou d’une autre. »
Avec cette résolution, la lumière jaillit de la main de Turan.
La lumière de la création, pour reconstruire ce monde afin qu’il puisse être protégé des menaces extérieures.
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