Chapitre 136
[Traducteur – Peptobismol]
Chapitre 136
Serian Olliana fixa le collier de l'Arbre des Nuages, les yeux parcourus par des ondes d'émotion.
« Comment est-ce possible ? »
« Un charognard l'avait. Il semble provenir de la caravane de l'Ours Blanc. »
« L'Arbre des Nuages ne pousse que dans les montagnes Poellin, à Kurayan. Les elfes de ces montagnes utilisent ce collier comme un objet sacré. »
Serian se remémora ses souvenirs d'avant son arrivée sur Terre.
Pour les elfes, quelques centaines d'années ne représentent pas grand-chose, mais depuis qu'elle était sur Terre, Serian avait été si occupée que beaucoup de ses souvenirs s'étaient estompés.
En conséquence, elle devait faire de grands efforts pour les raviver.
« Les elfes de Poellin offrent ce collier en cadeau lorsqu'ils interagissent avec des elfes d'autres régions. »
Serian retira le collier qu'elle portait.
C'était le même type de collier que celui que Borin avait apporté.
« L'Arbre des Nuages a longtemps servi de médium entre les elfes et les esprits. Ainsi, les elfes possédant ce collier peuvent facilement former des contrats avec des esprits. Moi aussi, j'ai pu former un contrat avec un esprit grâce à lui… »
Ses yeux se voilèrent.
À une époque, elle avait conclu un contrat avec un esprit.
Elle ne pouvait décrire à quel point elle était heureuse lors de ce premier contrat.
Le lien avec l'esprit la complétait, elle ressentait une satisfaction immense. Mais le petit esprit mignon n'existe plus à ses côtés.
La connexion avec l'esprit fut rompue lorsqu'elle traversa de Kurayan vers la Terre.
Les esprits sont l'un des éléments de ce monde.
Faisant partie de Kurayan, ils ne peuvent le quitter. Ainsi, ils n'ont pas pu suivre Serian sur Terre et sont restés à Kurayan.
La perte et le choc que Serian ressentit lorsque sa connexion avec l'esprit fut brutalement tranchée furent indescriptibles.
Il lui fallut dix jours et dix nuits de souffrance pour enfin récupérer physiquement et mentalement, et accepter la réalité.
Elle n'était pas la seule.
Tous les elfes ayant traversé de Kurayan vers la Terre avaient vu leurs liens avec les esprits rompus de force.
Bien que la connexion avec les esprits fût coupée, le collier de l'Arbre des Nuages restait un objet précieux pour les elfes.
C'était un symbole d'espoir, celui de pouvoir un jour renouer avec les esprits.
« Les elfes chérissent ce collier jusqu'à leur mort. Quand leur vie s'achève et qu'ils retournent à la nature, ils le transmettent à leurs successeurs, perpétuant l'héritage. »
Les elfes nés sur Terre n'ont pas de colliers d'Arbre des Nuages. Les Arbres des Nuages ne pouvaient plus être obtenus, et il n'y avait plus d'elfes de Poellin pour fabriquer les colliers.
« Cela doit appartenir à un elfe venu de Kurayan. Comment diable les humains ont-ils pu obtenir ceci ? »
« Cela, je ne saurais le dire. »
« Nous devons le découvrir. Comment ils l'ont eu, et combien ils en ont. S'ils en ont d'autres, nous devons tous les récupérer. »
« Et si les humains refusent de les rendre ? »
« Nous devons les récupérer, quoi qu'il arrive. »
« Par la force, si nécessaire ? »
« Je te l'ai dit, le collier de l'Arbre des Nuages est le point de contact entre les elfes et les esprits. Si des esprits naissent sur Terre un jour, ce collier jouera un rôle crucial. »
« Compris. Je m'assurerai de tous les récupérer. »
Borin répondit avec une expression déterminée.
Serian, l'observant un instant, sortit un morceau de papier d'un tiroir.
« Par coïncidence, la caravane de l'Ours Blanc a envoyé une invitation. Montre ceci, et tu devrais pouvoir entrer facilement. »
À cet instant,
« Attendez ! »
Quelqu'un ouvrit la porte et entra dans la chambre de Serian.
Serian fronça les sourcils face à l'intruse impolie.
« Je sais que la Force d'Intervention des Feuilles Bleues est impressionnante, mais nous ne pouvons pas leur confier seuls le destin des elfes. »
L'intruse parla avec audace.
N'importe qui d'autre aurait été immédiatement jeté dehors ou sévèrement puni pour un tel comportement. Mais l'intruse avait suffisamment de qualifications pour le justifier.
Cheveux noirs jusqu'à la taille, yeux noirs, et même cette tenue noire moulante — tout était noir.
L'intruse se nommait Eli.
La confidente de Serian et commandant en second du District Nord.
Surnommée la Reine Araignée.
Bien qu'elle n'ait aucun lien réel avec les araignées, sa tenue et son aura lui avaient valu ce nom.
Borin fronça les sourcils inconsciemment à l'apparition d'Eli.
L'atmosphère décadente et la manière de parler d'Eli, si différentes des autres elfes, l'irritaient naturellement.
Serian demanda à Eli :
« Que veux-tu dire ? Tu ne fais pas confiance à la Force d'Intervention des Feuilles Bleues ? »
« Ce n'est pas que je ne leur fais pas confiance. Je pense simplement que nous ne devrions pas leur confier une tâche aussi importante seuls. »
« Donc, tu veux t'en charger toi-même ? »
« Non, mais je pense qu'il serait préférable d'assigner un soutien supplémentaire à la Force d'Intervention des Feuilles Bleues. »
« Vraiment ? Qui suggères-tu ? »
« Je pense que l'Escadron d'Attaque des Épines serait un bon choix. »
« Ne sont-ils pas trop agressifs ? »
Serian hésita.
L'Escadron d'Attaque des Épines était l'une des forces d'élite du District Nord.
Composés d'une centaine de membres, c'étaient des guerriers d'élite qui combattaient les humains s'en prenant constamment aux elfes.
C'étaient des chasseurs d'humains qui poursuivaient sans relâche et vengeaient tout tort fait aux elfes par les humains. Ainsi, tous les Éveillés des autres Districts évitaient l'Escadron d'Attaque des Épines.
Eli insista :
« C'est précisément pour cela que nous avons besoin d'eux. Leur agressivité et leur puissance de combat réprimeront toute provocation humaine. »
« C'est logique. »
Serian hocha la tête.
Pendant ce temps, Borin baissa la tête, sans rien dire.
Elle se mordit les lèvres pour retenir sa colère.
Ce qu'Eli venait de dire était une déclaration de méfiance envers la Force d'Intervention des Feuilles Bleues.
Eli était toujours comme ça.
Elle se méfiait étrangement de Borin et de la Force d'Intervention des Feuilles Bleues.
Et elle le faisait très habilement.
Que Serian comprenne ou non les sentiments de Borin, elle conclut de manière décisive :
« Alors la Force d'Intervention des Feuilles Bleues mènera l'opération, et l'Escadron d'Attaque des Épines les soutiendra. »
« Un choix sage. »
« Nous suivrons vos ordres. »
Eli et Borin répondirent simultanément.
***
[Traducteur – Peptobismol]
Frouch !
Zeon prit une douche, laissant l'eau chaude couler sur son corps.
L'eau était rare à cette époque.
Sortir dans le désert rendait difficile la recherche d'eau potable, sans parler de prendre une douche.
Pouvoir se doucher ainsi n'était possible qu'à Néo-Séoul.
Sous Néo-Séoul, il y avait une installation de récupération des ressources.
L'eau et les eaux usées utilisées à Néo-Séoul y étaient rassemblées et purifiées, puis fournies aux bidonvilles.
Grâce à cela, les gens des bidonvilles pouvaient utiliser l'eau sans pénurie.
C'était un autre avantage de la civilisation.
Zeon finit sa douche, enroula une serviette autour de sa taille et sortit.
« Hyung ? »
« Cette blessure… »
Levin et Brielle, qui étaient dans le salon, furent surpris en voyant Zeon.
C'était parce qu'ils virent de nombreuses blessures sur le corps de Zeon.
D'innombrables cicatrices étaient densément gravées sur son torse et ses jambes, visibles à travers la serviette.
Parmi elles, la plus remarquable était une large cicatrice reliant sa poitrine à son abdomen. Si quelqu'un avait reçu une telle blessure, sa cage thoracique aurait été brisée et ses organes se seraient répandus, menant à la mort.
Même la potion la plus efficace n'aurait pu guérir une telle blessure. Du moins, c'est ce que disait la sagesse populaire.
Malgré de telles blessures, Zeon était toujours en vie.
Il y avait beaucoup d'autres cicatrices proéminentes également.
C'était incroyable qu'une seule personne puisse avoir autant de cicatrices sur le corps.
« Hyung, tu as des blessures sur tout le corps… »
« Ce n'est rien. »
Zeon remarqua enfin que les deux le fixaient et sourit maladroitement.
Pendant ce temps, Brielle ne pouvait refermer sa bouche restée grande ouverte.
« Quel genre de vie a-t-il menée ? »
Ils n'avaient jamais vu de cicatrices comme celles de Zeon, même chez les elfes ou les humains.
La moindre cicatrice aurait été fatale pour une personne ordinaire. Pourtant, le corps de Zeon en portait des dizaines.
Il y avait tellement de cicatrices qu'il était difficile de voir la peau nue.
À travers ces cicatrices, Brielle entrevit la vie de Zeon.
« Il a dû se battre sans relâche pour arriver jusqu'ici. »
Ce n'est qu'alors qu'elle comprit pourquoi Zeon semblait si apathique.
Sauf nécessité absolue, Zeon restait cloîtré chez lui. D'une certaine manière, c'était une vie de loisir.
Mais en voyant les cicatrices de Zeon, elle comprit ses actions.
Ayant combattu jusqu'à ce que son corps devienne ainsi, il devait être épuisé.
De retour dans sa ville natale de Néo-Séoul dans un tel état, le repos devait être désespérément nécessaire.
Pour quelqu'un qui avait tout brûlé pour retrouver sa vigueur, il avait besoin de temps pour recharger ses batteries, et c'était le moment pour Zeon.
Contrairement à l'atmosphère lourde, Zeon sourit légèrement et dit :
« Ce n'est rien. Tout le monde vit avec des cicatrices comme celles-ci. »
« Qui aurait de telles blessures… »
« Les gens ordinaires mourraient d'une seule de ces blessures. »
« Peut-être parce que j'ai été élevé durement par un vieil homme depuis mon enfance, mon corps est assez robuste. »
Zeon enfila ses vêtements.
À chaque vêtement ajouté, les cicatrices étaient recouvertes.
Finalement, lorsqu'il fut habillé, aucune cicatrice n'était plus visible.
Il avait l'air propre, comme s'il avait vécu une vie facile sans aucune épreuve.
Sans voir Zeon directement, Brielle et Levin n'auraient jamais imaginé qu'il y avait tant de cicatrices cachées sous ses vêtements.
Voyant Zeon ramasser la carte d'invitation sur la table, Brielle dit :
« On y va maintenant ? »
« La vente aux enchères va bientôt commencer. »
« Je veux venir aussi. »
« Moi aussi, hyung ! »
Brielle et Levin dirent qu'ils le suivraient.
Zeon hocha la tête.
« Bien sûr ! Allons-y ensemble. »
C'étaient le genre de gamins qui suivraient même si on leur disait de ne pas le faire.
C'était plus rassurant d'y aller ensemble dès le début.
« Allons-y ! »
« Ouais ! »
Les deux suivirent Zeon comme s'ils l'attendaient.
Lorsqu'ils entrèrent dans le désert, laissant les bidonvilles derrière eux, Brielle pointa soudainement le côté opposé.
De nombreuses personnes se déplaçaient.
C'était un cortège se dirigeant vers la caravane de l'Ours Blanc.
Levin dit :
« District Ouest, District Est, hein ? Et là, les Éveillés du District Sud. Et ce sont des elfes, des Éveillés du District Nord. Quoi ? Les Éveillés de tous les Districts de Néo-Séoul sont ici. Est-ce que la mairie est le seul endroit restant ? C'est de la folie ! »
Il frissonna involontairement.
Bien qu'il ait vécu à Néo-Séoul toute sa vie, il n'avait jamais vu autant d'Éveillés auparavant.
Levin sentit tout son corps se ratatiner sans raison.
Bien qu'il ait éveillé une capacité rare, il n'était encore qu'un jeune garçon.
Face à un spectacle aussi écrasant, il ne pouvait que se sentir dépassé.
Brielle fixait sans ciller les Éveillés du District Nord.
Le District Nord était entièrement composé d'elfes.
Même pour elle, une Haute Elfe, c'était la première fois qu'elle voyait autant d'elfes.
Son regard vers les elfes était complexe et subtil.
Des humains restant dans le monde humain, et des elfes qui s'étaient assimilés à la société humaine.
Leur atmosphère était plus proche des humains que des elfes.
Avant de vivre à Néo-Séoul, elle aurait méprisé les elfes assimilés à la société humaine.
Elle les aurait critiqués pour avoir perdu leur identité elfique.
« Qui suis-je pour critiquer ? Je ne suis pas différente d'eux. »
D'une certaine manière, elle était encore plus corrompue qu'eux.
Peu importe à quel point elle rejetait la faute sur la menace des humains, elle avait même créé des drogues.
D'innombrables humains étaient morts misérablement à cause des drogues qu'elle avait créées.
Son péché originel ne disparaîtrait jamais, quoi qu'il arrive.
C'est pourquoi, même si elle s'était libérée du pacte, elle ne pouvait oser retourner au village des Hauts Elfes.
En fin de compte, c'était son destin de passer sa vie ici.
En vivant ainsi, elle finirait par changer, tout comme eux.
« Même maintenant, aux yeux des autres, je dois leur ressembler… »
Levin lui demanda alors qu'elle fixait les elfes :
« À quoi penses-tu ? »
« Oh, à rien. Dépêchons-nous. »
Brielle secoua la tête et s'éloigna précipitamment.
Levin jeta un coup d'œil à son dos un instant avant de la suivre.
Zeon réfléchissait aussi en marchant avec eux.
« Rassembler tous ces gens au même endroit, ça doit aussi faire partie de ton plan. »
Comme pour répondre à sa question, Damien apparut, debout en haut de la forteresse.
[Traducteur – Peptobismol]