Chapitre 111
[Traducteur – Peptobismol]
Chapitre 111
« Je suis désolée. J'ai échoué dans ma mission. »
Borin posa un genou à terre et inclina la tête.
Devant elle, une elfe était assise sur une imposante chaise en bois.
Cette elfe se nommait Serian Oliana.
C’était une elfe de sang pur, une rareté.
Avec sa peau blanche comme la neige, ses cheveux platine et ses sourcils assortis, elle ressemblait à une fée blanche vue de loin.
Au premier coup d’œil, elle semblait avoir entre trente et quarante ans, mais elle avait en réalité plus de trois cents ans.
Lorsque sa terre natale, Kurayan, fut détruite, elle traversa vers la Terre.
Elle était arrivée sur Terre en rêvant d’un nouveau paradis, mais la réalité fut trop brutale.
La Terre, terraformée en désert suite à l’échec du projet, était l’environnement le plus hostile qui soit pour les êtres vivants.
Beaucoup de ses semblables ne purent supporter ces conditions extrêmes et périrent.
Les survivants se regroupèrent pour fonder leur propre cité.
Ce lieu était El Harun.
Serian aurait pu rejoindre El Harun. Mais elle ne le fit pas.
C’était à cause de ceux qui avaient été laissés pour compte.
Pour les protéger, Serian resta volontairement dans le monde des humains et devint la dirigeante du District Nord.
La grande chaise en bois sur laquelle elle siégeait avait été façonnée à partir d’un fragment de l’Arbre-Monde rapporté de Kurayan.
Ce siège rehaussait son statut et lui conférait la dignité d’une souveraine.
C’était l’une des raisons pour lesquelles elle était devenue la reine des races venues d’ailleurs restées à Néo-Séoul.
Serian prit la parole.
« A-t-il clairement prononcé le nom d’El Harun ? »
« Oui. »
« Bien qu’il soit manifestement humain ? »
« Oui. »
« Comment un humain pourrait-il… ? »
« Qu’est-ce qu’El… Harun ? Pourriez-vous me le dire ? »
« C’est… »
À la question prudente de Borin, Serian hésita un instant.
Dans le District Nord, seules deux personnes connaissaient l’existence d’El Harun.
Elle-même, et Eli, le second du District Nord.
Tous deux gardaient l’existence d’El Harun sous le sceau du secret le plus strict.
La cité d’El Harun, refuge des races de Kurayan, aurait pu être un phare d’espoir pour les autres races à Néo-Séoul. Mais révéler sa localisation aux humains présentait un danger mortel.
Serian et Eli avaient attendu qu’El Harun les contacte une fois qu’ils seraient assez puissants pour se dévoiler. Mais malgré l’attente, aucun signe ne vint, et elle finit par perdre espoir.
Alors, entendre ce nom sortir de la bouche d’un humain fut un choc.
« Je suis désolée. Je ne peux pas encore te le dire. »
« C’est… »
« Mais si une situation se présente où je peux t’en parler, je te promets que tu seras la première informée, Borin. »
« Compris. »
Borin répondit en dissimulant sa déception.
Serian perçut ses émotions, mais fit comme si de rien n’était.
« Au fait ! Quel était son nom ? »
« Zeon. »
« Zeon, des bidonvilles. Son rang estimé est au moins le rang B, n’est-ce pas ? »
« Oui. »
« Et il y a une elfe qui semble être de sang pur avec lui ? »
« Oui ! »
« Connais-tu le nom de cette elfe ? »
« C’est… »
Borin bégaya.
« Tu es en train de me dire que tu ne connais pas le nom d’une autre elfe ? »
« Pour une raison inconnue, elle a refusé de me révéler son nom. »
« Vraiment ? »
Un pli profond marqua le front de Serian.
Les elfes sont des êtres de communication.
Même face à des ennemis, ils n’hésitent jamais à décliner leur identité.
Pour les elfes, communiquer est naturel.
Il n’existait quasiment aucun cas où une elfe de sang pur refusait de révéler son vrai nom.
Car leur nom est la preuve la plus certaine de leur existence.
Refuser de le donner revenait à refuser toute communication avec ses pairs.
« Une elfe de sang pur qui refuse de communiquer ? »
Cela n’avait aucun sens selon la logique de Serian.
« Ou alors, n’est-ce pas une elfe de sang pur ? Si c’était le cas, Borin l’aurait remarqué. Peut-être ? »
À cet instant, une pensée traversa l’esprit de Serian.
Voyant le changement sur son visage, Borin demanda prudemment :
« Pourquoi ? Il y a quelque chose d’étrange ? »
« Non, rien du tout. Borin ! Tu as travaillé dur, va te reposer maintenant. »
« Hein ? Ah, je comprends. »
Borin inclina la tête et se retira.
Seule, Serian murmura pour elle-même :
« Et si c’était une… Haute-Elfe ? »
***
[Traducteur – Peptobismol]
Crac !
Les murs séparant deux maisons s’effondrèrent comme des châteaux de sable.
« Hyah ! »
Alors que Brielle écartait les mains, un vent violent se leva, balayant les débris des murs effondrés et les transformant en sable par la fenêtre.
« Ce n’est pas incroyable ? »
« Bof, c’est un jeu d’enfant pour moi. »
Souriante, Brielle se tapota le nez en réponse aux louanges de Levin.
Dès que Zeon avait évoqué l’agrandissement de la maison, Levin avait fait irruption chez le voisin pour négocier.
Heureusement, Zeon avait un peu d’argent de côté et le propriétaire prévoyait de déménager, donc l’affaire fut vite conclue.
Le propriétaire partit le soir même, et Brielle démolit le mur de la maison vide.
Ainsi, la maison de Zeon doubla de surface en un instant.
Soudain, le Générateur de Pierre de Mana émit un bourdonnement.
L’Œil Observateur, une gemme noire servant de noyau au générateur, détecta l’expansion du territoire.
Depuis l’Œil, des lignes pourpres se propagèrent comme un filet, couvrant la zone agrandie avant de disparaître sans laisser de trace.
En voyant cela, Levin cligna des yeux, surpris.
« C’est quoi, ça ? »
« L’Œil Observateur ? Je n’aurais jamais cru en voir un en vrai. »
« C’est quoi ? »
« Je n’en avais entendu parler que par les anciens, c’est la première fois que je le vois, donc je ne suis pas sûre à cent pour cent, mais c’est une barrière utilisée dans les palais royaux ou les trésoreries. On dit qu’elle ignore la plupart des attaques physiques et magiques. Dire qu’une telle chose était cachée dans un Générateur de Pierre de Mana. Où Zeon a-t-il déniché ça ? »
« C’est si précieux que ça ? »
« Parmi les elfes que je connais, personne ne possède un truc pareil. »
« Ça doit valoir une fortune. »
« Ouais ! »
Brielle fixait le Générateur de Pierre de Mana, ou plutôt l’Œil Observateur installé à l’intérieur.
Son cœur brûlait d’envie d’étudier l’objet.
Voyant cela, Levin secoua la tête.
Il savait que Brielle allait faire une fixation sur l’Œil pendant un bon moment.
« Enfin, c’est une bonne chose que la maison se soit agrandie. »
La maison de Zeon avait maintenant doublé de taille.
Brielle avait renforcé les murs et les piliers effondrés avec de la magie, il n’y avait donc aucun risque d’écroulement.
Brielle déplaça immédiatement ses affaires dans l’espace adjacent, l’ancienne maison voisine. Elle s’appropria la plus grande pièce.
« C’est mon laboratoire. N’entrez pas. »
« Comme tu veux. Je me contente d’une petite chambre. »
Levin gloussa.
À ce moment, Zeon apparut, vêtu d’une robe.
« Où tu vas ? »
« Chez le boucher. Tu viens aussi. »
« Moi aussi ? »
« Ouais ! »
« D’accord. »
Levin suivit Zeon à l’extérieur.
« Levin ! »
« Où étais-tu ? Tu avais disparu un moment. »
En arrivant dans la rue, d’autres enfants reconnurent Levin et s’approchèrent.
Levin les salua en cognant leurs poings.
« Comment ça va ? »
« J’ai quelques affaires à régler, alors je vais loger chez un ami à partir de maintenant. »
Zeon sourit en observant Levin.
« Il est plutôt populaire. »
Où que l’on aille, il y a toujours des gens qui attirent l’attention et deviennent des meneurs. Levin semblait être de cette trempe.
Après un moment, ils arrivèrent dans la rue où se trouvait la boucherie.
La rue était bondée.
Elle était toujours animée, mais l’activité s’était intensifiée récemment.
Cela signifiait qu’il y avait plus de gens en quête de ressources et plus de marchandises en vente.
« Ces commerçants doivent se faire des couilles en or. »
« Tu es jaloux ? »
« Ouais ! »
Répondit Levin sans hésiter.
Dans les bidonvilles, personne n’échappe à la misère.
C’est un endroit où il faut lutter en permanence pour ne pas mourir de faim.
Un lieu dénué de rêves et d’espoir.
Pour Levin, les bidonvilles n’étaient que cela.
La seule chose qui l’avait fait tenir, c’était sa famille, mais ils avaient tous été tués par un meurtrier.
S’il avait vécu ailleurs qu’à Néo-Séoul, peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé.
« Une fois ma vengeance accomplie, je gagnerai beaucoup d’argent. Pour pouvoir vivre à Néo-Séoul. »
« Ce n’est pas une mauvaise idée. »
« Et toi ? »
« Moi quoi ? »
« Tu pourrais vivre à Néo-Séoul si tu le voulais, dès maintenant. Pourquoi rester dans les bidonvilles ? »
« Je me sens beaucoup plus à l’aise ici que dans Néo-Séoul. »
« Vraiment ? »
« Chacun a sa zone de confort, tu devrais faire ce qui te semble juste pour toi. »
« D’accord ! »
Au milieu de ces échanges, ils arrivèrent à destination : la boucherie.
À l’intérieur, un homme massif découpait un gros morceau de viande d’origine inconnue.
C’était Will, le propriétaire.
Quand Will aperçut Zeon, il inclina la tête en signe de salut.
« Bienvenue. »
« Où est le vieux Klexi ? »
« Il est parti au Marché des Gobelins pour des affaires. »
« Pas étonnant que je ne l’aie pas vu. »
« Tu as besoin de quelque chose ? »
« Il me faut un véhicule. »
« La seule chose que je peux te proposer tout de suite, c’est un petit buggy. »
« Ça fera l’affaire. »
« Je te prépare ça immédiatement. »
Sans demander pourquoi Zeon avait besoin d’un véhicule, Will accepta de le préparer.
Levin, lui, posa la question.
« Pourquoi tu as besoin d’un véhicule ? »
« Pour aller dans le désert. »
« Pourquoi le désert ? »
« J’ai quelque chose à trouver. »
« Quoi donc ? »
« Tu le sauras bien assez tôt sans avoir besoin de poser autant de questions. »
« Vraiment ? »
Zeon gratifia Levin d’un sourire énigmatique, ce qui provoqua un étrange frisson chez le garçon.
Peu après, le buggy était prêt.
Il n’avait aucun blindage, juste une structure apparente, comme un squelette.
Heureusement, il y avait un toit pour se protéger du soleil.
Alors que Zeon prenait le volant, il dit à Levin :
« On y va ! »
« Ok ! »
Le buggy transportant les deux compères quitta les bidonvilles pour s’enfoncer dans le désert.
« Waouh ! »
S’exclama Levin, impressionné.
Bien qu’il ait vu le désert depuis les bidonvilles à maintes reprises, c’était la première fois qu’il le voyait d’aussi près.
Levin ressentait à la fois de l’excitation et de la peur.
Une partie de lui se demandait où Zeon l’emmenait.
Zeon conduisit le véhicule à plusieurs kilomètres de Néo-Séoul.
Quand la ville ne fut plus visible, il ferma les yeux et aiguisa ses sens.
Sa perception s’étendit à travers le sable.
Après un moment, il ouvrit les yeux et dit :
« Je l’ai trouvé. »
« Quoi ? »
Au lieu de répondre, Zeon accéléra.
Après une longue route, ils arrivèrent devant une petite zone de grès solidifié en plein désert.
Il y avait à peine assez d’espace pour qu’une personne puisse entrer dans la faille.
Zeon dit à Levin :
« Entre. »
« Hein ? »
À ces mots inattendus, les yeux de Levin s’écarquillèrent, mais avant qu’il ne puisse réagir, Zeon lui donna un coup de pied pour le faire basculer.
Pouf !
« Argh ! »
Dans un cri, Levin dégringola dans la faille du grès.
Regardant Levin disparaître dans l’obscurité, Zeon murmura pour lui-même :
« Si tu ne veux pas mourir, tu vas devoir donner tout ce que tu as. »
[Traducteur – Peptobismol]