Chapitre 484
Otto : [――Voici un rapport sur les dégâts causés par l'attaque des dragons volants.]
Emilia haussa les sourcils avec une expression douloureuse en écoutant l’explication d’Otto, qui tapotait les documents à portée de main.
La Cité-Forteresse de Guaral avait été frappée par une « cataclysmie de dragons volants »―― Plusieurs jours s’étaient écoulés à réparer la ville et à s’occuper des blessés, jusqu’à ce qu’on puisse dire que la situation s’était calmée pour le moment, dont les résultats étaient devenus clairs par la suite.
Du point de vue d’Emilia, la ville était dans un état terrible.
Le splendide mur de défense qui entourait la ville avait été détruit, et les nombreux rochers tombés du ciel étaient encore éparpillés dans la ville. Les dégâts aux bâtiments étaient importants, moins de la moitié d’entre eux ayant survécu indemnes. Un bon nombre de personnes étaient mortes, et la maison où Emilia et son groupe dormaient, avec son deuxième étage effondré, n’avait plus d’habitants pour y revenir.
Emilia : [Si seulement…]
Si seulement ils avaient été un peu plus rapides pour y aller.
De tels regrets piquaient la poitrine d’Emilia comme des aiguilles acérées ; cependant――,
Otto : [Il est inutile de spéculer sur si nous aurions pu nous dépêcher un peu plus tôt, alors arrêtons avec ça.]
Otto pouvait lire les pensées d’Emilia, mais il l’interrompit immédiatement. Le visage d’Emilia se décomposa sous la dureté de ses mots, mais Otto hocha brièvement la tête en inclinant le menton, indiquant l’extérieur de la fenêtre.
Otto : [À l’époque, la raison pour laquelle nous avons permis que cela prenne la priorité, c’est parce qu’un groupe de dragons volants est passé au-dessus de nos têtes. Sans cela, nous n’aurions pas eu l’option de nous dépêcher. En d’autres termes…]
Emilia : [En d’autres termes ?]
Otto : [Il n’y avait rien que nous puissions faire pour l’empêcher, tu sais. C’est une question de cause à effet. On ne peut pas avoir l’un sans l’autre. Il serait irrationnel de s’en inquiéter.]
Emilia esquissa un sourire forcé à Otto, qui secouait lentement la tête en expliquant cela.
Son avis semblait comme s’il avait lu ce qu’Emilia ressentait vraiment au fond d’elle, et cela, en soi, n’était pas une surprise. Otto était un très bon juge des personnes, donc c’était normal pour lui.
De plus, elle imaginait que les paroles d’Otto à son égard étaient sa façon de la réconforter.
Il lui disait que s’attarder sur des scénarios du « et si » n’était pas une considération constructive.
Et ainsi, Emilia était convaincue, cependant――,
Petra : [Mais le problème, c’est la façon dont tu l’as dit. Je déteste la manière dont tu l’as formulé.]
Petra détourna la tête en faisant la moue, vraiment contrariée.
Assise sur une chaise devant Emilia, Petra était en train de peigner ses cheveux bruns éclatants et de les polir pour retrouver sa mignonne apparence habituelle. Ce rôle était une tâche qu’Emilia lui avait confiée récemment, mais l’attitude de Petra, qui ne lésinait jamais sur ses soins, même pendant leur voyage, la laissait toujours impressionnée.
Elle devait être épuisée d’avoir couru partout dans la ville hier, mais maintenant qu’un nouveau jour était arrivé, elle se remettait en forme pour une nouvelle version d’elle-même.
Cela aussi était une bénédiction de la conscience de Petra de sa position et de son sens des responsabilités.
Après tout, elle était――,
Otto : [――Entendre cela de notre Maîtresse, Lady Petra, est très bouleversant.]
Comme le remarqua Otto, Petra était responsable de l’organisation du groupe d’Emilia en tant que dame qui les employait.
――Le groupe d’Emilia était entré dans l’Empire Vollachien à la recherche de Subaru et Rem, qui avaient disparu.
Après de nombreux rebondissements et diverses épreuves, ils étaient arrivés dans l’Empire, mais comme ils l’avaient prévu, il était difficile de traverser la frontière par des moyens réguliers, et ils avaient fini par se faire passer clandestinement dans le pays.
Ce faisant, ils ont dû utiliser des alias et inventer une fausse histoire sur le but de leur voyage, car les choses deviendraient mauvaises si l’on découvrait les véritables identités d’Emilia et de Roswaal.
En conséquence, Emilia a été assignée au rôle d’« Emily », l’escorte gardienne, et celles qu’elle devait protéger étaient――,
Emilia : [Lady Petra et Lady Beatrice.]
Otto : [La raison pour laquelle nous sommes venus dans l’Empire était de restaurer la santé de Lady Beatrice… et c’est un objectif qui sera en fait réalisé une fois que nous aurons récupéré ce que nous cherchons, donc ce n’est pas entièrement un mensonge.]
Petra : [Je comprends, mais d’une certaine manière… tu sais, ça va après tout.]
Otto : [Tu t’arrêtes à mi-chemin, ça m’inquiète, donc ce serait mieux si tu me le disais.]
Petra : [Je suppose ? Comme tu sais Otto-san, se pourrait-il que les mauvaises habitudes du Maître se répandent chez toi ?]
Otto : [Je savais que je n’aurais pas dû demander… !]
Otto avait fini par se tenir la tête dans les mains, alors Emilia a rapidement rétracté les mots qu’elle s’apprêtait à dire.
Otto semblait vraiment mal à l’aise avec ça, mais pour Emilia, elle trouvait l’intelligence de Roswaal très fiable. Donc, c’était très encourageant de voir deux des personnes les plus intelligentes du camp penser de la même manière.
Bien qu’il semble que dire cela causerait encore plus de souffrance inutile à Otto.
Quoi qu’il en soit――,
Emilia : [Nous avons aussi beaucoup moins de personnes blessées en ville grâce à Garfiel, hein ?]
Otto : [C’est, sans aucun doute, vrai, et je pense que c’est une grande réussite de la part de Lady Petra, Frederica-san, et bien sûr toi, Emily, pour avoir aidé.]
À la réponse de Otto, Emilia a enfin pu relâcher la tension dans ses joues.
Le travail acharné de Garfiel, l’aide de Frederica et Petra, tout cela rendait Emilia fière. C’était une lutte dont elle et ses chers amis pouvaient être très fiers.
Emilia : [Otto-kun a aussi vraiment bien parlé avec Zikr-san et les autres.]
Otto : [Heureusement, Zikr-san était une personne avec qui on pouvait raisonner, donc les difficultés étaient minimes. Je suis aussi reconnaissant à Mizelda-san, que j’ai rencontrée par hasard, car elle a pu m’expliquer tout.]
Petra : [Le visage d’Otto-san est-il le préféré de Mizelda-san, n’est-ce pas ?]
Otto : [Je n’ai jamais eu quelqu’un d’aussi ouvert à ce sujet, donc j’étais assez perplexe.]
Otto a esquissé un sourire tendu à Petra, qui levait son petit poing en souriant.
Mizelda, avec qui Emilia avait aussi échangé quelques mots, était une femme très forte et gentille. Elle avait été aimable avec eux depuis le début de leur connaissance et leur avait montré beaucoup de considération.
Bien qu’une partie d’elle se demandait pourquoi Otto et Garfiel étaient traités différemment.
Emilia : [Je sais qu’elle aime le visage d’Otto-kun, mais Garfiel est aussi mignon…]
Petra : [Peut-être parce que Garf-san a souvent des rides entre ses sourcils et sur le nez. De plus, peut-être parce qu’il est ennuyé d’être séparé de Ram nee-sama.]
Otto : […Je vais simplement ne rien dire du tout.]
Petra, en plaçant correctement son doigt sur son nez bien formé, fit cette évaluation de Garfiel.
Emilia pensait que les expressions changeantes de Garfiel étaient aussi charmantes, alors elle voulait que Mizelda regarde plus attentivement Garfiel.
Toutes ces digressions mises de côté――,
Emilia : [Mais si le nettoyage de la ville approche de la fin de sa première étape…]
Otto : [Oui.]
Otto hocha la tête aux paroles d’Emilia puis regarda à nouveau par la fenêtre. Devant le regard d’Otto se trouvait le visage de la ville, toujours debout malgré les dégâts―― la Mairie.
Les personnes influentes de la Cité-Forteresse de Guaral s’y étaient rassemblées.
En d’autres termes――,
Otto : [Enfin, je pense que nous pouvons commencer à parler de faire avancer les choses.]
Et alors qu’Otto disait cela, la discussion commença.
△▼△▼△▼△
???: [Hé, tu ne m’as jamais remercié, Pops.]
En montant sur les murs de la ville à moitié détruite, Garfiel s’adressa à l’arrière du précédent visiteur.
Honnêtement, ce n’était pas quelqu’un qu’il voulait appeler, mais se retourner dès que leur dos apparaissait aurait eu l’air de perdre, alors son esprit de compétition l’emporta sur sa réticence.
D’ailleurs, pourquoi devait-il être celui qui se retournait ?
Si quelqu’un devait faire marche arrière, incapable de supporter l’embarras, ce devrait être l’autre personne, plutôt que lui.
En gardant cela à l’esprit, il avait lancé des mots comme ceux d’un gamin, mais――,
???: [――Tch.]
Avec cette réponse, un claquement de langue puissant, Garfiel regretta immédiatement son choix.
À cause de sa ténacité, il eut une expérience encore plus désagréable. Dans sa tête, il pouvait entendre la réaction d’Otto, un « Eh bien, bien sûr » d’exaspération.
Quoi qu’il en soit, c’était quelqu’un qu’il n’appréciait pas.
Bien que Garfiel n’ait pas été présent lorsque ce visiteur précédent avait manqué de respect à son peuple, en l’apprenant plus tard, cette affaire lui avait suffi pour ne pas aimer le gars.
C’était l’impression constante de Garfiel à propos de Heinkel Astrea.
Heinkel : [――――]
Vêtu d’une armure en cuir léger, une fine épée à la hanche, Heinkel se tenait en garde.
Cependant, Garfiel en était venu à juger cela comme davantage une mise en scène pour dissimuler qu’il n’avait rien à faire et nulle part où aller, plutôt qu’un désir admirable de maintenir la paix dans la ville.
Le parfum d’alcool flottant de son dos, les bouteilles vides de liqueur éparpillées autour de lui, en étaient la preuve.
Pendant la catastrophe du dragon volant, Heinkel aurait apparemment déchaîné une rage féroce contre le groupe avancé de dragons volants, mais il eut une défaite douloureuse contre un Général Divin.
Néanmoins, le petit Schult avait parlé à tout va en défense d’Heinkel, mais Utakata était franc, disant « Il ne pouvait rien faire ». C’était probablement la vérité.
Comme preuve de cela, parmi ceux avec qui Garfiel dut traiter en effectuant des magies de soin sur les blessés, Heinkel faisait partie de ceux ayant subi les blessures les plus graves. Les dégâts qu’il avait reçus étaient assez horribles, à tel point qu’il serait probablement encore alité sans la magie de soin de Garfiel.
Garfiel : [Ce claquement de langue est censé être un merci ? Eh bien, c’est carrément différent de l’étiquette sociale que mon moi extraordinaire connaît, oi.]
Même en tenant compte de la situation de l’autre partie, Garfiel cracha des insultes.
Garfiel aussi avait connu la défaite. Il comprenait à quel point c’était frustrant, alors il ne voulait pas insister froidement sur le fait qu’il avait été vaincu.
Cependant, avec l’autre partie refusant d’être polie, Garfiel fut tenté de faire au moins un commentaire sarcastique. Sans parler du fait qu’il n’avait pas une bonne impression d’Heinkel.
Garfiel : [C’est l’Empire. Il se peut qu’il y ait des règles sociales que mon incroyable moi ignore, mais… Tu viens du Royaume, n’est-ce pas ? En plus, tu es le père du Saint de l’Épée, oui ?]
Heinkel : [――――]
Garfiel : [Comme je l’ai dit, mon incroyable moi, c’est un sacré enfoiré. On pourrait penser que quelqu’un d’aussi fort aurait de grands parents, mais tu n’as même pas eu la décence d’être poli――]
Heinkel : [――Peu importe la grandeur des parents, cela ne signifie pas que leurs enfants le soient autant.]
Garfiel avait l’air intimidé, ayant poursuivi ses reproches sarcastiques vers un dos qui ne voulait même pas se retourner.
Il avait supposé qu’il serait encore ignoré, mais une réplique inattendue était arrivée. Les yeux de Garfiel s’écarquillèrent, mais Heinkel, sans se retourner, dit,
Heinkel : [Et vice versa. Il n’y a aucune raison pour que les parents d’un monstre soient aussi des monstres.]
Garfiel : [Oh…]
Heinkel : [Tu es bien trop mauvais pour lancer des insultes. Si tu veux provoquer quelqu’un, prends une leçon auprès de Mademoiselle Priscilla. Tel que tu es, tu as échoué.]
Garfiel : [Gahk.]
Sa tentative de prendre l’avantage par des insultes était évidente, et elle lui fut renvoyée en retour, en fin de compte.
Venant de se faire dire ce qu’était une véritable provocation, Garfiel vacilla. La conversation étant terminée, il aurait pu tourner le dos et partir, mais il aurait alors été le vrai vaincu dans le sens du mot.
Finalement, Garfiel resta par entêtement, assis à une courte distance d’Heinkel, regardant l’horizon sud dépourvu des remparts qui protégeaient la ville désormais sans défense.
Après avoir été attaquée par d’innombrables dragons volants, les murs de la célèbre Cité-Forteresse de Guaral avaient été gravement endommagés.
Les dégâts causés par les rochers lancés d’une haute altitude avaient été importants, et bien que les murs effondrés et démolis soient en cours de réparation aussi vite que possible, les capacités défensives de la ville étaient considérablement réduites.
En particulier, le mur sud de la ville avait subi les plus grands dégâts.
Le mur ouest, qui avait subi la première attaque, était également dans un état plutôt horrible, mais cela n’était rien comparé à cela. Oubliez le mur, toute la zone avait été rasée jusqu’à la racine.
Garfiel : [J’ai entendu dire qu’Emilia-sama… Non, Emily et la Princesse qu’on appelle Priscilla ont combattu un Général Divin mais…]
La férocité du combat pouvait être perçue clairement, d’après la scène désastreuse en contrebas.
La plupart des bâtiments n’avaient pas conservé leur forme d’origine, et une terrible onde de choc avait balayé tout sur son passage.
Le combat contre le dragonkin, qui fait partie des « Neuf Générales Divines », s’était terminé par une explosion de lumière blanche――Garfiel aussi avait été dans la ville quand l’onde de choc l’avait balayé. Emilia avait expliqué ce que cela avait vraiment été.
Garfiel : [――Un rugissement de dragon.]
Alors que les dragons terrestres, dragons d’eau, dragons volants et autres étaient des espèces de dragons, les Dragons étaient bien au-dessus d’eux. 1
Les Dragons possédaient une puissance dite hors de toute raison. En un seul souffle, tout était déraciné.
Il y avait une crainte que, si le duo Emilia et Priscilla n’avait pas essayé de s’y opposer, les dégâts se seraient encore étendus.
Garfiel : [… Peu importe ce que je fais, mon incroyable moi, je suis toujours au mauvais endroit au mauvais moment.]
Alors qu'il louait Emilia et, en même temps, Priscilla pour leurs réalisations, un sentiment amer se formait dans son cœur.
En ne les accompagnant pas jusqu'à la Tour de Guet de Pleiades, Garfiel avait manqué l'occasion de faire face au Dragon Divin Volcanica, que Emilia avait rencontré. Non seulement cela, mais cette fois il avait raté l'occasion d'entrer en contact avec un autre Dragon, malgré le fait d'être dans la même ville.
D'une manière à la Subaru, il devait dire que le poisson s'était échappé.
Heinkel : [――――]
Sa mauvaise humeur n'était pas du tout parce qu'il n'avait pas pu rencontrer un Dragon, une existence dont on parlait depuis l'Antiquité.
C'était parce que le rôle de Garfiel était de combattre et de vaincre des ennemis puissants. Pour vaincre ceux qui tenteraient de perturber les objectifs du Camp, et pour remplir son rôle d'officier militaire.
S'occuper des blessés n'était absolument pas une de ces tâches.
Garfiel : [Plus que ça, mon moi incroyable n'a même pas pu faire quoi que ce soit en entrant dans l'Empire.]
Lors de leur passage clandestin dans l'Empire Vollachien, Garfiel avait été inutile.
Ils s'étaient appuyés sur la famille d'Otto, sur la Compagnie Commerciale Suwen, pour entrer en contact avec les personnes qui les guideraient à travers la frontière. Et lorsqu'ils ont eu un désaccord avec eux en cours de route, Petra a conclu les négociations de manière digne.
Après cela, lorsque des problèmes sont survenus dès leur entrée dans l'Empire, Frederica a utilisé son propre sang pour surmonter la situation, et tout ce que Garfiel a finalement fait, c'est de mettre KO un gars qu'il n'aimait pas, pour le faire taire.
Au moins, il avait trouvé de l'espoir dans le nom de la valkyrie aux cheveux noirs, « Natsumi Schwartz », qui était censée se trouver dans la Cité-Forteresse, mais juste au moment où il pensait que sa réunion avec Subaru finirait par arriver――
Garfiel : [Il nous manquait l'un l'autre après le départ du Capitaine… On dirait que la malchance m'a suivi jusqu'au bout, tout semblait être de ma faute, mon moi incroyable…]
Bien sûr, il était pleinement conscient que c'était de la paranoïa due à la surpensée.
Tout comme Garfiel et les autres avaient vécu une grande aventure en arrivant dans l'Empire, Subaru, ayant été projeté dans l'Empire, avait aussi vécu une grande aventure là-bas. Rien de plus, rien de moins.
Se retrouver impliqué dans un incident majeur dès le départ, même dans un endroit où il avait été projeté, ressemblait beaucoup au Subaru que Garfiel connaissait.
Garfiel : [――Une lutte pour le sommet de l'Empire, c'est une sacrée grosse affaire, Capitaine.]
Un signe de grande guerre qui engloutirait la Cité-Forteresse―― non, qui engloutirait l'ensemble de l'Empire Vollachien.
Quelle causalité l'avait conduit à se retrouver au cœur d'une telle situation ? Cependant, pensa Garfiel, cela devait sûrement être le résultat du fait que Subaru est qui il est.
Tout en luttant avec acharnement, désespérément, pour revenir à ses côtés, auprès d'Emilia et des autres, il s'était lié avec les personnes qu'il avait rencontrées en chemin, et incapable de les abandonner, il continuait de courir.
En ce moment, il était quelque part loin, dans une grande ville au sud-est, apparemment en train de négocier avec des personnes influentes.
Quelle que soit l'issue, ce serait bien qu'il revienne sain et sauf――,
Heinkel : [――Hé, gamin.]
Garfiel : [Ahhn ?]
Heinkel : [Tes dents claquent comme un fou depuis un moment. Tu ne peux pas te calmer et fermer ta bouche ?]
Heinkel a soudainement craché ces mots à Garfiel, qui était perdu dans ses pensées.
L'homme roux qui semblait agacé, lançant un regard furieux, porta un doigt à sa propre bouche et traça sa canine en guise de démonstration. Cela voulait dire que l'habitude de Garfiel de claquer des dents commençait à l'agacer.
Garfiel : [Ha, pourquoi mon moi incroyable devrait-il écouter tout ce que tu dis ? Si ça te dérange aux oreilles, tu peux partir quand tu veux.]
Heinkel : [C'est ta meilleure insulte, espèce de gamin capricieux ? Je suis là en premier. Connais ta place.]
Garfiel : [――Hk, celui qui a flanché face à un Général Divin ne devrait pas être si arrogant !]
Détestant l'idée d'être coincé de la même manière qu'avant, Garfiel cria cela en retour avec force.
Après avoir affirmé cela, Garfiel réalisa qu'il avait fait une remarque impulsive. Cependant, son adversaire était son adversaire. Répliquer autant, se sentir coupable de cela était――.
Heinkel : [Ahh, c'est vrai, n'est-ce pas. ――J'ai eu peur. C'est pour ça que ça a tourné comme ça.]
Garfiel : [Pops… ?]
Heinkel : [J'ai aussi gâché l'humeur de Miss Priscilla, alors maintenant je me saoule à mort. Aah, quelle irrédeemable.]
Cependant, les mots qu'Heinkel proposa en retour étaient faibles, laissant Garfiel perplexe.
Levants la bouteille d'alcool à sa bouche tout en en sirotant le contenu, Heinkel grogna d'une voix basse qui semblait maudire le monde―― Non, semblait maudire sa propre existence.
Comme si le monde lui-même l'avait abandonné, son attitude semblait tomber dans une désespérance totale.
Garfiel : […Ton adversaire était un Général Divin. Ce sont les forces militaires les plus puissantes de l'Empire, c’est normal que tu ne puisses pas les battre, Pops.]
Incapable de supporter de voir cette apparence pathétique, il lui adressa des mots de réconfort.
Malgré l'avoir dit lui-même, Garfiel fut étonné de constater qu'il avait fait cette remarque sans honte. Juste avant, il avait insulté Heinkel pour avoir perdu contre un Général Divin, mais maintenant il le consolait en disant que c'était normal qu'il ait perdu.
C'était incohérent, et probablement complètement inefficace en tant que réconfort. Si Garfiel avait été à la place de Heinkel, il aurait pu exploser de rage en entendant la même chose.
Cependant, Heinkel rit d’un rire sans courage face au réconfort de Garfiel,
Heinkel : [Je n'ai peut-être pas gagné, mais j'avais un devoir à remplir. D'autant plus si je dois récolter les bénéfices d'être allé avec Miss Priscilla… Heh, quelle putain de chef-d'œuvre.]
Garfiel : [C’est, un chef-d'œuvre ?]
Heinkel : [Ce que je poursuis depuis plus de dix ans continue de m’échapper. Peu importe jusqu’où j’aille, je ne pourrai jamais changer ma nature de merde.]
Face à l’auto-dérision incessante d’Heinkel, Garfiel commença à le voir différemment.
Au début, à cause des actions imprudentes qu’Heinkel avait entreprises à la Cité Watergate, l’impression qu’en avait Garfiel était celle d’ennemi et de dégoût. Après seulement peu de temps, au moment même où il pensait que cette impression était confirmée, voir Heinkel se maudire lui fit réévaluer son jugement.
Il se tenait là un homme faible, épuisé, misérable.
Les mots qui sortaient de sa bouche étaient des lames contre lui-même et contre les autres, bien que leur aiguisement fût pathétique. Si ces mots n’étaient dirigés que vers les autres, Garfiel les mépriserait simplement et en finirait là.
Cependant, lorsqu’il réalisa qu’Heinkel les dirigeait aussi contre lui-même, Garfiel ressentit une sensation désagréable dans la poitrine.
Garfiel : [Salaud, t'as vraiment le culot de pourrir comme ça. Tu es encore en vie. Ensuite…]
Heinkel : [——. Je me demande, pourquoi suis-je encore en vie ?]
Garfiel : [——Hk, tu oses vraiment dire ça devant la personne qui t’a sauvé ?]
Heinkel continua de grogner des mots d’abandon qui invitèrent la colère de Garfiel.
À la réponse de Garfiel, Heinkel le regarda en jetant un « Ah » comme s’il venait de réaliser quelque chose pour la première fois.
Heinkel : [Maintenant que tu le mentionnes, c’est toi qui m’as guéri. Fais attention la prochaine fois.]
Garfiel : [Aah !?]
Heinkel : [Ne rate pas l’occasion d’abandonner les gars que tu détestes pour t’éviter des ennuis futurs.]
Heinkel laissa échapper un rire lâche en affirmant cela.
Au moment où il entendit cela, Garfiel sentit la sensation que sa vision était teintée d’un rouge profond, et il se retrouva à saisir le col de l’homme en fronçant les sourcils, le visage imprégné d’alcool de près.
Il entendit un léger bruit de verre de bouteille d’alcool brisée à ses pieds.
C’était parce que Garfiel l’avait saisi par le col et soulevé son corps avec une force brute, faisant tomber la bouteille d’alcool, dont le contenu était encore présent, du main d’Heinkel au bas des remparts.
En suivant du regard la bouteille d’alcool tombée, Heinkel poussa un soupir.
Heinkel : [C’est juste une perte, n’est-ce pas ?]
Garfiel : [Salaud, c’est tout ce que t’as à dire ?]
Sans résister, Heinkel tourna ses yeux léthargiques vers Garfiel.
Ses yeux bleus, dépourvus d’esprit, étaient du même origine que ceux de Reinhardt, à qui Garfiel avait parlé, et Wilhelm, sous le regard duquel il était passé.
Pourtant, Garfiel pouvait à peine croire qu’ils étaient les mêmes.
Comment des yeux humains pouvaient-ils devenir si ternes ?
Les émotions tourbillonnant au plus profond de ces deux yeux, depuis combien de mois ou d’années avaient-elles été dégradées ?
Garfiel : [C’est quoi ce bordel ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?]
Heinkel dit qu’il avait déplu à Priscilla, ayant subi une défaite contre un Général Divin.
La vérité n’était pas claire, mais Garfiel croyait qu’il était bien trop insensible de blâmer quelqu’un pour ne pas avoir la puissance de se battre efficacement contre un Général Divin.
Du moins, c’était la perspective de Garfiel, qui n’était pas arrivé à temps pour avoir une chance de se battre.
À la regard et aux mots de Garfiel, les yeux d’Heinkel vacillèrent légèrement.
Ses yeux, qui n’avaient même pas été fixés sur Garfiel, l’homme juste devant lui, finirent par se connecter avec Garfiel, se reflétant clairement en eux.
Et puis——,
Heinkel : [——Ma femme…]
Indépendamment du fait qu’il venait de boire de l’alcool, les lèvres d’Heinkel, laissant échapper cette voix rauque, étaient sèches.
Mais, lorsqu’il reçut enfin des mots porteurs de sens, Garfiel serra les dents, décidé à entendre ce que cet homme vacillant avait à dire au-delà de cela.
Cependant, les mots que Garfiel attendait, encore une fois, ne furent pas entendus.
Heinkel : [——Ah.]
Garfiel : [Hein ?]
Toujours saisi par le col, les yeux d’Heinkel perdirent à nouveau leur concentration sur Garfiel. Son regard passa au-delà de Garfiel, et se dirigea vers ce qui se trouvait derrière lui.
Garfiel trouva cela frustrant et irritant, cependant,
Heinkel : [C’est une calèche.]
Garfiel ne pouvait s'empêcher de se retourner, aux mots qui avaient été prononcés.
Garfiel : [————]
Puisqu'il tenait Heinkel par le bras, le dos de Garfiel faisait face au sud de la ville —— au-delà de cet horizon, il y avait en effet un petit contour qui pouvait être aperçu approchant dans leur direction.
En forçant ses yeux, même Garfiel n'était pas capable de dire s'il s'agissait d'une calèche de dragon ou d'une calèche tirée par des chevaux, mais s'il croyait Heinkel quand il l'appelait une « calèche à cheval », c'était——,
Heinkel : [——Hah, alors c'est le retour tant attendu du groupe qui est sorti.]
Par des mots différents, Heinkel confirmait les pensées de Garfiel, ce dernier reprenant son souffle.
Le contour était encore seulement de la taille d'un ongle, mais son profil devenait légèrement plus visible ; cela pourrait être la calèche dans laquelle se trouvait la personne que Garfiel attendait et cherchait avec impatience.
Heinkel : [Hé, lâche-moi, gamin.]
Les yeux de Garfiel brillaient d'anticipation et d'excitation, une odeur d'alcool flottant autour de lui. Un froncement de sourcils traversa son visage alors qu'il regardait devant lui, accueilli par le regard sombre de Heinkel.
Le profil d'un homme qui s'apprêtait à parler de tout son cœur n'était plus là, et tout ce qui restait était le visage d'un homme haineux, crachant des remarques dégoûtantes et imprudentes à ceux qui l'entouraient.
Au moment où il s'en rendit compte, Heinkel inclina le cou et se libéra des mains de Garfiel.
Garfiel sentit que c'était à la fois une fuite physique et une fuite émotionnelle. Ce qui aurait dû être saisi par le bout de ses doigts lui avait froidement échappé.
Heinkel : [La personne que tu attends semble arriver. Pourquoi ne te dépêches pas d'aller la rencontrer ?]
Garfiel : […Enfoiré, toi…]
Heinkel : [Je vais remplir mon devoir de guetteur. Mon travail, c'est de le signaler si je vois quelque chose après tout. Même si je suis ivre, je peux au moins faire ça… Même si ça ne va probablement pas me rapporter beaucoup de points.]
D'un geste de la main, Heinkel titubait en tournant le dos à Garfiel.
Pendant un instant, il hésita à l'appeler pour essayer de l'arrêter, mais finalement aucune parole ne sortit. Comme Heinkel l'avait souligné, le cœur de Garfiel commençait déjà à s'impatienter.
Il voulait aussi vite que possible se précipiter vers le contour approchant au-delà de l'horizon.
Heinkel : [Ce serait dommage de manquer cette opportunité, n'est-ce pas ? Ces dernières paroles, tu finiras par les poursuivre sans fin.]
Laissant simplement ces mots derrière lui, Heinkel sauta du rempart avant Garfiel. Atterrissant étonnamment en toute sécurité dans la ville, il se dirigea vers le centre de la ville.
Ce dernier commentaire, l'émotion sincère qu'il contenait, Heinkel avait affirmé qu'il transpercerait le cœur de Garfiel comme une épine.
Cependant——,
Garfiel : [Maintenant——]
Mettre de côté l'existence de cette épine pour l'instant, Garfiel sauta de l'autre côté du rempart qu'avait emprunté Heinkel.
Atterrissant à l'extérieur de la ville, Garfiel étira ses genoux pliés et se mit à courir vigoureusement. Ses jambes décollaient du sol comme des explosions, plus vite que même le vent, il courut directement vers le contour qui approchait.
Garfiel : [Capitaine…!]
À travers les fissures de ses dents acérées, les émotions insupportablement profondes de Garfiel se déversaient.
Il était intimidant de penser aux sentiments d'Emilia, Beatrice, Petra et les autres, mais Garfiel était aussi l'une des personnes qui attendaient sincèrement une réunion avec Subaru.
C'est pourquoi, en transformant ses sentiments d'excitation en force pour courir, il se dirigea vers la calèche à toute vitesse.
Encore un peu plus loin, encore quelques dizaines de secondes de course, il serait reunifié avec Subaru, et——,
Garfiel : [——Ah ?]
Et ainsi, ces attentes débordantes se transformèrent en sentiments inattendus de confusion.
Sa vitesse, assez rapide pour laisser le vent derrière lui, commença à ralentir, et bientôt le vent le dépassa. Au contraire, il devint assez rapide pour laisser tout sauf le vent derrière lui, et finit par s'immobiliser.
Dans les yeux émeraude tremblants de Garfiel, se refléta la seule calèche venue d’au-delà de l’horizon—— non, la multitude de calèches et de chariots à bœufs qui approchaient.
Garfiel : [C-ceci est…]
Espérant pouvoir rencontrer Subaru sans hésitation, Garfiel cligna des yeux.
Considérant le but pour lequel Subaru et les autres étaient partis de la ville fortifiée, la vue actuelle était effectivement l’une des possibilités, mais à ce moment-là, Garfiel n’avait pas pensé si loin.
En tout cas, en s’arrêtant net devant Garfiel submergé, à la tête du convoi descendant la route vers la ville, se trouvait la calèche tirée par un excellent Galewind Horse qu’il était arrivé avec audace.
Et puis——,
???: [——Toi, qu’est-ce que tu fais à faire le fou. Si tu es un messager de la ville, il doit y avoir quelque chose que tu devrais faire.]
Ainsi, en examinant son expression, l’homme au masque d’Oni fit haleter Garfiel.
△▼△▼△▼△
???: [Tu dois être épuisée, Mademoiselle Frederica.]
À l’arôme du thé qu’on lui offrait doucement, Frederica regarda le visage de la personne avec une légère surprise.
Un sourire sur son visage doux, celui qui montrait de la gratitude envers Frederica était un homme dont le point de vue était proche du sol.
Par nature, Frederica, qui était grande de stature, surpassait souvent les hommes en taille, mais même en ignorant cela, celui qui se tenait devant elle était une petite personne de petite carrure—— cependant, au cours de plusieurs jours, Frederica avait reconnu qu’en contraste avec sa taille, il avait un grand cœur, et possédait une bonne volonté.
Frederica : [——Zikr-sama, je vous remercie pour votre considération.]
Au dernier étage de l’Hôtel de Ville, au milieu des gens occupés, l’homme—— Zikr Osman, avait personnellement préparé son thé, et elle l’accepta avec gratitude.
Alors que le parfum doux et chaud s’insinuait dans ses narines, Frederica ne put s’empêcher de sourire.
À l’origine, un tel rôle aurait dû incomber à Frederica, qui était une servante. Cependant, la position actuelle de Frederica dans l’Empire la rendait hésitante à s’engager dans le travail qui lui avait été inculqué au fil des années.
De toute évidence, le rôle de Frederica dans l’Empire semblait être celui de garde de dignitaires—— avec le recul, puisque les rôles d’Otto et de Garfiel étaient les mêmes, il n’y avait pas eu besoin que Frederica quitte son rôle de servante, mais il était trop tard pour changer cela.
C’est pourquoi, acceptant la bonne volonté offerte par le commandant qui, malgré le fardeau de responsabilités dans cet endroit, avait personnellement préparé son thé, elle se concentra tranquillement à humidifier doucement sa langue et sa gorge.
En fait, comme on pouvait s’y attendre de lui pour avoir pris l’initiative, la capacité de Zikr à préparer du thé était tout à fait remarquable.
Frederica : [Pour un Général de l’Empire, vous semblez être très talentueux dans ce genre de chose.]
Zikr : [Haha, je suis honoré par vos compliments. Cependant, je ne peux pas assumer la responsabilité du goût du thé des autres Généraux. En ce qui me concerne, j'ai été formé par les nombreuses sœurs aînées et cadettes de ma famille.]
Frederica : [Eh bien. Si tel est le cas, je dois remercier les sœurs aînées et cadettes estimées de Zikr-sama. Même dans une situation aussi mouvementée, nous pouvons encore apprécier le goût du thé.]
Zikr : [En effet, on ne sait jamais ce qui sera utile dans ce monde… Bien sûr, mon enthousiasme à être préparé est plus pour une beauté comme vous, Mademoiselle Frederica, que pour ma propre famille.]
Il n’y avait aucune arrière-pensée dans la réplique décontractée de Zikr, et Frederica accepta naturellement ses compliments.
Ces mots n’étaient pas des mensonges, peut-être était-ce l’influence d’avoir passé du temps avec tant de sœurs. Son admiration pour les femmes était si profonde et révérencieuse qu’elle en devenait presque embarrassante.
Au début, lorsqu’on lui avait dit que la personne qui prenait le nom de La Femme Fatale était le représentant principal de la ville, Frederica avait été assez nerveuse et méfiante face à la situation.
Frederica : [Je serais troublée si quelque chose arrivait à Emily, Lady Petra, ou Lady Beatrice.]
Cependant, cette inquiétude avait été dissipée après avoir rencontré Zikr en personne.
Le fait qu’ils aient été impliqués dans des efforts de sauvetage dans la ville, qui était tombée dans le chaos après la catastrophe du dragon volant, avait probablement une certaine influence, mais Zikr et les autres avaient volontairement accueilli Fredrica et son groupe.
Elle était également reconnaissante de la décision d’Otto de parler aux représentants de la ville dès son arrivée.
Frederica : [J’ai entendu dire qu’il a courtisé Mizelda-san dès qu’il l’a rencontrée, Otto-sama est vraiment fiable en ces temps difficiles.]
Si Otto lui-même avait écouté, il aurait dit : « Je pense que c’est quelque peu trompeur ! » sur un ton tremblant ; en pensant cela, Frederica hocha silencieusement la tête.
Bien qu’elle le pensât ainsi, la présence d’Otto lui était d’une grande aide.
La responsabilité des deux membres seniors du groupe d’Emilia, Frederica et Otto, était assez lourde. ―― Après tout, Roswaal et Ram étaient occupés à faire autre chose séparément.
Frederica : [――――]
Dans la recherche de Subaru et Rem à l’intérieur de l’Empire, il avait été décidé que le groupe s’infiltrant dans le pays se diviserait en deux.
Les groupes séparés comprenaient Roswaal et Ram, ainsi que les six personnes, dont Frederica et les autres.
Après s’être séparés du groupe d’Emilia, qui cherchait Subaru et son groupe en demandant autour d’eux, la paire Roswaal et Ram se dirigea vers un Noble Impérial avec lequel Roswaal était familier.
Frederica n’avait jamais imaginé que sa portée s’étendrait jusqu’à l’Empire, bien que Roswaal n’ait initialement pas pu entrer en contact avec cette personne avec qui il était proche.
Quoi qu’il en soit, ayant choisi de compter sur sa connaissance, Roswaal s’est dirigé là-bas pour des négociations, tandis que Frederica et les autres ont commencé à chercher la localisation des deux personnes dans une direction différente.
En conséquence, les rôles de Frederica et Otto étaient inévitablement devenus plus importants.
Frederica : [Bien que, Emilia-sama semblait se ressaisir pour faire de son mieux.]
Les lèvres de Frederica s’ouvrirent à la pensée de l’enthousiasme d’Emilia, débordant de motivation et de responsabilité, étant la membre la plus senior.
Si l’on appliquait strictement la hiérarchie au camp d’Emilia, les plus grands seniors seraient Puck et Beatrice, suivis par Emilia.
Après s'être séparée de Subaru, il était devenu difficile pour Béatrice de reconstituer son mana, et elle était donc en « mode Eko » pour limiter sa consommation, passant la plupart de la journée à dormir. C’est pourquoi Emilia, la plus âgée après elle, a été inspirée à faire de son mieux. 2
Bien sûr, la décision finale avait été laissée à Emilia, mais les discussions menant à cela avaient été soigneusement réfléchies principalement entre Frederica, Otto et Petra.
La raison pour laquelle ils s’étaient rendus dans la ville fortifiée était une rumeur si incroyable qu’elle avait douté de ses oreilles.
Frederica : [Une armée rebelle se soulève contre l’Empire, et la jeune fille aux cheveux noirs qui soutient son chef…]
Lorsque Frederica avait entendu que son nom était « Natsumi Schwartz », elle n’avait pas pu en saisir la signification, et ses pensées s’étaient complètement arrêtées.
Frederica s’était aussi demandé si quelqu’un portant le même nom que celui qu’elle avait entendu auparavant existait également de manière inattendue dans l’Empire.
Frederica : [Si Otto-sama n’avait pas reconnu la véritable intention derrière cela, je me demande si j’aurais été capable de le réaliser.]
Finalement, c’est Otto qui avait expliqué que le nom de la personne propagée par des rumeurs était un message de Subaru.
Otto : [Après tout, cet homme a tendance à penser que le travestissement est une solution tout-en-un… En fait, j’ai peur que cela ne l’encourage à supposer que cela pourrait être considérablement utile.]
C’était la réponse d’Otto, avec un visage à mi-chemin entre l’exaspération et l’acceptation.
Le groupe avait plus ou moins conclu que, puisque la position de Subaru dans le Royaume de Lugunica était connue, il avait pris des mesures pour éviter que son nom ne soit évoqué dans l’Empire Vollachien.
À la fin, seule Emilia avait tilté de confusion face au fait que le nom d’une femme qu’elle connaissait était utilisé, « Pourquoi, le nom de Natsumi… ? ».
En tout cas――,
Zikr : [Il ne faudra pas longtemps avant que Mademoiselle Natsumi ne revienne. Enfin, les souhaits de Mademoiselle Emily et Mademoiselle Petra seront exaucés.]
Frederica : [――Oui, absolument.]
Zikr acquiesça à Frederica, qui était plongée dans ses pensées tout en appréciant l’arôme de son thé.
Comme il l’avait dit, leur réunion avec les deux personnes qu’ils cherchaient―― ou du moins, leur réunion avec Subaru était prévue pour se réaliser dans un avenir proche.
Frederica et ses amis avaient eu raison de supposer que le nom Natsumi Schwartz était un message, et Subaru avait effectivement été confirmé comme étant présent dans cette ville fortifiée.
Le problème était qu’après son départ pour régler une autre affaire, une autre situation était survenue avec Rem, l’autre personne qu’ils recherchaient――,
Zikr : […Si seulement nous avions pu protéger Mademoiselle Rem.]
Frederica : [C’était l’étendue de la situation. Il n’y a aucune raison de vous en vouloir, Zikr-sama, ni personne d’autre. Cependant, je regrette sincèrement le résultat.]
Frederica secoua vaguement la tête en réponse aux paroles de Zikr, dont les yeux étaient baissés.
Lorsque Frederica et les autres étaient arrivés en ville, Subaru n’était pas le seul à avoir disparu, mais aussi Rem. De plus, Rem avait disparu au milieu du cataclysme du dragon volant.
On disait que, pour faire reculer le Général Divin qui assaillait la ville, elle s’était faite prendre en otage.
Frederica : [――. Dès que vous vous réveillerez, je serai convaincue que vous êtes la jeune sœur de Ram.]
Tout en s’inquiétant pour Rem, les lèvres de Frederica exprimaient de telles pensées.
Frederica ne se souvenait pas de Rem, dont le « nom » et les « souvenirs » avaient été volés par l’Autorité de l’Archevêque du Péché de Gourmandise. Du moins, elle n’avait aucun souvenir d’être éveillée.
Tout ce que Frederica savait, c’était ce que Subaru lui avait dit de la personnalité de Rem et qu’elle ressemblait exactement à sa sœur jumelle, Ram. Cependant, il semblait qu’elle était aussi audacieuse et intrépide comme Ram.
Sinon, elle n’aurait probablement jamais pu négocier avec l’un des Neuf Généraux Divins et sauver une ville dont l’existence même était en danger.
Frederica : [――――]
Après avoir accepté ses négociations, l’autre partie avait une raison de garder Rem en vie.
En y réfléchissant logiquement, cette croyance avait été leur seul salut. Si ce n’avait pas été le cas, Frederica et les autres auraient immédiatement cherché à connaître la localisation de Rem, qui était maintenant portée disparue.
Bien sûr, à vrai dire, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir courir après elle.
Frederica : [Si Ram avait été là, elle aurait… Non, cette fille est intelligente, elle n’aurait probablement pas fait ça.]
Il était difficile de juger quelle option Ram aurait choisie, selon l’avis de Frederica, qui la connaissait bien.
Ram était sage. Mais en même temps, elle avait aussi un amour profond. Frederica savait qu’elle avait visité la chambre de sa sœur cadette autant, sinon plus, que Subaru, qui venait voir Rem chaque nuit.
Elle voulait les réunir. ――Après tout, peu importe à quel point elle était impulsive, Ram était sa protégée bien-aimée.
Zikr : [Mademoiselle Frederica, ne vous inquiétez pas trop. Les conditions dans la ville se sont calmées pour le moment. Enfin, nous pouvons commencer à parler de l’avenir.]
Alors que Frederica posait doucement sa main sur sa poitrine, Zikr parlait ainsi par considération pour elle.
Comme il l’avait dit, les cicatrices laissées par les dragons volants qui avaient attaqué la ville fortifiée avaient enfin été réparées, et les conditions étaient désormais favorables pour discuter de ce qu’il fallait faire à l’avenir. Bien sûr, ce qui se passerait ensuite dépendrait de la direction des discussions, mais――,
???: [――Général de Deuxième Classe Zikr !]
C’était au moment où Frederica s’apprêtait à répondre à la déclaration de Zikr.
Une voix aiguë, chargée d’une émotion profonde, différente de celle d’être acculé, résonnait dans la Mairie. Courant dans l’escalier, et se précipitant vers eux, se trouvait un des subordonnés de Zikr.
Zikr se tourna vers lui et dit : « Qu’y a-t-il ? » alors que l’homme plaçait son poing devant sa poitrine, et,
Subordonné : [Nous avons un rapport. De nombreuses calèches arrivent du côté sud de la ville, toutes en provenance de la Ville des Démons.]
Frederica : [―― ! De la Ville des Démons. Alors… !]
Involontairement, Frederica réagit de manière proactive au rapport de Zikr. Normalement, sa gêne aurait surpassé sa réaction, mais à cet instant, cela ne la dérangeait en rien.
Zikr hocha la tête profondément à l’enthousiasme de Frederica, et,
Zikr : [Sont-ils revenus ? Comme prévu, tu es une alliée avec un timing impeccable. Appelle Miss Priscilla, Miss Petra et les autres immédiatement.]
Subordonné : [Oui, monsieur !]
Le cœur de Frederica battait la chamade à la bonne nouvelle que la personne qu’elle attendait était revenue.
Ses sentiments sombres d’inquiétude pour la sécurité de Rem s’étaient considérablement améliorés par rapport à juste avant. Du moins, pour l’instant, elle pensait qu’avec cela, la moitié de leur objectif devait avoir été accompli.
Zikr : [Tout va bien, Mademoiselle Frederica.]
Zikr sourit doucement à Frederica, qui se frotta la poitrine soulagée.
À ses mots, Frederica essaya de le remercier par un « En effet ».
Cependant――,
Subordonné : [――Général de seconde classe, en vérité, à ce sujet…]
Les paroles de Frederica furent interrompues par celles du Soldat Impérial. De plus, alors qu’il commençait à parler avec une pointe d’inquiétude, Frederica retint son souffle.
Zikr sembla partager la même préoccupation et se tourna vers son subordonné, qui avait parlé à voix basse, et demanda : « Qu’est-ce qui ne va pas ? » sur un ton plus grave.
En réponse, le subordonné hésita légèrement, puis――,
Subordonné : [La calèche est revenue de la Ville des Démons, mais Mademoiselle Natsumi Schwartz n’est pas présente… ils disent qu’ils ont perdu sa trace dans Chaosflame.]
En effet, c’était une déclaration cruelle que les tournants du destin continueraient encore une fois.
Notes :
1. Une petite clarification ici sur la raison de la majuscule : le mot « dragon », dans Re: Zero, est écrit en japonais de deux manières. Pour la première, le caractère « 竜 » est utilisé pour signifier « dragon », ce qui est utilisé pour les dragons terrestres (地竜), les dragons d’eau (水竜) et les dragons volants (飛竜). Pour la seconde, le caractère « 龍 » est utilisé, et il est employé pour des dragons considérés comme plus puissants, comme le Dragon de la Plaie Valgren et le Dragon Divin Volcanica.
2. ショウエネ est traduit par « mode Eko », l’original japonais étant plus proche d’une déformation du terme utilisé pour « économie d’énergie » (省エネ), d’où la faute d’orthographe.