Chapitre 24
―C’est vraiment mauvais.
Il sentit le sol dur contre sa joue, et réalisa qu’il s’était effondré sur le visage.
Sa force était complètement partie, et il avait déjà perdu la sensation dans ses doigts.
La chaleur de son noyau était si insupportable qu’elle lui donnait envie de se déchirer la gorge.
―Chaud, chaud, chaud, chaud, chaud, chaud, chaud.
Au moment où il ouvrit la bouche pour crier, ce qui s’échappa n’était pas un cri, mais un amas de sang.
Il vomit de grandes quantités de son sang vital en toussant. Du sang mousseux commença à faire des bulles aux coins de sa bouche alors qu’il gargouillait. Dans son champ de vision sombre, le sol avait été teinté de rouge.
―Aah, c’est tout mon sang ?
Il y en avait assez pour imbiber son corps tombé. Le sang représente environ 8 % du corps humain, et il est dit que perdre environ un tiers de cette quantité serait mortel, mais ― Il lui semblait qu’il avait déjà perdu presque tout.
Il avait arrêté de vomir du sang, mais la « chaleur » qui semblait vouloir l’incinérer persistait encore. Il bougea sa main vers son abdomen avec beaucoup de difficulté, et en ressentant une sensation impossible là-bas, il comprit.
―Mon estomac a été déchiré, hein.
Il n’était pas étonnant qu’il se sente si chaud. Il semblait que son cerveau avait confondu « douleur » et « chaleur ».
Il était presque déchiré en deux, seul un peu de peau à son dos le maintenait ensemble.
En résumé, il semblait que c’était « échec et mat » pour lui.
Au moment où il en prit conscience, sa conscience commença à s’estomper.
Même la chaleur qui le faisait se tordre de douleur avait disparu, même la sensation désagréable du sang et celle dans la main qu’il avait utilisée pour sentir ses organes, tout s’évanouissait avec sa conscience.
Tout ce qui restait, c’était son corps, qui ne pourrait pas accompagner son âme.
Ce corps utilisa le dernier peu de sa conscience qui disparaissait pour bouger un peu. Il tourna la tête vers le haut.
Des chaussures noires formaient des ondulations dans la mare de sang devant ses yeux. Il y avait quelqu’un là-bas. Et cette personne était très probablement celle qui l’avait tué.
Étrangement, il n’avait pas envie de regarder leur visage. Cette personne était celle qui lui avait pris la vie, et pourtant il avait décidé de rester simplement spectateur de sa propre fin. Il n’avait aucune idée de qui ils étaient, mais à l’heure actuelle, cela lui importait peu.
Il ne souhaitait que la sécurité de la fille.
―Baru ?
Il avait l’impression d’avoir entendu une voix comme le tintement d’une cloche.
Il était au-delà du point où il pouvait même différencier ses sens, alors il l’avait probablement imaginée.
Malgré cela, même si ce n’était pas réel, il trouvait cela extrêmement réconfortant.
Alors―
―!
Un cri court, puis le tapis de sang accueillit une autre personne.
Elle était tombée juste à côté de lui, exactement là où se trouvait son bras.
Sa main claire tomba sans force, et s’entrelassa avec la sienne.
―Probablement une coïncidence.
Il sentit ses doigts bouger légèrement, comme pour serrer sa main.
« ...Aïe »
Il força sa conscience qui disparaissait à revenir un instant. La douleur et la chaleur, tout avait disparu. C’était un effort inutile, rien qu’un perdant qui perdait son temps.
Mais même ainsi―
―Je vais, sûrement―
―Te sauver.
À ce moment-là, Natsuki Subaru perdit la vie.