Chapitre 141
Traducteur : Athena13
Éditeur : Silavin
Correcteur : p4553r
Après avoir quitté Carol, Akira se dirigea vers la base de Sheryl.
Akira semblait être de bonne humeur, ce que remarquant, Alpha lui posa une question.
« Tu as l'air plutôt joyeux, c'était vraiment si amusant de discuter avec Carol ? »
Mais Akira réagit avec surprise ; il semblait qu'il ne s'en était pas rendu compte lui-même, ou tout simplement qu'il ne ressentait pas les choses ainsi.
« J'ai vraiment l'air si heureux que ça en ce moment ? »
« Oui, je te garde toujours à l'œil, alors je peux facilement le dire. »
« Je vois. Eh bien, c'est vrai que c'était amusant. Après tout, j'ai pu apprendre beaucoup de choses sur le métier de Hunter. »
Alpha sourit doucement après avoir entendu la réponse honnête d'Akira.
« Je vois, ça fait plaisir à entendre. Dans ce cas, ce serait peut-être une bonne idée que je rassemble des informations à ce sujet pour pouvoir en discuter avec toi aussi. »
Alpha dit doucement. En apparence, elle semblait agir pour le bien d'Akira, mais derrière cela, elle ne cherchait qu'à l'éloigner de Carol.
Akira réfléchit un instant avant de répondre.
« Hmmm. Eh bien, pour être honnête, j'en apprends plus sur le bon sens dans le district est que sur le métier de Hunter grâce à toi, après tout. Je suppose que je veux que tu m'enseignes d'abord le bon sens. Après tout, je ne sais même pas où se situe la ville de Kugamayama dans le district est, donc tu pourras m'apprendre le métier de Hunter plus tard. »
« Bien, compris. »
Soudain, Akira tendit la main et saisit l'homme à côté de lui ; cet homme tenait le portefeuille d'Akira. Dans un mouvement fluide, Akira asséna un coup de pied, renforcé par sa force augmentée, à cet homme qui ne portait ni combinaison de renforcement ni armure. Bien qu'Akira se soit retenu, son coup fut tout de même douloureux. Suffisamment pour forcer l'homme à rouler au sol et à se tordre de douleur.
Akira ramassa joyeusement son portefeuille, puis se dirigea vers l'homme. Ce dernier, toujours en train de haleter de douleur, remarqua Akira qui s'approchait et attrapa désespérément le pistolet dans sa poche. Il le pointa vers Akira aussi vite qu'il le put, mais à cause de la douleur, il fut trop lent.
Avec un sourire en coin, Akira projeta d'un coup de pied le pistolet hors de la main de l'homme. L'arme vola et glissa sur le sol. Entre-temps, la main de l'homme s'était tordue selon un angle étrange ; il était évident que l'os à l'intérieur était brisé. L'homme hurla de douleur.
Akira était de bonne humeur. Contrairement à cette fois où Alna l'avait pris au dépourvu et lui avait volé son portefeuille, il avait cette fois réussi à protéger correctement l'argent pour lequel il risquait sa vie. Alpha n'avait même pas eu besoin de l'aider ; Akira avait été capable d'identifier cet homme entièrement par ses propres moyens. Il ressentait une satisfaction telle qu'il avait l'impression d'avoir pris sa revanche.
Grâce à cela, malgré tous les torts que l'homme avait causés à Akira, le garçon était de si bonne humeur. On pourrait dire qu'il s'est montré clément envers cet homme en le laissant simplement hors d'état de nuire. Si Akira avait été dans son état habituel, il ne fait aucun doute que cet homme serait déjà mort. Nous étions dans une ruelle sombre, et il n'aurait rien eu d'anormal à y trouver un ou deux cadavres gisant ici et là. Seule son humeur du moment a sauvé la vie de cet homme.
Cet homme regarda Akira avec crainte, lequel lui sourit de bonne humeur et déclara :
« Tu n'as vraiment pas eu de chance aujourd'hui en essayant de t'en prendre à moi. »
Akira semblait toujours de bonne humeur en disant cela, mais il asséna immédiatement un nouveau coup de pied après sa phrase. L'homme hurla, s'écrasa au sol et roula sur lui-même.
Pour Akira, l'incident était clos, terminé, fini. Il était devenu plus fort et ne ferait plus preuve d'imprudence. Après s'en être assuré, il fit simplement demi-tour et reprit le chemin de la rue principale.
Mais la voix derrière lui rappela à Akira que l'incident n'était pas terminé. L'homme, qui se tordait de douleur au sol, hurla soudain une malédiction.
« ...Putain de merde, on ne m'avait pas parlé de ça... »
Akira s'arrêta, son visage souriant se glaça en un instant.
Viola possédait un bureau caché parmi les innombrables bâtiments du quartier inférieur de la ville de Kugamayama. Colbert se trouvait là, avec Viola, ce jour-là.
Elle était assise sur un canapé et dit à Colbert, d'humeur joyeuse :
« Dis donc, tu es bien froid. Pourquoi tu ne viendrais pas t'asseoir ici ? »
Colbert était assis non loin de Viola et avait parfaitement entendu son invitation.
« Non merci. »
« Oh, tu n'es pas drôle. »
La réponse cinglante de Colbert relevait davantage de la méfiance que d'une réelle froideur envers Viola, mais cela ne gâcha en rien l'humeur de cette dernière, qui continuait de sourire comme à son habitude.
Colbert observa Viola, qui semblait être d'excellente humeur, et se promit de faire attention à ne pas se laisser entraîner dans les affaires douteuses qu'elle pouvait avoir en tête, tout en lui répondant.
« Alors, pourquoi m'as-tu fait venir aujourd'hui ? Il y a quelque chose qui ne te plaît pas dans le rapport que je t'ai remis ? Juste pour que les choses soient claires, je ne rendrai pas la récompense. »
« Non, rien à voir avec ça. Le rapport que tu m'as donné n'était pas mauvais. Je voulais juste te poser quelques questions directement, comme ce que tu penses de cette boutique. »
« Je suis certain de l'avoir déjà écrit dans mon rapport, tu ne l'as pas lu ? »
« Si, je l'ai lu. Mais même sur un même sujet, les gens donnent généralement un avis différent quand on leur demande de vive voix par rapport à ce qu'ils ont écrit dans un simple rapport, tu sais. Même pour des négociations, tu préfères rencontrer l'autre partie en personne, même si c'est quelque chose que tu aurais pu régler par messages, non ? C'est dire à quel point les informations que l'on obtient en parlant directement sont importantes. Enfin, pour moi, c'est important, tu le sais, n'est-ce pas ? »
Quoi qu'il en soit, c'était Viola qui l'avait engagé. Colbert utilisa cela comme excuse pour laisser tomber.
« ...Très bien, alors, que veux-tu que je te dise cette fois ? »
« Beaucoup de choses. Pour commencer, quel genre de fille est cette Sheryl ? »
Viola sourit de manière envoûtante à Colbert alors qu'ils commençaient à approfondir le sujet.
Ce jour-là, Colbert n'était pas allé à la boutique de Sheryl par pure coïncidence ; il avait été engagé par Viola pour enquêter sur l'établissement. Bien qu'il ait hésité au début à accepter cette requête, la récompense étant plutôt généreuse, il avait fini par accepter.
La seule raison pour laquelle Colbert avait tenté d'aider Levin était qu'il pouvait le faire tout en remplissant la requête de Viola, et au cas où il serait découvert qu'il travaillait pour elle, il pourrait s'en servir comme excuse pour se dédouaner. Cela pourrait aussi lui éviter d'être entraîné dans des histoires gênantes plus tard ; après tout, pour le meilleur ou pour le pire, Viola était célèbre pour semer le trouble. Beaucoup de gens restaient sur leurs gardes lorsqu'ils remarquaient que Viola faisait des siennes, et il n'y avait aucun mal à être trop prudent.
Viola posa beaucoup de questions à Colbert et celui-ci y répondit toutes. La plupart portaient sur les mêmes points que ceux déjà mentionnés dans son rapport, tandis que le reste concernait des détails qu'il avait jugés inutiles d'inclure par écrit.
Viola écoutait attentivement Colbert. Ce dernier, qui connaissait Viola depuis longtemps, savait pertinemment qu'elle cachait quelque chose de totalement différent derrière son expression. Parfois, elle semblait profondément intéressée alors qu'elle s'en fichait éperdument, parfois elle paraissait indifférente alors qu'elle était réellement captivée, et parfois, ce n'était ni l'un ni l'autre. Viola ne montrait qu'une expression susceptible de l'aider à obtenir davantage d'informations.
Colbert savait que Viola avait manipulé des informations par le passé pour contrôler indirectement d'autres personnes à maintes reprises. Il faisait donc très attention à la manière dont il lui parlait, mais même ainsi, il continuait de douter de lui-même, se demandant s'il ne dansait pas déjà sous la baguette de Viola.
« ... C'est en gros ce qu'il en est. Le chef de ce gang et propriétaire de cette boutique, cette fille nommée Sheryl, est quelqu'un d'assez impressionnant. Après tout, il semble qu'elle ait aussi Akira dans la poche, donc sa beauté ne fait pas tout. Ce n'est qu'une supposition, mais je pense que cette boutique marche bien. »
« Tu as une plutôt bonne opinion de cette boutique. »
« C'est juste mon avis. Si tu en doutes, tu peux aller la rencontrer et te faire ta propre idée. D'ailleurs, pourquoi t'intéresses-tu à cette boutique ? Il y a beaucoup d'autres commerces similaires dans les bidonvilles, non ? Est-ce parce qu'Akira est impliqué ? »
« Maintenant que tu en parles, as-tu vu Akira là-bas ? »
« Je ne l'ai pas croisé quand j'y suis allé. Il était peut-être caché quelque part. La pièce était entourée de draps blancs, il aurait pu se cacher derrière l'un d'eux, bien que je ne puisse pas l'affirmer avec certitude. »
« Je vois. Eh bien, cette boutique m'intéresse beaucoup. Disons simplement que beaucoup d'autres commerces s'inquiètent de ce nouveau concurrent. Ce n'est rien d'anormal, n'est-ce pas ? »
« ... Eh bien, si tu le dis. »
Colbert voyait bien que Viola cachait toutes sortes de choses derrière cette excuse qu'elle venait de lui donner. Il ne pouvait pas dire si c'était le fruit de son imagination ou non, car il pouvait se tromper, mais il n'avait aucun moyen de le confirmer avec certitude.
« ... Si c'est tout, je rentre chez moi. Tu peux m'appeler si tu as besoin d'autre chose... Une dernière chose cependant, je veux juste être sûr : c'est à moi de décider quoi faire des reliques que j'ai achetées hier, n'est-ce pas ? »
« Oui. C'est l'une de mes récompenses, tu peux en faire ce que tu veux. Je te dis ça par gentillesse : ce serait peut-être une bonne idée de les vendre, et ne les apporte surtout pas au centre d'échange du Bureau des Chasseurs. Si tu prends l'habitude de faire ça, tu ne pourras jamais redevenir un Hunter normal. »
Colbert fixa Viola avec intensité.
« Humph, ça ne te regarde pas. »
« Mais bien sûr, c'est entièrement ton choix. »
Viola sourit en disant cela. Colbert afficha une mine plutôt frustrée en quittant la pièce.
La porte claqua violemment lorsque Colbert sortit. Viola la fixa et murmura :
« Vu son comportement, je ne pense pas qu'il puisse redevenir un Hunter normal à ce stade. Mais bon, c'est une façon de vivre comme une autre. »
C'est Viola qui avait proposé de payer Colbert avec des Reliques plutôt qu'avec de l'argent afin de l'inciter à accepter sa requête, tirant profit de son désir de ne jamais redevenir un simple Hunter.
Un appel parvint sur le terminal d'information de Viola ; elle tendit la main vers celui-ci et répondit d'une humeur joyeuse.
« C'est moi... Oui, oui, j'ai fait courir la rumeur... Non, mon travail consiste uniquement à diffuser l'information pour attiser le feu, et il est terminé une fois que l'incendie s'est déclaré. Bien sûr, ça ne me dérange pas d'aller plus loin, mais ça te coûtera plus cher, tu sais... ? Si tu ne veux pas me payer, alors attends simplement. J'ai correctement propagé la rumeur, ce n'est donc qu'une question de temps... Oui, eh bien, à plus tard alors. »
Viola mit fin à l'appel.
« Je me demande ce qui va se passer à partir de maintenant, je ne peux pas m'empêcher d'être excitée. »
Viola sourit, imaginant toutes sortes de possibilités.
***
L'homme qui avait volé le portefeuille d'Akira était recroquevillé au sol. Akira marchait vers lui avec une expression sombre. Le visage de cet homme était déformé, non seulement par la douleur de sa main brisée, mais aussi par la peur qu'inspirait Akira en s'approchant.
Il avait bien songé à s'enfuir, mais la douleur dans son estomac et sa main, ainsi que la peur d'être tué par Akira, l'empêchaient de faire le moindre mouvement brusque. Il lui était impossible de prendre la fuite.
Akira s'arrêta juste devant l'homme et lui demanda d'une voix calme, presque un murmure :
« Qu'est-ce que tu entends par là ? »
Mais l'homme implora le pardon au lieu de répondre à la question d'Akira.
« P-pitié, épargnez-moi !! Je suis vraiment désolé !! »
Akira pointa son fusil sur l'homme et lui demanda à nouveau :
« Réponds. À. Ma. Question. Qu'est-ce que tu voulais dire par ce que tu viens de déclarer... ? Si tu réponds, je pourrais te donner un peu de mes médicaments... Si tu refuses de parler même sous la menace d'une arme, alors je serai plus qu'heureux d'exaucer ton souhait. »
L'humeur d'Akira s'était considérablement dégradée. Même si l'homme ne répondait pas parce qu'il était incapable de rassembler ses esprits, terrifié par le fusil braqué sur lui, Akira n'en aurait probablement cure et se contenterait de l'abattre.
L'homme supplia désespérément Akira de ne pas le tuer.
« B-bien sûr !! Je vais vous le dire !! Je vous dirai tout !! Alors, s'il vous plaît, ne tirez pas !! »
Akira abaissa son fusil, sortit sa boîte à médicaments, en tira quelques pilules et les força à descendre dans la gorge de l'homme. Il ne se soucia pas des gémissements de ce dernier. Puis, Akira saisit la main brisée de l'homme et la remit en place avec force.
L'homme hurla de douleur lorsqu'Akira remit sa main brisée en place, son visage se tordant sous l'agonie. Mais son expression de surprise et de souffrance changea immédiatement. Le médicament faisait des merveilles ; la douleur à son estomac et à sa main brisée par le coup de pied d'Akira s'estompait lentement, mais sûrement. Même sa main, qui était tordue dans un angle contre-nature jusqu'à présent, pouvait de nouveau bouger, bien que légèrement, après qu'Akira l'ait remise en place de force.
L'homme était confus et surpris qu'Akira ait réellement partagé une partie de ses médicaments, mais sa confusion et sa surprise furent balayées lorsqu'il remarqua qu'Akira avait déjà pointé son fusil vers lui à nouveau.
Akira avait bel et bien partagé ses médicaments, comme il l'avait dit. Par conséquent, comme il l'avait également affirmé, il pouvait tout aussi bien tuer cet homme pour de bon. L'homme ouvrit la bouche, pris de panique. Si Akira pensait qu'il avait rompu sa promesse, il pouvait presser la détente à tout moment ; alors, avant que cela n'arrive, il fit de son mieux pour commencer à parler.
« ...J'ai acheté cette information. Ils ont dit qu'il y avait un jeune Hunter insouciant qui transportait beaucoup d'argent, mais qui était une cible facile à dépouiller... Et que ce ne serait pas grave même si je me faisais prendre, car quelqu'un d'autre s'était déjà fait attraper par le passé, mais quand ce pickpocket a couru se cacher derrière un autre Hunter, ce gamin a eu peur et s'est enfui... La rumeur dit essentiellement que tu es une cible facile et que ça ne posera pas de problème même si je me fais prendre... »
Akira se souvint qu'il avait été imprudent par le passé et qu'il s'était fait voler son portefeuille par une jeune fille nommée Alna. Malheureusement, il n'avait pas pu récupérer son argent. Après tout, Katsuya avait protégé Alna.
À cette époque, leur différence de puissance était tout simplement trop grande ; bien qu'il ait été contre l'idée, Akira avait fini par battre en retraite. Si Alpha ne l'avait pas arrêté à ce moment-là, il était presque certain qu'un combat aurait éclaté et qu'Akira aurait été tué.
L'humeur d'Akira se détériora instantanément dès qu'il se remémora cet événement. Son expression devint froide ; bien qu'il soit sans émotion, une vague de colère sombre et viscérale semblait émaner de lui.
En voyant cela, l'homme fut terrifié et supplia Akira de l'épargner.
« C-Ce n'est pas moi !! C'est l'information qui vient du courtier en informations !! »
Akira répondit d'une voix calme.
« Comment m'as-tu trouvé ? As-tu vu une photo de mon visage ou quelque chose du genre ? »
« ...Ils m'ont donné des descriptions, comme la coiffure et la carrure... Et ils m'ont aussi montré une photo floue. »
« Tu as réussi à me trouver rien qu'avec ça ? »
« C-comme je l'ai dit, je me suis trompé de personne. Je t'ai confondu avec ce jeune Hunter. »
« Tu n'as pas dit là-bas que tu n'avais rien entendu à ce sujet ? Tu n'as pas dit que tu m'avais pris pour cette proie facile, n'est-ce pas ? »
« C-c'est que... »
L'homme resta sans voix. Akira fixa son regard sur lui sans rien dire. L'homme ne put supporter la pression et commença à trembler en suppliant Akira.
« J-je suis vraiment désolé, j'ai été piégé par cet informateur, il m'a donné de fausses informations. C'est ma faute, je suis si stupide de m'être fait avoir par cet informateur. Alors s'il te plaît, aie pitié de moi. »
Akira dévisagea l'homme, son fusil toujours braqué sur lui, et l'homme soutint son regard avec une grimace de douleur.
Soudain, Akira abaissa son fusil. L'homme parut soulagé, mais ce fut de courte durée.
Akira saisit l'homme par le cou, le souleva et le projeta contre le mur de la ruelle. L'homme gémit de douleur, mais Akira ne s'arrêta pas là. Il lui lança, d'un ton froid et impitoyable, sans même le regarder :
« Tout d'abord, mettons les choses au clair : tu n'as pas été piégé par cet informateur. Je suis bel et bien l'idiot qui s'est fait voler son portefeuille par un gamin. J'étais bien ce faible qui a pris la fuite quand le Hunter qui protégeait ce gamin m'a confronté. L'informateur ne t'a pas menti, ces informations sont exactes. »
Puis, Akira plongea son regard droit dans les yeux de l'homme, comme s'il sondait les profondeurs de son âme. Le visage de l'homme était empli de terreur.
« Mais je n'ai pas l'intention d'en rester là. Je n'en ai pas fini avec elle. Peu m'importe d'où tu tiens ces informations, mais assure-toi de dire à cet informateur que l'histoire est loin d'être terminée, c'est compris ? »
Bien qu'Akira lui serre violemment le cou, l'homme parvient à hocher la tête. Akira relâche alors sa prise, et l'homme, pris d'une quinte de toux, s'effondre au sol.
Akira fait volte-face et s'éloigne d'un pas rapide.
L'homme tousse tout en essayant de reprendre son souffle. Lorsqu'il a été lâché par Akira, il a aperçu son pistolet, éjecté de sa main par un coup de pied, gisant au sol près de lui. Il se relève lentement et tend la main vers son arme.
Au moment où ses doigts effleurent le pistolet, une détonation retentit et l'arme est pulvérisée. L'homme ne peut s'empêcher de se tourner vers la source du tir et voit Akira, son fusil d'assaut AAH braqué sur lui. C'est Akira qui a tiré sur son pistolet.
L'homme hurle et s'enfuit aussi vite qu'il le peut dans les profondeurs de la ruelle.
Akira baisse son fusil en silence, d'une humeur exécrable. Il affiche la même expression sombre que lorsqu'il s'apprêtait à affronter Katsuya.
Alpha vole jusqu'à lui et se place devant Akira, agrandissant son image dans son champ de vision.
« Akira, respire un grand coup. »
Akira inspire profondément comme Alpha le lui a demandé, et répète l'opération plusieurs fois. Après quelques répétitions, il se calme lentement.
Alpha lui adresse un sourire doux pour l'apaiser et dit :
« Ça va mieux maintenant ? »
« ...Ouais... Désolé. »
« Ne t'en fais pas pour ça. »
Alpha sourit comme si cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Akira sembla légèrement abattu et laissa échapper un grand soupir.
« Pour être honnête, je pensais en avoir complètement fini avec cette histoire, tu sais. »
Pour Akira, c'était quelque chose de déjà réglé. Ou du moins, c'est ce qu'il croyait. Si rien ne s'était passé, il n'en aurait ri qu'en y repensant. C'était vraiment une affaire classée dans son esprit.
Mais il semblait que quelqu'un ne voulait pas le laisser en rester là ; ainsi, dans l'esprit d'Akira, la situation était passée de « terminée » à une « courte pause », et maintenant, elle était de nouveau « en cours ».
Alpha s'adressa alors à Akira avec inquiétude.
« Je pense que ce serait une bonne idée de rentrer directement chez toi sans passer par la base de Sheryl aujourd'hui. Ce serait fâcheux qu'il arrive quelque chose alors que tu es d'aussi mauvaise humeur, tu ne serais pas en mesure de désamorcer la situation, n'est-ce pas ? »
« ...Non, je vais au moins lui rendre une brève visite. Après tout, je lui ai promis de passer même si je suis plus en retard que d'habitude... De plus, il y a quelque chose que je veux demander à Sheryl. »
Le visage d'Akira se tendit à nouveau alors qu'il réfléchissait à la manière de résoudre cette situation.
***
Sheryl travaillait dans sa chambre privée quand quelqu'un frappa soudainement à la porte.
« Entrez. »
Alicia ouvrit la porte et s'adressa à Sheryl.
« Boss, Akira-san est arrivé. »
Sheryl jeta un coup d'œil à Alicia, qui était seule. Elle pencha alors la tête et demanda :
« Où est-il ? »
« Il discute avec Erio en ce moment, il sera là dans une minute. Et aussi, il y a quelque chose que je dois te dire... »
Alicia hésita et semblait plutôt inquiète.
« ...Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais il semble qu'Akira-san soit de très mauvaise humeur en ce moment. Alors, fais attention. »
Alicia avait demandé à Erio de retenir Akira un instant afin de pouvoir prévenir Sheryl de l'humeur d'Akira. Sheryl le remarqua et fronça les sourcils.
Alors qu'Alicia quittait la pièce, Akira entra. Lorsque Sheryl vit l'expression d'Akira, elle parvint à peine à empêcher son visage de se crisper.
Même Sheryl pouvait voir clairement qu'Akira était manifestement de très mauvaise humeur. Akira savait que son expression trahissait ses émotions, alors il fit de son mieux pour corriger cela. Il essaya tant bien que mal d'agir avec désinvolture, mais il échoua complètement.
[Ça a l'air vraiment mauvais, en effet... Dieu merci, Alicia m'a prévenue à l'avance.]
Sheryl était extrêmement nerveuse, mais elle sourit tout de même à Akira, faisant de son mieux pour dissimuler son anxiété.
Elle était assise face à Akira à une table, et elle pouvait clairement sentir l'atmosphère pesante qui régnait dans la pièce. Elle se creusait les méninges pour trouver la bonne attitude à adopter.
Tant pour sa position au sein du gang que pour ses propres sentiments, Sheryl ne voulait pas qu'Akira la déteste. Akira était le principal soutien du gang, ainsi que la raison pour laquelle elle pouvait conserver son poste de chef. Si Akira venait à la détester, sa position s'effondrerait. Akira était également l'ancre psychologique de Sheryl ; il était la personne sur laquelle elle s'appuyait lorsqu'elle était mentalement ou spirituellement épuisée. Si Akira l'abandonnait, il ne faisait aucun doute qu'elle s'effondrerait.
Avec l'Akira habituel, même si Sheryl commettait une maladresse ou disait quelque chose qu'elle n'aurait pas dû, il laisserait simplement couler. Si Sheryl disait quelque chose provoquant un malentendu, elle pouvait tout expliquer jusqu'à ce que la situation soit clarifiée. Si elle disait quelque chose qui offensait Akira, elle pouvait s'en excuser. De cette façon, cela ne porterait pas un coup fatal à sa relation avec lui, ou du moins, c'est ce qu'elle pensait.
Mais l'Akira actuel n'était pas celui qu'elle connaissait, et Sheryl ne pouvait pas se permettre d'agir normalement. Elle sentait que si elle commettait la moindre erreur ou si elle disait quelque chose provoquant ne serait-ce qu'un léger malentendu, cela porterait un coup fatal à sa relation avec Akira. Sheryl avançait avec une extrême prudence pour ne pas déclencher de mines antipersonnel.
[...D-devrais-je simplement garder le silence comme ça ? Est-ce une bonne idée de ne rien dire jusqu'à ce qu'Akira se calme un peu ? M-mais, et si cela l'énervait encore plus ? Devrais-je prendre l'initiative et parier sur la possibilité de lui remonter le moral... Tout en étant, bien sûr, extrêmement prudente pour ne pas aggraver son humeur. Mais je n'ai aucune idée de ce qui l'a mis en colère au départ, alors... Mais non...]
Alors que Sheryl concentrait toute son attention sur ce qu'elle devait faire, elle commença à oublier les détails secondaires. Son visage se tendit peu à peu.
Bien qu'Akira soit normalement un garçon peu perspicace, il fut capable de remarquer facilement ce changement dans l'expression de Sheryl ; cela montrait à quel point elle était désespérée.
En regardant Sheryl, qui devenait de plus en plus désespérée, Akira se sentit quelque peu apaisé. Il lui dit alors :
« Sheryl. »
« O-oui !? »
Sheryl répondit avec précipitation, elle ne s'attendait pas à ce qu'Akira lui parle si soudainement.
Akira fit de son mieux pour adopter son ton habituel.
« ...Eh bien, euh, il s'est passé quelque chose aujourd'hui et je ne suis pas de très bonne humeur en ce moment. Je m'en rends compte, mais ce n'est pas comme si j'étais en colère contre toi. Et puis, je fais de mon mieux, mais je crains de finir par passer mes nerfs sur toi, alors je m'en excuse par avance. Je suis désolé, si jamais je finis par m'en prendre à toi, oublie simplement tout ça et ne laisse pas cela t'affecter outre mesure. »
Après avoir dit cela, Akira baissa légèrement la tête.
Sheryl fut un peu surprise, mais elle reprit immédiatement son calme et adressa un sourire doux à Akira. Elle parvint, d'une certaine manière, à se calmer et à retrouver sa lucidité. Elle pensa qu'il serait moins probable qu'Akira se mette en colère contre elle si elle se contentait d'écouter, alors elle l'encouragea à poursuivre.
« Je comprends. Je ne te forcerai pas, mais si cela peut t'aider de partager ce que tu ressens avec quelqu'un, je peux t'écouter autant que tu le souhaites. »
« ...Désolé, merci pour la proposition, mais non. »
Sheryl regarda Akira et essaya de deviner ce qu'il en était.
[...Il semble que ce soit quelque chose de sérieux, je pourrais peut-être gagner des points si j'arrive à l'aider à résoudre son problème... Mais à voir son état, il est plus probable que je m'attaque à quelque chose qui me dépasse.]
Sheryl agit avec désinvolture, comme si cela ne la dérangeait pas le moins du monde, et déclara :
« Ne t'en fais pas, c'est de ma faute d'avoir dit quelque chose que je n'aurais pas dû. Je sais que je ne peux pas être d'une grande aide, mais s'il y a quoi que ce soit que je puisse faire, n'hésite pas à me le dire. »
Lorsque Sheryl dit cela, Akira la regarda comme s'il venait de se souvenir de quelque chose.
« Ah, c'est vrai, il y a quelque chose que je voulais te demander. »
Akira sortit son terminal d'information, appuya sur quelques boutons, puis le posa sur la table afin que Sheryl puisse également le voir. La photo d'Alna s'affichait sur l'écran ; c'était la pickpocket qui lui avait volé son portefeuille.
« Si jamais tu croises cette fille, je veux que tu m'en informes. »
Sheryl jeta un coup d'œil à la photo. À en juger par sa tenue, cette fille semblait venir des bidonvilles, mais sa silhouette n'était pas si mal. Elle serait magnifique avec un peu d'effort, ou du moins, c'est ce que pensa Sheryl en voyant cette image.
Akira ne montra aucun intérêt, même après avoir vu Sheryl nue, mais voilà qu'il lui demandait maintenant de l'aider à trouver une autre fille. Sheryl se sentit un peu insatisfaite par cette situation. Mais elle décida de mettre cela de côté pour plus tard et interrogea Akira.
« J'ai juste besoin de chercher cette fille, c'est ça ? Si vous nous donniez son nom et sa relation avec vous, nous devrions pouvoir la retrouver plus facilement. »
« Je ne connais pas son nom, et d'ailleurs, je ne veux pas que vous la cherchiez. C'est juste que si l'un d'entre vous l'aperçoit, je veux que vous me le disiez. »
« Mais dis-moi, tu cherches cette fille, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu comptes lui faire une fois que tu l'auras trouvée ? »
Comme Akira ne disait rien sur sa relation avec Alna, Sheryl commença à avoir quelques soupçons.
S'il ne s'agissait de rien de grave, elle devait veiller à ne pas se montrer impolie lorsqu'elle amènerait Alna à Akira. En revanche, si la situation était inverse, elle pourrait utiliser la force pour capturer cette fille, ce qui pourrait l'aider à marquer des points auprès d'Akira.
Mais Sheryl devait être extrêmement prudente dans sa façon de traiter Alna. Si Akira la recherchait parce qu'elle l'avait aidé auparavant, alors maltraiter Alna ne ferait qu'empirer l'humeur d'Akira.
Mais la réponse d'Akira à la question de Sheryl fut courte et claire.
« Je vais la tuer. »
La voix d'Akira était si froide et dépourvue de sentiment qu'elle en surprit même Sheryl.
Le sourire de Sheryl se figea en un instant.
Akira soupira pour se calmer, puis il déclara :
« ...Cette fille a volé mon portefeuille, tu vois. Alors, puisqu'elle a dérobé l'argent que j'ai gagné en risquant ma vie, je compte la tuer si je la retrouve. »
« J-je vois. »
« ...Et puis, il n'y a aucune raison de l'enlever ou d'utiliser la force. Bien que je ne sache pas s'il s'agit simplement de ses amis ou de personnes qui la soutenaient, elle a en gros des Hunters qui la protègent. Et ces Hunters sont plus ou moins aussi forts que moi, voire peut-être plus. Je l'ai poursuivie quand j'ai remarqué qu'elle m'avait volé, mais au final, je n'ai pas pu récupérer mon argent à cause de ces Hunters. »
« ...Ils sont plus forts que toi ? »
« Ouais, donc inutile d'employer la force. »
Akira admit avec désinvolture que ces Hunters étaient plus forts que lui, et par-dessus le marché, Sheryl remarqua qu'il n'avait aucune intention de sacrifier le gang juste pour retrouver cette fille. Bien qu'elle en soit heureuse, elle pensa aussi qu'ils devaient se rendre plus utiles à Akira. Prouver que le gang était utile à Akira représentait une étape importante pour eux.
La seule raison pour laquelle Akira aidait le gang était simplement parce qu'il était l'amant de Sheryl, il n'y avait aucune autre raison. Alors, s'ils pouvaient donner à Akira davantage de motifs de soutenir le gang, cela les ferait certainement se sentir plus en sécurité. Après tout, tout le monde dans le gang craignait en réalité d'être abandonné par Akira.
Sheryl répondit avec un visage sérieux.
« Je comprends. Je vais prévenir tout le monde comme il se doit. Comment devrions-nous t'informer si nous l'apercevons ? Même si tu nous as demandé de te prévenir, ce n'est pas comme si tout le monde dans le gang possédait un terminal d'information. Bien sûr, nous voulons t'aider autant que possible, mais... »
« Non, il n'y a pas d'urgence. Vous pouvez simplement me dire quand et où vous l'avez vue. Après tout, elle pourrait très bien avoir changé de secteur au moment où l'information me parviendra. »
Sheryl fut un peu surprise par cette remarque. Quand Akira avait dit qu'il tuerait cette fille, cela semblait indiquer qu'il nourrissait une rancœur profonde et sombre à son égard, mais d'après ce qu'il venait de dire, on aurait dit qu'Akira ne se souciait pas vraiment de savoir s'ils parvenaient à la retrouver ou non.
[Je ne comprends pas vraiment ce qui se passe dans la tête d'Akira, mais il vaut mieux faire ce qu'il nous a dit. Cela pourrait dégénérer en combat, après tout, et si c'est le cas, nous ne pouvons pas nous permettre d'être imprudents... Malheureusement, nous ne sommes pas préparés à ce genre de situation.]
Sheryl n'était pas encore assez proche d'Akira, et elle afficha une expression mélancolique en réalisant cela.
Akira remarqua ce léger changement, interpréta mal sa signification et s'excusa.
« ... Désolé, j'ai vraiment essayé de faire attention, mais je suppose que j'ai fini par me défouler sur toi, hein ? Pardon. »
Sheryl parvint tant bien que mal à afficher son sourire habituel.
« Ne t'en fais pas pour ça, tout le monde a des mauvais jours. Si ça peut t'aider, tu peux te défouler autant que tu veux sur moi, ça ne me dérange pas. Mais bien sûr, en guise de récompense, je te demanderai de me gâter beaucoup plus tard. »
« ... Ahhh... Eh bien... Tu peux faire ce que tu veux. »
Sheryl affichait un sourire malicieux, auquel Akira répondit par un sourire ironique.