Mais avec son talent et sa créativité, il devrait tout de même réussir à en absorber au moins un avant la fin de ses vies.
« Pour l’instant, il doit tout juste commencer. Malheureusement, je ne peux ni lui prêter main-forte ni l’aider. » Le Moine en pleurs s’exprima tout en volant résolument vers cette faille spatiale.
Le Moine en pleurs jeta un regard en arrière vers le royaume des êtres supérieurs, où le clone de Vritra était présent et à l’œuvre.
Grâce à l’Essence de Brume, il pouvait dissimuler les choses et cacher l’origine du clone.
Quant à ce voisin indiscret, Merde Verte, il était resté particulièrement silencieux depuis le traumatisme et le choc qu’il avait subis. Tout se passait donc bien de ce côté-là.
Peu après, Vritra fut même invité à une réunion des Hérétiques vertueux sacrés, où il fut officiellement accueilli comme nouveau membre.
Les dix commandants étaient présents, et Dipper lui-même avait fait le déplacement. L’accueil était grandiose, digne d’un nouveau commandant.
Bien sûr, pour l’instant, ils ne lui révéleraient aucune information essentielle ni aucun secret.
À ce stade, ils le couvraient généreusement de bienfaits afin de le rallier complètement à leur cause, mais aussi pour le tenir par la dette.
Vritra avait obtenu une autre maison sur place, une propriété immense, ainsi que de nombreux autres cadeaux.
Et c’est ainsi que le pantin de Vritra s’intégra pleinement parmi ces hérétiques, devenant peu à peu un membre important et un atout de confiance.
Il avait même un groupe sous ses ordres, une sorte d’unité militaire.
Par la suite, Dipper commença même à lui confier des missions importantes, que Vritra menait toujours à bien avec l’aide de Divine et/ou du Moine en pleurs.
De ce côté-là, il n’y avait encore aucun problème. Bientôt, le pantin pourrait obtenir des informations et des secrets cruciaux.
Le Moine en pleurs arriva à l’entrée de la faille et marmonna doucement : « Cela fait presque deux semaines. Là-bas, un temps considérable a dû s’écouler pour lui. Il doit s’être rapproché d’un fragment, non ? »
Tout en réfléchissant et en calculant le décalage temporel, il envoya directement les orbes à Vritra d’un geste.
Il ne pouvait pas entrer lui-même dans cet endroit, sous peine de rester prisonnier de ses profondeurs pour l’éternité. Mais Vritra, lui, était différent.
Après avoir envoyé les orbes, le Moine en pleurs s’attarda un moment, plein d’espoir, mais ne parvint à rien observer de concret quant aux progrès de Vritra.
Il ne lui resta donc qu’à partir à contrecœur, en espérant que Vritra réussirait à absorber au moins un fragment avant la fin de toutes ses vies.
Ce serait au moins une base pour qu’il puisse un jour accéder au rang d’être supérieur. S’il ne parvenait même pas à en absorber un, les choses tourneraient vraiment mal.
Peu après, le Moine en pleurs s’en alla, rongé par l’inquiétude.
…
BOUM !
« Hmm ? »
Dans le royaume, Vritra, étendu sur le dos, le corps couvert de fissures, mâchonnait un gros morceau de viande quand il pencha la tête.
Le monstre illusoire avait considérablement diminué et s’était affaibli.
Vritra livrait depuis des dizaines d’années un combat sans fin contre cette créature.
Inutile de dire que c’était loin d’être facile. C’était pire qu’une torture de troisième degré permanente. Bien des fois, Vritra avait failli renoncer, malgré tout ce qu’il avait déjà traversé.
Mais au bout du compte, il n’abandonna jamais. Renoncer ne lui aurait apporté qu’un danger perpétuel, à lui comme à sa famille.
Il préférait souffrir maintenant plutôt que de rester faible et de mettre tout le monde en danger.
Et ainsi, les jours, les mois puis les années passèrent, tandis que le combat entre les deux ne s’interrompait presque jamais.
Il était déjà mort plus de mille fois, et l’expérience n’avait rien d’agréable.
Alors qu’il mâchonnait un morceau de viande en essayant d’endurer la torture, le bâton posé à côté de lui se mit à vibrer.
« Les voilà enfin. »
L’instant d’après, trois orbes jaillirent du bâton et atterrirent dans la main de Vritra.
Mais contrairement à avant, où il passait des mois à les absorber, Vritra se contenta de serrer le poing.
Il brisa les trois orbes, puis aspira toute leur énergie, qui fusionna rapidement avec son corps.
Son statut augmenta à toute vitesse…
Demi-dieu niv. 8 !
Demi-dieu niv. 9 !
Demi-dieu niv. 10 !!
Mais à présent, cela ne représentait plus grand-chose aux yeux de Vritra.
GRAAAARRRRRR !
La bête illusoire poussa un nouveau rugissement terrifiant et attaqua Vritra de toutes ses forces.
Les fissures s’étendirent encore, mais elles se résorbaient lentement.
En absorbant l’énergie, il n’augmentait pas seulement sa force physique.
Sa compréhension de lui-même, de ses capacités et du monde s’approfondissait elle aussi. Tout cela lui donnait une motivation parfaite pour continuer.
La route qui s’ouvrait devant lui était semée d’innombrables problèmes, mais il n’avait qu’une seule option : continuer sans s’arrêter.
Après s’être reposé un peu, Vritra se remit sur pied et bondit en avant dans une déflagration, avant de réapparaître un instant plus tard.
« Amène-toi ! »
…
Les jours passèrent ainsi à toute vitesse.
Il ne se passait pas grand-chose dans le royaume des êtres supérieurs.
Le clone de Vritra gagna rapidement la confiance du chef et des autres commandants du groupe des Hérétiques vertueux sacrés.
Au point qu’ils commencèrent même à l’inclure dans des missions importantes.
Malgré cela, ils le surveillaient constamment. Ils n’étaient pas assez stupides pour lui faire entièrement confiance.
Pas alors qu’une seule erreur pouvait ruiner tous leurs plans.
On pouvait donc dire qu’ils ne lui transmettaient que des informations qui n’étaient pas trop confidentielles.
Et si elles venaient à fuiter, ils sauraient à l’avance qu’il était un espion.
En plus des divers avantages qu’il recevait, Vritra obtint aussi de nombreuses informations importantes.
Certaines lui furent directement communiquées par d’autres, d’autres furent glanées en écoutant aux portes, et ainsi de suite.
Tout cela était bien sûr transmis à Evelyn, qui était elle aussi assez douée pour tromper son monde.
Elle ne fit rien qui puisse compromettre Vritra et le laissa prendre davantage d’importance parmi eux.
Pourtant, une nouvelle la choqua et la troubla profondément.
Dipper était allé rencontrer un Crooked qu’elle connaissait très bien.
Evel, le Crooked qu’Evelyn avait rencontré lors de la dernière guerre, celui qui avait même entrevu ses souvenirs et connaissait l’existence de Vritra.
Il devint donc évident que ce groupe frayait avec les Crooked, ce qui constituait l’un des plus grands crimes, un acte de trahison.
Evelyn ne prit aucune mesure, mais, au fil des mois, une autre nouvelle stupéfiante lui parvint.
Il y avait bel et bien un traître dans la famille Vespera.
Mais cela la plongea dans la confusion. Et si Dipper lui donnait cette information pour semer la discorde ? Cette possibilité lui donna vraiment mal à la tête.
Bien qu’elle eût des doutes, elle commença tout de même à vérifier en secret toutes les personnes, proches ou éloignées, liées à la famille Vespera.
Au sein de sa famille, elle pouvait au moins accorder une confiance absolue à son père.
Au début, Evelyn attendit, mais Vritra ne parvenait pas à découvrir quand les hérétiques comptaient attaquer. Elle décida donc finalement d’en informer son père.
Elle raconta à Fader ces deux choses : la présence d’un traître dans la famille et la rencontre avec le Crooked.
Elle voulait agir rapidement contre les hérétiques, mais savait qu’ils ne pouvaient pas se contenter d’arrêter ou de tuer ce groupe.
Si ces gens ne s’étaient pas sentis soutenus ou sûrs d’eux, ils ne se seraient pas opposés aussi ouvertement aux Vespera.
Eux aussi commencèrent donc à agir dans le plus grand secret.
Bien que le royaume des êtres supérieurs restât plongé dans le calme, une tempête grondait sous la surface.
Evelyn s’inquiétait pour Vritra, mais ne pouvait obtenir de ses nouvelles, pas même par l’intermédiaire du pantin qu’il avait créé.
« Au moins, il sera en sécurité. »
Elle ne pouvait que se rassurer ainsi.
Pendant ce temps, Armin la harcela à plusieurs reprises, mais, face à sa froideur constante, il se découragea et ne comprit pas pourquoi tout avait changé.
Dans leurs zones d’entraînement respectives, tous traversaient un entraînement infernal.
De temps à autre, ils pouvaient faire une pause et discuter entre eux, mais Vritra restait le seul à être injoignable en permanence.
Toutes les femmes s’ennuyaient énormément de lui, mais tout ce qu’elles pouvaient faire, au mieux, c’était voir son pantin se déplacer dans le royaume des êtres supérieurs. Après tout, ce n’était qu’un pantin.
Mais c’était tout de même le signe que Vritra allait bien.
Loin d’eux tous, Moine suivait un entraînement tout à fait différent.
Il avait enfin pu rencontrer sa mère lui aussi, et il en voulut encore davantage à Divine. Elle ne lui avait même pas tapé sur la tête.
Mais à présent, il avait aussi des frères et sœurs : de petits moines chauves.
Après avoir rencontré sa famille, son entraînement commença lui aussi. Son corps d’or était frappé toute la journée par son père jusqu’à se fissurer, puis le mana de Dieu le guérissait.
Il ne possédait pas de mana et dépendait entièrement de son physique. C’était précisément ce que le Moine en pleurs entraînait.
…
Le temps passa ainsi à toute vitesse. Quatre mois entiers s’écoulèrent en un clin d’œil.
Le monde resta calme.
Loin du royaume des êtres supérieurs, les dieux réunis dans une salle se regardèrent et hochèrent la tête.
« C’est le moment. Allons-y. »
Sur l’ordre du Dieu Soleil, ils ne perdirent pas de temps et disparurent de leur emplacement.
Il était temps que ces maudits prisonniers sortent enfin de la Prison du Monde.
Les dieux étaient certains que ces dix-là mourraient après avoir passé six mois dans cette prison, mais ils s’y rendirent tout de même pour voir ce qu’il en était.
Et aussi dans l’espoir de récupérer certaines choses.
À cause de ces gens, même les dieux avaient dû passer du temps dans la prison. L’expérience avait été véritablement infernale, surtout parce qu’ils avaient perdu une partie de leur mana.
Des mois après en être sortis, ils n’avaient toujours pas complètement récupéré.
Mais le moment était venu de s’occuper d’eux — à supposer qu’ils aient survécu.
« Ils ne devraient pas tarder à sortir. »
À peine le Dieu semblable à un livre eut-il parlé que l’entrée de la Prison du Monde s’ouvrit, et dix personnes en sortirent.
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Merci de votre lecture…