Chapitre 33
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Élevé par un épéiste impitoyable ◈
Chapitre 33 : Hangzhou
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« Pas comme ça. Tu vas juste décrocher l’hameçon. Quand le flotteur s’enfonce, attends un instant. Ensuite, donne un petit coup de poignet, rien qu’avec le poignet. »
L’Ancien, assis à côté de moi, finit par perdre patience et claquer la langue. Je fis comme il m’avait dit et, effectivement, à la touche suivante, je remontai un poisson gros comme ma paume. Ce n’est qu’alors qu’il éclata d’un rire sonore.
Je jetai le poisson qui se débattait dans le panier en bambou posé à ses pieds. À demi immergé au bord de l’eau, le panier l’accueillit dans une éclaboussure.
Après avoir remis un appât et relancé ma ligne, je finis par trouver tout cela amusant. Une demi-journée plus tôt, jamais je n’aurais imaginé pêcher.
J’avais dormi jusqu’à ce que le soleil soit haut dans le ciel, avant d’apprendre que le bateau ne partirait que le lendemain matin. Je n’avais pas non plus envie de passer toute la journée enfermé dans une chambre.
J’étais sorti me promener sur le quai comme n’importe quel voyageur et j’étais tombé par hasard sur l’Ancien, assis sur un rocher, sa ligne dans l’eau.
Je l’avais regardé pêcher un bon moment, fasciné par sa façon d’attraper des poissons avec un simple hameçon. Puis il avait désigné du menton une canne libre et m’avait dit de m’y essayer moi-même, si j’avais tant envie de le regarder.
C’était une drôle d’expérience. J’avais grandi en voyant des filets toute ma vie, mais c’était la première fois que je tentais d’attirer des poissons avec rien d’autre qu’un hameçon et une ligne. Sur le bateau de mon père, on remontait les poissons par brassées. On ne les faisait jamais mordre un par un comme ça.
Assis à observer le flotteur, je laissai mes pensées vagabonder. Tant que je gardais les yeux rivés sur ce point à la surface de l’eau, les événements de la veille et le paquet caché contre ma poitrine me semblaient lointains. J’ignorais que la pêche pouvait être aussi plaisante.
Je venais de mettre mon troisième poisson dans le panier lorsque cela arriva.
Une voile apparut lentement au détour du fleuve, en amont. On m’avait dit que le bateau arriverait le soir, mais il était en avance.
Je reportai les yeux sur le flotteur, mais n’arrivai plus à me concentrer. Au lieu de ce point à la surface de l’eau, je ne cessais de penser à Hangzhou, à la Brume et au Pavillon du Couchant, ainsi qu’à cette voix qui m’avait dit de continuer sans elle.
Après avoir raté deux ou trois touches et remonté un hameçon vide, l’Ancien claqua de nouveau la langue.
« Tu as la tête ailleurs. »
Je ne pouvais pas le nier, alors je ramenai ma ligne.
« Considère ma prise comme le prix de l’utilisation de ton panier. »
L’Ancien renifla et se contenta d’agiter la main.
Je sentais encore dans ma paume le tremblement de la ligne qui remontait jusqu’à ma main. En marchant, je me surpris à me lécher les lèvres sans raison.
Je me dirigeai droit vers l’embarcadère. Le bateau venait d’arriver et on l’amarrait. Tandis que les mariniers s’affairaient à décharger la cargaison, je cherchai brièvement quelqu’un à qui poser ma question.
Je repérai bientôt un homme au visage tanné par le soleil et aux mains rêches comme de l’écorce. Il avait étalé des baguettes de calcul devant ses genoux et faisait ses comptes.
Je m’approchai de lui.
« Ce bateau va à Hangzhou ? »
« Oui. On part demain matin. »
L’homme répondit sans quitter les baguettes des yeux. Puis il leva la tête et m’examina de pied en cap. Son regard sembla faire l’inventaire de mon chapeau de bambou et de l’unique paquet que je portais sur le dos avant qu’il ne se décide.
« Trente sapèques. Tu t’occupes de tes repas. On part une demi-double heure après le lever du soleil. Si tu es en retard, on ne t’attendra pas. »
Trente sapèques. À en juger par ce que Du Gi avait payé à Guju, le prix du trajet d’ici à Hangzhou ne semblait pas excessif.
Sans un mot de plus, je lui tendis les pièces. Il prit la ficelle, les compta, me dit de revenir le voir le matin, puis se remit à trier ses baguettes de calcul.
Quand je regagnai l’auberge, il restait encore une bonne largeur de main avant le coucher du soleil. Je laissai mon paquet dans un coin de la chambre commune et étendis les jambes jusqu’au dîner.
À l’heure du repas, je me rendis dans la salle principale et commandai un bol de soupe aux nouilles. L’auberge était plutôt bondée. On aurait dit que quelques voyageurs et deux ou trois mariniers du bateau arrivé dans la journée s’y étaient également installés.
Le garçon d’auberge avait dû raconter l’histoire à tout le monde, car les événements de la veille alimentaient les conversations à chaque table.
« Il y avait au moins vingt bandits fluviaux, paraît-il. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Un homme masqué volait dans tous les sens en brandissant son épée. »
En une seule nuit, un homme était devenu vingt et des gens s’étaient mis à voler dans les airs. Tandis que j’écoutais les récits, on m’apporta mon bol.
Je le pris et avalai une bouchée. Les nouilles étaient trop molles et le bouillon clair et fade. J’avais l’impression que la cuisine de Tonglu ne me conviendrait jamais.
Une fois l’estomac suffisamment rempli, je retournai m’allonger dans la chambre. Les autres arrivèrent un à un et s’installèrent chacun à leur place pour dormir.
Quand les ronflements se furent répandus uniformément dans la pièce, je me retournai et sortis discrètement le paquet de sous mes vêtements.
Je soulevai un coin de la soie et approchai le nez. L’odeur d’eau poissonneuse s’était presque dissipée, laissant de nouveau place à cette senteur sèche et amère.
Elle semblait tout de même un peu moins forte qu’avant.
Est-ce qu’il avait tourné ? Et alors ? Il n’avait besoin que de servir de preuve.
Je me rassurai avec cette pensée et le remis au fond de mes vêtements.
Demain, je serais à Hangzhou.
La Brume et le Pavillon du Couchant. Un pavillon enveloppé de brume et des lueurs du crépuscule. C’était un nom impressionnant pour une auberge ; elle devait donc être plutôt chère. Qu’est-ce que Du Gi avait manigancé ?
Malgré les quelques questions sans réponse qui me trottaient dans la tête, je m’endormis plus facilement que prévu.
* * *
Le lendemain, je me réveillai avant l’aube. Au bruit d’un froissement, je me retournai et vis les mariniers qui dormaient à côté de moi rassembler leurs affaires et quitter la chambre un à un.
Je me levai en hâte, préparai mes affaires et les suivis. Moins d’un repas après mon embarquement, le bateau s’éloigna du quai.
Ma place se trouvait près de la poupe, à côté d’un tas de marchandises. Serrant mon paquet contre moi, je regardai la rive défiler.
La poignée de l’épée, que je sentais à travers le tissu, me rassurait d’une certaine façon. Je rapprochai mon paquet contre moi sans raison particulière.
On avait dit que le trajet durerait une demi-journée, et le courant nous emportait effectivement sans faiblir dans la même direction. Une fois sorti de la vallée, le fleuve s’élargit de plus en plus. Après midi, il s’étendait si loin que l’autre rive était à peine visible.
Les bateaux étaient également bien plus nombreux. Au début, nous n’en croisions qu’un de temps à autre. Bientôt, des voiles s’étendaient devant nous comme derrière. Des bateaux de pêche, des bateaux de marchandises, et même des bateaux de plaisance couverts. Si l’eau était une route, alors nous étions en plein milieu d’une rue commerçante.
L’un des mariniers à la proue poussa un long cri. Hangzhou devait être en vue.
Je me penchai et aperçus, au-delà de la brume sur l’eau, une longue muraille grise. En contrebas, le long de la rive, d’innombrables mâts se pressaient comme une forêt.
Même le quai bondé de Lanxi aurait eu de la chance d’occuper un petit coin de cet endroit.
La muraille resta visible un bon moment avant que nous l’atteignions. Le bateau traversa lentement le vaste fleuve et se dirigea vers la rive où se dressait cette forêt de mâts.
À mesure que nous approchions du quai, la voie d’eau se resserrait. Les bateaux emplissaient le large fleuve si densément que les passages entre eux n’étaient pas plus larges que des ruelles.
Les mariniers poussaient sur le fond avec leurs perches et se frayaient un chemin dans ces ruelles. Chaque fois qu’un bateau venant en sens inverse nous barrait la route, les cris fusaient de part et d’autre pour décider qui passerait d’abord. Parfois, quelqu’un écartait un autre bateau d’un coup de perche, et les insultes fusaient au-dessus de l’eau.
Les bruits du quai nous parvinrent les premiers : les porteurs qui criaient, les courtiers qui hélaient les clients, les cordages d’ancre qu’on enroulait et les jurons lancés d’un bateau ou d’un autre.
Enfin, le bateau accosta. Dès qu’on posa la passerelle, je descendis au milieu de ce vacarme.
Les mariniers posèrent la planche et commencèrent par décharger les marchandises, tandis que les voyageurs attendaient leur tour à l’écart, près du bastingage.
L’homme qui m’avait pris mon argent se trouvait non loin de là et surveillait le déchargement. Je lui posai donc la question d’un ton désinvolte.
« Puis-je vous demander quelque chose ? Connaissez-vous un endroit appelé la Brume et le Pavillon du Couchant ? »
L’homme se tourna vers moi et m’examina de la tête aux pieds. Puis il renifla.
« La Brume et le Pavillon du Couchant ? Habillé comme ça ? »
Habillé comme ça. Je supposai qu’il voulait dire qu’un voyageur coiffé d’un chapeau de bambou et chargé d’un paquet n’avait pas sa place dans une auberge chic, alors je n’insistai pas. Il ne semblait pas avoir voulu me vexer, puisqu’il poursuivit :
« C’est près du Lac de l’Ouest, à l’ouest de la ville. »
Après m’avoir renseigné, il sourit et me donna un léger coup de coude dans les côtes. Puis il remua les hanches deux ou trois fois d’un air lubrique.
« Je me disais bien que tu avais une jolie frimousse. Le jeune homme aime aussi les femmes, hein ? Bonne chance. »
Je savais parfaitement ce que signifiait ce geste.
Une auberge où les hommes s’amusaient avec des femmes ? Toutes les auberges chères étaient-elles comme ça ? L’homme se retourna vers la cargaison et se remit à crier.
Dans quel genre d’endroit Du Gi m’avait-il envoyé ?
Je descendis de la passerelle. À peine mes pieds eurent-ils touché terre que la foule m’emporta dans son flot, et je me contentai d’avancer là où il me portait.
Les rues près du quai n’en finissaient pas. Il y avait des ruelles bordées d’entrepôts, d’autres d’auberges, d’autres encore d’échoppes : chacune formait un quartier à part entière. Ce ne fut qu’après m’être frayé un passage dans la cohue pendant un long moment que j’aperçus la porte de la ville à l’autre bout de la rue.
On aurait moins dit une porte qu’une montagne. Elle était si haute que même deux ou trois portes de Guju empilées les unes sur les autres n’auraient pas fait le poids. La file qui passait dessous s’étirait comme une colonne de fourmis.
La file avançait lentement. Quand je m’approchai, je compris pourquoi.
Des soldats armés de lances se tenaient près de la porte. Ils prenaient des feuillets à tous ceux qui passaient et les inspectaient. Ils faisaient aussi déballer les affaires des voyageurs pour les fouiller. Certains étaient conduits à l’écart et longuement interrogés.
Ces papiers que les soldats examinaient devaient être des laissez-passer. Tandis que je me demandais quoi faire, je me souvins soudain de mon jeton d’escorte.
Je sortis ma bourse. En tâtonnant parmi les pièces, mes doigts rencontrèrent le jeton de bois familier. Je m’en étais servi pour entrer dans la ville de Geonnyeong et en sortir. Est-ce qu’il fonctionnerait ici aussi ?
Autant essayer. Je sortis le jeton d’escorte et refermai ma bourse. C’est alors que j’aperçus les morceaux de lingot d’argent à l’intérieur.
À bien y réfléchir, lorsque Nangong Hwi avait glissé quelque chose dans la manche d’un soldat, les restrictions sévères à la porte s’étaient relâchées comme par magie.
Si le jeton ne fonctionnait pas, j’avais l’intention d’essayer cette méthode. Je serrai le jeton dans ma main et attendis.
Quand mon tour arriva, le soldat tendit la main. Je posai le jeton d’escorte dans sa paume. Il le retourna pour examiner les deux côtés, puis me demanda ce qui s’était passé.
Je lui expliquai que j’avais été séparé de mon convoi d’escorte et que j’essayais de rejoindre le groupe principal. Le soldat jeta un coup d’œil à mon apparence, puis désigna mon dos du menton.
« Qu’est-ce que tu transportes ? »
Je réfléchis vite. Mieux valait ne pas attirer les ennuis en avouant que c’était une épée, alors j’improvisai.
« Une livraison. J’ai été séparé du groupe, alors je transporte cet article en attendant de le rejoindre. »
Je me tournai légèrement pour lui montrer mon dos. Le soldat y jeta un regard, puis reporta son attention sur le jeton d’escorte. Sans même me demander d’ouvrir mon paquet, il me fit signe du menton de passer.
Je m’étais inquiété pour rien. Tout se passa si facilement que je n’eus même pas besoin de glisser quoi que ce soit dans la manche du soldat.
Si les rues près du quai ressemblaient à un marché bondé, la ville elle-même était tout autre.
Même les routes étaient différentes. Au lieu de chemins de terre, de larges dalles de pierre s’étendaient à perte de vue. Des chaises à porteurs, des charrettes et des cavaliers partaient tous dans des directions différentes.
De chaque côté, les boutiques de deux ou trois étages se succédaient sans interruption, tandis que les enseignes et les lanternes suspendues à chaque avant-toit masquaient la moitié du ciel.
On m’avait dit que le Lac de l’Ouest se trouvait à l’ouest de la ville. J’estimai la direction grâce au soleil couchant et me mis en route.
Le marché n’en finissait pas. Après une rue bordée de boutiques de soie venait une rue d’apothicaires, puis des rues bordées de maisons de thé et de marchands de thé. À Guju, tout cela aurait été entassé dans une seule ruelle commerçante. Ici, chaque métier occupait une rue entière.
À chaque intersection se dressaient des pavillons-portes, leurs toits posés sur des piliers de pierre, et les gens s’écoulaient dessous comme une rivière. Bien que je fusse dans la ville, des voies d’eau la traversaient encore et je franchis deux ou trois ponts de pierre.
À un moment, je passai près d’un domaine entouré de murs particulièrement hauts et longs. Des soldats armés de lances se tenaient devant sa porte rouge, et même la foule qui débordait de partout le contournait.
On aurait dit une résidence officielle. La hauteur de ses murs suffisait à montrer son importance ; j’accélérai donc le pas.
Les rues n’en finissaient pas et je n’atteignis la porte ouest qu’au moment où le soleil commençait à décliner.
Bien que ce fût une porte de ville comme les autres, les gens qui la franchissaient étaient tout à fait différents.
La porte par laquelle j’étais entré était encombrée de marchandises et de charrettes. Ici, il n’y avait que des gens. Des personnes en robes de soie, éventail à la main, des dames dans des chaises à porteurs, et même des gens qui transportaient des étuis à instruments. Pas un seul porteur parmi la foule qui sortait par la porte.
Personne n’interrogeait ceux qui sortaient. Je franchis la porte dans le flot de la foule et sentis quelque part une odeur de poudre de riz. Elle n’avait rien à voir avec la sueur et la puanteur de poisson qui emplissaient l’autre côté.
Je me demandai où tout le monde se dépêchait d’aller, mais je compris dès que j’eus passé la porte.
Mes pas s’arrêtèrent d’eux-mêmes.
Une immense étendue d’eau s’allongeait jusqu’au pied des montagnes et retenait tout le soleil couchant. Sa surface était si calme qu’elle ressemblait moins à de l’eau qu’à un miroir.
Des bateaux de plaisance couverts flottaient sur le lac. Une musique joyeuse nous parvenait par bribes de l’un d’eux, et le chant d’une femme dérivait depuis un autre.
J’avais vécu toute ma vie près de la mer et des rivières, mais je n’avais jamais vu l’eau briller avec autant de quiétude.
Je ne repris mes esprits que lorsque l’eau passa du rouge au violet.
Deux personnes en soie qui passaient près de moi me jetèrent un regard, échangèrent quelques rires étouffés et poursuivirent leur chemin.
Planté près de l’eau, coiffé d’un chapeau de bambou et le dos chargé d’un paquet, je devais avoir l’air d’un vrai campagnard.
Eh bien, j’en étais un. Je les ignorai et repris ma route.
Des pavillons et des kiosques bordaient la rive. À la tombée de la nuit, des lanternes s’allumèrent une à une sous leurs avant-toits, jusqu’à ce que les rives du lac brillent comme ceintes d’une ceinture de feu.
Leur lumière se reflétait à l’envers dans l’eau, formant une autre ceinture de feu sur le lac.
Je n’avais aucun moyen de savoir quel bâtiment était la Brume et le Pavillon du Couchant. Je suivis donc cette ceinture de lumière, levant les yeux vers chaque enseigne sous les avant-toits. Cette tour, ce pavillon… Finalement, apprendre à lire avait son utilité.
Et à mesure que j’avançais, je compris peu à peu quelque chose.
Il n’y avait ni écuries pour attacher les chevaux, ni cours où décharger des marchandises, ni voyageurs chargés de paquets. Tout le monde portait de la soie et n’avait rien dans les mains, tandis que la musique et l’odeur de poudre de riz s’échappaient de derrière des rideaux de perles.
Des endroits dont le commerce et la raison d’être étaient le plaisir. Enfin, le geste de cet homme prit tout son sens.
Je poursuivais mon chemin, l’esprit troublé, quand un bâtiment attira soudain mon regard.
Sa taille seule le distinguait des autres. Il était aussi large que trois ou quatre bâtiments voisins réunis et comptait trois étages. Les extrémités des avant-toits de chaque étage se recourbaient vers le ciel, et trois rangées de toits flottaient parmi les lanternes.
La façade donnait directement sur l’eau. Des piliers de pierre avaient été enfoncés dans le lac, sur lesquels reposait un pavillon. Des bateaux de plaisance passaient dessous, comme si l’endroit avait sa propre porte sur l’eau.
Des lanternes étaient suspendues en rangées à chaque étage, tandis qu’une paire de lampes hautes comme un homme se dressait devant l’entrée. Leur lumière se reflétait à l’envers dans l’eau, donnant l’impression qu’un autre pavillon illuminé se dressait sur le lac.
Au milieu de l’avant-toit, trois caractères dorés se détachaient nettement dans la lumière des lanternes. Sceptique, je regardai de plus près.
La Brume et le Pavillon du Couchant.
C’était forcément là.
Je restai un moment à contempler le sommet du troisième étage.
Était-ce vraiment là que m’avait envoyé cet homme, celui qui avait marchandé avec un vendeur d’étal pour obtenir une réduction sur une tenue ?
Du Gi n’était pas laid, mais il n’avait pas l’air d’être à sa place dans un endroit pareil.
Impossible d’y comprendre quoi que ce soit.
Je décidai tout de même d’entrer et m’approchai de l’entrée. Un homme se plaça devant moi pour me barrer le passage et m’interpella.
« Monsieur. Ici, les plaisirs coûtent cher. »
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