Chapitre 20
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Élevé par un épéiste impitoyable ◈
Chapitre 20 : Marcher sur des œufs
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Mon pied, qui s’apprêtait à avancer, se figea sur place.
Wudang.
C’était un nom que j’avais entendu pour la première fois à Geonnyeong, quelques jours plus tôt. Ces gens qui, disait-on, s’isolaient dans les montagnes pour perfectionner leur épée. N’étaient-ce pas eux qui avaient disparu quelque part avec un mendiant de la Secte des Mendiants ?
Quelques jours auparavant, je m’étais demandé si l’Ancien qu’ils poursuivaient ne pouvait pas être Hyeonam.
Mais pourquoi me parlait-on de Wudang, maintenant ?
« … Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
Je gardai un ton calme et examinai attentivement le visage de Ma Jeongsan.
Pourquoi pensait-il que je venais de Wudang ? Qu’est-ce qui l’avait amené à cette conclusion ?
Comme pour me répondre, le regard de Ma Jeongsan descendit jusqu’à ma taille. Plus précisément, jusqu’à l’épée qui y pendait.
« Inutile d’essayer de me tromper. »
Les deux mains posées sur la poignée de son large sabre, Ma Jeongsan désigna mon épée du menton.
« Ce motif sur la garde. C’est bien celui de Wudang, non ? Je ne viens peut-être d’aucune école réputée, mais je ne suis pas assez aveugle pour ne pas reconnaître l’emblème de Wudang quand il est juste sous mes yeux. »
Ma Jeongsan marqua une pause, comme s’il attendait une réponse, mais je ne dis rien. Je ne savais pas quoi répondre.
Il prit peut-être mon silence pour une confirmation. Il reprit :
« Vu que vous portez ouvertement une épée de Wudang, bien en vue, je ne pensais pas que vous cherchiez à le cacher. Alors pourquoi vous taisez-vous, maintenant ? »
Mes pensées s’emballèrent.
Je n’étais jamais devenu taoïste, et je n’avais jamais mis les pieds au mont Wudang. Mon seul lien avec eux était un Ancien désormais enterré, avec qui je n’avais jamais noué de relation de maître à disciple.
Mais si l’épée appartenait à Wudang, je n’y pouvais rien. Puisque cet homme l’avait reconnue au premier coup d’œil, il ne me croirait jamais si je prétendais le contraire.
Nier tout lien avec Wudang ne ferait peut-être que le rendre plus méfiant.
J’observai le visage de Ma Jeongsan. Il n’avait pas l’air particulièrement hostile. À bien y penser, il s’était montré respectueux avec moi depuis le début.
En me rappelant que les membres de la Bande des Serpents Noirs avaient blêmi et reculé à la seule mention de Wudang, je devinai sans peine le poids de ces deux syllabes.
Je n’avais aucune raison de me débarrasser de ce poids de mes propres mains.
Je n’avais pas besoin de prétendre activement être taoïste, mais je n’étais peut-être pas obligé non plus de rejeter cette idée. Mieux valait toutefois rester évasif.
Pourtant, dès que j’essayai de parler, une pensée me resta en travers de la gorge.
Wudang poursuivait quelqu’un. Peut-être Hyeonam, et moi, qui portais son épée.
Si la rumeur disant que j’étais un taoïste de Wudang se répandait jusqu’à Wudang, je ne ferais qu’attirer les ennuis.
Que devais-je faire ?
Après avoir longuement pesé le pour et le contre, j’ouvris la bouche.
« Quoi que le chef d’escorte ait pu voir, je ne suis qu’un escorteur qui porte une épée sur la route de Yeongpa. »
Je ne confirmai ni ne démentis quoi que ce soit. Ma Jeongsan sembla réfléchir un instant à mes paroles, puis étira un coin de la bouche en un sourire de travers.
« … Je vois. Si vous êtes un escorteur, alors vous êtes un escorteur. »
Heureusement, Ma Jeongsan n’insista pas.
Comme s’il n’était venu que pour me poser cette question, il se leva lourdement, sans même s’être lavé, en s’appuyant sur la poignée de son large sabre. Il prit appui sur sa cuisse bandée, puis s’éloigna en boitant.
« Tout de même, laissez-moi ajouter une chose. »
Il parla à voix basse en passant près de moi.
« Le jeune taoïste a peut-être cru qu’un fourreau suffirait à le dissimuler, mais au moins trois autres personnes peuvent reconnaître l’emblème de Wudang. Vous feriez bien d’être prudent. »
L’accent qu’il mit sur « jeune taoïste » montrait clairement qu’il me prenait pour un novice ignorant.
Eh bien, il n’avait pas tort. Tout ce qu’il venait de dire était vrai, sauf la partie sur le taoïste.
Ma Jeongsan sourit et retourna en boitant vers le convoi. Il semblait plutôt satisfait de ne pas s’être fié à tort à ses yeux.
Ce n’est qu’alors que je compris pourquoi Ma Jeongsan avait pris la peine de venir me prévenir.
J’essuyai sur mes vêtements le reste de l’eau qui me couvrait les mains, puis le suivis lentement.
Pourtant, mon esprit ne trouvait pas le repos.
Hyeonam possédait une épée de Wudang. Qu’est-ce que cela signifiait ?
Hyeonam avait peut-être autrefois appartenu à Wudang. Mais si c’était le cas, pourquoi Wudang aurait-il poursuivi l’un des siens avec autant d’acharnement ? Ça n’avait aucun sens.
Il était plus probable que Hyeonam ait abattu quelqu’un de Wudang et lui ait pris son épée. Je me rappelai cette nuit dans les montagnes, où l’Ancien avait tué cinq artistes martiaux vêtus de bleu-vert. Et ce n’était pas la seule fois. Il y avait eu toutes ces nuits, pendant dix ans, où l’Ancien était rentré couvert de sang.
Cette épée avait-elle appartenu à l’un d’eux ?
Un frisson me parcourut.
Si Hyeonam était bien celui que Wudang avait poursuivi, la cible de leur colère n’existait plus. Hyeonam reposait dans une tombe de montagne, la poitrine transpercée par mon épée.
Mais leur colère s’évanouirait-elle simplement parce que sa cible avait disparu ?
Même moi, qui avais enfoncé une épée dans le cœur de l’Ancien, je sentais encore, certaines nuits, une colère sans issue bouillonner en moi.
Et tout ce qui avait perdu sa cible se mettrait à chercher ce qui était lié à Hyeonam.
La seule personne dans ce cas, c’était moi.
Même si je leur disais que j’avais tué l’Ancien, ils ne me croiraient pas. Ils me prendraient plus probablement pour le disciple ou le complice de ce vieil homme fou.
À quoi bon leur expliquer que je pouvais reproduire parfaitement la voie de l’épée de Hyeonam sans jamais avoir noué de relation de maître à disciple avec lui ?
La conclusion s’imposa d’elle-même.
Dès que nous arriverions en ville, je devrais me procurer une nouvelle épée.
Tant que je porterais à la taille ce morceau de fer marqué de l’emblème de Wudang, j’aurais froid dans le dos où que j’aille.
« Hé, le dos de l’épéiste ! »
Ignorant mes pensées tourmentées, Gwak Seok me sourit et me donna un coup d’épaule.
Il m’appelait « l’épéiste » depuis tout à l’heure. J’ignorais où avait bien pu passer l’air effaré qu’il avait affiché pendant la journée.
Le convoi se préparait à repartir. En rejoignant le groupe, je touchai machinalement l’épée à ma taille.
La route reprit.
Comme si le violent combat de la mi-journée n’avait été qu’un mensonge, le sentier de montagne retrouva son silence.
Seuls les cris des oiseaux des montagnes venaient parfois le déchirer.
À chaque tournant, les versants s’élevaient et s’abaissaient de part et d’autre, et chaque fois, les escorteurs promenaient leur regard sur les pentes.
Le sang versé dans la journée n’avait pas encore séché.
Chaque fois que les roues des chariots de marchandises heurtaient une pierre, les ballots enveloppés de tissu qui y étaient empilés se balançaient lourdement. Deux escorteurs morts et trois porteurs.
Le soleil descendit lentement derrière les pentes.
En montagne, le soleil se couchait à une vitesse cruelle. Après un tournant, la vallée s’enfonça et la lumière déclina. Au tournant suivant, l’obscurité s’était déjà massée à nos pieds.
Je n’avais aucune envie de passer une nouvelle nuit dans ces montagnes maudites.
Les autres devaient ressentir la même chose. Cette nuit promettait d’être encore plus longue.
« Nous camperons ici ce soir. »
Dès que le chef de l’agence en donna l’ordre, les escorteurs se mirent à mettre les chariots en place avec des gestes exercés.
Nous nous étions arrêtés dans une clairière assez vaste. D’un côté, le flanc de montagne qui bordait la route formait un mur naturel derrière nous. De l’autre, la pente plongeait abruptement vers une rivière.
La rivière n’était pas très large, mais le grondement de son courant montait avec force, même dans l’obscurité. Je jetai un coup d’œil en contrebas. Si quelqu’un dévalait la pente, il aurait du mal à remonter par ses propres moyens.
Grâce à cela, nous n’avions pas besoin de bloquer tous les côtés. La pente empêchait naturellement d’accéder au camp par le côté de la rivière, et le flanc de montagne était tout aussi escarpé. Il ne restait finalement que deux ouvertures : la route devant nous et celle derrière.
Les escorteurs placèrent des chariots en travers de ces deux entrées. Au lieu de former un cercle comme la veille, ils se contentèrent de barrer la route. Les marchandises, les gens et les charrettes furent amenés à l’intérieur.
Après ce qui s’était passé dans l’après-midi, la garde de nuit fut très différente de celle de la veille.
Deux personnes furent postées à chaque entrée pour garder la route, tandis que deux autres patrouillaient séparément à l’intérieur du camp. Les côtés de la rivière et de la montagne ne furent que légèrement surveillés, les pentes étant censées suffire, mais quelqu’un allait tout de même y jeter un coup d’œil de temps à autre, comme si personne n’arrivait à se détendre autrement.
Ce n’est qu’alors que tout le monde se mit à manger, tardivement.
Même après avoir échappé de peu à la mort, le repas ne changea pas. Nous ramollissions dans l’eau nos galettes de sésame de voyage, dures et salées, tout en les mordant, avec quelques tranches de radis mariné en accompagnement.
Pourtant, personne ne se plaignit.
Seul Gwak Seok continua de parler. Il raconta que les bandits avaient sur eux une somme convenable, qu’au moins cela consolait un peu quand une bagarre éclatait, et qu’il irait dans une maison de plaisir avec cet argent dès que nous arriverions à Yeongpa.
Imaginer Gwak Seok s’amuser dans une maison de plaisir avant de distribuer l’argent trouvé dans les sous-vêtements d’un bandit me coupa l’appétit.
Jin Song se tenait le flanc, près des côtes, et ne l’écoutait que d’une oreille. Du Gi, comme d’habitude, termina sa portion en silence.
Même Yang Hyeon, qui plaisantait d’ordinaire avec Gwak Seok, avait peu de choses à dire.
Nous eûmes bientôt fini de manger et nous allongeâmes chacun à notre place.
Je m’assis à l’ombre d’un chariot, le dos appuyé contre lui. Le sommeil tarda à venir, mais je dus finir par m’assoupir, les yeux fermés.
Une main me secoua l’épaule et j’ouvris les yeux.
« C’est votre tour de garde. »
Le visage d’un escorteur que je ne connaissais pas était tout près du mien.
Je pensai soudain à l’homme qui avait l’habitude de me réveiller à cette heure-là. Il me tapotait l’épaule, puis lançait quelques plaisanteries à moitié endormi. À présent, il gisait, enveloppé de tissu, sur le côté d’un chariot de marchandises.
Je chassai ma torpeur et me forçai à me lever, le corps lourd.
Une fois debout, je jetai un regard sur le camp. Le feu s’était éteint, ne laissant que des braises rouges, et des gens dormaient à même la terre, sans précaution, tout autour.
Gwak Seok dormait profondément, la bouche ouverte, tandis que Jin Song et Du Gi respiraient régulièrement à côté de lui.
L’escorteur qui m’avait réveillé s’approcha de Yang Hyeon et lui secoua l’épaule. Celui-ci s’assit bientôt, encore groggy, et se frotta les yeux.
Sans l’attendre, je me levai et me dirigeai vers le côté du camp qui donnait sur la route que nous avions empruntée dans la journée. Derrière moi, j’entendis Yang Hyeon ramasser son large sabre et me suivre.
Les deux escorteurs qui étaient de garde se tenaient à l’entrée. Quand j’approchai, ils nous saluèrent brièvement. Ils semblaient ravis de voir la relève arriver.
À force de scruter l’obscurité toute la nuit, ils avaient peut-être les yeux creux. Ils regagnèrent le camp d’un pas las, puis s’allongèrent à l’endroit d’où nous venions.
Je me retournai vers l’avant.
Deux chariots barraient la route et, au-delà, le sentier de montagne que nous avions emprunté serpentait dans l’obscurité. La lune éclairait à peine les environs ; tout ce qui se trouvait à plus de quelques pas était noir comme de l’encre.
Je restai face à cette obscurité, au-delà des chariots. Yang Hyeon prit place à côté de moi.
Peut-être parce que j’avais passé trop de temps dans les montagnes, rester silencieusement à côté de quelqu’un me semblait étrangement gênant.
J’aurais préféré avoir près de moi quelqu’un comme Gwak Seok, qui se serait mis à parler sans qu’on le lui demande. Mais, comme nous gardions tous deux le silence, la situation devenait inconfortable.
Pendant un moment, aucun de nous ne parla. La nuit était profonde et même les insectes s’étaient tus. Seul le grondement ininterrompu de la rivière montait depuis le bas de la pente.
« … J’avais complètement perdu la tête, tout à l’heure. »
Yang Hyeon prit la parole le premier. Il n’arrivait visiblement pas à oublier ce qui s’était passé dans l’après-midi.
« Je fanfaronnais en disant que les bandits seraient faciles à battre, mais quand j’ai vraiment brandi mon large sabre, tout est devenu blanc devant mes yeux. »
Je me rappelai l’air résolu qu’il avait affiché le premier jour, en parlant de s’entraîner jusqu’à en saigner.
« Je n’avais jamais fait que fendre des mannequins de paille à l’entraînement. Jamais des gens. »
Yang Hyeon réajusta sa prise sur son large sabre. Je réfléchis à ce que je pouvais lui dire, puis me contentai de lâcher quelques mots.
« Tu t’en es bien sorti. Combien de personnes auraient pu tenir tête à cet homme énorme ? »
Je ne voulais pas dire grand-chose, mais Yang Hyeon parut plutôt content. Il s’éclaircit la gorge et redressa les épaules.
« Eh bien, le fils d’un maître d’arts martiaux doit au moins être capable de ça. »
Une pointe de fierté se glissa dans sa voix.
Qu’est-ce qu’une école d’arts martiaux pour qu’il bombe le torse comme ça ? Quand je lui posai prudemment la question, Yang Hyeon se lança avec enthousiasme dans ses explications, comme s’il attendait que je la lui pose.
À l’écouter, je me fis une idée générale de ce qu’était une école d’arts martiaux.
C’étaient des endroits où les familles qui en avaient les moyens envoyaient leurs enfants apprendre à se battre à mains nues ou avec une lame, ou bien où ceux qui voulaient rejoindre une agence d’escorte ou devenir homme de main pour le bureau du magistrat venaient acquérir les bases nécessaires pour trouver leur place.
Contre une redevance mensuelle en grain ou en sapèques, on y enseignait le large sabre, le bâton, la lance et d’autres armes.
L’école du père de Yang Hyeon comptait parmi les plus modestes, avec seulement une douzaine d’enfants du coin. Pourtant, il bomba le torse en affirmant que personne dans la région ne pouvait ignorer l’école d’arts martiaux de la famille Yang. Ses propos semblaient quelque peu exagérés.
Il avait toutefois l’air heureux en parlant ; je ne l’interrompis donc pas.
« Mon frère aîné a hérité de l’école, et mon deuxième frère a rejoint une agence d’escorte des environs. Comme je suis le troisième fils, je n’avais rien à hériter. C’est pour ça que je suis parti comme ça. »
Il en parlait comme si de rien n’était, mais sa voix trahissait une pointe d’envie. Son frère aîné avait une école à reprendre et son deuxième frère avait déjà trouvé sa place. Yang Hyeon, lui, n’avait ni l’un ni l’autre.
« Mais si je fais fortune avec ce convoi de protection et que je rentre chez moi, Père ne me regardera-t-il pas autrement ? Il a toujours dit qu’il ne pouvait pas compter sur moi parce que j’étais le plus jeune. »
Yang Hyeon fixa l’obscurité au loin, comme s’il imaginait son village natal.
J’observai son profil un moment.
Une vie avec un foyer où rentrer, une famille à retrouver, un endroit où l’on pouvait décider de revenir avec une fortune.
Ce n’était pas comme si je n’avais rien de tout cela. Moi aussi, je retournais vers mon ancien foyer.
Mais ce que j’avais laissé derrière moi était différent de ce que Yang Hyeon avait laissé.
Tout cela se trouvait au-delà de dix années. Au-delà de ces années, je ne savais même pas si Mère, Père et Yeona étaient encore là.
Et même s’ils l’étaient, me reconnaîtraient-ils, maintenant que j’avais grandi ? Moi qui découpais les gens au lieu des poissons ?
Yang Hyeon continua de parler. Il me raconta comment les choses se passaient dans son village et ce qu’il ferait une fois rentré.
Ses paroles entraient par une oreille et ressortaient par l’autre. À la pensée de ce que j’avais laissé derrière moi, la moitié de mon esprit était ailleurs.
C’est alors, tandis que je m’enfonçais dans mes pensées,
que quelque chose se mêla au doux murmure de la rivière.
Était-ce le vent nocturne qui passait sur la pente ? Mais si c’était le vent, il aurait dû souffler une fois et disparaître.
Mon esprit dispersé se concentra d’un coup.
La voix de Yang Hyeon s’éloigna. La rivière en contrebas, les respirations régulières qui montaient du camp derrière nous… Tout s’éloigna.
Ma main se posa d’elle-même sur la poignée de mon épée.
Combien de temps restai-je ainsi, concentré ? L’obscurité noire comme de l’encre au-delà des chariots se dessina nettement devant mes yeux.
Tap !
Un bruit de pas frappant le sol retentit brièvement dans l’obscurité, au-delà des chariots.
L’instant d’après, deux silhouettes noires franchirent les chariots qui barraient la route sans même les toucher. Portées par leur élan, deux lames de vent filèrent vers nous comme des flèches.
L’une en direction de Yang Hyeon, l’autre vers moi.
Au bruit, Yang Hyeon sembla saisir la poignée de son large sabre, mais il ne paraissait pas en mesure de parer à temps.
Je n’eus pas le temps de réfléchir. De la main gauche, je frappai Yang Hyeon à la poitrine et le repoussai sur le côté. Dans le même temps, je dégainai de la main droite et interceptai la lame qui s’abattait sur moi.
Clang !
Le fracas du métal retentit brièvement dans l’obscurité.
Mon poignet me lança douloureusement.
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