Chapitre 19
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : HidingTurtle
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Élevé par un épéiste impitoyable ◈
Chapitre 19 : Les suites
──────
La silhouette imposante que j’avais affrontée ayant disparu, mon champ de vision s’élargit.
Plusieurs bandits à capuche noire avaient franchi l’ouverture qu’il avait créée en forçant le passage. À la vue du cadavre de leur chef, ils se figèrent tous.
Quand je me tournai vers eux, ils sursautèrent et battirent en retraite par-dessus les chariots.
Si je les avais poursuivis, j’aurais sans doute pu en abattre un ou deux de plus. Mais je n’avais aucune envie de voir davantage de sang couler, alors je les laissai partir.
De l’autre côté des chariots, les bandits à capuche noire restants semblèrent d’abord reculer d’un pas. Mais bientôt, ils firent volte-face et s’enfuirent précipitamment.
Le bruit confus de leurs pas s’éloigna, puis s’évanouit bientôt au-delà du tournant.
Je restai là un long moment, à reprendre mon souffle.
Tout s’était déroulé comme je l’avais prévu.
Si je l’avais affronté de front dès le début, cela aurait été bien plus difficile. Cela dit, ça ne me semblait pas impossible.
Mon épée avait fait ses preuves contre un artiste martial. Pour une raison ou une autre, cette idée réchauffait une partie de ma poitrine.
Je secouai le poignet pour faire tomber le sang de mon épée dans la poussière, puis me retournai.
Gwak Seok se tenait là, appuyé sur son large sabre planté dans le sol, et me dévisageait d’un air hébété. Yang Hyeon était tout aussi pétrifié à côté de lui. Ses lèvres remuèrent une fois, comme s’il voulait dire quelque chose, mais aucun son n’en sortit.
Leurs regards me piquèrent d’une façon étrange, et je rengainai mon épée.
Après un long moment, Gwak Seok finit par prendre la parole d’une voix rauque.
« Qu’est-ce que tu as bien pu faire avant ça ? »
Je ne trouvai rien de convenable à répondre. Je haussai simplement les épaules et reportai mon attention sur l’avant du convoi.
Le chef de l’agence se tenait près du cheval noir, l’épée dégainée. Un chariot de marchandises se trouvait derrière lui, avec un garde de chaque côté. Plusieurs bandits gisaient au sol : ils avaient donc dû repousser une attaque à cet endroit aussi.
Plus loin, j’entendais encore le choc des armes. En regardant attentivement, je vis que le combat entre le capitaine d’escorte et le colosse faisait toujours rage.
Les vêtements du colosse étaient déjà lacérés en plusieurs endroits : à l’épaule, au flanc et au poignet. Le sang s’écoulait de chaque entaille. Ses épaules épaisses se soulevaient et s’abaissaient comme s’il était à bout de souffle.
Le sol, aux pieds du capitaine d’escorte, était labouré de toutes parts, mais sa posture restait remarquablement stable. Il était évident que le capitaine avait reçu un entraînement sérieux à l’épée.
Sa technique était bien différente de celle de Ma Jeongsan, rude et directe, qui reposait sur la force.
Malgré tout, le colosse balançait sa masse de fer d’un côté à l’autre. Le capitaine d’escorte déplaçait rapidement ses pieds et esquivait de biais. Le bloc de fer gros comme une tête passa à quelques centimètres de son ourlet.
En esquivant, le capitaine effleura brièvement le flanc du colosse de la pointe de son épée, puis la retira.
Une nouvelle traînée de sang apparut.
Mais en y regardant de plus près, je ne vis aucune blessure profonde sur son corps.
Le colosse continuait de l’accabler de son poids, obligeant le capitaine d’escorte à se concentrer sur l’esquive et l’empêchant de porter un coup décisif.
Malgré cela, le capitaine ne semblait pas près de perdre. Le chef de l’agence observait lui aussi attentivement le combat, prêt à intervenir si nécessaire.
Je me détournai et m’approchai de Jin Song, qui avait été projeté en arrière.
Jin Song s’appuyait contre un chariot, une main pressée contre sa poitrine, et respirait péniblement. À mon approche, il plissa un œil et se redressa lentement.
« Ça va ? »
« … Je crois que j’ai une ou deux côtes cassées. »
Jin Song se frotta une fois la poitrine et expira brièvement.
« Je respire encore, alors je ne vais pas mourir tout de suite. »
Impossible de savoir s’il plaisantait ou s’il était sérieux. Quand je lui tendis la main pour le soutenir, il leva une main pour me signifier que ce n’était pas nécessaire et se remit debout tout seul.
Puisqu’il tenait sur ses jambes sans aide, sa blessure interne ne devait heureusement pas être trop grave.
Une main posée sur le chariot, Jin Song baissa la voix. Il parla assez bas pour que je sois le seul à l’entendre.
« Au fait, tu maîtrises l’énergie intérieure. »
Je le regardai un instant.
« Oui. C’est si rare que ça ? »
« Plutôt, oui. »
Jin Song se frotta la poitrine et reprit son souffle. L’endroit où il avait reçu le coup de pied semblait le faire souffrir, et il poursuivit en fronçant les sourcils.
« Ça fait plus de dix ans que je survis comme artiste martial errant, et je n’ai vu quelqu’un utiliser l’énergie intérieure qu’une seule fois. »
Il m’examina de nouveau en silence. Il ne dit rien, mais il était évident qu’il voulait m’interroger sur mon identité.
L’énergie intérieure était-elle vraiment si rare ?
Hyeonam m’avait dit de manger, alors j’avais mangé. Hyeonam m’avait ordonné de faire quelque chose, alors je l’avais fait. J’avais simplement cru que c’était normal.
Je pratiquais la circulation de l’énergie chaque matin et chaque soir, je la faisais passer dans mon épée et mon corps. Je n’avais fait tout cela que parce que Hyeonam me l’avait demandé. Pourtant, au pied de la montagne, ceux qui en étaient capables se comptaient sur les doigts d’une main.
Qui était donc Hyeonam ?
Cette pensée me traversa brièvement l’esprit, mais je la chassai bientôt et me dirigeai vers Ma Jeongsan.
Ma Jeongsan avait planté son grand sabre dans la terre et s’appuyait d’une main sur la garde. Gwak Seok était accroupi à côté de lui ; il déchirait un long morceau de son propre ourlet pour bander la cuisse de Ma Jeongsan.
« Capitaine, je vais serrer fort. Tenez bon un instant. »
Avant même d’avoir fini sa phrase, Gwak Seok tira brusquement sur le nœud. Ma Jeongsan poussa un grognement sourd, mais ne dit rien. Le visage blême, il se contenta de serrer fermement la garde de son grand sabre.
Le sang ne traversait plus le tissu du bandage.
Sa cuisse avait été transpercée de part en part ; il faudrait donc surveiller l’évolution de sa blessure. Mais sa vie ne semblait pas en danger dans l’immédiat.
Comme s’il avait senti ma présence, Ma Jeongsan releva la tête et me regarda.
De nombreuses émotions s’entremêlaient sous son visage blême.
Ma Jeongsan aussi voulait-il m’interroger sur mon énergie intérieure ?
Mais avant même que je puisse deviner ce que son expression cherchait à demander,
Boum !
Au bruit assourdissant qui retentit à l’avant du convoi, tout le monde tourna la tête d’un même mouvement.
Au loin, la masse de fer du colosse était profondément enfoncée dans le sol. Une bonne distance le séparait désormais du capitaine d’escorte. Il avait dû abattre sa masse de toutes ses forces lors de leur dernier échange.
Le colosse arracha d’une main la masse plantée dans la terre. Ses épaules épaisses se soulevaient et s’abaissaient au rythme de sa respiration rauque. Son regard parcourut les pentes des deux côtés, puis sembla glisser vers nous.
Il resta immobile un instant.
Même à cette distance, il n’était pas difficile de deviner ce qu’il évaluait.
Le chef des bandits à capuche noire gisait au sol, tandis que les bandits à capuche verte s’étaient dispersés à un moment ou un autre. La moitié de ses hommes à capuche jaune jonchaient également les pentes.
Le colosse posa la masse de fer sur son épaule.
Puis il mit deux doigts dans sa bouche et siffla longuement.
Au son du sifflement, les bandits à capuche jaune dispersés sur les pentes et au-delà du tournant s’immobilisèrent les uns après les autres. Puis, comme s’ils s’étaient concertés, ils commencèrent tous à se retirer vers le sommet de la pente.
Le colosse fut le dernier à se retourner. Malgré sa stature massive, il bondit d’un coup à mi-hauteur de la pente. Il s’arrêta un instant, puis tourna seulement la tête pour regarder dans notre direction.
Son regard sembla se poser sur nous, puis il disparut derrière la pente.
Le capitaine d’escorte ne le poursuivit pas. Il resta simplement là, l’épée à la main, à regarder le groupe battre en retraite.
Ce ne fut qu’alors que le fracas des armes cessa tout à fait.
Ils restèrent sur leurs gardes le temps de boire une tasse de thé, mais comme aucun autre signe ne se manifesta, le convoi se remit lentement en ordre.
Sur ordre du chef de l’agence, les escortes se dispersèrent pour inspecter les morts et les blessés. Des membres du convoi de protection étaient tombés un peu partout.
Il y avait cinq morts en tout : deux escortes et trois porteurs de marchandises. C’était peu comparé aux dizaines de bandits qui jonchaient le sol, mais c’était la première fois que je voyais un visage familier, quelqu’un avec qui j’avais échangé quelques mots, étendu par terre, la poitrine transpercée.
J’avais l’impression que je devais être triste, mais quand je cherchai cette émotion en moi, elle-même me sembla incertaine.
Les blessés étaient bien plus nombreux. La cuisse de Ma Jeongsan avait été transpercée, tandis que Jin Song avait les côtes cassées. Plusieurs autres avaient reçu des entailles aux bras et aux flancs.
On enveloppa les deux escortes mortes dans du tissu et on les déposa près d’un chariot de marchandises vide. Leurs corps seraient ramenés à l’agence d’escorte pour leurs funérailles. Il en irait de même pour les trois porteurs.
Bientôt, l’intendant en chef descendit d’une des voitures. Son corps mince n’était pas maculé de sang ; la voiture n’avait donc apparemment subi aucune attaque particulière. Il se hâta vers la voiture où se trouvait Munhwi.
Mon regard se posa sur la porte close.
Munhwi. Lui aussi portait une épée à la taille, il ne pouvait donc pas être un homme ordinaire. Pourtant, au milieu de tout ce chaos, il ne s’était pas montré une seule fois.
Peut-être jugeait-il qu’un combat de cette ampleur ne méritait pas qu’il se salisse les mains. Ou peut-être avait-il une autre raison de ne pas sortir.
On aida Ma Jeongsan, Jin Song et les autres blessés incapables de marcher seuls à monter dans les voitures vides.
En examinant de nouveau le convoi, je remarquai que Du Gi était redescendu de la pente à un moment donné.
J’ignorais quand il était revenu. Il se tenait tranquillement à l’écart du convoi, essuyant son épée avec un chiffon. Ses vêtements étaient tachés de sang, mais il ne semblait pas avoir la moindre coupure.
Quand nos regards se croisèrent, Du Gi hocha brièvement la tête. Puis il reporta les yeux sur son épée.
Quand je regardai de nouveau à côté de moi, je vis une scène étrange.
Jin Song était accroupi sur le côté, une main plaquée contre sa poitrine, tandis que de l’autre il fouillait les vêtements d’un bandit.
« … Qu’est-ce que tu fais ? »
« Je ramasse tout cet argent. »
Jin Song prit plusieurs pièces dans les vêtements du bandit et les fourra dans son sac. Pour quelqu’un qui prétendait avoir les côtes cassées, il avait les mains remarquablement agiles.
À côté de lui, Gwak Seok allait encore plus loin. Il retournait même les sous-vêtements des bandits tombés au sol pour récupérer tout ce qu’il pouvait.
À les regarder, j’en eus la vue qui se brouilla d’une drôle de façon.
Quelle vie avaient donc menée ces artistes martiaux errants ?
Bientôt, trois escortes à l’avant s’emparèrent d’un tronc qui barrait la route. Unissant leurs forces, ils le roulèrent sur le côté et le poussèrent fermement contre le bord du chemin.
Enfin, la route était dégagée.
J’essuyai grossièrement le sang séché sur mon visage et mes mains. Je ne pouvais rien faire pour les taches incrustées dans mes vêtements. Tant que nous ne trouverions pas d’eau à proximité, je n’avais pas d’autre choix que de continuer ainsi.
Le convoi se remit lentement en marche.
Les gens comme les chariots étaient couverts de sang. Une forte odeur âcre de sang imprégnait tout le convoi.
* * *
Malgré leur épuisement, les membres du convoi continuèrent d’avancer d’un bon pas pendant un long moment. La peur de voir les bandits réapparaître à tout instant les fatiguait deux fois plus.
Après avoir franchi tournant après tournant, nous aperçûmes un étroit ruisseau au bord de la route. Le chef de l’agence fit provisoirement arrêter le convoi. Nous reprendrions notre souffle ici et laverions le sang qui nous souillait.
J’aurais voulu plonger directement dans l’eau, mais nous ne pouvions évidemment pas tous nous y précipiter en même temps.
La moitié resterait sur la route pour monter la garde, tandis que l’autre descendrait d’abord au ruisseau. Quand elle serait remontée, le reste du groupe pourrait descendre à son tour.
Je faisais partie de ceux qui restèrent en arrière. Mais personne ne semblait vouloir s’attarder dans ces foutues montagnes, et mon tour arriva bientôt.
L’eau était froide.
J’en recueillis dans mes mains et me lavai le visage et les mains, débarrassant ma peau du sang séché. Le sang se défit dans l’eau et coula, rouge, entre mes pieds.
Je n’avais pas le temps de laver mes vêtements ; je me contentai donc de frotter ce qui restait sur mes mains, mon visage et ma nuque.
Rien que cela suffit à atténuer nettement l’odeur du sang.
Alors que je m’aspergeais d’eau, je sentis une présence à proximité.
Je me retournai, m’attendant à voir Gwak Seok, mais c’était Ma Jeongsan qui se tenait là. S’aidant de son grand sabre comme d’une canne, il s’approcha lentement en boitant.
« … Vous pouvez marcher seul ? »
Ma Jeongsan s’appuya d’une main contre un gros rocher au bord du ruisseau et s’assit lourdement. Il jeta un coup d’œil à sa cuisse bandée, puis agita la main comme si ce n’était rien.
Après tout, c’était un homme qui n’avait pas lâché son sabre, même à son âge. Il avait dû traverser toutes sortes d’épreuves. À voir son visage farouche, il n’avait pas l’air du genre à se plaindre pour une blessure comme celle-là.
Puisqu’il semblait aller bien, je ne posai pas d’autres questions et repris mes ablutions. Ma Jeongsan garda lui aussi le silence un moment. Seul le murmure du ruisseau s’éleva entre nous.
Après m’être sommairement lavé, je me relevai. J’essuyai mes mains mouillées sur mon ourlet et m’apprêtai à partir.
« Hum… »
Toujours assis sur le gros rocher, Ma Jeongsan prit enfin la parole. Il hésita un instant.
Son expression était troublée depuis un moment. Allait-il, comme Jin Song, m’interroger sur mon énergie intérieure ?
Mais les mots qui sortirent de sa bouche furent tout autres que ceux auxquels je m’attendais.
« Comment un taoïste de Wudang comme vous peut-il travailler comme escorte ? »
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>