Chapitre 17
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Élevé par un épéiste impitoyable ◈
Chapitre 17 : Forêt Verte
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Je me redressai d’un bond.
En un instant, un enchevêtrement de bruits m’emplit les oreilles.
Des gens qui se relevaient en hâte. Des cris. Des épées et des sabres qu’on dégainait. Puis l’ordre de Ma Jeongsan trancha le vacarme.
« Debout ! Nous devons protéger la cargaison ! »
Je saisis aussitôt l’épée que j’avais posée à côté de moi et pris position.
Le chaos régnait autour du feu de camp. Ceux qui dormaient se levèrent à la hâte, chacun empoignant une arme.
Une grande lame large dans une main, Ma Jeongsan gagna le centre du groupe. L’autre capitaine d’escorte dégaina son épée et se dirigea vers les chariots.
Je repérai aussi le chef de l’agence. Debout près du cheval noir, une main sur la garde de son épée, il surveillait le chariot principal.
Mon cœur battait à tout rompre.
Je tournai vivement la tête vers l’obscurité, au-delà des chariots.
Il faisait si noir que je distinguais à peine ce qui se trouvait à quelques pas. Pourtant, même dans cette obscurité impénétrable, des froissements se faisaient entendre sans arrêt.
Des pas. Des respirations rauques. Parfois, le craquement d’une branche sèche. Les bruits venaient de toutes les directions à la fois.
Ils étaient clairement plus d’un ou deux.
Une lumière jaillit soudain à côté de moi, et je sentis une bouffée de chaleur. En me retournant, j’aperçus Jin Song, une torche à la main. Je ne savais pas quand il était allé la chercher.
Jin Song s’avança vers les chariots en tenant la torche. Yang Hyeon dégaina son sabre large et le suivit, comme pour lui couvrir les arrières.
Quand Jin Song braqua la torche au-delà des chariots, je les vis.
Des yeux luisaient dans l’obscurité.
Trois, quatre, cinq. Un groupe se tenait près de nous, un autre plus loin.
Ils avaient noué des bandes de tissu jaune sale autour de leurs cheveux en bataille, et chacun tenait un sabre large ou une hache.
La lueur vacillante de la torche dansait sur leurs visages. Le plus proche avait une barbe touffue et le nez de travers.
Le coin de sa bouche se releva.
Ses dents jaunes apparurent dans un rictus.
Yang Hyeon eut un sursaut, puis se raidit.
Était-ce parce que c’était son premier véritable combat ?
Il avait beau s’être entraîné jusqu’au sang dans une école d’arts martiaux, jamais il n’avait dû faire face à quelqu’un qui lui souriait depuis l’obscurité.
Je fis un pas en avant, posai légèrement la main sur l’épaule de Yang Hyeon et le repoussai. Comme s’il reprenait ses esprits, il raffermit sa prise sur son sabre large et recula d’un pas.
Je pris sa place et me postai à côté de Jin Song, l’épée pointée vers l’obscurité au-delà des chariots.
Jin Song me lança un regard en coin, puis reporta son attention devant lui.
Les hommes en jaune restèrent immobiles eux aussi. Ils ne s’approchaient pas et ne reculaient pas. Leurs armes à la main, ils se contentaient de nous jauger lentement.
Au-delà de l’obscurité, je n’entendais rien d’autre que leur respiration et quelques froissements.
Je resserrai les doigts autour de mon épée.
Puis, quelque part derrière moi, Clang ! Clang ! Deux coups de métal retentirent à la suite, suivis d’un cri qui déchira l’air.
Ça avait commencé ?
Je me préparai à les voir se ruer sur nous, mais, curieusement, les silhouettes devant nous ne firent pas un seul pas. Elles se contentèrent de feintes timides, faisant mine d’avancer tout en continuant à nous fixer de là où elles se tenaient.
Une voix tonitruante retentit alors au-delà de l’obscurité.
« Retraite ! »
À cet ordre, ils commencèrent à reculer, un à un.
« Gardez le cou bien propre. »
Même le bandit au nez de travers lança cette menace dans un ricanement avant de se fondre lentement dans l’obscurité. Leurs pas s’éloignèrent un moment, puis finirent par disparaître.
Le silence retomba.
Ma main se détendit autour de la garde de mon épée.
Après avoir expiré longuement, je me retournai.
La scène était la même près des autres chariots. Les escorteurs, épées et sabres dégainés, faisaient face à l’obscurité.
À part le premier échange de coups, aucune autre arme n’avait résonné.
Gwak Seok s’approcha alors, un sabre large à la main. Je ne savais pas d’où il venait.
Gwak Seok m’avait dit qu’il avait participé à plusieurs convois de protection.
« Frère Gwak, qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Je n’en sais rien non plus. Qu’est-ce qu’ils mijotent ? »
Gwak Seok haussa les épaules et baissa son sabre large.
À la place de Gwak Seok, qui ne m’était d’aucune aide, Jin Song, derrière nous, nous donna la réponse.
« On dirait qu’ils cherchent à nous épuiser. »
Yang Hyeon se tourna vers lui.
« Nous épuiser ? »
Tenant la torche, Jin Song regarda encore au-delà de l’obscurité avant de répondre.
« Aujourd’hui, ils ne faisaient que tâter le terrain. Ils voulaient voir comment nous étions disposés et évaluer la solidité de notre formation. Si c’est bien ça, ils recommenceront demain et le jour suivant. »
Nous épuiser.
Vu la vitesse à laquelle ils s’étaient retirés, Jin Song ne devait pas se tromper.
Je hochai brièvement la tête, puis me dirigeai vers l’endroit d’où j’avais entendu les coups.
Pourquoi n’y avait-il eu un affrontement que là-bas ?
Le chef de l’agence, Ma Jeongsan et l’autre capitaine d’escorte s’étaient déjà rassemblés sur place.
Entre deux chariots gisaient face contre terre deux hommes aux foulards jaunes. Un escorteur ordinaire faisait son rapport à Ma Jeongsan, et je finis par distinguer ses paroles.
« … alors j’ai pris les devants et je les ai abattus. Après ça, c’était comme ailleurs. »
Ma Jeongsan hocha brièvement la tête.
« Des blessés ? »
« Aucun de notre côté. »
Ma Jeongsan baissa les yeux vers les corps vêtus de jaune, puis détourna le regard. L’autre capitaine d’escorte lui dit quelque chose à voix basse, mais j’étais trop loin pour l’entendre.
On aurait dit que tout avait commencé parce que l’escorteur avait frappé le premier, et non parce que les bandits avaient tenté de forcer le passage.
Jin Song avait donc vu juste.
Ils reviendraient sans doute de la même manière le lendemain, puis le jour suivant.
Un malaise me saisit. Nous n’aurions peut-être pas l’occasion de dormir correctement avant d’avoir franchi Seonharyeong.
Je retournai vers notre groupe.
En chemin, mon regard tomba sur les chariots. Les deux se trouvaient toujours au sein de la formation, leurs portes bien fermées. On aurait dit que personne à l’intérieur n’en était sorti, pas une seule fois.
La voix de Ma Jeongsan retentit bientôt au loin.
« Nous partons tôt aujourd’hui ! Dépêchez-vous de tout remballer ! »
Les escorteurs regagnèrent leurs postes. Tout le monde se mit à rassembler ses affaires, à rouler les couvertures et à éteindre les feux de camp.
En ramassant son sabre large, Gwak Seok maugréa :
« Quelle jolie route, Seonharyeong. »
Je ne pouvais qu’être d’accord.
* * *
À l’aube du lendemain, puis à minuit le jour d’après, ils apparurent chaque jour de la même manière.
Ils rôdaient comme des bêtes juste hors de portée, puis se dérobaient dès que quelqu’un dégainait son épée et tentait d’avancer.
Seule la couleur du tissu noué autour de leur tête changeait d’une fois à l’autre.
Le premier jour, il avait sans aucun doute été jaune. À l’aube du lendemain, les silhouettes portaient des bandes noires.
Puis, alors que je pensais revoir le jaune le jour suivant, ce fut le vert qui apparut le surlendemain.
Que ce soit lié ou non, les visages du chef de l’agence et des capitaines d’escorte se rembrunissaient de jour en jour.
La situation me tracassait. Tout en marchant, je demandai prudemment à Jin Song de quoi il s’agissait. Il me répondit que ces bandits venaient de repaires montagnards différents.
La Forêt Verte ne désignait pas un seul groupe établi en un seul lieu. Il y avait plusieurs repaires de bandits sur chaque versant escarpé, et l’ensemble portait le nom de Forêt Verte.
D’après les rumeurs, m’expliqua Jin Song, le plus grand des environs était le repaire de Bailin, sur la crête de Daeyu. Il comptait plusieurs centaines d’hommes, dont un groupe qui avait véritablement appris les arts martiaux. Même les autorités avaient du mal à le réprimer.
Ce n’étaient pas des bandits à prendre à la légère.
Quand je lui demandai si les repaires montagnards faisaient parfois cause commune, Jin Song pencha un instant la tête. Il me répondit qu’il n’en avait jamais entendu parler, mais que, puisqu’ils appartenaient tous à la Forêt Verte, c’était peut-être possible.
En reprenant ma marche, je repensai à l’air sombre du chef de l’agence.
Qu’est-ce qui avait bien pu les rassembler en un seul endroit ?
Je ne parvenais pas à me défaire du sentiment que quelque chose tournait mal.
* * *
Ce jour-là marquait le septième jour.
Chacun de mes pas pesait davantage. À force de garder la main sur la garde de mon épée depuis des jours, j’avais le bout des doigts engourdi.
Je n’étais peut-être pas le seul à avoir les épaules tremblantes. Gwak Seok, le sabre à la ceinture, relâcha sa main et la secoua.
Malgré sa carrure imposante, Yang Hyeon avait des cernes sous les yeux. L’expression de Jin Song n’avait pas changé, mais son pas avait manifestement ralenti.
Seul Du Gi semblait aussi frais qu’avant. Malgré sa silhouette mince, il paraissait doté d’une endurance considérable.
Mais tout le monde ne pouvait pas être comme Du Gi ; il était donc évident que la procession entière s’épuisait peu à peu.
La procession s’arrêta brusquement.
Je regardai devant moi. Deux grosses bûches barraient le milieu du sentier de montagne, qui s’était rétréci.
C’était encore eux ?
Près de l’avant, le chef de l’agence et les capitaines d’escorte semblèrent échanger quelques mots. Les escorteurs de tête s’approchèrent ensuite des bûches.
Mais avant qu’ils ne les atteignent, une silhouette apparut lentement plus haut sur le flanc de la montagne.
Un homme se tenait sur un rocher près du sommet.
Il était immense. Il dépassait Ma Jeongsan d’au moins une paume, et ses épaules comme sa poitrine étaient encore plus larges.
Ses bras pendaient à ses côtés, pareils à de grosses bûches qu’on lui aurait greffées. Il tenait nonchalamment dans une main une masse de fer aussi grosse qu’une tête humaine.
La lumière oblique du soleil tombait du sommet sur son épaule et faisait luire sombrement son tissu jaune.
Il s’avança jusqu’au bord du rocher et contempla lentement la procession.
Enfin, son regard s’arrêta sur les chariots de marchandises. Après les avoir inspectés un à un, il leva un doigt épais et en désigna un.
Sa voix tonitruante résonna sur le flanc de la montagne.
« Abandonnez ce chariot ! »
Son cri rebondit contre les versants. Toute la procession se figea.
C’était donc lui qui avait crié depuis l’obscurité, à l’aube du premier jour.
Mais surtout, il avait réclamé un chariot.
Il devait parler de celui qui, contrairement aux autres, était toujours escorté par deux hommes en armes.
Il y avait quelque chose d’important à l’intérieur. Mais comment ces bandits l’avaient-ils appris ?
Le fait que plusieurs repaires montagnards se soient rassemblés en un seul lieu et que le chef de l’agence et les capitaines d’escorte soient devenus chaque jour plus sombres commençait enfin à prendre sens.
Qu’est-ce qu’on pouvait bien transporter là-dedans ?
« Je laisserai les autres partir sains et saufs ! Que ça vous suffise ! »
Le chef de l’agence apparut. Monté sur le cheval noir, il posa une main sur le chariot principal et fit face à l’homme sur la montagne. Sous sa barbe taillée de près, sa bouche s’était durcie.
Un bref silence s’installa.
Enfin, le chef de l’agence prit la parole.
« C’est impossible. »
Sa voix était brève et ferme. Les mots résonnèrent de nouveau contre le flanc de la montagne.
L’homme au-dessus hocha lentement la tête. Même de loin, je vis le coin de sa bouche se relever.
À cet instant, quelque chose dévala la pente près du sentier de montagne.
Je dégainai instinctivement mon épée.
« Uwaaaaaah ! »
Une masse de bandits apparut en bas de la pente. Ils portaient des foulards jaunes, et je reconnus parmi eux l’homme au nez de travers.
Celui qui avait montré ses dents jaunes en nous souriant depuis l’obscurité, à l’aube du premier jour, dévalait à présent la pente en plein soleil, sabre à la main.
Ils se ruèrent tous ensemble sur notre groupe.
Le bandit en tête profita de l’élan de sa descente, leva son sabre au-dessus de sa tête et l’abattit.
La lame visait le sommet de mon crâne.
Je décalai les pieds et me glissai sur le côté. Son sabre était alourdi par l’élan de sa descente.
Si je le recevais de plein fouet, mon poignet se briserait.
Je levai mon épée en biais et déviai la trajectoire du sabre. Son poids glissa le long de la lame inclinée et fut repoussé sur le côté.
Le sabre dévié s’enfonça dans le sol à côté du bandit, dont l’épaule bascula vers l’avant.
« Urgh… ! »
Il perdit l’équilibre et tituba.
Tout le poids de sa descente s’était porté vers l’avant d’un seul coup, l’empêchant de dévier sa course. Son épaule et son cou étaient entièrement exposés.
Je fis pivoter une fois la garde dans ma paume et dirigeai la pointe de mon épée vers son cou.
La lame lui trancha la gorge.
Sa tête fut projetée en l’air tandis que son corps s’effondrait, les genoux cédant les premiers.
Quelque chose de chaud éclaboussa ma pommette gauche. L’odeur métallique du sang me piqua les narines.
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