Chapitre 248
Chapitre 247. Êtes-vous un méchant ? Ou un héros ? (2)
Un refus catégorique.
De l'autre côté de la sphère de communication, on pouvait entendre le grincement de dents du Roi Derius, accompagné de sa voix.
-Même si cela signifie payer le prix de vous mettre une nation entière à dos ?
« Oui. »
-…….
« Pourquoi ? Vous ne pensez pas que j'en suis capable ? »
« Bien sûr que non. »
Pendant un instant, le Roi Derius se mordit violemment la lèvre.
Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il s'en souvint.
Que Patrick Schneider était un homme qui avait déjà l'expérience de la guerre contre une nation.
L'un des faits d'armes les plus célèbres de Patrick.
C'était la bataille contre le Royaume de Kaisar.
Même en tant que chevalier 7 étoiles, il avait combattu une nation tout seul.
C'était quelque chose qui dépassait largement le sens commun.
Pourquoi Patrick avait-il fait un tel choix ?
Pourquoi une telle bataille avait-elle eu lieu ?
La raison fut révélée quelque temps plus tard.
Peu après l'effondrement de Patrick….
Le Royaume de Kaisar joua un tour pendable.
En apprenant la nouvelle de l'effondrement de Patrick, ils évoquèrent subtilement la bataille passée et exigèrent des réparations et des excuses.
Le Double Dragon a attaqué unilatéralement les installations militaires de notre pays et a tué de nombreux chevaliers.
Nous exigeons des excuses et des compensations pour la bataille qui en a résulté.
C'était là le contenu de leur demande.
« Ces fils de pute ! »
À ces mots, Matthew entra dans une rage folle.
Matthew, qui était généralement d'un tempérament modéré, perdit complètement les pédales cette fois-ci, comme on dit.
Et il passa immédiatement à l'action.
Il révéla la vérité au monde entier.
À l'époque, Patrick, qui était en voyage d'entraînement de chevalier, fut grandement indigné en voyant le peuple d'Andemion souffrir sous la tyrannie.
Et sur le terrain de duel, il réprimanda sévèrement le Comte Calvin Spike, le responsable d'Andemion.
Mais le Comte Spike, incapable de supporter l'humiliation de la défaite, lança lâchement une attaque surprise dans le dos, même après avoir perdu le duel.
Enragé par cette attaque surprise qui faillit impliquer les citoyens innocents d'Andemion, Patrick trancha la tête du Comte Spike.
Après cela.
Le Royaume de Kaisar, furieux de la mort du Comte Calvin Spike, envoya quatre chevaliers 7 étoiles et 10 000 soldats d'élite contre Patrick.
Ainsi, une bataille éclata, et Patrick affronta seul cette armée et remporta une victoire digne.
Telle est la vérité sur ce jour-là.
Matthew propagea ce fait à travers tout le continent.
Grâce au réseau d'information de la Guilde Marchande d'Elbador, répandre des rumeurs ne fut pas difficile.
Il n'y avait nul besoin de manipuler les faits.
Il suffisait de révéler la vérité que Matthew avait vue de ses propres yeux, en détail et sans embellissement.
Le Royaume de Kaisar nia complètement ces faits.
Mais Matthew les réfuta en obtenant le témoignage de la Princesse Isabella, qui avait été témoin de la scène, ainsi que de nombreux témoignages des habitants d'Andemion qui avaient assisté au duel à l'époque.
Finalement, le Royaume de Kaisar ne put plus nier la vérité et dut faire marche arrière.
Et en conséquence.
« Hé, tu as entendu la rumeur ? »
« Tu parles de la bataille du Double Dragon ? »
« Keeuu…. J'en suis resté sans voix. »
« Combattre une armée de 10 000 hommes tout seul. Et contre une armée qui comptait quatre chevaliers 7 étoiles. »
« Et il a même gagné. »
« De plus, dire que tout cela était pour le bien des faibles souffrant sous la tyrannie… »
« Pourquoi n'avons-nous pas un chevalier comme ça dans notre pays ? »
« Je sais, n'est-ce pas. Bon sang. »
« Quoi qu'il en soit, c'est une personne incroyable. »
« Un vrai chevalier. »
La renommée de Patrick monta en flèche.
Un chevalier qui s'était courageusement levé pour les faibles opprimés.
Un chevalier qui ne pliait pas devant la justice et qui se battait jusqu'au bout, même si l'adversaire était une nation.
En plus de cela, un chevalier vertueux qui finit par triompher du mal.
C'était un conte de héros.
De nombreux bardes écrivirent des poèmes et chantèrent des chansons sur Patrick.
À cause de cet incident, Patrick fut considéré comme un symbole de chevalerie.
Le héros dont la renommée était connue sur tout le continent prit alors la parole.
« Je suis le genre de personne avec un cœur droit qui ne regarde pas en arrière et qui va jusqu'au bout des choses une fois que je suis énervé, vous voyez ? »
Est-ce que c'était ça, la justice ?
Je ne crois pas.
« Alors s'il vous plaît, arrêtez vos conneries. »
-…….
La bouche du Roi Derius s'ouvrit de stupeur.
Il n'aurait jamais imaginé qu'un humain puisse utiliser le mot « conneries » en face de lui.
Ce fut un choc immense, mais quoi qu'il en soit, Patrick poursuivit ce qu'il avait à dire.
« Si vous voulez vraiment arrêter la guerre, alors levez le siège sur le clan des nains et reconnaissez leur libre migration. »
Lorsque Patrick eut fini de parler, Hadi et les autres chefs du clan des nains affichèrent des expressions profondément émues.
Bien qu'ils aient formé une alliance, ils l'avaient considérée comme un accord temporaire fait par nécessité.
Mais le Double Dragon leur avait montré une loyauté inébranlable, aussi ferme que l'acier.
« C'est vrai. Il existe des gens comme ça. Il y en avait certainement. »
« Il fut un temps où la royauté du Royaume du Port montrait une telle loyauté. »
« Le Double Dragon… »
Le Roi Derius Michael du Royaume du Port posa sa main sur son front, soupira et murmura dans sa barbe.
« Quel genre de bâtard est-ce là ? »
Il n'y avait aucun moyen de le raisonner.
Même après avoir proposé des conditions que l'autre camp ne pouvait qu'accepter, il refusait et insistait pour continuer la guerre jusqu'au bout….
C'était irrationnel.
Que pouvaient-ils bien gagner à prendre le parti des nains pour agir ainsi ?
Et le Roi Derius s'adressa à l'homme devant lui.
« Que devons-nous faire maintenant ? Duc Krupa. »
À la question du roi, le Duc Krupa resta silencieux, les yeux lourds, avant de parler.
« Votre Majesté, me confieriez-vous cette entrevue ? »
« Vous allez intervenir vous-même ? »
« Oui. Je crois que je le dois. »
Le roi hocha la tête sans hésiter.
En fait, bien qu'il ait été celui qui parlait dans la conversation récente, il n'avait fait que relayer les paroles du Duc Krupa.
Et surtout….
« Je ne veux pas avoir affaire à ce fou. »
C'était son sentiment le plus fort.
Le Duc Krupa, ayant pris le contrôle de la sphère de communication, prit la parole.
« Ô Double Dragon. Je suis le Duc Alexander Krupa du Royaume du Port. »
-Heeh…. C'est toi, le vieil homme ?
« C'est un honneur de parler avec le grand héros dont le nom résonne à travers tout le continent. »
-Ahem !
Malgré l'arrogance de Patrick qui transparaissait à travers la sphère de communication, le Duc Krupa resta imperturbable.
Il parla d'une voix calme.
« J'aimerais vous poser trois questions maintenant. Elles sont importantes, alors je vous demande d'y répondre sincèrement. »
-Bien sûr. Sincérité et confiance. Ce sont les mots mêmes qui symbolisent ce Patrick Schneider.
Pas destruction et chaos ?
« D'abord, je poserai la première question. »
-Pas mal.
Voyant que cet homme n'était pas du tout ébranlé par la provocation de Patrick, il comprit qu'il s'agissait d'une figure importante.
Le Duc Krupa parla calmement.
« Vous participez maintenant clairement à une guerre avec un autre pays et vous engagez dans des combats. »
-C'est exact.
« Si notre pays interroge le Royaume d'Atronia à ce sujet, pouvez-vous en assumer la responsabilité ? »
-Bien sûr.
La réponse vint sans hésitation.
Le sourcil du Duc Krupa tressaillit légèrement.
Et Patrick continua d'expliquer.
-Notre fief de Schneider a reçu le privilège spécial de pouvoir engager des négociations diplomatiques indépendantes avec des puissances étrangères.
« Même s'il s'agit de guerre ? »
-La guerre est une zone un peu grise, mais… en premier lieu, nous ne sommes pas la partie principale dans cette guerre, n'est-ce pas ?
« …… »
-Nous avons simplement participé à cette guerre en tant que mercenaires à la demande du clan des nains. Nous avons même rédigé un contrat formel.
« Je vois. »
-Oui. Sûrement le Royaume du Port, qui se targue d'être le descendant du Roi Mercenaire, ne devrait pas avoir de problème avec cela, n'est-ce pas ?
« Vous êtes plus minutieux dans vos préparatifs que je ne le pensais. »
-Ahem !
« Je poserai la deuxième question. »
Ce vieil homme ne vacille vraiment pas.
Patrick n'aimait pas la voix calme du Duc Krupa, mais il agit avec calme.
Le point commun entre la négociation et le jeu est qu'il faut garder son sang-froid.
« Si vous continuez la guerre avec nous, jusqu'où comptez-vous aller ? Prévoyez-vous vraiment d'avancer sur la capitale et de mener une guerre totale contre nous ? »
-Ce n'est pas comme si nous ne pouvions pas, n'est-ce pas ?
« Donc vous avez l'intention de capturer la capitale d'une nation avec seulement 1 000 soldats. »
-J'ai dit que ce n'est pas comme si nous ne pouvions pas.
C'est possible. Je peux le faire.
À la voix de Patrick, remplie d'une ferme confiance, le Duc Krupa tomba calmement dans ses pensées.
Logiquement, cela devrait être un bluff. Mais le problème était….
« Cela ne ressemble pas à un bluff. »
L'adversaire était le Double Dragon.
Un homme qui avait réellement laissé une trace dépassant le sens commun.
Tant qu'un tel homme disait qu'il pouvait le faire, il ne fallait pas vaguement penser qu'il s'agissait d'un bluff.
« La troisième question. »
-Allez-y.
« Êtes-vous un méchant ? Ou un héros ? »
-…….
Les réponses auparavant fluides de Patrick s'arrêtèrent pour la première fois.
Le Duc Krupa ne pressa pas Patrick, mais attendit calmement sa réponse.
Après un long silence, Patrick ouvrit la bouche et dit.
-Est-ce important ?
« Extrêmement important. »
-…….
« Pourquoi, ne pouvez-vous pas répondre ? »
-…….
Devant l'absence de réponse, un sourire clair apparut au coin de la bouche du Duc Krupa.
« Alors cela suffit comme réponse. Je vous verrai sur le champ de bataille. »
Et sans attendre de réponse, le Duc Krupa coupa la communication.
Vers le Duc Krupa, le Roi Derius parla.
« Alexander… »
« Votre Majesté, à partir de cet instant, veuillez me confier l'entière autorité de cette guerre. »
« …… »
« Si vous le faites, je vous offrirai sûrement la victoire. »
Après avoir posé une question étrange sans fondement, il demande maintenant l'autorité totale sur la guerre.
Si une personne ordinaire avait fait une telle proposition, il l'aurait jetée au cachot sans hésiter. Mais….
« Quand ce type agit ainsi, il doit y avoir une bonne raison. »
Le Roi Derius le savait.
Quand le Duc Krupa agissait ainsi, il obtenait sans aucun doute des résultats.
« Très bien. Je vous délègue immédiatement toute autorité. »
« Merci. »
Et le Duc Krupa mobilisa rapidement des messagers pour déplacer les forces de réserve stationnées dans la capitale.
***
« Tsk, me couper unilatéralement, quel connard. »
Patrick grommela.
Ceux qui observaient Patrick autour de lui avaient des expressions étranges.
C'était parce qu'ils ne comprenaient pas du tout le fil de la conversation entre Patrick et le Duc Krupa.
Finalement, Oliver ne put retenir sa curiosité et demanda.
« Jeune Maître. Pourquoi n'avez-vous pas répondu à la dernière question ? »
Êtes-vous un méchant ? Ou un héros ?
Au moment où il reçut cette question, l'expression de Patrick s'était sérieusement durcie.
Finalement, il n'avait même pas pu donner une réponse appropriée.
Oliver ne pouvait pas comprendre cela.
« N'auriez-vous pas pu répondre simplement ? »
Patrick se gratta la tête, soupira et dit.
« Ce n'est pas si simple. »
« Qu'est-ce qui ne l'est pas ? Quoi ? »
« …… »
« La prochaine fois que vous rencontrerez le Duc Krupa, bombez le torse et dites-lui fièrement. »
« …… »
« Je suis le Grand Démon de l'Enfer, Patrick Schnei… Kaawoool ! »
Poooong !
Il savait qu'il allait se faire frapper.
Patrick, qui avait repoussé Oliver d'un coup de pied, dit avec une expression boudeuse.
« Il fait le malin. Il fait le malin… »
Patrick ne faisait que grommeler, mais les autres étaient aussi curieux de savoir pourquoi il n'avait pas pu répondre à la dernière question.
« N'aurait-il pas été simple de dire juste qu'il est un héros ? »
« Pourquoi un type qui vit sur sa propre importance hésiterait-il ? »
« Je ne comprends pas. »
Eh bien, en mettant de côté sa personnalité et son caractère….
Les accomplissements et les traces que Patrick avait laissés dans sa vie n'étaient pas insuffisants pour être qualifié de héros.
Il a combattu le Royaume de Kaisar pour les faibles souffrants, a vaincu la tribu démoniaque menaçant les elfes, a ouvert la Grande Forêt de l'Orient, et a produit d'immenses quantités de nourriture depuis le bassin de la rivière Moana.
S'il n'y avait pas eu la nourriture provenant des terres que Patrick avait défrichées, il aurait pu y avoir des millions, peut-être plus de dix millions, de morts de faim sur tout le continent.
Alors n'aurait-il pas été simple de dire juste qu'il était un héros ?
Il en avait les accomplissements.
Mais Patrick, avec une expression durcie, ne dit pas qu'il était un héros.
Il ne nia pas non plus être un méchant.
Patrick, hésitant et incapable de répondre négligemment, et le Duc Krupa, qui avait induit une telle question.
Les autres qui observaient en retrait ne pouvaient pas comprendre l'intention sous-jacente de cet échange.
Même Matthew, qui avait observé Patrick pendant longtemps, ne le pouvait pas.
« Était-ce une question si sérieuse ? Au point que vous deviez hésiter ? »
Matthew ne pouvait tout simplement pas comprendre.
Et après avoir réfléchi un instant, Patrick dit.
« Je ne pense pas que cela fonctionnera. »
« Qu'est-ce qui ne fonctionnera pas ? »
« Combien de jours avez-vous dit qu'il y avait d'ici à Latenop ? »
« Si nous marchons normalement, c'est un voyage d'une semaine. »
« Nous partons immédiatement. Et nous arriverons dans trois jours. »
« Quoi ? Hé ? ! »
« Je n'accepterai aucune objection. Avant que ce vieux sournois ne puisse jouer un tour, nous l'écraserons avec une bataille rapide et décisive. »
En entendant les paroles de Patrick, ceux autour de lui essayèrent précipitamment de l'arrêter.
« Non. C'est impossible. »
« Vous ne devez pas, Jeune Maître. »
« Comment pouvons-nous arriver en trois jours alors qu'il en faut une semaine ? C'est logiquement impossible. »
« Je comprends maintenant. Grand-Frère est plus bête qu'un orc. »
Face à la vive opposition de ses alliés, Patrick sourit chaleureusement et dit.
« Tout le monde, je vais vous donner un choix. »
« …… »
« Ferez-vous ce qu'on vous dit ? Ou… »
Patrick dit avec un visage terrifiant.
« Voulez-vous mourir ? »
Habituellement, ce n'est pas un choix.
Sanson et les autres regardèrent le ciel avec des expressions douloureuses et versèrent des larmes.
Et peu de temps après.
« Trois jours. Trois jours ! »
« Le Jeune Maître a dit qu'il nous tuerait tous si nous n'arrivions pas à temps. »
« Un grand guerrier pourrait vraiment le faire ! »
« Uwooooooooh ! »
La force de Patrick, qui avait occupé Grenburg, commença une course effrénée vers le nord à grande vitesse.
La destination était Latenop.