Chapitre 178
« Nislade, apporte du thé et des collations. »
« Oui. »
La jeune fille s'approcha sans la moindre expression.
« Ravi de vous rencontrer. »
Elle s'inclina devant moi et quitta le jardin avec une théière vide. En moins de dix secondes, elle revint avec un plateau contenant des collations et la théière.
Une fois que Nislade fut retournée à l'entrée, je demandai : « Vous ne me méprisez pas ? »
« Que voulez-vous dire ? »
« Je pensais qu'il ne serait pas déraisonnable de me faire poignarder dès mon arrivée. »
Je n'avais pas élevé les Héros et géré la salle d'attente par affection. J'examinais minutieusement l'efficacité et la valeur de chacun ; s'ils ne faisaient pas l'affaire, je les écartais, et s'ils excellaient, je les promouvais. Toutes les installations de bien-être ici présentes servaient à l'efficacité au combat et à la gestion du stress, elles n'avaient pas été conçues pour le confort des Héros.
Yurnet, qui écoutait, esquissa un léger sourire. « Vous nous avez utilisés comme des pièces d'échecs sur le long terme. »
« Ouais. »
« Où est le ressentiment, s'il existe ? Le Maître ne nous a jamais discriminés, il nous a toujours donné des opportunités et nous a menés à la victoire grâce à son jugement avisé. »
Yurnet effleura doucement le bouton de fleur sur la table.
« Sans le Maître, notre Niflheimr aurait pourri depuis longtemps. Moi, et tous les autres. »
« … », je restai silencieux.
« Rien que pour cela, vous êtes qualifié. »
Si elle le pense.
C'est peut-être difficile à comprendre pour moi, mais il n'y a aucune raison de débattre si elle en est convaincue.
« Quoi qu'il en soit, c'est un honneur de vous rencontrer ainsi, Maître Loki. J'attendais ce jour avec impatience. Vous êtes aussi digne et magnifique que je l'imaginais. »
Yurnet se leva de sa chaise et me salua une fois de plus.
Je pris une gorgée de thé. Le goût me semblait assez étrange.
« Il se fait tard. J'ai préparé un manoir pour vous au 13e étage, alors restez-y, et revenez demain matin. J'appellerai également Ridgion. »
« Un manoir ? Vous avez même pensé à ça ? »
« J'ai préparé un endroit réservé au Maître. Il se trouve en plein centre du 13e étage. »
Je levai les yeux vers le ciel. Il était d'un noir grisâtre, strié de quelques traînées sombres.
À en juger par l'heure, la soirée était déjà bien avancée. Jenna et Aaron devaient probablement se préparer à passer la nuit dans le dortoir du camp d'entraînement.
« Le dortoir du camp d'entraînement me convient très bien. »
Yurnet pencha la tête.
« Je n'ai aucune intention de dormir dans ce manoir. »
« Cela signifie… »
« J'étais autrefois un maître, mais ce n'est plus le cas. Il n'est pas nécessaire de me traiter avec autant d'égards. »
Je bus tout le thé.
« Vous retournez donc au deuxième étage ? »
« Oui. »
« J'avais tout préparé avec soin… même une fête de bienvenue… »
« Une fête de bienvenue ? »
« Pour célébrer toutes les victoires que le Maître a remportées… »
« C'est une ambassade. »
« Dommage. »
Dit Yurnet.
« Quoi qu'il en soit, j'ai bien compris l'intention du Maître. Puisque vous êtes nominalement un stagiaire à Townia, vous voulez être actif au deuxième étage, n'est-ce pas ? Il semble que nous devrons descendre au deuxième étage… »
« Ne te donne pas cette peine. »
« Alors comment pourrai-je être utile au Maître ? J'ai tant de choses à dire et à raconter… »
« Après les programmes d'entraînement. Pendant le temps libre. Nous pourrons nous voir à ce moment-là. »
Le temps libre est accordé le soir.
Il ne faudra pas longtemps pour rencontrer Yurnet à ce moment-là.
« Hmm… »
Yurnet, qui réfléchissait, eut les yeux qui s'illuminèrent.
« Maître, que diriez-vous de ceci ? Après avoir renvoyé toutes les recrues… »
« Refusé. »
« Nous remplacerons tous les instructeurs. Ceux qui ont de mauvaises habitudes… »
« Refusé. »
« Le dortoir du camp d'entraînement est petit et austère. Pouvons-nous le rénover ? »
« Ne fais pas ça non plus. »
Les installations du camp d'entraînement sont plutôt excellentes, du moins comparées à celles de Townia actuellement.
« Cela ne sied pas à la dignité du Maître », exprima Yurnet avec un air mécontent.
Je fus surpris et répondis : « Où vois-tu de la dignité en moi ? »
« Je peux la voir. Une aura d'empereur entoure le Maître… »
« Tu peux la voir ? »
Demandai-je à Nislade, qui se tenait à quelque distance.
« Je ne suis pas sûre. »
« Voilà qui règle la question. »
Alors que Yurnet gloussait bruyamment, Nislade fit un pas en arrière.
« Ne te laisse pas emporter. »
« … »
« Et ne révèle pas mon identité aux autres non plus. Je ne veux pas être lié. Fais-leur juste savoir que je suis en vie. »
« À vos ordres. »
Yurnet inclina la tête.
« Discutons-en plus en détail demain soir. »
« Entendu. »
Je me levai de ma chaise.
« Je vais ouvrir une porte discrètement. »
Au geste de Yurnet, un portail dimensionnel voilé de brume apparut dans un coin du jardin.
À l'intérieur du portail, je pouvais voir un couloir. C'était le couloir d'une annexe du camp d'entraînement qui accueillait les recrues. Avant de franchir le seuil, je dis : « Yurnet. »
« Oui. »
« Tu t'es bien débrouillée sans moi. »
Niflheimr est toujours intact.
Je ne pouvais pas tout voir, mais je pouvais au moins constater cela.
La sous-maître est Seris. Mais Yurnet est responsable des opérations globales. Elle a dû avoir des journées chargées à gérer des tâches que je ne pouvais pas accomplir.
« C'est un honneur. »
Yurnet me salua en tenant les pans de sa jupe.
« J'ai une dernière question. »
« Oui. »
« Le moi actuel est-il toujours le Maître pour toi ? »
« Bien sûr. »
Yurnet sourit légèrement.
Boum !
À cet instant, le jardin trembla violemment.
Les feuilles et les pétales s'éparpillèrent dans toutes les directions.
« Où est le Maître ! Yurnet ! »
Une voix d'homme retentit au loin.
Yurnet sourit.
« Ridgion semble avoir remarqué. »
« … »
« Je jure que je n'ai pas dit un mot ! »
Vlan !
Une seconde secousse.
L'espace qui entourait le jardin commença à se distordre.
« Ils brisent la barrière. »
« Ridgion avait-il un tel tempérament ? »
Je le considérais comme quelqu'un qui ne clignait jamais des yeux, même si tous ses camarades tombaient.
« Parmi nous, c'est celui qui a cherché le Maître le plus longtemps. »
« C'est ainsi. »
« Comptez-vous le rencontrer ? »
Je secouai la tête.
Rang 3. Il y a beaucoup à discuter avec Lydel.
Mais cela ne se réglera pas du jour au lendemain.
Je prévoyais de créer une occasion une fois que j'aurais une compréhension claire de la situation.
« Nous n'avons pas le temps. »
Dit Nislade.
« Ridgion est généralement calme, mais une fois qu'il s'excite, il est difficile de l'arrêter. »
« Compris. »
Je franchis le portail dimensionnel.
La brume enveloppa mon corps, obscurcissant ma vision.
Murmures.
Des voix de personnes bavardant résonnaient.
J'observai les environs. Dans un vaste espace circulaire, des tables et des canapés étaient disposés. Des recrues vêtues de diverses tenues étaient engagées dans des conversations.
C'était la salle de réception de l'annexe.
À côté, il y avait des chambres pour les recrues.
« Ils m'ont placé ici. »
Même si j'étais apparu juste à côté d'eux, personne ne semblait trouver cela étrange.
Cela semblait être un mélange de magie d'illusion.
« Le troisième étage de l'annexe du camp d'entraînement. »
Jenna et Aaron devaient être quelque part par ici.
« Si vous cherchez vos compagnons, c'est par là », Nislade pointa les escaliers.
« Pourquoi m'as-tu suivi ? »
« Pour votre sécurité, Maître. »
« … »
« Ne vous inquiétez pas. Si quelqu'un pose la main sur vous, je lui briserai la nuque. »
C'est exactement ce qui m'inquiète.
Je traduis actuellement les romans suivants : Pick Me Up! | A Frontline Soldier Awakened as a Gamer In The War! | The 100th Regression of the Max-Level Player. Si vous souhaitez me soutenir et lire plus de chapitres, abonnez-vous à mon Patreon !