Chapitre 119
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Traducteur/Éditeur : Order
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Chapitre 119 : Elbridge, dix-sept ans (3)
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Être prêt à partir avec pour seul bagage une épée ne signifiait pas qu’il devait réellement partir avec pour seul bagage une épée. Surtout quand on avait un compagnon calme et raisonnable.
Tard dans la nuit, Reto et Elbridge quittèrent la forteresse avec un équipement léger et un peu de nourriture séchée.
Une forteresse bâtie pour combattre des humains devait assurer une sécurité stricte. En revanche, une forteresse conçue pour lutter contre les démons et les bêtes démoniaques pouvait se permettre d’être relativement laxiste. Très peu de démons ou de bêtes démoniaques possédaient quoi que ce soit qui ressemblât à un sens de la stratégie.
Grâce à cela, Elbridge et Reto n’eurent guère de mal à s’échapper de la Forteresse d’Hébron.
Le vent nocturne qui les accueillit était frais, presque froid. Comme s’ils s’étaient donné le mot, Reto et Elbridge resserrèrent tous deux leur manteau contre le vent.
Puis Elbridge leva les yeux vers le ciel.
« Waouh, waouh… »
Le ciel nocturne était constellé d’étoiles et des oiseaux de montagne lançaient leurs cris dans l’air paisible. Rien n’avait changé, pourtant Elbridge était si excité qu’il ne savait plus quoi faire de lui-même.
S’ils s’étaient trouvés plus loin de la forteresse, il aurait peut-être crié.
« Vu comme ça, ce n’est vraiment qu’un gamin… »
Contrairement à Elbridge, qui avançait presque en sautillant, Reto, l’aîné des deux, était plongé dans ses pensées.
À vrai dire, Reto n’était toujours pas sûr d’avoir bien agi.
« J’aurais au moins dû expliquer la situation au sieur Jester avant de partir. »
Mais il ne pouvait pas vraiment retourner à la forteresse, maintenant. Il craignait qu’on le prenne pour un déserteur.
… Non, à y réfléchir, il avait déserté. Il n’était pas parti par peur du combat ni parce qu’il tenait trop à sa vie. Il s’était simplement laissé entraîner par Elbridge.
Elbridge regardait droit devant lui, tandis que Reto ne cessait de jeter des coups d’œil en arrière. Il avait peur que les chevaliers de la Forteresse d’Hébron surgissent pour le ramener de force.
Qui pourrait reprocher à Elbridge d’avoir quitté la forteresse ?
Reto ne le pensait pas.
Mais si l’on demandait si les gens lui pardonneraient tout aussi facilement, c’était une autre histoire. Elbridge pourrait peut-être s’en tirer d’une manière ou d’une autre, mais Reto doutait qu’on ferme aussi les yeux sur ses actes. Contrairement à Elbridge, il était remplaçable.
« Ce n’est pas comme s’ils allaient me tuer. »
La Forteresse d’Hébron était moins considérée comme un lieu où l’on envoyait les gens de force que comme un endroit où l’on était sélectionné pour servir.
Il n’avait pas fui pendant une bataille ; ils en tiendraient sûrement compte.
Malgré tout, on le traiterait probablement d’idiot jusqu’à la fin de ses jours. Il ne deviendrait jamais un chevalier légendaire.
« … Non. Avec mes capacités, je n’aurais de toute façon jamais pu devenir un chevalier légendaire. »
Au cours des deux mois et quelques qu’il avait passés à la Forteresse d’Hébron, Reto avait compris exactement quelle place il occupait parmi les meilleurs chevaliers.
Il pourrait peut-être devenir un chevalier assez doué, comme le sieur Jester. Mais il ne pensait pas pouvoir jamais égaler un chevalier légendaire tel que Leonhardt ou Brenic.
Non, il n’atteindrait probablement même jamais le niveau d’Elbridge.
« Mais si je ramène Elbridge et que je le fais entrer dans l’Ordre, je ne deviendrai peut-être pas le héros de tous, mais je pourrais au moins être celui de l’Ordre. Pour quelqu’un comme moi, ce n’est pas si mal… »
Combien de temps avaient-ils marché tandis qu’il se perdait dans ces pensées ?
Un bruit sourd retentit dans la forêt.
Frouf.
Elbridge et Reto s’arrêtèrent et fixèrent la direction d’où venait le bruit.
Ce n’était pas le vent qui faisait trembler les buissons.
« Quelque chose de lourd marche sur de vieilles feuilles mortes. »
Entre les buissons, ils aperçurent un ours. Une bête démoniaque née d’un ours, suivie de plusieurs ours sauvages.
Ni Elbridge ni Reto ne prêtèrent attention aux ours ordinaires. Le seul qui méritait leur inquiétude était l’ours devenu bête démoniaque, au pelage sombre et luisant.
« Type renforcement. À en juger par ce lustre, il est probablement au milieu ou vers la fin de son évolution. »
« Au moins, c’est un type renforcement. Ça ne devrait pas être trop compliqué, non ? »
Reto et Elbridge se préparèrent à la hâte au combat.
Chez les humains, les chefs restaient généralement en retrait, laissant les subalternes s’occuper des tâches dangereuses.
Les bêtes, elles, fonctionnaient autrement. Leur chef fonçait le premier, et c’était justement parce qu’il fonçait le premier qu’il était le chef.
Comme prévu, la bête démoniaque qui menait la troupe chargea.
Crac, boum. Boum !
Ses lourds pas écrasaient les vieilles feuilles mortes dans un craquement sonore.
La bête démoniaque prit Elbridge pour cible plutôt que Reto. Reto s’apprêtait à lui prêter main-forte, puis hésita.
« Elbridge est de toute façon plus fort que moi… Mieux vaut ne pas lui mettre des bâtons dans les roues pour rien. »
Elbridge courut à la rencontre de la bête démoniaque.
Au moment où l’ours leva son énorme patte avant pour frapper, Elbridge lui présenta tranquillement son bouclier et murmura :
« Pouvoir divin : Pas de recul. »
La patte de la bête démoniaque fendit l’air et s’abattit sur le bouclier d’Elbridge.
Boum !
Elbridge aurait dû être projeté au loin, mais il encaissa le coup sans bouger d’un pouce.
Quand une attaque touchait sa cible ou que l’adversaire esquivait, il était facile de réagir sur-le-champ. C’étaient des situations que l’on pouvait dans une certaine mesure anticiper.
Mais lorsque l’issue d’un choc était inattendue, il devenait difficile de réagir immédiatement. Qu’un petit humain bloque sans effort l’attaque d’une énorme bête démoniaque était précisément le genre de situation qui prenait au dépourvu.
La force de la bête démoniaque ne se dissipa pas naturellement et revint sous la forme d’un puissant contrecoup.
Ses mouvements se désynchronisèrent. Le haut et le bas de son corps cessèrent de bouger de concert, révélant une ouverture.
Elbridge s’avança et abattit son épée.
Chez les bêtes démoniaques de type renforcement, le dos se durcissait en premier, tandis que le dessous du corps ne se renforçait que bien plus tard. Cette règle souffrait de presque aucune exception.
Striiit…
L’épée d’Elbridge entailla légèrement la nuque de la bête démoniaque.
Il frappa alors la plaie de la pointe de son épée. Sentant le danger, la bête démoniaque se tordit, mais la lame d’Elbridge s’enfonça immanquablement dans la blessure.
Et Elbridge ne s’arrêta pas là.
Crac.
Comme s’il manœuvrait un levier, Elbridge tordit brutalement son épée et brisa le cou de la créature.
L’échange entier avait duré moins de deux respirations depuis le premier choc.
« … »
Reto observa Elbridge en silence.
Sa réaction avait été si précise, efficace et violente qu’il était impossible de l’imiter.
À la chute de leur chef, les ours commencèrent à s’éloigner furtivement. Le combat était terminé presque avant d’avoir commencé.
Reto se dit qu’Elbridge, toujours aussi excité, espérait peut-être qu’on le félicite en silence. Mais la réaction de ce dernier fut tout autre que prévu.
Elbridge semblait troublé.
« Quelque chose cloche. »
« Qu’est-ce qui cloche ? »
« Quand j’ai reçu la puissance divine, j’ai ressenti quelque chose d’étrange. »
« Cette sensation désagréable que tu m’avais dit qu’on t’avait transmise ? »
« Oui. »
« Qu’est-ce qu’on peut y faire ? Pour l’instant, on devrait au moins être reconnaissants qu’elle t’ait accordé sa puissance divine. »
Ils quittaient l’Ordre du Bouclier Rouillé pour rejoindre l’Ordre de la Troisième Main.
Reto ravala ces mots. Elbridge comprendrait ce qu’il voulait dire sans qu’il ait besoin de le formuler.
Mais Elbridge secoua la tête.
« C’est le contraire. À l’instant, quand j’ai reçu la puissance divine… je n’ai ressenti aucun mécontentement. »
« Ce n’est pas une bonne chose ? »
« Si. Mais ça ne me fait pas plaisir. »
« Pourquoi ? »
« Parce que maintenant que j’essaie de quitter l’Ordre, elle cherche à me retenir. »
Elbridge serra les dents et marmonna à voix basse :
« Elle aurait dû mieux me traiter avant. Maintenant, ça ne servira à rien… »
Ah. Alors c’était ainsi qu’Elbridge voyait les choses.
Elbridge demanda à Reto : « Reto, qu’est-ce que je dois faire pour rejoindre l’Ordre de la Troisième Main ? »
Reto fut ravi de voir qu’Elbridge prenait les devants. En même temps, il trouva qu’il se précipitait un peu.
Le temple principal de l’Ordre de la Troisième Main se trouvait à Middlemarch, dans la région centrale. Il leur faudrait beaucoup de temps pour s’y rendre.
Le voyage serait assez long pour qu’ils puissent tout aussi bien tomber sur un démon plutôt que sur une bête démoniaque. Si Elbridge tournait précipitamment le dos à la Déesse du Bouclier Rouillé et se retrouvait incapable de recevoir sa puissance divine… il risquait fort d’avoir des ennuis en cas d’urgence.
Reto pensait aussi qu’il serait préférable d’emmener Elbridge au temple principal pour le convertir là-bas, plutôt que de le conduire jusqu’à eux après sa conversion.
Quelle scène ce serait si Reto, parti vers le nord, revenait accompagné d’un Paladin de l’Ordre du Bouclier Rouillé qui déclarait sa conversion !
Et une scène aussi frappante améliorerait l’opinion que l’on avait de Reto.
Il avait même une excuse toute trouvée.
« Peu importe où tu te convertis. Mais que dirais-tu d’attendre un peu ? »
« Pourquoi ? »
« De toute façon, les Paladins sont nommés au temple principal de l’Ordre. »
Reto n’oublia pas non plus de ménager la Déesse du Bouclier Rouillé.
« Il nous faudra un bon moment pour rejoindre Middlemarch. Je pense que tu devrais profiter du voyage pour réfléchir sérieusement à la possibilité de regretter ta décision. »
Reto pensait qu’Elbridge changerait difficilement d’avis. Son mécontentement s’était accumulé pendant des années, jusqu’à ce qu’il finisse par fuir la Forteresse d’Hébron. Pourquoi se raviserait-il tout à coup ?
Mais tant qu’Elbridge resterait lié à l’Ordre du Bouclier Rouillé, il pourrait utiliser librement sa puissance divine pendant le voyage.
Reto pouvait aussi espérer une meilleure évaluation que s’il convertissait Elbridge à l’avance avant de le ramener. Il y gagnait sur tous les tableaux.
Comme prévu, Elbridge hocha la tête.
« D’accord. Faisons comme ça. »
Reto fut satisfait.
* * *
Reto et Elbridge traversèrent le nord.
C’était un itinéraire périlleux, où une personne ordinaire aurait dû risquer sa vie plusieurs fois.
Pourtant, Reto et Elbridge voyagèrent tranquillement, bavardant et plaisantant même comme s’ils étaient en pique-nique.
Comparées à celles d’Elbridge, les capacités de Reto étaient modestes, mais il restait un Paladin d’élite, reconnu très jeune et affecté à la Forteresse d’Hébron.
Après plus de dix jours de voyage, ils arrivèrent près de la rivière Norens, qui marquait la frontière entre le nord et la région centrale.
La Ville de Norens, qui s’étendait le long de la rivière, les accueillit.
Juste avant d’entrer dans la ville, Elbridge prit la parole.
« L’atmosphère semble un peu tendue. C’était toujours comme ça, ici ? »
Sa voix trahissait son incertitude.
La dernière fois qu’Elbridge avait séjourné dans la Ville de Norens, c’était trois ou quatre ans auparavant, et il était alors beaucoup plus jeune.
Ce qui signifiait que même lui remarquait que quelque chose clochait dans l’atmosphère de la ville.
Contrairement à Elbridge, Reto était passé par la Ville de Norens trois mois plus tôt seulement.
« Moi aussi, je trouve ça étrange. Il y a trois mois, la ville était bien plus animée. »
Reto recula pour embrasser du regard la longue étendue de la Ville de Norens. Puis il remarqua quelque chose d’inhabituel.
« Regarde là-bas. »
Un côté de la ville avait été littéralement écrasé.
Comme toute ville d’une certaine importance, la Ville de Norens avait ses chevaliers et ses Paladins.
Une bête démoniaque ordinaire n’aurait pas pu franchir leurs défenses et causer de tels dégâts.
« On dirait qu’un démon est apparu. »
« Probablement. »
La Forteresse d’Hébron avait été bâtie pour attirer les démons et les vaincre.
Mais cela ne signifiait évidemment pas qu’elle pouvait arrêter tous les démons. Les démons ne suivaient pas les routes.
Ils entrèrent dans l’auberge la plus proche.
Les regards des clients se tournèrent brusquement vers Elbridge et Reto. Plus précisément, vers les emblèmes sur leurs cuirasses.
Reto et Elbridge louèrent une chambre pour la nuit, puis découpèrent la viande qui rôtissait près du feu et la déposèrent dans leurs assiettes.
Alors qu’ils s’apprêtaient à commencer leur repas, un client de la table voisine, qui avait terminé le sien, leur adressa la parole.
« Vous êtes tous les deux des Paladins ? »
« Oui. »
« Vous êtes bien jeunes. L’emblème sur l’armure de ce jeune homme vient de l’Ordre du Bouclier Rouillé… c’est bien ça ? »
« C’est exact. »
« Je vois. »
Le client qui avait terminé son repas quitta l’auberge.
Elbridge ne réagit guère. Reto, en revanche, devinait à peu près ce qui allait suivre.
L’Ordre du Bouclier Rouillé était connu pour compter peu de membres, et Elbridge avait l’air absurdement jeune. Il aurait été plus étrange que personne ne se méfie.
Sa prédiction se révéla juste.
Peu après, un chevalier entra dans l’auberge et déclara : « J’ai entendu dire que quelqu’un se faisait passer pour un Paladin. »
Les clients de l’auberge affichèrent leur intérêt. Il n’était pas difficile de deviner ce qu’ils espéraient.
Se faire passer pour un Paladin était un crime grave. Ils espéraient sans doute voir Elbridge et Reto humiliés et jetés dehors, puis copieusement roués de coups.
« … Je suppose que je vais devoir leur montrer les dépouilles de bêtes démoniaques que nous avons récupérées en chemin. »
Reto avait conservé quelques dépouilles des bêtes démoniaques qu’ils avaient tuées, au cas où une situation de ce genre se présenterait. Des griffes d’ours démoniaque, par exemple.
La chair au bout des griffes commençait à pourrir et dégageait une odeur nauséabonde, mais cette odeur prouvait que la chasse ne remontait pas à longtemps.
« Veuillez patienter un instant. »
Pendant que Reto fouillait dans ses affaires, Elbridge et le chevalier croisèrent leurs regards.
Le chevalier détailla le visage d’Elbridge avant de reporter son attention sur l’emblème de sa cuirasse.
Un bref silence s’installa.
Puis le chevalier dit : « Tu es le… écuyer qui accompagnait le sieur Leonhardt, la dernière fois, n’est-ce pas ? Comment tu t’appelais déjà ? Elbor ? »
« Elbridge. »
« Ah, oui. Elbridge. Tu as beaucoup grandi. »
Les clients se mirent à chuchoter.
« … C’était vraiment un Paladin ? »
Mais ils ne furent pas déçus.
Voir un faux Paladin se faire rosser et jeter dehors aurait été divertissant, mais rencontrer un Paladin d’une jeunesse invraisemblable avait tout autant d’intérêt.
D’autant plus que ce Paladin appartenait au fameux Ordre du Bouclier Rouillé, réputé pour son élite.
Le chevalier s’assit naturellement en face d’Elbridge, à côté de Reto.
« Tu as tellement changé que je t’ai à peine reconnu. Tu es déjà Paladin à part entière ? »
« Quelques années ont passé. Mais j’ai surtout une question à vous poser. »
« Laquelle ? »
« Un côté de la ville a été écrasé. C’est l’œuvre d’un démon ? »
« C’est exact. C’est regrettable, mais inutile de trop s’inquiéter. C’est arrivé il y a environ un mois. »
« Vraiment ? »
Les gens qui vivaient des temps difficiles finissaient inévitablement par s’endurcir un peu.
Même si un démon apparaissait et semait le chaos, au bout d’un mois, ils parvenaient plus ou moins à reprendre leur quotidien.
« La dernière fois, j’avais entendu dire que vous vous rendiez à la Forteresse d’Hébron. Qu’est-ce qui vous amène à Norens ? »
« Nous faisons étape en chemin. »
Ne même pas donner une direction générale signifiait qu’ils ne souhaitaient pas révéler leur destination. Le chevalier n’était pas assez indiscret pour insister et demander aux voyageurs où ils allaient.
En revanche, il eut la délicatesse de les prévenir des endroits où ils devaient se montrer prudents.
« Si vous allez vers le sud, soyez prudents. »
« Il s’est passé quelque chose ? »
« Une caravane marchande armée de Middlemarch aurait dû arriver depuis quelque temps, mais elle n’est toujours pas là. »
Une caravane marchande armée était suffisamment puissante pour vaincre la plupart des bêtes démoniaques.
C’était un croisement entre une compagnie de Mercenaires et une caravane marchande. Les chevaliers et les Paladins à la retraite, qui avaient quitté le front, étaient souvent engagés par ce genre de caravane.
« Ces gens-là ne manqueraient jamais une arrivée prévue, même si leur propre famille venait à mourir. Il a dû leur arriver quelque chose. Si vous allez vers le sud, soyez prudents. »
« Compris. »
Le chevalier tapota l’épaule d’Elbridge à quelques reprises, puis se leva.
Le geste était anodin, mais il avait une intention claire. Le chevalier montrait discrètement à tous les clients de l’auberge qu’il connaissait un Paladin de l’Ordre du Bouclier Rouillé.
Reto et Elbridge ne remarquèrent toutefois pas son intention.
« À la prochaine. »
Le chevalier sourit et quitta l’auberge.
Elbridge et Reto échangèrent un regard.
Ils n’échangèrent pas beaucoup de mots. Pourtant, ils arrivèrent à la même conclusion.
S’ils partaient vers le sud, ils se retrouveraient à coup sûr mêlés à des ennuis.
« On y va ? »
Elbridge répondit à la question de Reto.
« Ça peut être pire qu’à la Forteresse d’Hébron ? »
Ils affichèrent un sourire en même temps.
Notes :
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